Keiko est mort libre !

Keiko en pleine mer au mois de juillet.
LIBRE, enfin !

La merveilleuse et tragique histoire de Keiko

Après des années d'une captivité insensée au fond de bassins minuscules, Keiko a pu tout de même nager une dernière fois dans l'océan avant de mourir...
Juste un moment. Juste quelques jours..
Mais l'on imagine néanmoins tout le bonheur que notre orque a du ressentir en traversant ces étendues d'eau presque infinies, en plongeant dans ces profondeurs obscures au beau milieu de l'Atlantique immense auquel on l'avait arraché brutalement quand il n'était encore qu'un bébé...

Notons que toutes les vidéos de Keiko libre ont été retirées du Net. La censure n'existe pas qu'en Chine. Celle de l'Industrie est plus puissante encore. 
Question subsidiaire : Keiko a-t-il été assassiné ?
Le succès de cette opération aurait en effet porté un coup fatal à l'une des maffias parmi les plus florissantes au monde : celle de l'esclavagisme cétacéen !
C'est si facile de glisser un poisson bourré de virus à une orque innocente, qui a gardé jusqu'au bout, malgré toutes les horreurs qu'on lui a fait subir, sa confiance en l'Humain..  



Mars 2011

Keiko : les coulisses de l'histoire



 

février 2011
Morgan, l'histoire se répète...

free morgan !


"Les orques sont faites pour vivre libres. Retrouvez la tribu, la mère et la famille de Morgan et ramenez-la chez elle ! " .
La grande différence entre Keiko et Morgan, c'est qu'ici, peu de temps s'est passé entre son arrivée en bassin et sa vie en liberté.
Nous avons donc toutes les chances de retrouver son pod d'origine, sa maman, sa famille, et de l'y réintégrer !
Keiko, lui, a galéré des années durant dans les pires bassins chlorés du monde avant qu'on ne se décide à le libérer...
avec l'insuccès dramatique que l'on sait et pour le plus grand bonheur de l'industrie du cétacé captif !


http://www.freemorgan.com/

Une campagne de la Marine Connection (UK)

Lire aussi :
des orques rôdent en Merdu Nord :
A la recherche de leur bébé ?
 


8 janvier 2004
Les enfants rendent un dernier hommage à Keiko


Keiko est mort en liberté 
Un hommage de Jean Michel Cousteau  


L'Odyssée de Keiko : quelques points essentiels
Une analyse de Gauthier Chapelle  

Keiko a été enterré sous la neige


Message de Mark Berman, un ami de Keiko


Keiko vient de mourir !


Keiko et les enfants de norvège



Pour en savoir plus


Retour accueil

 


 

UN MEMORIAL FUNERAIRE POUR KEIKO


Des centaines d'écoliers norvégiens ont rendu un ultime hommage à l'orque Keiko ce jeudi 8 janvier 2004, en élevant en son honneur un monticule de pierres créé par-dessus sa tombe.

La star de Hollywod, la vedette du film "Free Willy", est morte le 12 décembre dernier d'une pneumonie fulgurante - ou de désespoir ? - dans la petite baie isolée de Taknes, où elle avait été placée en 2002, au terme de son fantastique voyage au travers de l'Altantique nord, depuis l'Islande jusqu'en Norvège,

"Ce fut une belle cérémonie. Le public était très nombreux, près de 300 enfants et quelques adultes"
a raconté Thorbjorg Valdis Kristjansdottir, un biologiste marin qui faisait partie de l'équipe chargée de la réhabilitation de Keiko.

Beaucoup d'enfants sanglotaient en posant leur pierre, car Keiko restera pour eux, et pour nous tous, le symbole même des souffrances qu'endurent les cétacés captifs, chaque jour, dans le monde entier.

L'orque avait été enterrée dans un pâturage à queques mètres de l'endroit où elle est morte seule, au pied du petit embarcadère.
Son inhumation avait eu lieu sous la neige et la nuit, très discrétement, à l'écart des médias.

Les enfants, provenant pour la plupart des écoles du village de Halsa, sur la côte occidentale de la Norvège, ont déposé pierre après pierre sur la tombe du géant bien-aimé, afin d'élever un "monticule funéraire" ou "cairn", dans l'esprit des traditions pré-chrétiennes scandinaves.

Lire en anglais : http://www.planetark.com/dailynewsstory.cfm/newsid/23382/story.htm

 


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15/12/03

Keiko a été enterré sous la neige



Fin d'une belle aventure :
le corps de Keiko est ramené sur la berge...



Keiko a été enterré ce lundi matin au bord de la petit baie norvégienne de Taknes, sous une épaisse tempête de neige qui a presque aussitôt recouvert sa tombe.  

Huit personnes étaient présentes auprès du corps du grand cétacé et de l'excavatrice qui creusa la terre gelée durant trois longues heures. 
Même si aucune cérémonie particulière n'a été conduite : 
«C'était comme si nous mettions un ami en terre » a reconnu l'un des participants. 
Parmi eux, la petite équipe de la Keiko Foundation qui accompagnait Keiko depuis des années et souhaitait avant tout que celui-ci soit enseveli au plus vite, afin que chacun conserve une belle image de cet être joyeux, bon et doux. 

La ville de Halsa, où Keiko est venu se reposer après sa merveilleuse escapade à travers l'Atlantique, construira fort probablement un monument en la mémoire de celui qui fut si cher au coeur de tous les enfants du monde et des petits Norvégiens en particulier. 

