Réunion des dresseurs de dauphins (EAAM) à Antibes en 2007

Silver dans son "lagon" à Antibes.

En mémoire de manon, d’aurore, de tex, de Kim 2 et de tous les autres

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Science sans conscience

La prochaine réunion des dresseurs de dauphins
aura lieu à Antibes en mars 2007

Lu sur Marmam

«La 35ième conférence annuelle de l’EAAM  (Association Européenne des Mammifères Aquatiques) se tiendra dans le cadre prestigieux du Marineland d’Antibes du 16 au 19 mars 2007. La dernière réunion de ce type qui eut lieu à Antibes date de 1984.
Depuis lors, le parc s’est largement développé et comme chacun sait, le sud de la France est un endroit très agréable où se rendre. J’espère que vous êtes tous très motivés à nous rejoindre afin de partager vos diverses expériences par le biais de rapports écrits ou de présentations d’affiche !
L’EAAM est une organisation qui rassemble toutes les personnes intéressées par les mammifères marins, qu’ils soient maintenus sous contrôle humain dans un environnement zoologique ou vivant libres en pleine mer.

Parmi ses membres, figurent des vétérinaires, des biologistes, des responsables de zoo ou de parcs marins, mais également les dresseurs professionnels, les chercheurs, les étudiants et d’autres personnes qui consacrent une part importante de leur temps au bien-être des mammifères marins, par le biais de la recherche, des soins médicaux, du dressage, de l’éducation, de la conservation, de la gestion financière des delphinariums et autres activités commerciales associées.

Au cours de cette conférence, vous serez invités à présenter les résultats de votre travail avec les mammifères marins au moyen de présentations d’une durée de 15 minutes ou par l’affichage de vos informations.

Toutes les communications relatives aux avancées scientifiques dans le domaine des mammifères marins ou du dressage seront acceptées : conservation, éducation, médecine vétérinaire, nouveautés dans le domaine de l’élevage des mammifères marins en bassin, etc.

Pour son trente-cinquième colloque, l’EAAM voudrait encourager les présentations qui mettent en valeur tant les recherches fructueuses menées sur les mammifères marins sous contrôle humain que celle menées sur des populations sauvages. La date limite pour le dépôt de vos communications est fixé au 8 janvier 2007.

Un formulaire est disponible à cet effet sur le site Web de la prochaine conférence.
Toutes les informations pratiques sont également disponibles sur le site du Marineland.

Pour en savoir plus, merci de contacter Jon Kershaw :
kershaw@marineland.fr « 


Croisons les doigts ! Avec un peu de chance, nous aurons donc peut-être la chance d’entendre enfin, lors de ce symposium, une communication de Mr Jon Kershaw intitulée : « Pourquoi Tex, Aurore, Ona, Manon et les autres sont-ils morts de manière précoce dans la prison aquatique d’Antibes, alors qu’en principe, les animaux captifs sont censés vivre plus longtemps au zoo ?«   ou mieux encore « En quoi le fait d’envoyer une orque née captive loin de sa maman et de toute sa famille pour nager avec un dauphin solitaire aux Etats Unis contribue-t-il à la protection de ces deux espèces gravement menacées » .

On peut rêver…

Shouka et Merlin aux USA

Cela étant dit, où est le problème ?

Il est là, évident, écrit entre les lignes  :

«Pour son trente-cinquième colloque, l’EAAM voudrait encourager les présentations qui mettent en valeur tant les recherches fructueuses menées sur les mammifères marins sous contrôle humain, que celle menées sur des individus  sauvages ». 

Eh oui ! Toute la manoeuvre consiste à faire croire, bien évidemment, que l’observation des dauphins captifs pourrait encore présenter une quelconque valeur scientifique aujourd’hui.
On fera donc en sorte de mélanger astucieusement les recherches vraiment intéressantes, c’est-à-dire celles qui sont menées en milieu naturel sur des populations de cétacés disposant de l’espace et de la vie sociale nécessaires à la pleine expression de leurs compétences cognitives et culturelles, et celles qui ne tendent qu’à maintenir en vie et à faire se reproduire des dauphins blêmes dans de l’eau chlorée.

Depuis longtemps, pourtant, ce type de recherches en bassin clos a largement démontré ses limites : il faut relire à ce propos la remarquable synthèse de Sue Mayer intitulée : « Review of the Scientific Justifications for Maintaining Cetaceans in captivity » qui nous prouve à quel point les données recueillies sur des dauphins captifs sont fondamentalement invalides, tant l’état psychophysiologique et comportemental des sujets étudiés se trouve affecté par les conditions de vie aberrantes propres à l’enfermement. Pour un dauphin, vivre dans une piscine d‘une
superficie de 275 m²
, d’une profondeur de 3,5 m pour 80% du bassin et de 5 m pour les 20 % restants et d’un volume d’eau total conseillé de 1000 m³ (+ 200 m³ par animal additionnel) constitue purement simplement une torture lente.

