Keiko est mort libre !
Après
des années d'une captivité insensée au fond de bassins
minuscules,
Keiko a pu tout de même nager une dernière fois dans l'océan
avant de mourir...
Juste un moment. Juste quelques jours...
Mais on imagine néanmoins tout le bonheur que notre orque a du
ressentir en traversant ces étendues d'eau presque
infinies,
en plongeant dans ces profondeurs obscures au beau milieu de
l'Atlantique immense
auquel on l'avait arraché brutalement quand il n'était
encore qu'un bébé...
|
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L'Odyssée de Keiko : quelques points essentiels Une analyse de Gauthier Chapelle |
Keiko a été enterré sous la neige |
Message de Mark Berman, un ami de Keiko |
Keiko et les enfants de norvège |
Pour en savoir plus |
UN MEMORIAL FUNERAIRE POUR KEIKO
Des
centaines d'écoliers norvégiens ont rendu un ultime hommage à
l'orque Keiko ce jeudi 8 janvier 2004, en élevant en son honneur
un monticule de pierres créépar-dessus sa tombe.
La star de Hollywod, la vedette du film "Free Willy",
est morte le 12 décembre dernier d'une pneumonie fulgurante - ou
de désespoir ? - dans la petite baie isolée de Taknes, où elle
avait été placée en 2002, au terme de son fantastique voyage
au travers de l'Altantique nord, depuis l'Islande jusqu'en
Norvège,
"Ce fut une belle cérémonie. Le public était très
nombreux, près de 300 enfants et quelques adultes" a
raconté Thorbjorg Valdis Kristjansdottir, un biologiste marin
qui faisait partie de l'équipe chargée de la réhabilitation de
Keiko.
Beaucoup d'enfants sanglotaient en posant leur pierre, car Keiko
restera pour eux, et pour nous tous, le symbole même des
souffrances qu'endurent les cétacés captifs, chaque jour, dans
le monde entier.
L'orque avait été enterrée dans un pâturage à queques
mètres de l'endroit où elle est morte seule, au pied du petit
embarcadère.
Son inhumation avait eu lieu sous la neige et la nuit, très
discrétement, à l'écart des médias.
Les enfants, provenant pour la plupart des écoles du village de
Halsa, sur la côte occidentale de la Norvège, ont déposé
pierre après pierre sur la tombe du géant bien-aimé, afin
d'élever un "monticule funéraire" ou
"cairn", dans l'esprit des traditions pré-chrétiennes
scandinaves.
Lire en anglais : http://www.planetark.com/dailynewsstory.cfm/newsid/23382/story.htm
Keiko a été enterré sous la neige

Fin d'une belle aventure :
le corps de Keiko est ramené sur la berge...
Keiko a été enterré ce lundi matin au bord de la petit baie
norvégienne de Taknes, sous une épaisse tempête de neige qui a
presque aussitôt recouvert sa tombe.
Huit personnes étaient présentes auprès du corps du grand
cétacé et de l'excavatrice qui creusa la terre gelée durant
trois longues heures.
Même si aucune cérémonie particulière n'a été conduite
:
«C'était comme si nous mettions un ami en terre » a
reconnu l'un des participants.
Parmi eux, la petite équipe de la Keiko Foundation qui
accompagnait Keiko depuis des années et souhaitait avant tout
que celui-ci soit enseveli au plus vite, afin que chacun conserve
une belle image de cet être joyeux, bon et doux.
La ville de Halsa, où Keiko est venu se reposer
après sa merveilleuse escapade à travers l'Atlantique,
construira fort probablement un monument en la mémoire de celui
qui fut si cher au coeur de tous les enfants du monde et des
petits Norvégiens en particulier.
Notons que l'une de plus belles choses que Keiko ait pu apporter
au monde humain cruel et violent dans lequel nous vivons, c'est
que la planète toute entière soit avertie de la mort d'un
non-humain et puisse pleurer sa mort comme s'il était un
humain.
Au-delà du drame individuel que représente la vie de cette
orque, c'est toute l'image des cétacés qui bascule : on les
traitait naguère de «baleines tueuses», on les chasse encore
aujourd'hui comme du gibier ou on les élève en batterie comme
du bétail, mais chacun sait désormais au fond de lui-même
qu'une orque, c'est une personne à part entière, avec toute sa
richesse intellectuelle, morale et affective.
Et rien que pour cela, Keiko, nous pouvons te
remercier...

Entre cette orque que l'on bombarde pour "protéger les
poissons" et l'enterrement de notre ami Keiko,
un profonde évolution s'est opérée dans l'esprit du petit
singe humain.
Espérons qu'elle se poursuive dans le même sens à
l'avenir..