Notons que l'une de plus belles choses que Keiko ait pu apporter au monde humain cruel et violent dans lequel nous vivons, c'est que la planète toute entière soit avertie de la mort d'un non-humain et puisse pleurer sa mort comme s'il était un humain. 

Au-delà du drame individuel que représente la vie de cette orque, c'est toute l'image des cétacés qui bascule : on les traitait naguère de «baleines tueuses», on les chasse encore aujourd'hui comme du gibier ou on les élève en batterie comme du bétail, mais chacun sait désormais au fond de lui-même qu'une orque, c'est une personne à part entière, avec toute sa richesse intellectuelle, morale et affective. 

Et rien que pour cela, Keiko, nous pouvons te remercier... 


Photo extraite de "Mind in the Waters" de Joan Mc Intyre

Entre cette orque que l'on bombarde pour "protéger les poissons" et l'enterrement de notre ami Keiko, 
un profonde évolution s'est opérée dans l'esprit du petit singe humain. 
Espérons qu'elle se poursuive dans le même sens à l'avenir.. 

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Message d'un proche de Keiko 

 

Mes chers amis, 

Keiko continuera à vivre dans les coeurs et les esprits de beaucoup d'entre nous. 
Je peux dire, rie qu'en lisant les e-mails que je reçois tous les jours, à quel point cette orque a touché mais aussi enseigné presque toute une génération d'enfants qui sont aujourd'hui devenus des adultes. A cet égard, la "
Free Willy Keiko Foundation" sera toujours présente pour perpétuer l'esprit de Keiko et venir en aide aux autres orques qui n'ont pas eu sa chance. 

J'étais là lorsque Keiko, libéré de son enclos mexicain, est arrivé en Orégon. 

J'étais là en Islande lorsque l'avion l'a débarqué et j'ai vu de mes propres yeux Keiko frapper l'eau de sa caudale en signe de joie à l'instant où il a retrouvé ses eaux natales. 

J'ai eu le bonheur de voir Keiko nager en plein océan, depuis l'Islande jusqu'en en Norvège, en octobre de l'année passée. 

J'ai eu la chance de faire partie de sa vie et de ressentir avec lui ses joies et ses tristesses. 

Il faut plus que jamais continuer ce combat et se souvenir des soeurs et les frères de Keiko, encore et  toujours confinés dans ces bassins-prisons qui n'ont pour seule raison d'être que le Dollar Tout Puissant.. 

Merci à tous, 

Mark Berman 


Mark Berman 
Assistant Director 
International Marine Mammal Project of
Earth Island
300 Broadway #28 
San Francisco CA 94133 USA 
415-788-3666 X 146 
Fax 415-788-7324 

 

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12 décembre 2003

Keiko vient de mourir

"Bonjour à tous,

C'est une bien triste nouvelle que je dois vous annoncer ce matin. Keiko est mort hier soir, probablement d'une infection pulmonaire
suraigüe selon le Dr Cornell, le vétérinaire chargé de suivre son état de santé (ce type d'infection est fréquent chez les cétacés
sauvages comme les cétacés captifs). 
Jusqu'à avant-hier, rien ne laissait présager ce qui allait arriver.
Keiko ne présentait aucun symptôme inquiétant, son appétit était conservé et les test sanguins effectués cette semaine n'avaient
révélé aucune anomalie. Hier matin, Keiko semblait léthargique et refusait de manger. Son comportement s'est détérioré tout au long de la journée et malgré les efforts de l'équipe soignante, Keiko s'est échoué et est mort hier en début de soirée.

Les critiques commencent déjà à s'élever en disant qu'il n'aurait pas subi ce sort s'il était resté en captivité. Bien évidemment, ces
critiques sont proférées par les gérants de l'industrie des delphinariums. 
Keiko était à 27 ans le deuxième orque mâle le plus âgé à avoir survécu en captivité, et depuis sa réhabilitation en Islande puis en Norvège (rappelons que malgré tout ce qu'on a pu entendre, Keiko s'est bien nourri tout seul durant son long périple entre les deux pays) il avait retrouvé unne excellente forme physique et d'après l'équipe soignante une excellente forme "psychologique".

Pour ma part, je reste intimement persuadé que même si des erreurs ont certainement été commises dans son processus de réhabilitation,  cette opération aura été quelque part une réussite, puisqu'elle aura permis à cette orque d'avoir une fin de vie plus digne et j'en suis convaincu plus heureuse, que celle que les hommes lui avaient destiné entre des murs de béton.
Repose en paix Keiko".

Franck Dupraz 
Réseau Cétacés

Au message émouvant de Franck que nous venons de recevoir à propos de la mort de Keiko, je voudrais ajouter ceci, avec toute ma tristesse, mais aussi toute ma rage devant ce nouveau gâchis de l'Industrie de la Captivité : au lieu de mener une vie normale au sein de sa famille, le petit Keiko a été mis en prison dès son enfance puis exhibé en spectacle pendant des décennies pour le seul profit de margoulins sans scrupules, et c'est cela qui l'a tué ! 

On l'a arraché à sa mère, à sa grand mère, à ses tantes et à ses sœurs, à ses frères et à ses oncles, on l'a retiré de son milieu naturel, on l'a privé de toutes ses racines affectives et culturelles, de tout le plaisir de nager en eaux profondes dans les paysages tourmentés de l'Islande, on l'a exploité, on l'a humilié, on lui a enseigné des tours de cirque débiles avant de le libérer sous la pression de l'opinion publique, mais avec quelle réticence... et dans quelles conditions ! 

