L’orque Valentin est mort en esclavage

 

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Valentin libre aurait ressemblé à cela !

L’orque Valentin est mort en esclavage


L’orque Valentin est mort au Marineland d’Antibes le 12 octobre 2015.

Il aurait eu 20 ans ce 13 février 2016. Sa vie misérable ne fut qu’ennui, violence et deuils. Elle nous démontre, s’il en était besoin, que les cétacés nés captifs ne souffrent pas moins en bassin que leurs aînés capturés en mer. Et qu’ils vivent encore moins longtemps qu’eux.

Comme Sumar à SeaWorld, Valentin aurait été victime d’une « torsion de l’intestin », qu’aucune autopsie officielle n’a encore authentifiée.
Comme pour Sumar, la vraie raison de la mort de Valentin est à chercher ailleurs, dans cette perte du goût de vivre qui frappe les orques et les dauphins quand ils deviennent adultes. A cet âge, ils ont tout compris et savent qu’ils ne pourront jamais vivre comme leur corps et leur esprit hautement conscient l’exigent. Et ils meurent.

Enfermer des orques et les faire se reproduire est un acte d’esclavagisme criminel.

Un jour,  le Marineland d’Antibes devra en rendre compte devant la justice des hommes.

 

 


 

Le dernier voyage de Valentin

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Le dernier voyage de Valentin

« Si ses parents n’avaient pas été capturés, Valentin serait aujourd’hui un mâle superbe fendant les flots de la mer d’Islande de son immense aileron dressé.
Il nagerait aux côtés de sa mère, toujours vivante et pour longtemps, avec toute une tribu de frères, de sœurs, d’oncles et de tantes. Il chasserait le hareng, jouerait, aurait de nombreuses amies de cœur dans d’autres tribus, quelques enfants ici et là. Sa vie serait chaque jour une nouvelle aventure dans l’eau glacée des fjords.
Mais des hommes en ont décidé autrement.
Valentin a vécu au cachot toute sa vie, l’estomac ravagé par les ulcères, le menton lacéré de trop se frotter au béton des cuves, l’aileron dorsal se courbant peu à peu…

Ce n’est pas ainsi que vivent les orques ».

One Voice
Un article d’Yvon Godefroid
 


 

Quelques images de la vie de l’orque Valentin  

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Valentin

Des images d’archives nous le montrent à la naissance.
Les orques tournent et tournent en rond devant la caméra, dans l’enceinte de l’actuel bassin des dauphins. On aperçoit la petite Shouka qui passe, mais aussi Sharkane, la marraine, qui amènera l’enfant en surface quelques instants plus tard.
La caudale du nouveau-né pointe hors du ventre de Freya. Le corps suit peu à peu, puis un panache de sang et Valentin vient au monde. Il découvre l’univers minuscule qui sera le sien toute sa vie : des parois de béton sales, de l’eau trouble au goût de chlore. Et lorsqu’il lève la tête hors de l’eau, il voit des bâtiments, l’enceinte d’une piscine et des hommes debout sur le bord, qui le regardent.


1996 Valentin entre en scène ! 
A six mois, Valentin fait ses premières apparitions publiques. Son rôle consiste alors à suivre sa mère et à la téter sous les applaudissements. Tous ceux qui l’entouraient alors sont morts aujourd’hui, sauf Shouka. Inouk ne naîtra qu’en 1999, Wikie qu’en 2001, Moana qu’en 2011 et Keijo qu’en 2013.


 

La triste vie de Valentin
Depuis la mort de Sharkane en 2009, Val n’a pour seules compagnes que sa demi-sœur Wikie et Freya, sa mère.
En 2014, une vidéo nous le montre avec Inouk et Moana. Le dresseur reprend presque mot pour mot le même discours qu’en 1995 ou en 1999 : il donne le poids des animaux et quelques pauvres caractéristiques sensées les définir. Toute la vie de ces orques semble se résumer à des jeux, à des câlins et à des entraînements. L’homme n’a rien d’autre à dire. Il reconnaît cependant qu’ils ont aussi une sexualité et que des relations amoureuses ont lieu entre Valentin et Wikie. Un cas de figure impossible en liberté.