Message d'un proche de Keiko
Mes chers amis,
Keiko continuera à vivre dans les coeurs et les esprits de beaucoup d'entre nous.
Je peux dire, rie qu'en lisant les e-mails que je reçois tous les jours, à quel point cette orque a touché mais aussi enseigné presque toute une génération d'enfants qui sont aujourd'hui devenus des adultes. A cet égard, la "Free Willy Keiko Foundation" sera toujours présente pour perpétuer l'esprit de Keiko et venir en aide aux autres orques qui n'ont pas eu sa chance.
J'étais là lorsque Keiko, libéré de son enclos mexicain, est arrivé en Orégon.
J'étais là en Islande lorsque l'avion l'a débarqué et j'ai vu de mes propres yeux Keiko frapper l'eau de sa caudale en signe de joie à l'instant où il a retrouvé ses eaux natales.
J'ai eu le bonheur de voir Keiko nager en plein océan, depuis l'Islande jusqu'en en Norvège, en octobre de l'année passée.
J'ai eu la chance de faire partie de sa vie et de ressentir avec lui ses joies et ses tristesses.
Il faut plus que jamais continuer ce combat et se souvenir des soeurs et les frères de Keiko, encore et toujours confinés dans ces bassins-prisons qui n'ont pour seule raison d'être que le Dollar Tout Puissant..
Merci à tous,
Mark Berman
Mark Berman
Assistant Director
International Marine Mammal Project of Earth Island
300 Broadway #28
San Francisco CA 94133 USA
415-788-3666 X 146
Fax 415-788-7324
12 décembre 2003
Keiko vient de mourir !
"Bonjour
à tous,
C'est une bien triste nouvelle que je dois vous annoncer ce
matin. Keiko est mort hier soir, probablement d'une infection
pulmonaire
suraigüe selon le Dr Cornell, le vétérinaire chargé de suivre
son état de santé (ce type d'infection est fréquent chez les
cétacés
sauvages comme les cétacés captifs).
Jusqu'à avant-hier, rien ne laissait présager ce qui allait
arriver.
Keiko ne présentait aucun symptôme inquiétant, son appétit
était conservé et les test sanguins effectués cette semaine
n'avaient
révélé aucune anomalie. Hier matin, Keiko semblait
léthargique et refusait de manger. Son comportement s'est
détérioré tout au long de la journée et malgré les efforts
de l'équipe soignante, Keiko s'est échoué et est mort hier en
début de soirée.
Les critiques commencent déjà à s'élever en disant qu'il
n'aurait pas subi ce sort s'il était resté en captivité. Bien
évidemment, ces
critiques sont proférées par les gérants de l'industrie des
delphinariums.
Keiko était à 27 ans le deuxième orque mâle le plus âgé à
avoir survécu en captivité, et depuis sa réhabilitation en
Islande puis en Norvège (rappelons que malgré tout ce qu'on a
pu entendre, Keiko s'est bien nourri tout seul durant son long
périple entre les deux pays) il avait retrouvé unne excellente
forme physique et d'après l'équipe soignante une excellente
forme "psychologique".
Pour ma part, je reste intimement persuadé que même si des
erreurs ont certainement été commises dans son processus de
réhabilitation, cette opération aura été quelque part
une réussite, puisqu'elle aura permis à cette orque d'avoir une
fin de vie plus digne et j'en suis convaincu plus heureuse, que
celle que les hommes lui avaient destiné entre des murs de
béton.
Repose en paix Keiko".