Depuis le début, l'Industrie et sa presse ont tout fait pour discréditer l'opération, pour en dénoncer le coût et pour moquer de manière générale toute tentative de réhabilitation. 

Qui dit d'ailleurs que Keiko n'a été pas empoisonné, que cette opération n'a pas été délibérément sabotée par des
pêcheurs norvégiens ou des agents de l'lndustrie, afin de charger plus encore le dossier des activistes et faire croire qu'en bassin, les orques sont plus heureuses qu'en liberté ? 


Dès aujourd'hui, de toutes façons, les portes de la liberté se ferment à tout jamais pour Lolita ou Shouka, pour Kshamenk ou Corky, pour toutes ces autres orques qui étaient sur la liste des "libérables " à court terme... Les "experts" auront beau jeu de déclarer désormais que toute réhabilitation est impossible pour les cétacés !

Car une chose est sûre dans ce débat :
c'est que la place d'une orque n'est ni dans un bassin de béton ni dans une crique norvégienne sous la surveillance constante d'êtres humains et dans un isolement social presque absolu, mais en pleine mer parmi les siens ! 

Sait-on que Keiko ne pouvait plus être approché par le public ni par les enfants, ces chers enfants humains qui étaient finalement les seuls à l'aimer vraiment et à le vouloir libre ? 

Sait-on que Keiko a dévié de sa route pour les suivre, en les entendant rire sur le pont d'un navire et que c'est ainsi, dit-on, qu'il est revenu vers la Norvège ? 

N'importe quel détenu humain qu'on libère sur le trottoir de la prison après vingt ans de cellule doit sans doute savoir mieux que quiconque ce qu'a pu ressentir Keiko et pourquoi il est mort. 

A quoi bon vivre en effet, quand on vit comme un assisté, loin de son propre peuple que l'on ne comprend plus et en la seule compagnie de vétérinaires et de soigneurs au fond d'une baie déserte ? 

Une fois de plus, l'Industrie a tué. 
Non seulement le corps mais aussi l'âme de Keiko, son essence même d'orque libre... 


Comme on s'y attendait, la Grande Presse a aujourd'hui beau jeu de souligner que la réhabilitation de Keiko a coûté plus de vingt millions de dollars. 
Sans doute. Mais elle ne s'interroge pas sur le coût des
opérations de capture menées de manière régulière par les trafiquants russes ou japonais et qui réclament des moyens importants tels que bateaux, hélicoptères, équipes de soins, etc. 

Personne ne s'interroge non plus, apparemment, sur ce que coûte vraiment la détention d'orques orphelines dans des
bassins géants ni sur le prix de ces grotesques et malsaines tentatives de reproduction conduites sur une espèce qui n'est même pas menacée. 

Avec cet argent que l'on dépense sans compter pour obtenir - non sans peine et avec des chances de survie fort
faibles - la naissance en bassin d'une orque ou d'un Tursiops, combien d'animaux réellement menacés ne néglige-t-on pas ?  
Ce même argent pourrait servir à protéger les derniers grands singes dans la forêt équatoriale, il pourrait servir à aider les tigres asiatiques, les ours des Pyrénées ou les loups du Mercantour..  

Mais non : on a besoin à toute force d'orques et de dauphins nés captifs, car les captures en mer coûtent très cher et sont très destructrices au plan éthologique et environnemental. 
Elles jettent en outre le discrédit sur une industrie qui voudrait tant s'offrir une façade morale mais dont le but ultime est cependant simple :
"The show must go on" à n'importe quel prix.. 


Pour en revenir à Keiko, essayons tout de même de conclure sur une note positive : si cette orque a certes été privée de sa culture d'origine dès l'enfance et a donc été rendue incapable de jamais la réintégrer (un cétacé n'est pas un insecte : sa culture n'est pas génétiquement programmée), force est d'admettre qu'il a vécu plus longtemps et plus intensément que la plupart des orques captives (Corky le dépassant de peu.. )  

S'il n'a pu nager que de façon sporadique au sein de son propre peuple, s'il n'a goûté au bonheur de nager en mer libre que trois ans avant son décès, Keiko a connu à tout le moins,  et de très près, ces drôles de «petits singes humains» et sans doute en a-t-il tiré un peu de plaisir par moment...  

A la manière de Shakti la mangouste, de Washoe la chimpanzée ou de Koko la gorille,  Keiko l'orque a finalement bénéficié d'une vie totalement atypique pour un être de son espèce mais d'une vie pleine, riche en émotions et en sensations fortes, qui s'est conclue par la plus formidable escapade qu'on puisse rêver au coeur de l'Océan.  

Et c'est déjà infiniment mieux que tout ce que peut espérer un cétacé captif ordinaire dans son bassin de béton nu.   


Keiko en Norvège en septembre 2002.

Privé du contact avec les enfants, Keiko s'et-il laissé mourir ? 


Aujourd'hui, la seule chose utile qui nous puissions faire, 
c'est penser très fort à notre ami Keiko, à notre bon et doux "Free Willy" 
et lui souhaiter le plus merveilleux des voyages 
dans le grand Océan de Lumière... 

C'est aussi continuer à nous battre pour que Lolita, Corky, Luna et les autres puissent un jour ressentir ce que Keiko a vécu et bien plus encore... 
Adieu, Keiko... Nous t'aimions tant ! 

