La delphine Flo décède à Bruges

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La delphine Flo est morte à 13 ans

Durant la nuit du 5 au 6 janvier 2012, une jeune delphine est morte dans le dernier delphinarium de Belgique, sinistrement connu sous le nom de «Boudewijn Seapark van Brugge».

Flo aurait eu 14 ans le 18 juillet prochain.
Elle vit le jour dans le bassin même où elle décéda, sous une lourde coupole de béton, sans jamais avoir ressenti la caresse directe du soleil, de la pluie ou du vent sur sa peau, sans jamais avoir su ce qu’était la mer, les vagues, les algues, les rochers, les coquillages, les échinodermes ou les poissons vivants, et sans jamais avoir eu la moindre chance de connaître un jour la liberté.

Son père avait reçu le surnom de « Tex ».
Capturé au large du Texas, il s’’éteignit bien avant l’âge au Marineland d’’Antibes, dans le cadre de l’’un de ces prétendus « programmes européens EEP d’élevage et de conservation d’espèces menacées» qui ne conservent rien du tout en ce qui concerne les dauphins Tursiops mais visent essentiellement à faire tinter le tiroir-caisse des parcs d’attractions.

Certains disent que cet «étalon de concours» s’’est suicidé, épuisé par d’incessants transferts, suivi de peu par sa nouvelle compagne, Aurore. Les gérants du parc, eux, ne disent rien. Aucune nécropsie n’a jamais été rendue publique à son propos, ni même la date exacte de sa mort.

La mère de Flo fut affublée du nom de «Terry».
Celle-ci fut également arrachée avec la plus extrême violence à sa famille et à son milieu de vie naturel.
Elle et Skippy, dix ans, fille de Tex et de Puck, sont mortes au terme d’atroces souffrances, pourries vivantes, transformées en deux choux-fleurs agonisants, sous l’effet d’une infection fongique fréquente chez les dauphins captifs, la Candida albicans.

La prolifération de ce champignon parasite est associée à l‘utilisation prolongée d’antibiotiques immunodépresseurs et à l’exposition constantes à l’eau chlorée. La Candida provoque une inflammation des régions anale et génitale, ainsi que de l’évent, pouvant entraîner une suffocation fatale. L’’ulcération des muqueuses oesophagiennes et stomacales que ce champignon crée empêchent une ingestion normale de la nourriture et suscitent des vomissements. Divers lésions au niveau des reins, des ganglions lymphatiques et du cœour ont également été observées.

Hasard ou nécessité ? Depuis le début du mois de décembre 2011, la petite Flo était elle-même soumise à des doses massives d’antibiotiques, afin de soigner, assure le Boudewijn Sea Park, une grave inflammation des dents.

Notons bien les termes du communiqué de presse du parc d’attractions, plus ou moins repris dans son intégralité par divers quotidiens belges :

«L’animal, né avec une mauvaise dentition, avait déjà rencontré des problèmes similaires dans le passé, mais ceux-ci avaient été traités avec succès. Le 18 décembre, 2 dents avaient de nouveau été retirées afin de combattre l’’inflammation. Depuis lors, Flo était sous antibiotiques, mais cela s’’avérait insuffisant et Flo ne mangeait plus assez.
Après des radiographies de la mâchoire et des analyses sanguines, le vétérinaire a décidé, après avoir consulté d’autres spécialistes, que des antibiotiques plus forts et des compléments vitaminés devaient lui être administrés. Les soigneurs du delphinarium ont donc traité Flo par médicaments 2 fois par jour, en lui administrant les comprimés directement à la main, même durant les vacances.
La veille de son décès, tout semblait normal. Mais Flo a été retrouvée sans vie vendredi matin dans le bassin. L’animal a été emmené à Gand pour une autopsie».

Reprenons.
«L’animal», donc, souffrait des dents depuis l’’enfance.
Deux dents lui ont été retirées peu avant sa mort. Sans anesthésie ? On sait que les cétacés supportent mal les analgésiques trop puissants, qui interrompent leur respiration consciente. Mais soit. Yotta a connu bien pire, dont on a retiré de l’utérus à vif et à la main un enfant mort-né. La souffrance est le lot des captifs.

Gorgés en permanence d’’antibiotiques, afin d’’éviter les infections bactériennes, ils supportent également très mal les traitements à haute dose, comme vient de le prouver la récente autopsie des deux dauphins morts à Connyland, lesquels furent par ailleurs soumis aux émissions sonores puissantes et prolongées d’’une rave-party endiablée.