Franck Dupraz
Réseau Cétacés
| Au message émouvant de Franck que nous
venons de recevoir à propos de la mort de Keiko, je
voudrais ajouter ceci, avec toute ma tristesse, mais
aussi toute ma rage devant ce nouveau gâchis de
l'Industrie de la Captivité : au lieu de mener
une vie normale au sein de sa famille, le petit Keiko a
été mis en prison dès son enfance puis exhibé en
spectacle pendant des décennies pour le seul profit de
margoulins sans scrupules, et c'est cela qui
l'a tué ! On l'a arraché à sa mère, à sa grand mère, à ses tantes et à ses surs, à ses frères et à ses oncles, on l'a retiré de son milieu naturel, on l'a privé de toutes ses racines affectives et culturelles, de tout le plaisir de nager en eaux profondes dans les paysages tourmentés de l'Islande, on l'a exploité, on l'a humilié, on lui a enseigné des tours de cirque débiles avant de le libérer sous la pression de l'opinion publique, mais avec quelle réticence... et dans quelles conditions ! Depuis le début, l'Industrie et sa presse ont tout fait pour discréditer l'opération, pour en dénoncer le coût et pour moquer de manière générale toute tentative de réhabilitation. Qui dit d'ailleurs que Keiko n'a été pas empoisonné, que cette opération n'a pas été délibérément sabotée par des pêcheurs norvégiens ou des agents de l'lndustrie, afin de charger plus encore le dossier des activistes et faire croire qu'en bassin, les orques sont plus heureuses qu'en liberté ? Dès aujourd'hui, de
toutes façons, les portes de la liberté se ferment à
tout jamais pour Lolita ou Shouka, pour Kshamenk ou
Corky, pour toutes ces autres orques qui étaient sur la
liste des "libérables " à court terme... Les
"experts" auront beau jeu de déclarer
désormais que toute réhabilitation est impossible
pour les cétacés ! Comme
on s'y attendait, la Grande Presse a aujourd'hui beau jeu
de souligner que la réhabilitation de Keiko a coûté
plus de vingt millions de dollars. Mais
non : on a besoin à toute force d'orques et de dauphins
nés captifs, car les captures en mer coûtent très cher
et sont très destructrices au plan éthologique et
environnemental. Pour en revenir à Keiko,
essayons tout de même de conclure sur une note positive
: si cette orque a certes été privée de sa culture
d'origine dès l'enfance et a donc été rendue incapable
de jamais la réintégrer (un cétacé n'est pas un
insecte : sa culture n'est pas génétiquement
programmée), force est d'admettre qu'il a vécu plus
longtemps et plus intensément que la plupart des
orques captives (Corky le dépassant de peu.. ) A la manière de Shakti la
mangouste, de Washoe la chimpanzée ou de Koko
la gorille,
Keiko l'orque a finalement bénéficié d'une vie
totalement atypique pour un être de son espèce mais
d'une vie pleine, riche en émotions et en sensations
fortes, qui s'est conclue par la plus formidable escapade
qu'on puisse rêver au coeur de l'Océan.
|
Keiko et les enfants de Norvège
19 Septembre 2002
Plusieurs communes norvégiennes
réclament aujourd'hui
le droit et le plaisir d'héberger l'orque Keiko pour
l'hiver
source © 2002 The
Associated Press
La Norvège, cet ultime pays
d'Europe qui persiste encore à chasser la baleine, est en train
de tomber amoureux d'un simple cétacé !
Aujourd'hui, tout le monde se bat pour avoir le privilège
d'héberger l'orque Keiko pendant son hivernage.
Le village de Halsa, qui compte 1.750 habitants, a désormais
adopté le slogan : "Faites comme Keiko : choisissez
Halsa."
L'équipe américaine qui prend soin de Keiko envisage à
présent de l'amener un peu plus au nord, dans le fjord de
Tysfjord, si du moins les autorités nationales et locales le
permettent.
Tysfjord est situé à environ 180 kilomètres au-delà du cercle
arctique, non loin des îles Lofoten. Détail piquant : cette
zone constitue le cur même du territoire de chasse à
baleine des pêcheurs norvégiens !
Là-bas, les poissons abondent et près de 600 orques sauvages y
résident. Keiko ne perdrait donc pas le contact avec son peuple,
même si ces tribus libres lui sont naturellement
étrangères.
Aucune réponse n'a encore été reçue de la part des autorités
norvégiennes quant à ce plan de bataille pour l'hiver de Keiko
!
En attendant, tout va bien : Keiko pète de santé et son humeur
est excellente !
7/9/02
Keiko
est isolé dans le fjord de Skaalvik
Ivar Roen, le chef
vétérinaire des communes de Moere et Romsdal (Norvège), où se
trouve Keiko, a déclaré qu'une interdiction totale d'approcher
Keiko avait été décrété vendredi en prévision du week-end
qui s'annonçait. Des milliers de visiteurs étaient
attendus, perspective qui ne plaisait guère aux autorités
locales.
Aujourd'hui, Keiko ne peut plus être approché à moins de 50
mètres.
Comment va-t-il réagir à cet isolement brusque ? Les pires craintes sont permises, car Keiko risque d'errer de port en port et d'y être chaque fois un peu plus mal reçu. Rappelons que des années 50 aux années 60, les Norvégiens ont massacré plus de 1.700 orques qui passaient dans leurs eaux. L'équipe de soins dévolue à notre orque envisage de toutes façons de l'attirer avant l'hiver hors du petit fjord et de le ramener vers le large.
Que se passe-t-il
dans la tête de Keiko aujourd'hui ? Personne ne le sait
vraiment. Mais nous savons en revanche que les orques mâles sont
des créatures fortes et volontaires, qui décident de leur vie
en toute indépendance. Keiko sait ce qu'il fait.
A nous d'accepter ses choix, désormais, même s'ils nous
paraissent parfois bien étranges.
6/9/02
Keiko
menacé de mort !