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Keiko et les enfants de Norvège 

 

19 Septembre 2002

Plusieurs communes norvégiennes réclament aujourd'hui 
le droit et le plaisir d'héberger l'orque Keiko pour l'hiver 
source © 2002 The Associated Press

La Norvège, cet ultime pays d'Europe qui persiste encore à chasser la baleine, est en train de tomber amoureux d'un simple cétacé ! 
Aujourd'hui, tout le monde se bat pour avoir le privilège d'héberger l'orque Keiko pendant son hivernage.  

Le village de Halsa, qui compte 1.750 habitants, a désormais adopté le slogan : "Faites comme Keiko : choisissez Halsa."
L'équipe américaine qui prend soin de Keiko envisage à présent de l'amener un peu plus au nord, dans le fjord de Tysfjord, si du moins les autorités nationales et locales le permettent.  
Tysfjord est situé à environ 180 kilomètres au-delà du cercle arctique, non loin des îles Lofoten. Détail piquant : cette zone constitue le cœur même du territoire de chasse à baleine des pêcheurs norvégiens ! 
Là-bas, les poissons abondent et près de 600 orques sauvages y résident. Keiko ne perdrait donc pas le contact avec son peuple, même si ces tribus libres lui sont naturellement étrangères.  
Aucune réponse n'a encore été reçue de la part des autorités norvégiennes quant à ce plan de bataille pour l'hiver de Keiko ! 
En attendant, tout va bien : Keiko pète de santé et son humeur est excellente ! 


7/9/02 
Keiko est isolé dans le fjord de Skaalvik

Ivar Roen, le chef vétérinaire des communes de Moere et Romsdal (Norvège), où se trouve Keiko, a déclaré qu'une interdiction totale d'approcher Keiko avait été décrété vendredi en prévision du week-end qui s'annonçait.  Des milliers de visiteurs étaient attendus, perspective qui ne plaisait guère aux autorités locales. 
Aujourd'hui, Keiko ne peut plus être approché à moins de 50 mètres. 

Comment va-t-il réagir à cet isolement brusque ? Les pires craintes sont permises, car Keiko risque d'errer de port en port et d'y être chaque fois un peu plus mal reçu. Rappelons que des années 50 aux années 60, les Norvégiens ont massacré plus de 1.700 orques qui passaient dans leurs eaux. L'équipe de soins dévolue à notre orque envisage de toutes façons de l'attirer avant l'hiver hors du petit fjord et de le ramener vers le large. 

Que se passe-t-il dans la tête de Keiko aujourd'hui ? Personne ne le sait vraiment. Mais nous savons en revanche que les orques mâles sont des créatures fortes et volontaires, qui décident de leur vie en toute indépendance. Keiko sait ce qu'il fait. 
A nous d'accepter ses choix, désormais, même s'ils nous paraissent parfois bien étranges. 


6/9/02
Keiko menacé de mort ! 

* Ce vendredi 6 septembre, au terme de plus de vingt ans de captivité et de deux mois de pure liberté, l'orque Keiko batifole toujours dans son petit port en Norvège où il joue avec les enfants, se gratte le dos contre les coques des bateaux de plaisance, fait toutes sortes de bêtises et reçoit du poisson. Vu sa taille, on commence pourtant à craindre qu'il ne manque de nourriture. Keiko devrait absolument repartir en mer pour chasser. 


* "Keiko doit être abattu", affirment aujourd'hui certaines autorités Norvégiennes, pour lesquels dauphins et autres cétacés ne sont que des pièces de viande comestibles.  
Le prétexte est que l'orque mettrait en danger les enfants, rendraient la vie impossible aux éleveurs de saumons et que le plus grand "jouet de bain de tous les temps" souffrirait lui-même de sa liberté nouvellement acquise et n'y pourrait survivre. 

La vraie raison est qu'il n'est pas souhaitable que les enfants norvégiens se mettent à aimer leur beef-steak. 
Aucun delphinarium n'existe en Norvège car cela équivaudrait à produire chez nous des spectacles de vaches ou de cochons savants.  Keiko tombe donc plutôt mal à propos pour le dernier pays du continent européen qui persiste encore à massacrer  les mammifères marins les plus intelligents et les plus cultivés de tout le monde animal.
Pour rappel, la Russie et le Japon sont les deux derniers autres pays qui chassent encore les baleines.      


* Il semble que dès le départ, ce soient des cris d'enfants qui ont attiré Keiko vers un bateau de pêcheurs, à bord duquel ceux-ci se trouvaient et que ce soit ce bateau qui l'ait amené ensuite vers les rivages de la Norvège. 
Cruelle ironie de l'histoire, que soulignait d'ailleurs tout récemment Paul Watson  (Sea Sheperd) : ce sont les enfants les plus grands fans de Keiko, ce sont eux qui ont été toute sa vie ses principaux spectateurs et c'est pour eux, sans doute, qu'il vient de perdre une nouvelle fois sa liberté.  
Keiko et les enfants : c'était vraiment une histoire d'amour finalement... 


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3/9/02
Keiko chez les enfants de Skaalvik

Keiko en Norvège en septembre 2002.


