Kiska, l’orque folle

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Kiska, l’orque solitaire du Marineland du Canada

Kiska, l’orque folle

Kiska est une orque solitaire âgée de 39 ans.
Avec la petite Morgan à Ténériffe, Tilikum aux USA et Kshamenk en Argentine, elle est le symbole même des souffrances que l’Industrie de la Captivité ose infliger à ses orques, au point de les pousser  parfois jusqu’au bout de la folie.

Elle y fut amenée en octobre 1979, peu de temps après sa capture au large de la côte d’Ingólfshöfði en Islande à l’âge de 3 ans.
Kiska eut 5 enfants, mais tous sont morts dans leur jeune âge.
Le premier était un mâle sans nom né le 24 août 1992. Il ne survécut que 2 mois.
Le deuxième fut nommé Kanuck. Il naquit le 28 août 1994 et mourut courant 98.
Son troisième enfant était encore un mâle baptisé Nova, né le 6 novembre 1996, décédé le 20 août 2001.
Son quatrième bébé, toujours un mâle, s’appelait Hudson. Il naquit le 15 septembre 1998 et mourut le 20 octobre 2004. C’est lui qui vécut le plus longtemps.
Le dernier enfant de Kiska était une fille, nommée Athéna. Née le 8 août 2004, Athena s’éteignit au printemps 2009.

On a put prétendre que son compagnon, Kandu 7, lui aurait transmis des gènes malsains, de sorte que plusieurs de ses enfants étaient malades dès la naissance. Mais il est plus probable que la cause en soit les conditions de vie désastreuses au Marineland de l’Ontario.

 

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Kiska et sa fille adorée, Athéna

En 2006, le Marineland a fait l’acquisition du mâle Ikaika, une jeune orque de 4 ans née à SeaWorld.
Ike a vécu quelque temps avec Kiska, Nootka 5 et la jeune Athena. Kiska était très attachée à son amie et à sa fille. Mais elles sont mortes l’une après l’autre. Ikaika est resté seul avec elle.
Comme il devenait adulte, il se mit à la harceler. Il fallut souvent les séparer.
En novembre 2011, Ikaika a finalement été ramené à SeaWorld San Diego, après une longue bataille pour la garde entre SeaWorld et le Marineland du Canada, soupçonné de maltraitances.

 

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Ike harcelant Kiska, sans cesse

 

Depuis 5 ans, Kiska est donc totalement seule, sans même un dauphin pour la distraire.
Krishnan, qui a visité Marineland Ontario le 23 mai 2014, témoigne :
« Elle était toute seule dans un petit bassin. Elle a nagé en rond pendant une heure entière, tant que j’ai pu l’observer. J’ai parlé à son dresseur. Parfois, m’a-t-il dit, on la déplace dans un bassin adjacent où elle est nourrie et où les gens peuvent l’observer sous l’eau.
Mais après 20 minutes, elle est ramenée vers son bassin d’origine où aucun abri ne lui permet de s’abriter du soleil. Je l’ai regardée manger du poisson mort et de gélatine (pour compenser le manque d’eau de sa nourriture surgelée) et j’ai vu qu’elle n’avait plus aucune dent ».

Krishnan a parlé avec une autre dresseuse de la santé mentale de Kiska.
Il lui a demandé si cette incessante « nage en rond » était un signe d’ennui ou de trouble mental. La jeune femme a répondu : « Oh non ! Elle est simplement paresseuse».
Alex Dorer, président de l’association Fins et Flukes, a confirmé que les conditions de vie de Kiska ne se sont guère améliorées depuis 2011.

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« Ce souvenir me hante encore »,
a déclaré Dorer.

« Voir aussi solitaire cet animal incroyable et magnifique, que j’ai vu traverser des étendues immenses, entouré d’une vaste famille, était une expérience horrible.
Kiska passe ses journées à flotter dans son réservoir sans ami, sans personne, sans que personne ne se soucie d’elle. Aucun enrichissement environnemental (selon le mot consacré des zoos) ne lui est fourni ni la moindre interaction, car on la considère comme potentiellement dangereuse.
Pour un animal aussi profondément social que l’orque, c’est un traitement inacceptable. Vous pouvez ressentir sa douleur rien qu’à la regarder. Je dis souvent aux gens qu’elle est juste la coquille vide de ce qui fut une personne, elle est là physiquement mais elle n’est plus là. L’orque Kiska s’est effondrée au fond de son propre esprit. Elle a renoncé à tout espoir
».

En octobre 2012, déjà, Christina Santos, une ancienne dresseuse de Kiska avait exprimé son inquiétude à propos de la santé mentale de l’orque dans les colonnes du Toronto Star. Ces préoccupations étaient largement partagées par un autre ancien dresseur, Phil Demers.
Tous deux sont aujourd’hui poursuivis en justice et astreints à payer des amendes de plusieurs millions de dollars par le propriétaire fou de l’orque Kiska, l’ignoble John Holer.

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John Holer menaçant des activistes.

Interrogé sur ce qu’on pouvait faire pour Kiska, le Dr Naomi Rose répondait en 2013 :
« J’aimerais le savoir ! Dans sa situation actuelle,  je n’arrive tout simplement pas à imaginer dans quel état d’esprit elle peut être.  Je pensais que Tilikum était l’orque la plus solitaire au monde mais ce triste honneur revient désormais à Kiska.
Le plan le plus humain, à court terme, pour lui venir en aide, c’est de lui trouver au plus vite un autre delphinarium avec des orques. Le plan le plus humain, à long terme, est le même que pour toutes les autres orques captives : elle doit être déplacée dans une sanctuaire marin ».

En octobre 2015, Kiska continue à tourner sans fin, à dormir, à tourner.
Son esprit a quitté le bassin depuis longtemps.


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Kiska, en bas à gauche

 


Vidéos récentes de Kiska (2016)

Libérez Kiska !

Sources :
Kiska, the World’s Loneliest Killer Whale; a Q&A with Dr. Naomi Rose
Kiska Suffers at Marineland