*
Ce vendredi 6 septembre, au terme de plus de vingt ans de
captivité et de deux mois de pure liberté, l'orque Keiko
batifole toujours dans son petit port en Norvège où il joue
avec les enfants, se gratte le dos contre les coques des bateaux
de plaisance, fait toutes sortes de bêtises et reçoit du
poisson. Vu sa taille, on commence pourtant à craindre qu'il ne
manque de nourriture. Keiko devrait absolument repartir en mer
pour chasser.
*
"Keiko doit être abattu",
affirment aujourd'hui certaines autorités Norvégiennes, pour
lesquels dauphins et autres cétacés ne sont que des pièces de
viande comestibles.
Le prétexte est que l'orque mettrait en danger les enfants,
rendraient la vie impossible aux éleveurs de saumons et que le
plus grand "jouet de bain de tous les temps"
souffrirait lui-même de sa liberté nouvellement acquise et n'y
pourrait survivre.
La vraie raison est qu'il n'est pas souhaitable que les enfants
norvégiens se mettent à aimer leur beef-steak.
Aucun delphinarium n'existe en Norvège car cela équivaudrait à
produire chez nous des spectacles de vaches ou de cochons
savants. Keiko tombe donc plutôt mal à propos pour le
dernier pays du continent européen qui persiste encore à
massacrer les mammifères marins les plus intelligents et
les plus cultivés de tout le monde animal.
Pour rappel, la Russie et le Japon sont les deux derniers autres
pays qui chassent encore les
baleines.
*
Il semble que dès le départ, ce soient des cris d'enfants qui
ont attiré Keiko vers un bateau de pêcheurs, à bord duquel
ceux-ci se trouvaient et que ce soit ce bateau qui l'ait amené
ensuite vers les rivages de la Norvège.
Cruelle ironie de l'histoire, que soulignait d'ailleurs tout
récemment Paul Watson (Sea Sheperd) : ce sont les enfants
les plus grands fans de Keiko, ce sont eux qui ont été toute sa
vie ses principaux spectateurs et c'est pour eux, sans doute,
qu'il vient de perdre une nouvelle fois sa liberté.
Keiko et les enfants : c'était vraiment une histoire d'amour
finalement...
3/9/02
Keiko chez les enfants
de Skaalvik

Près de 60 jours après que Keiko ait quitté cet été son
enclos planté en mer d'Islande et soit parti en pleine mer pour
de longues expéditions aux côtés d'autres orques sauvages, des
observations menées à distance ont permis d'affirmer, au fur et
à mesure de ses déplacements, que notre ami était toujours en
parfaite santé. De nombreuses photos et vidéos en
attestent, prouvant qu'il s'est nourri par lui-même en pêchant
ses propres poissons tout au long de ces deux mois passés au
beau milieu de l'Atlantique Nord.
Le Docteur Lanny Cornell, le principal vétérinaire de Keiko
depuis des années et qui connaît les orques comme personne, est
formel sur ce point :
"J'ai regardé les photos
les plus récentes de Keiko et je pense qu'il va très bien
! Après ces 60 jours en plein océan et au terme d'une
course de plus d'un millier de miles marins, Keiko dispose de
toutes ses forces et n'a pas perdu de poids. Il est clair qu'il a
appris à se nourrir seul "
L'escapade de Keiko dans l'Atlantique Nord a commencé le 29
juillet, lorsqu'il a été aperçu une dernière fois en
compagnie d'une bande de cétacés sauvages (orques, dauphins et
baleines) qui se déplaçait vers l'Est en s'éloignant des
côtes de l'Islande.
Au cours des semaines suivantes, une balise satellite a permis de
suivre de manière continue tous ses déplacements et d'attester
que Keiko plongeait parfois jusqu'à 50 mètres de profondeur -
ce qui devait le changer un peu des misérables "six mètres
de fond" alloués à la plupart des orques et dauphins
captifs, dans le meilleur des cas....
Ce 3 septembre 2002, pourtant, le merveilleux retour de Keiko à
une vie digne et normale a subi un léger revers.
Notre ami a en effet eu la mauvaise idée de suivre un bateau de
pêche où se trouvaient des enfants. Ceux-ci l'ont appelé, il a
suivi le bateau et s'est installé au beau milieu d'un petit port
de pêche en Norvège du nom de Skaalvik.
Aussitôt, la population locale s'est mis à le nourrir
frénétiquement à grands coups de maquereaux. D'autres enfants
sont descendus dans l'eau pour grimper sur son dos. Keiko
leur fait des shows gratuits, ivre d'affection humaine et de
caresses...
Les initiateurs du Projet Keiko se trouvent bien évidemment sur place et tentent
aujourd'hui de convaincre la population locale de rester à
distance de l'orque ex-captive. Ils supposent, sans doute à
raison, qu'il ne s'agit là que d'une petite étape sur la route
de Keiko et que ce dernier ne tardera pas à repartir en pleine
mer vers d'autres aventures, car sa soif de découvrir le monde
doit de toutes façons être énorme !