Près de 60 jours après que Keiko ait quitté cet été son enclos planté en mer d'Islande et soit parti en pleine mer pour de longues expéditions aux côtés d'autres orques sauvages, des observations menées à distance ont permis d'affirmer, au fur et à mesure de ses déplacements, que notre ami était toujours en parfaite santé. De nombreuses photos et vidéos en attestent, prouvant qu'il s'est nourri par lui-même en pêchant ses propres poissons tout au long de ces deux mois passés au beau milieu de l'Atlantique Nord. 

Le Docteur Lanny Cornell, le principal vétérinaire de Keiko depuis des années et qui connaît les orques comme personne, est formel sur ce point : 

"J'ai regardé les photos les plus récentes de Keiko et je pense qu'il va très bien !  Après ces 60 jours en plein océan et au terme d'une course de plus d'un millier de miles marins, Keiko dispose de toutes ses forces et n'a pas perdu de poids. Il est clair qu'il a appris à se nourrir seul

L'escapade de Keiko dans l'Atlantique Nord a commencé le 29 juillet, lorsqu'il a été aperçu une dernière fois en compagnie d'une bande de cétacés sauvages (orques, dauphins et baleines) qui se déplaçait vers l'Est en s'éloignant des côtes de l'Islande.  

Au cours des semaines suivantes, une balise satellite a permis de suivre de manière continue tous ses déplacements et d'attester que Keiko plongeait parfois jusqu'à 50 mètres de profondeur - ce qui devait le changer un peu des misérables "six mètres de fond" alloués à la plupart des orques et dauphins captifs, dans le meilleur des cas.... 



Ce 3 septembre 2002, pourtant, le merveilleux retour de Keiko à une vie digne et normale a subi un léger revers. 
Notre ami a en effet eu la mauvaise idée de suivre un bateau de pêche où se trouvaient des enfants. Ceux-ci l'ont appelé, il a suivi le bateau et s'est installé au beau milieu d'un petit port de pêche en Norvège du nom de Skaalvik
Aussitôt, la population locale s'est mis à le nourrir frénétiquement à grands coups de maquereaux. D'autres enfants sont descendus dans l'eau pour grimper sur son dos. Keiko leur fait des shows gratuits, ivre d'affection humaine et de caresses...


Les initiateurs du Projet Keiko se trouvent bien évidemment sur place et tentent aujourd'hui de convaincre la population locale de rester à distance de l'orque ex-captive. Ils supposent, sans doute à raison, qu'il ne s'agit là que d'une petite étape sur la route de Keiko et que ce dernier ne tardera pas à repartir en pleine mer vers d'autres aventures, car sa soif de découvrir le monde doit de toutes façons être énorme ! 

Il n'empêche que ce comportement pose question et suscite d'ores et déjà une explosion de commentaires enthousiastes de la part de l'Industrie de la Captivité et de la Grande Presse à sa solde :
Keiko serait incapable de vivre sans ses "amis" humains, il faudrait le ramener en bassin, c'est la preuve que toute réhabilitation est vouée à l'échec, et que tout cela coûte très cher, etc., etc.  

Assertions fausses, bien sûr : Keiko vient précisément de nous prouver qu'il est capable de se nourrir et de vivre de manière autonome en pleine mer avec l'aide de ses amis orques et qu'en plus, il y prend grand plaisir ! 

Mais aussi, il nous raconte que tant d'années de captivité ne s'oublient pas en un jour. Arraché à sa mère en 1979, alors qu'i n'était âgé que de deux ans et qu'il était à peine sevré, Keiko était dès le départ un très mauvais candidat à la réhabilitation. Il n'a jamais pu recevoir une éducation complète auprès de sa fratrie et l'essentiel de sa vie d'adulte s'est passée en compagnie des humains.
Son identité sociale est inexistante au sein des nations orques : plus personne ne sait d'où il sort ni à quel clan il appartient. 
C'est pourquoi les interactions avec ses semblables ont été si longues et difficiles. 
Près de trois ans passés dans une "sea pen" en Mer d'Islande avant d'entrer enfin en contact verbal avec des tribus libres apparentées à la sienne et pour se décider enfin à les accompagner !  

Il faut bien se rendre compte que la solidarité d'un groupe est indispensable à la survie de Keiko. Sans une compagnie de grands mâles autour de lui, sans le soutien d'une matriarche, Keiko ne saurait chasser efficacement ni draguer des femelles ni simplement s'inscrire dans un champ social défini qui lui conférerait une véritable identité aux yeux des autres orques. 
Tout le problème est de savoir aujourd'hui si Keiko pourra s'intégrer si tard dans son existence à ce genre d'associations, lesquelles, hélas, se créent le plus souvent dès l'adolescence. 

Sans doute Keiko est-il également victime d'un phénomène bien connu chez l'homme et nombre d'animaux captifs, à savoir "l'institutionnalisation" - ou "syndrome de Stockholm". 
Au bout d'un certain nombre d'années d'emprisonnement, l'individu devient peu à peu incapable de se détacher de ses geôliers et agit souvent en sorte de se faire replacer en cellule, tant le monde libre lui semble insupportable. 

Mais on peut voir les choses autrement : aux yeux de certains observateurs, notre orque représenterait une sorte de nouvelle génération parmi les animaux sauvages, un véritable ambassadeur à la jonction de deux mondes conscients, celui des cétacés et celui des humains, espèces dont, rappelons-le, les capacités cognitives sont à tout le moins équivalentes. 