 

La sexualité bridée de Valentin
L’exogamie est la règle chez les orques sauvages, comme dans toutes les grandes sociétés animales. Les fils restent auprès de sa mère toute leur vie mais partent régulièrement à la rencontre de jolies femelles dans les communautés voisines. Jamais un frère ou un demi-frère ne se reproduirait avec sa sœur, ne serait-ce que pour assurer au clan des enfants viables et sains. L’inceste et la consanguinité ont en revanche provoquée d’innombrables fausses couches et de morts précoces en bassin.
Là, tout est contrôlé et la fertilité des orques est interrompue ou relancée à l’aide de contraceptifs puissants, tel que le Regumate destiné aux cochons.
«Un produit si puissant même qu’il risque de rendre stérile une dresseuse humaine » explique John Hargrove. « Ce sont donc toujours des soigneurs masculins qui se chargent de l’utiliser. Nous mettions des gants, nous injections le Regumate dans le poisson et nous l’apportions à l’animal sur un plat spécial. Après quoi, tout devait être nettoyé à l’eau de Javel ».
Paradoxalement, le Regumate est également utilisé pour stimuler l’ovulation des cétacés avant une insémination artificielle.

On calme aussi les ardeurs des mâles avec des hormones féminines et des tranquillisants, mais cela n’empêche pas Val d’engrosser sa demi-sœur et d’engendrer Keijo en 2013.
Pire encore, quelques mois avant sa mort, on le voit en train de tenter mollement de copuler avec son propre fils.
Les images sont d’une tristesse infinie : Valentin paraît assommé et ses gestes sont ralentis à l’extrême tandis qu’il frotte son sexe sur l’enfant.
Est-il drogué ? Ce type de comportement n’est jamais observé en mer.


 

L’effondrement de Valentin
En août, deux mois après la mort de sa mère, Valentin s’effondre. Il flotte désormais dans un coin, totalement immobile. Le bassin n’est pas réfrigéré comme à SeaWorld. La chaleur est terrible, l’eau est tiède, ce qui est pénible pour une orque d’Islande, même née captive. Autour de Val, une ambiance de foire : la musique incessante, les éclats de voix des visiteurs, l’odeur de la nourriture jusque tard dans la soirée. Valentin ne remue presque plus.

Le clos d’équarissage
Le cadavre de Valentin a été transporté non loin de là, jusqu’à l’usine de SARVAL AZUR. La société est spécialisée «dans l’élaboration de substrats protéiques à base de matières d’origine animale, destinés à être utilisés en fertilisants, en alimentation pour l’aquaculture ou en application technique pour l’industrie chimique. SARVAL dispose de quatre sites industriels en France, basés à Issé, Bayet, Illzach et Carnoules. SARVAL AZUR est installée route des Maures à Carnoules dans le département du Var. Sa principale activité est l’équarrissage d’animaux ». 

C’est à Carnoules que le Marineland d’Antibes a toujours envoyé ses orques mortes.
Avec celui de chats, de chiens et d’autres animaux morts, leurs restes transformés en  substrats protéiques ont longtemps pollué l’atmosphère des riverains furieux, jusqu’à ce qu’enfin, l’usine se décide à respecter les normes. En 2014, la société déclare :
«L’entreprise implantée à Carnoules n’est plus une usine d’équarrissage : depuis 2012, et nous ne traitons plus de cadavres d’animaux morts sur ce site. Il a été transformé, pour ces activités, en centre de transfert. C’est la raison pour laquelle nous avons rénové les locaux en créant une chambre froide pour le stockage temporaire des matières collectées dans les départements du Var et des Alpes-maritimes».

Valentin s’y trouve-t-il encore ?


 

 

L’ex-dresseur John Hargrove écrit au Marineland d’Antibes !

L’orque Valentin est mort dans le marais d’Antibes

 

Marineland d’Antibes : Valentin n’est pas mort d’une torsion de l’intestin

 

Le Dolphin Project rend hommage à l’orque Valentin