Il n'empêche que ce comportement pose question et suscite d'ores
et déjà une explosion de commentaires enthousiastes de la part
de l'Industrie de la Captivité et de la Grande Presse à sa
solde : Keiko serait incapable de vivre sans ses
"amis" humains, il faudrait le ramener en bassin, c'est
la preuve que toute réhabilitation est vouée à l'échec, et
que tout cela coûte très cher, etc., etc.
Assertions fausses, bien sûr : Keiko vient précisément de nous
prouver qu'il est capable de se nourrir et de vivre de manière
autonome en pleine mer avec l'aide de ses amis orques et qu'en
plus, il y prend grand plaisir !
Mais aussi, il nous raconte que tant d'années de captivité ne
s'oublient pas en un jour. Arraché à sa mère en 1979, alors
qu'i n'était âgé que de deux ans et qu'il était à peine
sevré, Keiko était dès le départ un très mauvais candidat à
la réhabilitation. Il n'a jamais pu recevoir une éducation
complète auprès de sa fratrie et l'essentiel de sa vie d'adulte
s'est passée en compagnie des humains.
Son identité sociale est inexistante au sein des nations orques
: plus personne ne sait d'où il sort ni à quel clan il
appartient.
C'est pourquoi les interactions avec ses semblables ont été si
longues et difficiles.
Près de trois ans passés dans une "sea pen" en Mer
d'Islande avant d'entrer enfin en contact verbal avec des tribus
libres apparentées à la sienne et pour se décider enfin à les
accompagner !
Il faut bien se rendre compte que la solidarité d'un groupe est
indispensable à la survie de Keiko. Sans une compagnie de grands
mâles autour de lui, sans le soutien d'une matriarche, Keiko ne
saurait chasser efficacement ni draguer des femelles ni
simplement s'inscrire dans un champ social défini qui lui
conférerait une véritable identité aux yeux des autres
orques.
Tout le problème est de savoir aujourd'hui si Keiko pourra
s'intégrer si tard dans son existence à ce genre
d'associations, lesquelles, hélas, se créent le plus souvent
dès l'adolescence.
Sans doute Keiko
est-il également victime d'un phénomène bien connu chez
l'homme et nombre d'animaux captifs, à savoir "l'institutionnalisation"
- ou "syndrome de Stockholm".
Au bout d'un certain nombre d'années d'emprisonnement,
l'individu devient peu à peu incapable de se détacher de ses
geôliers et agit souvent en sorte de se faire replacer en
cellule, tant le monde libre lui semble insupportable.
Mais on peut voir les choses autrement : aux yeux de certains
observateurs, notre orque représenterait une sorte de nouvelle
génération parmi les animaux sauvages, un véritable
ambassadeur à la jonction de deux mondes conscients, celui des
cétacés et celui des humains, espèces dont, rappelons-le, les
capacités cognitives sont à tout le moins équivalentes.
Keiko est désormais capable d'aller de l'un à l'autre et de se
sentir aussi à l'aise avec nous qu'avec ses semblables.
Son comportement n'a dès lors rien de dramatique ni de choquant
: si on lui laisse le choix, notre orque repartira en mer à la
première occasion, jouera et nagera avec ses amis puis reviendra
parmi nous, ailleurs, d'un port à l'autre, en portant une fois
de plus, comme tout ambassadeur, le même message de paix de la
Nation Cétacée.
Ailleurs
?
Keiko nage aujourd'hui dans un port norvégien. En
sortira-t-il jamais vivant ?
Ce pays est la dernière nation d'Europe encore adepte de la
chasse aux cétacés.
Malgré tout le mal qu'on a pu lui faire, à lui, à sa famille,
les hommes restent "gentils" à ses yeux, car ils
donnent du poisson et soignent les maladies, et leurs enfants
l'enchantent.
Il ne sait pas encore, hélas, que certains humains ne se
contentent pas de priver de liberté les gens de son
espèce.
Ils les massacrent aussi puis ils les mangent...
POUR EN SAVOIR PLUS
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From: The Bermanator <berman@earthisland.org>
Date: Fri, 12 Dec 2003 19:46:04 -0800> Subject: [CFN]
Fwd: Sad news about
Keiko
Subject: Sad news about Keiko
Dear CFN
We wanted you to hear from us, rather than the press, the sad
news that Keiko died today in the Taknes fjord in Norway.
This was quite
unexpected. Keiko had been in excellent health and we were
all looking forward with optimism to the arrival of whales
in the area
in January so that we could link him up again with wild whales.