Keiko est désormais capable d'aller de l'un à l'autre et de se sentir aussi à l'aise avec nous qu'avec ses semblables. 
Son comportement n'a dès lors rien de dramatique ni de choquant : si on lui laisse le choix, notre orque repartira en mer à la première occasion, jouera et nagera avec ses amis puis reviendra parmi nous, ailleurs, d'un port à l'autre, en portant une fois de plus, comme tout ambassadeur, le même message de paix de la Nation Cétacée.  


Ailleurs ?   
Keiko nage aujourd'hui dans un port norvégien. En sortira-t-il jamais vivant ? 
Ce pays est la dernière nation d'Europe encore adepte de la chasse aux cétacés. 

Malgré tout le mal qu'on a pu lui faire, à lui, à sa famille, les hommes restent "gentils" à ses yeux, car ils donnent du poisson et soignent les maladies, et leurs enfants l'enchantent. 

Il ne sait pas encore, hélas, que certains humains ne se contentent pas de priver de liberté les gens de son espèce. 
Ils les massacrent aussi puis ils les
mangent...


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POUR EN SAVOIR PLUS

Aujourd'hui, des orques meurent tous les jours en bassin. 
D'autres sont régulièrement capturées avec la dernières sauvagerie au bénéfice d'"amis de la nature" qui passent à la télévision... Pourtant, comme n'importe quel autre "
peuple premier" doté de conscience et de cultures, le Peuple Cétacé a le droit de vivre libre dans son milieu d'origine.  

Laissons donc les orques tranquilles !!

Histoire de keiko sur aarluk

Ecoutez la voix de Keiko

Le premier avis de décès

L'annonce sur le site de la HSUS

Keiko en oregon




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album photo : keiko libre !

Le message de Paul Spong sur Orcalab

Les autres orques captives dans le monde


Morgane, une nouvelle Keiko ?

Comment réhabiliter le orques ?

Orques tueuses

orques d'antibes

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From: The Bermanator <berman@earthisland.org>
 Date: Fri, 12 Dec 2003 19:46:04 -0800> Subject: [CFN] Fwd: Sad news about
Keiko
Subject: Sad news about Keiko

Dear CFN

We wanted you to hear from us, rather than the press, the sad news that Keiko died today in the Taknes fjord in Norway.  This was quite
unexpected.  Keiko had been in excellent health and we were all  looking forward with optimism to the arrival of whales in the area
in January so that we could link him up again with wild whales.
 Unfortunately, it appears that Keiko got a case of acute pneumonia.  It came on very quickly, and despite effort by our vet, the local
 vet, and our field staff, Keiko didn't make it.  Dr. Cornell also isn't ruling out that Keiko's age was a factor.  He was 27 years old
which made him the second oldest male orca ever who had spent time in captivity.  The average life expectancy of the wild males is just
over 29 years.
But, what an amazing odyssey Keiko has had.  From the days of his pappiloma skin condition, warm water, and cramped quarters in Mexico
to the transport and miraculous improvement in Oregon to the sea-pen and walks in Westman Islands.  Onward to the swimming with wild
whales off the Icelandic coast and his heroic transit to Norway, Keiko did it all.  I certainly remember the naysayers who said he
would never even survive the flight from Mexico.
Time will tell what it all means.  But it must rank as one of the most spectacular efforts every launched to help an animal.  And
history will show that it fundamentally changed public perceptios about what is possible for captive cetaceans. Keiko was a
trailblazer. And along the way the effort taught us a lot about how  to do it.  It generated new science, and it involved millions of
people trying to do the right thing for a whale.
So, amidst the sadness is the sense that we've done something very  right.  Sure there will be critics who feel we should have kept him
 in Iceland, or Oregon, or even Mexico.  But we are proud of the role  we played and thankful for the help, involvement, and support of so
 many of you.
Enclosed is the press release from the Free Willy Keiko Foundation  and the Humane Society of the US.
 

Best,
 Dave Phillips
 Mark Berman

 FREE WILLY- KEIKO FOUNDATION
 THE HUMANE SOCIETY OF THE US

 

 

 

 

 

 

 

 

Mercredi 17 décembre 2003 

Quelques points qui me paraissent essentiels quand je me retourne sur l'odyssée de Keiko:

1) "Notons que l'une de plus belles choses que Keiko ait pu apporter au monde humain cruel et violent dans lequel nous vivons, c'est que la planète toute entière soit avertie de la mort d'un non-humain et puisse pleurer sa mort comme s'il était un humain."
(Extrait du site
Dauphins Libres). 
C'est en effet une première véritablement historique, et sera certainement vu dans le futur comme un jalon important
dans la progression des rapports entre les hommes et les autres habitants de la Planète. Nous connaissons tous l'avant-Keiko (cfr les orques abattues au canon il y a moins de 30 ans), l'après-Keiko nous ouvre les bras...

2) Une partie de l'histoire qui est passé plus inaperçue, et qui à mon sens, justifie presque à elle seule le destin extraordinaire de Keiko: lorsque après sa fameuse traversée en provenance d'Islande, Keiko est rentré dans les fjords de Norvège, il n'a pas été vraiment reconnu tout de suite (c'est ainsi que nous avons eu en Belgique les premières images avant qu'on réalise que c'était bien Keiko). 
Ce qui veut dire que ces très jeunes enfants (moins de 12 ans) ont joué en toute confiance avec cette orque, grâce à ce que le film "Free Willy" avait donné comme nouvelle image de l'espèce. Et cette orque était précisément Keiko ! Ainsi donc, ces enfants et Keiko ont été les premiers bénéficiaires du changement de mentalité amorcé grâce au film... joué par le même Keiko !