Comme le souligne le Dr. Karsten Brensing, responsable du département Conservation à la WDCS Allemagne :
« “Traiter les dauphins captifs à l’aide de doses massives de médicaments est chose courante dans les delphinariums. Pire encore, des drogues sont utilisées fréquemment pour contrôler les comportements agressifs ou améliorer la coopération des détenus durant les shows. Dès lors, une question se pose : qui est responsable des effets collatéraux qui finissent par tuer les dauphins ? Le vétérinaire qui ne fait que ce qu’il a appris à faire ou les dresseurs incapables de fournir des conditions de vie décentes à leurs prisonniers ? »

Si Flo souffrait des dents depuis longtemps, elle a donc du consommer des quantités considérables de médications antibiotiques… entre autres cochonneries chimiques, calmants et antidépresseurs et ceci depuis sa naissance !
Il ne faut d’ailleurs même pas être malade pour en recevoir en quantité lorsqu’on est un dauphin captif !
Or, tout quiconque a jamais du prendre un jour ce type de remède sait à quel point il vous rend nauséeux et détruit votre flore intestinale. Pas étonnant dès lors que cette malheureuse ait manqué d’’appétit.

Poissons chargés de médicaments au Marineland d’Antibes

Flo est morte, non pas parce qu’elle ne parvenait plus à s’alimenter, mais bien parce qu’elle était gorgée d’antibiotiques  ! Cette histoire de dents malsaines ne tient pas debout.

Figurez-vous, en effet, que les dauphins ne mâchent pas leurs aliments !
Eh non ! Ils gobent leurs poissons tout ronds, et même vivants et frétillants, lorsqu’ils mènent une existence normale en liberté. Leurs trois estomacs successifs, qui ne sont pas sans rappeler ceux des ruminants, leur permettent en effet de broyer leur nourriture en interne puis de la digérer. Nul besoin donc de dents pour manger, mais seulement pour se saisir d’une proie en fuite, agile et rapide.

Mais quelle proie en bassin ? Des morceaux de maquereaux morts ?
Cela ne frétille pourtant guère, ces petits bouts de poissons qui servent de récompense à un show bien exécuté, ou de moyen de contrainte par la faim, selon la façon de voir les choses.
Le dresseur les jette dans le gosier du détenu et celui-ci les avale d’un coup.
Au besoin, on peut même intuber et nourrir de force le dauphin qui refuse de manger pour diverses raisons.
Ce fut le cas de Playboy à Duisburg …entre autres !!

Le système digestif du dauphin

Se pose aussi une autre question. Pourquoi Flo avait-elle donc de « mauvaises dents » ?
On sait que le fait de claquer sans cesse des mâchoires ou de mastiquer des barres métalliques fait partie des multiples syndromes zoopsychotiques observés chez les cétacés captifs et chez bien d’autres mammifères en cage.

Les dents gâtées de l’orque « tueuse» Tilikum en attestent.
Durant sa longue quarantaine-punition qui suivit la noyade de sa dresseuse Dawn Brancheau et bien avant, déjà, Tilly mâchonnait tous les barreaux, toutes les chaînes, toutes les pièces métalliques qu’il trouvait.

En était-il de même pour Flo ? Ce n’est pas Bruges qui vous le dira. En revanche, dans son rapport sur l’état de santé mental des dauphins du Boudewijn Park, le Dr Toni Frohoff précise :

« J’ai été surprise par le nombre et la variété des comportements anormaux dus au stress durant le temps relativement bref des mes observations à Bruges. Les dauphins confinés un temps dans les bassins d’isolation latéraux tournaient en rond selon un mode stéréotypé, se livraient à des brusques « body slaps » (chute sonore du corps dans l’eau), expiraient de manière répétitive et brève, mendiaient leur nourriture, s’échouaient sur
le bord du bassin, gardaient les mâchoires largement ouvertes vers le public sur les gradins, secouaient la tête de la même façon répétitive et simulaient même à l’intérieur de leur enclos les shows qui se déroulaient dans le grand bassin, sans qu’aucun dresseur ne leur prête attention ».