Unfortunately, it appears that Keiko got a case of acute
pneumonia. It came on very quickly, and despite effort by
our vet, the local
vet, and our field staff, Keiko didn't make it. Dr.
Cornell also isn't ruling out that Keiko's age was a
factor. He was 27 years old
which made him the second oldest male orca ever who had spent
time in captivity. The average life expectancy of the wild
males is just
over 29 years.
But, what an amazing odyssey Keiko has had. From the days
of his pappiloma skin condition, warm water, and cramped quarters
in Mexico
to the transport and miraculous improvement in Oregon to the
sea-pen and walks in Westman Islands. Onward to the
swimming with wild
whales off the Icelandic coast and his heroic transit to Norway,
Keiko did it all. I certainly remember the naysayers who
said he
would never even survive the flight from Mexico.
Time will tell what it all means. But it must rank as one
of the most spectacular efforts every launched to help an
animal. And
history will show that it fundamentally changed public perceptios
about what is possible for captive cetaceans. Keiko was a
trailblazer. And along the way the effort taught us a lot about
how to do it. It generated new science, and it
involved millions of
people trying to do the right thing for a whale.
So, amidst the sadness is the sense that we've done something
very right. Sure there will be critics who feel we
should have kept him
in Iceland, or Oregon, or even Mexico. But we are
proud of the role we played and thankful for the help,
involvement, and support of so
many of you.
Enclosed is the press release from the Free Willy Keiko
Foundation and the Humane Society of the US.
Best,
Dave Phillips
Mark Berman
FREE WILLY- KEIKO FOUNDATION
THE HUMANE SOCIETY OF THE US
Mercredi 17 décembre 2003
Quelques points qui me paraissent essentiels quand je me
retourne sur l'odyssée de Keiko:
1) "Notons que l'une de plus belles choses que Keiko ait
pu apporter au monde humain cruel et violent dans lequel nous
vivons, c'est que la planète toute entière soit avertie de la
mort d'un non-humain et puisse pleurer sa mort comme s'il était
un humain."
(Extrait du site Dauphins Libres).
C'est en effet une première véritablement historique, et sera
certainement vu dans le futur comme un jalon important
dans la progression des rapports entre les hommes et les autres
habitants de la Planète. Nous connaissons tous l'avant-Keiko
(cfr les orques abattues au canon il y a moins de 30 ans),
l'après-Keiko nous ouvre les bras...
2) Une partie de l'histoire qui est passé plus inaperçue, et
qui à mon sens, justifie presque à elle seule le destin
extraordinaire de Keiko: lorsque après sa fameuse traversée en
provenance d'Islande, Keiko est rentré dans les fjords de
Norvège, il n'a pas été vraiment reconnu tout de suite (c'est
ainsi que nous avons eu en Belgique les premières images avant
qu'on réalise que c'était bien Keiko).
Ce qui veut dire que ces très jeunes enfants (moins de 12 ans)
ont joué en toute confiance avec cette orque, grâce à ce que
le film "Free Willy" avait donné comme nouvelle image
de l'espèce. Et cette orque était précisément Keiko ! Ainsi
donc, ces enfants et Keiko ont été les premiers bénéficiaires
du changement de mentalité amorcé grâce au film... joué par
le même Keiko !
3) Par rapport à ce fameux jeune âge de Keiko lors de sa
capture, en tant qu'obstacle à la réintégration des siens, une
comparaison utile me semble-t-il peut être faite avec les
enfants-loups, dont pas un seul n'a vécu soudainement une vie
humaine normale lorsque capturés (ni même ensuite).
4) A partir du moment où cette réintégration (dans une
structure familiale forte, faut-il le rappeler, cf. les études
de Colombie britannique, qui montrent que les orques restent dans
le clan de leur mère jusqu'à leur mort) n'a pas été possible,
il était logique que Keiko revienne vers les hommes, sa famille
d'adoption.
Logique aussi qu'en tant que mammifère hautement social (au
même titre que les hommes ou les chimpanzés), il ait souffert
de sa solitude et du manque de caresses (l'absence de caresse tue
littéralement les bébés humains !).
Dépression et solitude ne peuvent qu'affaiblir le système
immunitaire et donc être favorable a l'infection qu'il a
contractée...
5) On peut donc se dire que si pour des orques capturées
adultes, la réhabilitation serait plus facile en coupant les
relations avec les humains, dans le cas de Keiko par contre (et
c'est évidemment plus facile de le dire a posteriori), vouloir a
tout prix le couper des hommes était le condamner à une
solitude... qu'il n'a pas supportée.
Y avait-il une autre solution ? Ca aurait été quasi impossible
de le laisser interagir sans émeute ! cfr Dony-Randy en Bretagne et Normandie,
avec une célébrité infime comparée à celle de Keiko...