3) Par rapport à ce fameux jeune âge de Keiko lors de sa capture, en tant qu'obstacle à la réintégration des siens, une comparaison utile me semble-t-il peut être faite avec les enfants-loups, dont pas un seul n'a vécu soudainement une vie humaine normale lorsque capturés (ni même ensuite).

4) A partir du moment où cette réintégration (dans une structure familiale forte, faut-il le rappeler, cf. les études de Colombie britannique, qui montrent que les orques restent dans le clan de leur mère jusqu'à leur mort) n'a pas été possible, il était logique que Keiko revienne vers les hommes, sa famille d'adoption. 

Logique aussi qu'en tant que mammifère hautement social (au même titre que les hommes ou les chimpanzés), il ait souffert de sa solitude et du manque de caresses (l'absence de caresse tue littéralement les bébés humains !). 
Dépression et solitude ne peuvent qu'affaiblir le système immunitaire et donc être favorable a l'infection qu'il a contractée...

5) On peut donc se dire que si pour des orques capturées adultes, la réhabilitation serait plus facile en coupant les relations avec les humains, dans le cas de Keiko par contre (et c'est évidemment plus facile de le dire a posteriori), vouloir a tout prix le couper des hommes était le condamner à une solitude... qu'il n'a pas supportée. 
Y avait-il une autre solution ? Ca aurait été quasi impossible de le laisser interagir sans émeute ! cfr
Dony-Randy en Bretagne et Normandie, avec une célébrité infime comparée à celle de Keiko...

6) Enfin, quand j'ai lu l'histoire de Keiko sur l
e site d'aarluk, j'ai été frappé (par rapport à ce qui est dit dans les journaux), de la qualité et longueur des séquences que Keiko a passé libre sans ses "dresseurs", et plus ou moins en contact avec ses congénères, et ce dès 2000, puis en 2001 et 2002. Et les détails de sa dernière traversée valent aussi qu'on s'y penche, ce n'était pas juste une "traversée" (d'ailleurs regardez sur une carte, ce n'était pas tout à fait tout droit, Islande-Féroé-Norvège).

 

Gauthier Chapelle 
Ingénieur Agronome. Chercheur.
Docteur en Biologie  


Extraits du site d'AARLUK

2000

En juin, Keiko va, et c'est nouveau, se nourrir de poisson vivant. 
Ses sorties se font toujours sous la surveillance de ses soigneurs. Elles sont de plus en plus nombreuses.  En juillet, Keiko rencontre, pour la toute première fois, des orques libres. Il va même se joindre à elles (on dit "une" orque !). 
Les scientifiques remarquent que ses plongées sont de plus en plus profondes, atteignant 25 mètres.  

En août, leur mascotte se mêle encore plus souvent aux autres animaux. Ses sorties sont de plus en plus longues, allant parfois jusqu'à 3 jours.

Lorsqu'il est bien accepté, il joue avec les autres. Mais parfois, il est rejeté, la raison en étant inconnue. Mais l'hiver arrive à grands pas sur l'Islande. Si Keiko ne se fait pas rapidement accepter au sein d'un pod, il devra rester dans son enclos cet hiver. En effet, les orques ne sont que de passage dans cette région, arrivant au printemps et repartant à l'automne. Mais Keiko ne se décide pas à les rejoindre. Il est encore trop tôt. On ne peut effacer 20 années de captivité en quelques semaines. Peut être l'année prochaine...


2001

C'est en juin que Keiko fait sa première rencontre de l'année avec des orques libres. Il se joint facilement au groupe et communique. Les scientifiques ont bon espoir car l'échange semble réciproque entre les orques.

Fin juillet, l'équipe s'interroge sur la volonté de Keiko à vouloir rejoindre les siens. Il multiplie les rencontres et les échanges mais
revient toujours vers les soigneurs. Keiko est resté 20 ans en captivité. Il n'a presque pas connu la vie en mer, avec ses congénères. Peut être ne pourra t-il revenir à une vie sauvage. Jean-Michel Cousteau envisage même une nouvelle solution en cas d'échec; un plan de semi liberté. Keiko serait dans un enclos ouvert. Car il ne tient plus qu'à Keiko de rejoindre les siens. Il en est capable, mais s'y refuse. Les soigneurs ont déployé toute leur énergie et leur efficacité pour libérer Keiko, mais ils commencent à douter. Et s'il ne rejoignait pas les autres orques avant la fin de l'été ?!!!

Mais Keiko les surprend toujours. Alors qu'ils avaient peu d'espoir, l'animal s'éloigne de plus en plus et va même jusqu'à rester avec les autres orques pendant près de 7 jours. Il est suivi ou observé par un hélicoptère, un bateau ou son émetteur. Mais les soigneurs ont un doute. Keiko se nourrit-il seul. Certes il mange la nourriture proposée par les soigneurs mais on ne sait pas s'il chasse! Le contact avec les autres semble encore plus proche mais à chaque retour, le comportement de Keiko est différent. A quoi pense t-il, pourquoi ne les suit-il pas? Beaucoup de questions dont seul Keiko a la réponse. Mais la fin de l'été arrive et, avec lui, le départ
des orques sauvages qui suivent les migrations des bancs de hareng.