De là à mâchonner les cordages des clôtures, il n’y a qu’un pas que le Dr Toni Frohoff n’a sans doute pas eu le temps de noter…

Delphinarium de Bruges. Photo HW 2011

Et puis, il y a le milieu de vie, bien sûr.
Là encore, rappelons qu’outre les divers produits antiseptiques (sulfate d’aluminium, aluminate de sodium, carbonate de sodium, hypochlorite de sodium) ajoutés à l’eau des bassins pour lutter contre les bactéries et atténuer la puanteur des matières fécales, persistante malgré les pompes filtrantes, il faut constamment corriger son degré d’acidité, normalement situé aux alentours de Ph 8,2, à l’aide de carbonate de calcium.
C’est dire si l’’eau du delphinarium de Bruges ne ressemble que de très loin à celle de l’océan !
Des dommages collatéraux peuvent s’’ensuivre, tout particulièrement pour ceux qui sont nés dans cette soupe javellisée et non parmi les vague marines.

Leur pays

Car c’est là tout le problème, en fait, et le Boudewijn Seapark nous le dit clairement sans le dire en écrivant : « L’animal, né avec une mauvaise dentition… » : un dauphin né captif est par nature plus fragile, moins bien armé pour la vie que n’importe lequel de ses homologues libres ou nés libres.

Pour preuve, les « fondateurs », ce joli terme désignant les cétacés capturés en milieu sauvage, vivent nettement plus longtemps que les autres. Voir le jour et survivre au sein d’un monde social totalement contrôlé par l’homme, artificiel et stressant, obéir à des règles de travail tarifié sur un mode répétitif sans autres stimulations que les dressages et les spectacles, à l’ombre d’une coupole de béton, voilà qui n’est certes pas l’idéal pour un dauphin produit en batterie afin d’assurer une prétendue «conservation de l’espèce».

Le delphineau né en captivité se développe mal, tant physiquement qu’intellectuellement.
Son capital génétique est déjà affaibli au départ, du fait des croisements incessants entre les mêmes dauphins captifs.
Son alimentation lactée n’a pas été correcte. Celle qu’il reçoit après sevrage n’est pas non plus adaptée à ses besoins. L’espace étroit où il circule est totalement nu et ne lui permet pas de s’exercer physiquement. Le chlore présent dans l’eau affecte ses poumons, sa peau blême n’a jamais vu le soleil et son corps est gorgé des antibiotiques dont on le gave dès sa naissance.

L’enfant présente bientôt une musculature faible agitée de tremblements nerveux. Son estomac se dilate, sa pression sanguine devient excessive, ses blessures cicatrisent lentement. Plus tard, s’il parvient à survivre, il présentera tout un ensemble de troubles du comportement : boulimie, hyper sexualité accompagnée de masturbations incessantes, déplacements circulaires de type autistique, sensibilité extrême au stress et à toute menace de changement dans son ordinaire pré-réglé sous la domination absolue de l’être humain.

Muet, le jeune dauphin l’est depuis son enfance : l’usage du sonar n’a pas de sens dans un bassin toujours le même dont les dauphins mémorisent aussitôt les contours. Et siffler entre soi n’a pas de sens non plus puisque rien de nouveau n’a lieu que l’on puisse commenter. Donc pas d’échanges, pas de connaissances. Juste l’imitation tragique du sifflet de son dresseur.

Bref, le dauphin né captif est une sorte de débile chétif, arriéré mental et hypersensible, qu’une attaque foudroyante emporte généralement au bout de quelques années…
Il est exceptionnel que sa durée de vie excède les 10-15 ans, période critique de l’adolescence, un âge où les jeunes cétacés ont besoin, comme tous les mammifères, humains y compris, de s’aventurer dans le monde extérieur, de s’éloigner un temps de leur famille et de vivre en groupes de fabuleuses aventures marines. Tout cela est impossible au delphineau né captif qui, dans le meilleur des cas, sera transporté vers un autre bassin, séparé à jamais de son pod et soumis à un stress intense dans un nouvel environnement social promiscuitaire où il devra trouver sa place.. s’il l’en trouve la force.

Si elle a pu faire croire sous la contrainte aux enfants, plus d’une décennie durant, que les dauphins étaient de gentils toutous un peu stupides tout au service de l’homme, et faire gagner beaucoup d’argent à ses propriétaires, la petite Flo aura du moins échoué sur un point du programme qu’’on lui avait imposé.

Adolescente sans doute soumise à un traitement contraceptif temporaire ou bien encore stérile – allez savoir ! – elle ne donnera jamais naissance à aucun autre dauphin esclave.
Et c’’est hélas le seul aspect positif que l’on peut trouver à son décès tragique.