6) Enfin, quand j'ai lu l'histoire de Keiko sur le site d'aarluk, j'ai été frappé (par
rapport à ce qui est dit dans les journaux), de la qualité et
longueur des séquences que Keiko a passé libre sans ses
"dresseurs", et plus ou moins en contact avec ses
congénères, et ce dès 2000, puis en 2001 et 2002. Et les
détails de sa dernière traversée valent aussi qu'on s'y
penche, ce n'était pas juste une "traversée"
(d'ailleurs regardez sur une carte, ce n'était pas tout à fait
tout droit, Islande-Féroé-Norvège).
Gauthier Chapelle
Ingénieur Agronome. Chercheur. Docteur en Biologie
2000
En juin, Keiko va, et c'est nouveau, se nourrir de poisson
vivant.
Ses sorties se font toujours sous la surveillance de ses
soigneurs. Elles sont de plus en plus nombreuses. En
juillet, Keiko rencontre, pour la toute première fois, des
orques libres. Il va même se joindre à elles (on dit
"une" orque !).
Les scientifiques remarquent que ses plongées sont de plus en
plus profondes, atteignant 25 mètres.
En août, leur mascotte se mêle encore plus souvent aux autres
animaux. Ses sorties sont de plus en plus longues, allant parfois
jusqu'à 3 jours.
Lorsqu'il est bien accepté, il joue avec les autres. Mais
parfois, il est rejeté, la raison en étant inconnue. Mais
l'hiver arrive à grands pas sur l'Islande. Si Keiko ne se fait
pas rapidement accepter au sein d'un pod, il devra rester dans
son enclos cet hiver. En effet, les orques ne sont que de passage
dans cette région, arrivant au printemps et repartant à
l'automne. Mais Keiko ne se décide pas à les rejoindre. Il est
encore trop tôt. On ne peut effacer 20 années de captivité en
quelques semaines. Peut être l'année prochaine...
2001
C'est en juin que Keiko fait sa première rencontre de l'année
avec des orques libres. Il se joint facilement au groupe et
communique. Les scientifiques ont bon espoir car l'échange
semble réciproque entre les orques.
Fin juillet, l'équipe s'interroge sur la volonté de Keiko à
vouloir rejoindre les siens. Il multiplie les rencontres et les
échanges mais
revient toujours vers les soigneurs. Keiko est resté 20 ans en
captivité. Il n'a presque pas connu la vie en mer, avec ses
congénères. Peut être ne pourra t-il revenir à une vie
sauvage. Jean-Michel Cousteau envisage même une nouvelle
solution en cas d'échec; un plan de semi liberté. Keiko serait
dans un enclos ouvert. Car il ne tient plus qu'à Keiko de
rejoindre les siens. Il en est capable, mais s'y refuse. Les
soigneurs ont déployé toute leur énergie et leur efficacité
pour libérer Keiko, mais ils commencent à douter. Et s'il ne
rejoignait pas les autres orques avant la fin de l'été ?!!!
Mais Keiko les surprend toujours. Alors qu'ils avaient peu
d'espoir, l'animal s'éloigne de plus en plus et va même
jusqu'à rester avec les autres orques pendant près de 7 jours.
Il est suivi ou observé par un hélicoptère, un bateau ou son
émetteur. Mais les soigneurs ont un doute. Keiko se nourrit-il
seul. Certes il mange la nourriture proposée par les soigneurs
mais on ne sait pas s'il chasse! Le contact avec les autres
semble encore plus proche mais à chaque retour, le comportement
de Keiko est différent. A quoi pense t-il, pourquoi ne les
suit-il pas? Beaucoup de questions dont seul Keiko a la réponse.
Mais la fin de l'été arrive et, avec lui, le départ
des orques sauvages qui suivent les migrations des bancs de
hareng.
2002
Chaque été en rendant mon rapport je constate que Keiko reprend
là où il en était à la fin de l'été précédent et poursuit
ses efforts vers un retour à la vie en liberté. Mais cet été
2002, Keiko n'a pas seulement poursuivi dans cette voie, il nous
a surpris de bien des manières. Il a dépassé toutes nos
prévisions les plus optimistes. Keiko est libre - il est
réellement libre n'étant plus du tout sous le contrôle des
hommes, n'étant plus enfermé et ne dépendant que de ce qu'il
peut pêcher dans la nature pour se nourrir.