2002

Chaque été en rendant mon rapport je constate que Keiko reprend là où il en était à la fin de l'été précédent et poursuit ses efforts vers un retour à la vie en liberté. Mais cet été 2002, Keiko n'a pas seulement poursuivi dans cette voie, il nous a surpris de bien des manières. Il a dépassé toutes nos prévisions les plus optimistes. Keiko est libre - il est réellement libre n'étant plus du tout sous le contrôle des hommes, n'étant plus enfermé et ne dépendant que de ce qu'il peut pêcher dans la nature pour se nourrir. 

Sous la houlette de la Humane Society américaine, Keiko a passé tout l'été au large depuis qu'on lui a fixé sa balise satellite VHF le 7 Juillet dernier. Contrairement aux deux étés précédents Keiko a décidé de vivre constamment avec les orques sauvages, nageant parfois à proximité des communautés ou se fondant dans un groupe.  Il est repassé brièvement dans la baie le 14 Juillet, ce qui a permis à l'équipe de vérifier ses marqueurs, de remplacer sa balise par une autre ayant une plus grande autonomie de batterie et de contrôler son état de santé. Le jour suivant, dès que le bateau l'accompagnant s'est approché d'un groupe, Keiko s'est aussitôt éloigné pour nager près des orques.

Tout au long du mois de Juillet, Keiko a été surveillé par Vamos, un voilier équipé d'un matériel permettant de repérer son émetteur radio VHF. En Juillet, Keiko est resté dans la région, à proximité des orques sauvages. Le jour, on l'apercevait en général près de groupes d'orques se nourrissant sur les bancs de harengs. 

C'est l'époque pendant laquelle les mouvements des orques sont faciles à prévoir car ils suivent les harengs dont ils se nourrissent chaque jour. Keiko était suivi grâce à son émetteur VHF et aux observations visuelles. Le soir, les orques effectuaient souvent de longs trajets à l'ouest et au sud des ïles Westman. Keiko a été suivi et une nuit on a enregistré un trajet de près de 100 kilomètres. Une autre nuit, accompagnant des épaulards, il a nagé environ 160 kilomètres.

Ce comportement est tout à fait différent de celui observé au cours des deux étés précédents. Keiko se concentre beaucoup plus sur les autres orques et ses postures indiquent qu'il les observe et les écoute la plupart du temps.

Lorsque les bancs de harengs se dispersent à la fin du mois de juillet, les orques sauvages sont moins prévisibles et nous pensons qu'ils parcourent un territoire plus vaste pour se nourrir. Le dernier week-end de juillet, Keiko et les autres se sont déplacés vers le sud. Le 27 juillet, Keiko a été photographié alors qu'il nageait avec les épaulards et semblait réellement communiquer avec eux pendant de longues périodes d'affilée. Il a été repéré à nouveau avec d'autres orques le 30 Juillet. 

Au cours du week-end du 2 Août, une grosse tempête a secoué les îles Westman et a obligé notre bateau accompagnateur à retourner au port. Les membres de l'équipe ont suivi Keiko du rivage pendant tout le week-end. 
Les positions satellites ont indiqué que Keiko se trouvait à 56 kilomètres au sud des îles. Le bateau accompagnateur a pu repartir lundi dans l'après-midi et a navigué vers la dernière position enregistrée de Keiko.  

Depuis deux ans, nous observons toujours des orques dans le coin au cours de la première semaine d'Août, mais pas cette année. Nous nous demandons si Keiko ne s'est donc pas éloigné pour accompagner les orques et s'il ne reviendra pas dans quelques jours. Notre bateau, le Vamos, suit la route prise par Keiko en espérant pouvant s'approcher suffisamment pour obtenir un signal radio de l'émetteur et peut-être une observation visuelle. 

Mais Keiko continue à nous surprendre. Ses positions satellites indiquent qu'il poursuit son trajet vers l'est parcourant 55 à 120 kilomètres par jour. Sa balise satellite indique également qu'il plonge à plus de 75 mètres, plus profond qu'il n'a jamais été lorsqu'il était en captivité. Le 9 Août, nous avons survolé la position de Keiko dans un petit avion bi-place, mais
n'avons pas pu le repérer visuellement. Il se trouvait dans une zone riche en vie marine où se regroupaient des harengs et merlans bleus. L'observer visuellement d'un avion qui vole à 100 noeuds est très difficile et n'a pu être réalisé ce jour-là.  

Depuis, Keiko a continué à se diriger vers l'est. Il est suivi par satellite. 
Lorsqu'il s'est approché des îles Féroé, je me suis fait conduire là-bas avec une équipe pour tenter des observations visuelles. Le 14 août, nous avons affrété un hélicoptère et survolé la position de Keiko à 160 kilomètres au nord des Féroé. Bien que recevant des signaux radios de son émetteur, l'état de la mer et l'étendue de la zone d'observation ne nous ont pas permis de le voir.

Il continue à nager sur de grandes distances chaque jour et ses enregistrements satellites indiquent qu'il plonge. Contrairement au passé, lorsque nous pouvions le voir à chaque fois que nous le désirions, Keiko est maintenant réellement dans la nature. Nous ne pouvons plus l'observer à loisir. Nous savons où il est et nous le suivons grâce aux outils dont nous disposons. Il vit sa vie d'orque et parfois, cela nous semble un peu étrange car il y a tant de choses que nous aimerions savoir, mais c'est ce que nous et tout les gens qui nous ont aidé espérions. 

 


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