Faut-il enfin parler de ce dont aucun scientifique francophone n’ose encore parler ?
A savoir le chagrin que doivent ressentir aujourd’hui les six dauphins survivants du Boudewijn Sea Park ?
Pensons à Puck, surtout, cette vieille et courageuse delphine qui a vu mourir ou partir tant de ses compagnons d’infortune depuis 1988 et devait être pour la petite orpheline qu’était Flo une sorte de grand-mère bienveillante…
Les dauphins savent parfaitement ce que c’est que la mort, ils soufrent du décès de leurs proches et leur rendent même hommage en liberté. Leur a-t-on laissé ce triste privilège dans le cadre de leur sinistre prison bleue ?  On en doute. Pour les Montreurs d’Ours, les « animaux » n’ont pas d’âme, car s’ils leur accordaient une, ils ne feraient
plus ce métier.

Mais qui se soucie de tout cela ? Le décès d’un dauphin-clown est une chose si courante que même les associations de défense animale peinent à les répertorier toutes.
Tant que la machine à sous tournera, nos cétacés captifs continueront à « performer » jusqu’à leur dernier souffle,  infantilisés, humiliés, réduits à l’esclavage, sous le regard bienveillant de la loi belge et de ceux qui veillent à son application.

Il est temps que ce scandale cesse.

Il est très étrange que Milo aussi bien que Flo soient morts de « troubles dentaires ». Et s’ils s’étaient usés les dents sur des barres de fer ou le bord du bassin, comme ces deux pauvres orques de SeaWorld ? Juste pour faire quelque chose et occuper leur temps ?

Courrier adressé à :
Yvan Mayeur
yvan.mayeur@proximus.be

Gaia
info@gaia.be

thierry giet
info@ps.be

Laurette Onkelinx
info@laurette-onkelinx.be

Zoé génot
zoe.genot@ecolo.be

Magda De Meyer
info@magdademeyer.be

Yvan Beck
info@planete-vie.org

Bonjour

Par la présente, je me permets de m’’adresser aux divers acteurs qui ont participé de près ou de loin à un combat déjà bien oublié : celui mené pour le bien-être des dauphins du Boudewijn Sea Park de Bruges.
http://www.dauphinlibre.be/communique-de-presse/
http://www.lachambre.be/FLWB/pdf/51/1430/51K1430003.pdf

Vous n’êtes pas sans savoir en effet que la petite delphine Flo vient de mourir dans les bassins de ce parc d’attractions, devenu «zoo» par la magie d’une loi et désormais géré par l’entreprise espagnole Aspro Ocio.
http://www.dauphinlibre.be/la-petite-flo-decede-au-boudewijn-seapark-de-bruges/

Selon le communiqué du delphinarium flamand, Flo serait morte des conséquences d’une infection dentaire, alors qu’il semble plutôt qu’elle ait été victime d’une véritable «overdose» d’’antibiotiques.

Récemment deux dauphins sont morts pour la même raison au Connyland en Suisse. Une enquête a été diligentée pour faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ces décès, hélas trop fréquents chez les dauphins captifs.

En Belgique, il n’’en a rien été. Chacun s’’est empressé de croire à la version du Boudewijn Sea Park et l’’affaire a été aussitôt classée sans suite.

Les graves accusations portées par deux ONG réputées pour leur sérieux scientifique, à savoir les associations britanniques Born Free et WDCS à propos de l’état de santé de nos derniers cétacés-clowns a pour leur part fait l’objet d’une fin de non-recevoir aussi expéditive qu’inexpliquable par les services fédéraux concernées et leur Ministre de tutelle.

Je souhaiterais donc que l’’affaire soit prise davantage au sérieux et que l’’on s’interroge enfin, dans les milieux compétents et notamment au sein du Conseil de la Protection Animale, sur la pertinence de la présence d’un delphinarium sur le territoire belge et sur l’avenir des six dauphins survivants au Boudewijn Sea Park de Bruges. Pour rappel, ils étaient 9 lors de la Commision Giet.
Il est utile de souligner également que quatorze États membres de l’Union Européenne (la Belgique, la Bulgarie, le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, la Lituanie, Malte, les Pays-Bas, le Portugal, l’Espagne et la Suède) possèdent encore un ou plusieurs établissements de ce type.
Treize États membres (l’Autriche, Chypre, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, le Luxembourg, la Pologne, la République d’Irlande, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et le Royaume-Uni) n’en possèdent pas, ceci pour des raisons essentiellement éthiques et au vu des dernières découvertes sur l’intelligence, le langage et la vie sociale de ces magnifiques mammifères marins. Selon les mots mêmes de la cétologue de réputation internationale, le Dr Lori Marino, ceux-ci sont trop évolués que pour supporter la vie captive.