Sous la houlette de la Humane Society américaine, Keiko a passé
tout l'été au large depuis qu'on lui a fixé sa balise
satellite VHF le 7 Juillet dernier. Contrairement aux deux étés
précédents Keiko a décidé de vivre constamment avec les
orques sauvages, nageant parfois à proximité des communautés
ou se fondant dans un groupe. Il est repassé brièvement
dans la baie le 14 Juillet, ce qui a permis à l'équipe de
vérifier ses marqueurs, de remplacer sa balise par une autre
ayant une plus grande autonomie de batterie et de contrôler son
état de santé. Le jour suivant, dès que le bateau
l'accompagnant s'est approché d'un groupe, Keiko s'est aussitôt
éloigné pour nager près des orques.
Tout au long du mois de Juillet, Keiko a été surveillé par
Vamos, un voilier équipé d'un matériel permettant de repérer
son émetteur radio VHF. En Juillet, Keiko est resté dans la
région, à proximité des orques sauvages. Le jour, on
l'apercevait en général près de groupes d'orques se
nourrissant sur les bancs de harengs.
C'est l'époque pendant laquelle les mouvements des orques sont
faciles à prévoir car ils suivent les harengs dont ils se
nourrissent chaque jour. Keiko était suivi grâce à son
émetteur VHF et aux observations visuelles. Le soir, les orques
effectuaient souvent de longs trajets à l'ouest et au sud des
ïles Westman. Keiko a été suivi et une nuit on a enregistré
un trajet de près de 100 kilomètres. Une autre nuit,
accompagnant des épaulards, il a nagé environ 160 kilomètres.
Ce comportement est tout à fait différent de celui observé au
cours des deux étés précédents. Keiko se concentre beaucoup
plus sur les autres orques et ses postures indiquent qu'il les
observe et les écoute la plupart du temps.
Lorsque les bancs de harengs se dispersent à la fin du mois de
juillet, les orques sauvages sont moins prévisibles et nous
pensons qu'ils parcourent un territoire plus vaste pour se
nourrir. Le dernier week-end de juillet, Keiko et les autres se
sont déplacés vers le sud. Le 27 juillet, Keiko a été
photographié alors qu'il nageait avec les épaulards et semblait
réellement communiquer avec eux pendant de longues périodes
d'affilée. Il a été repéré à nouveau avec d'autres orques
le 30 Juillet.
Au cours du week-end du 2 Août, une grosse tempête a secoué
les îles Westman et a obligé notre bateau accompagnateur à
retourner au port. Les membres de l'équipe ont suivi Keiko du
rivage pendant tout le week-end.
Les positions satellites ont indiqué que Keiko se trouvait à 56
kilomètres au sud des îles. Le bateau accompagnateur a pu
repartir lundi dans l'après-midi et a navigué vers la dernière
position enregistrée de Keiko.
Depuis deux ans, nous observons toujours des orques dans le coin
au cours de la première semaine d'Août, mais pas cette année.
Nous nous demandons si Keiko ne s'est donc pas éloigné pour
accompagner les orques et s'il ne reviendra pas dans quelques
jours. Notre bateau, le Vamos, suit la route prise par Keiko en
espérant pouvant s'approcher suffisamment pour obtenir un signal
radio de l'émetteur et peut-être une observation
visuelle.
Mais Keiko continue à nous surprendre. Ses positions satellites
indiquent qu'il poursuit son trajet vers l'est parcourant 55 à
120 kilomètres par jour. Sa balise satellite indique également
qu'il plonge à plus de 75 mètres, plus profond qu'il n'a jamais
été lorsqu'il était en captivité. Le 9 Août, nous avons
survolé la position de Keiko dans un petit avion bi-place, mais
n'avons pas pu le repérer visuellement. Il se trouvait dans une
zone riche en vie marine où se regroupaient des harengs et
merlans bleus. L'observer visuellement d'un avion qui vole à 100
noeuds est très difficile et n'a pu être réalisé ce
jour-là.
Depuis, Keiko a continué à se diriger vers l'est. Il est suivi
par satellite.
Lorsqu'il s'est approché des îles Féroé, je me suis fait
conduire là-bas avec une équipe pour tenter des observations
visuelles. Le 14 août, nous avons affrété un hélicoptère et
survolé la position de Keiko à 160 kilomètres au nord des
Féroé. Bien que recevant des signaux radios de son émetteur,
l'état de la mer et l'étendue de la zone d'observation ne nous
ont pas permis de le voir.
Il continue à nager sur de grandes distances chaque jour et ses
enregistrements satellites indiquent qu'il plonge. Contrairement
au passé, lorsque nous pouvions le voir à chaque fois que nous
le désirions, Keiko est maintenant réellement dans la nature.
Nous ne pouvons plus l'observer à loisir. Nous savons où il est
et nous le suivons grâce aux outils dont nous disposons. Il vit
sa vie d'orque et parfois, cela nous semble un peu étrange car
il y a tant de choses que nous aimerions savoir, mais c'est ce
que nous et tout les gens qui nous ont aidé espérions.