Pascuala vient de mourir !

Juin 2007
Pascuala vient de mourir !

Pascuala, la petite orque âgée d’une semaine à peine et qui avait été retrouvée échouée sur une plage mexicaine le 10 avril 2007, vient de mourir deux mois plus tard d’une « infection » non précisée, au Dolphin Adventure Aquarium de Vallarta, Mexique.

Cette orque, retrouvée grièvement blessée sur la côte pacifique, s’était aventurée trop loin de son « pod » personel, c’est à dire de sa famille , composée d’une matriarche et de tous ses enfants, beaux-enfants et petits enfants.
Les causes de son décès sont toujours inconnues et le seront sans doute à jamais.

Le delphinarium n’avance que des explications physiologiques, comme on s’en doute, jamais émotionnelles ou intellectuelles. « Privée de son lait maternel, le manque d’anticorps, ainsi que son taux de leucocyte trop élevé au contraire de son taux d’électrolytes qui aurait baissé de manière violente, la petite orque a fini par succomber à une infection ».
Mais la mort de Pascuala semble bien plutôt avoir été provoquée par le stress soudain de se voir brusquement séparé de sa famille et de se retrouver dans un endroit inconnu et inadapté. Pour un cétacé, être entouré de murs, confiné dans un espace totalement clos sans issue possible, constitue le pire de tous les cauchemars claustrophobiques imaginables, surtout en début de captivité.

Avant sa mort, une discorde avait eu lieu entre les responsables du delphinarium de Vallarta, différentes associations écologistes locales et internationales et le gouvernement mexicain. En effet, les responsables du DAA voulaient transférer l’orque aux États-unis et l’exhiber au delphinarium de SeaWorld Californie, à San Diego, la « maison mère » bien connue de toutes les prisons cétacéennes actuelles.

Les gérants de cette prison aquatique géante se montraient évidement très heureux de recevoir un nouveau pensionnaire gratuit pour compléter leurs collections. Ils acceptèrent donc l’offre avec enthousiasme. Les associations écologistes s’opposaient, elles, à cette décision, affirmant notamment que les représentants des delphinariums profitent des échouages de cétacés dans les zones proches de leur établissement pour les récupérer et  les garder en milieu captif sans avoir besoin de les capturer- ce qui est d’ailleurs interdit dans les eaux territoriales américaines –   ni de les acheter, plutôt que de les rendre à la mer.
Une façon bien facile de faire sonner les tiroirs-caisses sans de trop gros investissements, tout en apparaissant en outre comme des sauveurs aux yeux du grand public.

Mais le gouvernement mexicain a fini par trancher : l’orque ne serait pas envoyée aux États-unis. Elle resterait à
Vallarta jusqu’à que l’on retrouve sa famille d’origine et qu’elle soit assez grande et vigoureuse que pour pouvoir survivre en milieu naturel.

Bien que les conditions de vies des orques soient sensiblement meilleures au SeaWorld de San Diego que dans le bassin exigu de Vallarta, rappelons que les conditions de vies des orques captives sont toutes aussi peu éthiquement justifiables et aussi cruelles que partout ailleurs et que l’océan est plus grand que n’importe quel bassin au monde.

Finalement, c’est d’une seule voix que les représentants du delphinarium de Vallarta et de San Diego ont exigé qu’on envoie l’orque en Californie, pour compléter la famille déjà installée là-bas et la faire participer aux spectacles. L’idée peut se défendre, car Pascuala ne pourrait vivre seule. A son âge, les orques captives de San Diego auraient pu prendre soin d’elle mieux que ne le ferait un humain.

D’autres associations écologistes, qui dénoncent les conditions de vies déplorables des cétacés captifs, ont affirmé elles aussi que la bonne solution était d’envoyer la petite orque au SeaWorld, les conditions de vies y étant plus acceptables et son accompagnement affectif assuré de meilleure façon.
Pour eux, elle ne pouvait déjà plus être relâchée en milieu naturel, trop de temps ayant déjà passé depuis son échouage, trop d’humains s’étant occupés d’elle, et elle n’ayant jamais appris à chasser.

Hélas, pendant le gouvernement mexicain envoyait des hélicoptères survoler le Pacifique afin de repérer le « pod » d’origine de Pascuala, l’état de celle ci se dégrada peu à peu.
On installa des dauphins captifs pour lui tenir compagnie, comme on l’a fait pour Shouka ou Mary G.
Sans beaucoup de succès, évidemment, les Tursiops n’étant pas des orques et ne pouvant pas communiquer avec Pascuala. On la réinstalla ensuite dans une piscine plus vaste lorsque le parc en eut l’occasion, mais la température trop élevée de l’eau du bassin, aux alentours des 30°,  accéléra la destruction progressive de la santé du bébé cétacé. Les soigneurs essayèrent en vain de rafraîchir le bassin mais le bébé finit par s’éteindre, deux mois après son « sauvetage ».

Shouka et Merlin

 

Pourtant, Pascuala aurait pu survivre.
Comment ? Si le gouvernement avait construit une vaste zone grillagée dans une baie du Pacifique, en milieu naturel et isolé, loin d’une présence humaine trop invasive, sous le regard de vétérinaires compétents, comme on le fit au début pour Keiko, sa famille d’origine aurait pu la retrouver, notamment grâce à ses appels.
La petite Pascuala serait aujourd’hui vivante et en pleine forme, car sans nul doute, sa famille aurait emmené le bébé avec elle après l’avoir accueilli avec joie.

Mais ce ne fut pas le cas. Et ce nouveau drame nous démontre une fois encore que non, les orques n’ont pas
leur pace en bassin et que les delphinariums n’ont pas pour vocation de leur venir en aide. Cette tâche devrait être systématiquement confiée aux autorités gouvernementales compétentes du pays concerné, avec l’aide de cétologues concernés.

Un article communiqué par Julian Aranguren.