Il est donc plus que temps aujourd’hui que la Belgique dénonce enfin haut et fort cette pratique inutile, obsolète, cruelle et destructrice importée des USA que constituent les delphinariums.

* Inutile, car sur le plan scientifique autant que sur celui de la conservation des espèces, les delphinariums sont largement disqualifiés depuis les années 70, du fait de la dégénérescence physique et mentale des spécimens qu’ils enferment et de l’impossibilité de remettre en liberté les individus nés captifs afin de renforcer les populations « in situ ». La seule bonne manière d’observer, de connaître, et de protéger les cétacés libres, c’est d’aller en mer, là où
ils habitent. C’est ce que font aujourd’hui tous les scientifiques sérieux. http://www.wilddolphinproject.org/

* Obsolète, car au niveau pédagogique, les delphinariums ne montrent aux enfants qu’une image humiliante de dauphins transformés en clowns et ne leur apprend rien sur la culture, le langage, les modes de chasse ou la vie sociale de ces magnifiques cétacés. Il existe aujourd’hui assez de films, de photos et même de voyages peu coûteux (les dauphins libres vivent partout le long des côtes européennes, y compris en Belgique !) que pour nous dispenser de ces prisons aquatiques.

* Cruelle, car aucun bassin nu ne remplacera l’océan pour ces créatures faites pour les grands espaces, les plongées profondes et la vie sociale.

* Destructrice au niveau environnemental, car les naissances en bassin ne tiennent pas leurs promesses : afin d’alimenter les nouveaux bassins qui s’ouvrent partout dans le monde, des captures incessantes de jeunes femelles et de leur bébé ont lieu ou auront lieu dans tous les océans et provoquent à terme l’épuisement génétique et la disparition progressive des populations de cétacés libres. Ces captures ont toujours lieu dans le contexte d’une sauvagerie inouïe et parfois même sanglante, comme au Japon. Quant aux individus nés captifs, ils semblent incapables de survivre au-delà d’une dizaine d’années (le temps de vie moyen d’un dauphin libre est d’une quarantaine d’années) et ne se reproduisent presque jamais entre eux. Un « fondateur » mâle, capturé en mer, s’avère encore et toujours nécessaire pour obtenir des naissances trop souvent couronnées par des avortements.

Maintenir un « cirque aquatique » de ce genre en activité en Belgique est une façon de cautionner cette pratique insensée, non seulement en Europe mais dans le reste du monde.
En légiférant contre toute forme de captivité pour les cétacés, la Belgique encouragerait les autres nations européennes à faire de même et à comprendre une fois pour toutes que les dauphins sont des créatures hautement intelligentes et dotées de cultures propres qui sont faites pour nager dans la mer libre, et non dans des fosses en béton.

Je suggère donc à cette fin que le Conseil de la Protection Animale en Belgique

* détermine de quelle manière la fermeture du delphinarium de Bruges pourrait être menée à bien dans des délais raisonnables.

* fasse interrompre immédiatement le programme de reproduction.

* définisse les mesures à prendre pour que les dauphins actuellement détenus dans cet établissement puissent à terme regagner l’océan libre ou à tout le moins, bénéficier à l’avenir d’un accueil décent dans une baie marine close en Croatie, Roumanie ou autre pays d’Europe opposé à la captivité et susceptible de les accueillir.

Je vous remercie de votre attention et espère vivement que cet appel soit entendu.

Yvon Godefroid
Gestionnaire du site « Dauphins captifs et Dauphins Libres »
Membre coopté du Cetacean Freedom Network depuis 1998

Flo dans les bassins de Bruges. Elle n’avait que 13 ans… Ses yeux brûlés de chlore, ses dents brisées par la folie…

 

En savoir plus :

Les dommages dentaires chez les cétacés captifs

L’élevage du dauphin en batterie

Le Dolfinarium de Bruges 

L’esclavagisme cétacéen