Les orques captives sont des esclaves

USA_Florida_Orlando_Seaworld

SeaWorld Orlanndo, Floride.

Les orques captives sont des esclaves

Février 2012

Les orques ne sont pas des personnes selon la loi américaine

10859227406_87cdecd865_z

Les orques de Marineland sont des esclaves

 


PETA porte plainte au nom de cinq orques détenues
pour violation du 13e amendement relatif à l’esclavage

La plainte de  PETA a été rejetée par le tribunal.
Les  orques ne sont pas des « personnes » pour la justice américaine!
« The clear language and historical context reveal that only human beings, or persons, are afforded the protection of the Thirteenth Amendment.”


980x

Fin février 2012


L’association pour un traitement éthique des animaux (Peta)
a porté plainte devant le tribunal fédéral de San Diego (Californie) au nom des cinq orques baptisées Tilikum, Katina, Corky, Kasatka et Ulises qui interprètent des numéros acrobatiques à Orlando (Floride) et San Diego.

Boîte de Pandore

La plainte a été examinée lundi par un juge fédéral ainsi que la réponse de SeaWorld, qui demande qu’elle soit déclarée irrecevable. Déposée en octobre, elle demande que le tribunal reconnaisse que les orques sont «soumises à l’esclavage et/ou à la servitude involontaire par les accusés en violation du 13e amendement de la constitution des Etats-Unis». Cette affaire se situe à «la future frontière des droits civils», a déclaré à l’audience Jeff Kerr, l’avocat de Peta, parlant de «jour historique».
«L’esclavage ne dépend pas plus de l’espèce de l’esclave que de la race, du sexe ou de l’ethnie», a-t-il dit, selon un communiqué. «La contrainte, l’avilissement et l’assujettissement sont les caractéristiques de l’esclavage et ces orques endurent les trois», a-t-il plaidé.

SeaWorld a demandé que le tribunal rejette cette plainte au motif que «le 13e amendement protège uniquement les personnes, et non les animaux». Le tribunal n’a pas l’autorité pour décider d’étendre cet amendement aux animaux, estime SeaWorld, et s’il «franchissait ce pas sans précédent, il ouvrirait certainement une boîte de Pandore aux problèmes inextricables et aux conséquences absurdes», peut-on lire dans la réponse de SeaWorld Parks and Entertainment en date du 15 novembre 2011.

C’est une affaire sans précédent non pas parce que la loi n’a pas de réponse, poursuit SeaWorld, mais parce que les arguments de Peta sont «tellement infondés qu’aucune partie n’a jamais perdu le temps, l’énergie et l’argent d’un tribunal à traduire ce type de revendications dans une plainte».

Enlevées de force

Dans la plainte, les cinq orques sont représentées par leurs «amis» Peta, un ancien dresseur de dauphins et d’orques, un biologiste marin, le fondateur d’un réseau de protection des orques et deux anciennes dresseuses de SeaWorld.

Les «plaignantes» réclament à être «transférées des infrastructures des accusés vers un habitat décent en accord avec les besoins individuels et les meilleurs intérêts de chacune» d’entre elles.
Selon ce document, les cinq orques ont été «enlevées de force à leur famille et leur habitat naturel, sont retenues en captivité à SeaWorld San Diego et SeaWorld Orlando, privées de tout ce qui leur est naturel, soumises aux techniques d’insémination artificielle ou de prélèvement de sperme pour la reproduction d’acteurs en vue des spectacles organisés par les accusés et sont forcées de se produire pour le seul profit des accusés. En tant que telles, les plaignantes sont soumises à l’esclavage et à la servitude involontaire».

En 2010, Tilikum avait noyé une dresseuse après un spectacle à Orlando, rappelle le texte, et depuis elle a été placée à «l’isolement complet». «Alors que Peta continuait à se livrer à ce coup publicitaire, SeaWord San Diego remettait en liberté quatre éléphants de mer (après les avoir) sauvés et soignés», a réagi SeaWorld dans un communiqué mardi.
«Nous rejetons ces accusations sur les conditions de vie et la qualité des soins alloués à ces animaux exceptionnels», poursuit le groupe, qui dit rester «une référence pour les soins aux animaux marins» en captivité.
Sea World ne précise pas que 18 de ses orques sont mortes à San Diego , 14 à Orlando et 12 à San Antonio !


Commentaire :

Assimiler des « animaux non-humains » à des esclaves n’est pas encore dans l’esprit du temps, hélas, car le statut de « personne » ne leur est pas accordé aux USA.
Le seul pays qui ait franchi ce pas au niveau législatif – bien que modestement – est à l’Espagne, à propos des grands singes.
En France et en Belgique, notamment, l’animal est certes une personne juridique, que l’on peut protéger pour lui-même contre son propriétaire mais pas un sujet de droit.
Et pourtant…

Il faut  donc vivement féliciter PETA pour cette remarquable action en faveur des orques Tilikum, Katina, Corky, Kasatka et Ulises. Il s’agit là d’un pas en avant fondamental dans la défense des animaux non-humains, qui s’articule d’ailleurs avec les prises de position récente du Dr Lori Marino, Denise Herzing et autres scientifiques, outrés que
des créatures marines à ce point évoluées puissent être privées de liberté.

Une action en justice similaire pourrait être menée en Belgique pour faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès de Flo, mais également pour « maltraitance psychologique aggravée » et pourquoi pas, pour « esclavagisme » au sein du Boudewijn Sea Park de Bruges.

Une telle chose est possible en l’absence d’un 13ième amendement, car la nature même, humaine ou non-humaine, de la personne juridique n’est pas clairement définie par notre Code civil.
La loi belge précise seulement qu’elle doit porter un nom basé sur la filiation (la signature sifflée des dauphins), avoir un domicile (Puck,Roxanne et Beachie proviennent tous de « pods » bien précis situés le long des côtes du Golfe du Mexique  ), disposer d’un état civil (Site ID BS-TT-C8805 /ID-Code N/A pour Roxanne, par exemple) et d’une nationalité (« Peuple Premier du Golfe du Mexique »).

En outre, on pourrait argumenter sur le fait que la différence artificielle entre un « animal » et un « humain » ne correspond plus, scientifiquement, avec celle que suppose la loi et l’opinion public. L’Homme est un animal. Un grand singe, plus précisément, de la famille des Hominidés. Que serait-il d’autre, un ange ?

Ce genre de procès n’aurait sans doute aucune chance d’aboutir actuellement, mais les médias en parleraient et le Boudewijn Sea Park serait exposé à la lumière crue des spots médiatiques qui révéleront ses « dirty secrets ». Par ailleurs, bien d’autres animaux encagés dans les zoos pourraient bénéficier de ce type de réflexions…

Des esclaves en Belgique aussi…