Les pouvoirs publics, on le sait, ne sont guère généreux quand il s’agit de défendre la biodiversité, préférant encourager la pêche en eaux profondes, la corrida ou la chasse à des fins électoralistes.
Ce seront donc les marchands du temple, les montreurs d’ours, les hommes de cirque et de spectacle, ceux qui vous vendent tout à la fois des montagnes russes, des musées de cire, des séjours en ski, des perroquets à vélo ou de otaries clowns, en plus de leurs orques, de leurs bélougas et de leurs dauphins dressés, ce seront eux aussi qui se chargeront de financer les rares recherches menées en mer, qu’on sait coûteuses et difficiles, grâce aux fastueux bénéfices qu’ils engrangent.

Ils se chargeront également de ramener vers eux tous les jeunes scientifiques désireux de se consacrer à la sauvegarde des cétacés. Aujourd’hui, ces cétologues en herbe, ces chercheurs, ces vétérinaires n’ont en effet guère d’autre choix que de faire leur stage au sein des goulags à cétacés de leur pays respectif.

Si par malheur, ils se refusaient à gaver de poissons morts des créatures marines dotées d’intelligence et de conscience de soi, ou d’autopsier leurs trop nombreux cadavres, ils n’auraient plus qu’à renoncer à leur vocation.
Hors des delphinariums, point d’argent, point de salut !

Faut-il dès lors en vouloir, à ces jeunes scientifiques qui se lancent dans la carrière en faisant leurs premiers stages au sein de prisons cétacéennes ? Sans doute non. La pression est très forte au plan économique et il est difficile aujourd’hui de mener des recherches indépendantes en milieu naturel, sans l’appui de l’une ou l’autre « fondation ».

Mais il n’empêche : c’est un peu comme si les recherches sur le comportement des éléphants sauvages ou des derniers grands singes se voyaient financées par les Cirques Pinder, Bouglione ou Zavata. 
Il y aurait de quoi se poser de sérieuses questions sur la fiabilité des résultats obtenus.

Et l’on pourrait souhaiter, tout de même, qu’il y ait des scientifiques un peu plus courageux….

Hershey Park USA

Hershey Park aux USA

Pour rappel, le précédent colloque s’est tenu en 2006 dans l’enceinte du delphinarium d’Oltermare à Ricionne (Italie) sans susciter beaucoup d’émoi.

Le 12 mars 2005, en revanche, jour de l’ouverture des travaux de l’EAAM au Delphinarium de Harderwijck, une courageuse délégation encadrée par EDEV et GAIA et menée par Ric O’Barry se tenait prêt à accueillir les congressistes. Ils tenaient notamment à leur rappeler la lourde implication de l’Industrie de la Captivité dans la poursuite et l’expansion des massacres annuels des dauphins japonais.

Les activistes français (One Voice, SPA, Réseau Cétacés, Fondation Brigitte Bardot, Nomades des Océans, SOS Grand Bleu, etc.) parviendront-ils à faire de même en 2007, devant les portes de la Prison pour Mammifères Marins de la ville d’Antibes ?
Les paris sont ouverts !

Voir la vidéo sur Nova TV

Lire le rapport d’Hélène O’Barry 

l’orque KIM II vient de mourir à Antibes

Manon vient de mourir à Antibes

Tex et aurore viennent de mourir à Antibes

La petite ona vient de mourir à Antibes

FREYA, TANOUK, kim 1, Kim 2, CORNELIUS, OUM, NEMO, LIMO, Roissy etc… viennent de mourir à Antibes

Entre science et concience : un texte de natacha zana


 

 2005

Le 33ième congrès de l’eaam  au delphinarium de Hardewijk

Le bassin-spectacle de Harderwijk

Du 11 au 15 mars 2005, le 33ième symposium de l’EAAM (European Association for Aquatic Mammals) se tiendra au dolfinarium de HARDERWIJK aux Pays-Bas.

A cette occasion, une série de conférences et de synthèses de travaux de recherche seront livrées à un public averti, majoritairement composé de professionnels de la captivité mais aussi de chercheurs scientifiques de haut niveau dont on se demande ce qu’ils viennent faire en ce lieu.

Car ce lieu, c’est tout de même la principale « ferme à dauphins domestiques » du monde actuellement
en activité. On y fabrique du dauphin de spectacle à la chaîne, une nouvelle race de Tursiops truncatus née en bassin et formée dès la naissance pour obéir et exécuter tous les shows qu’on lui demande.

Par ailleurs, l’EAAM, l’association qui invite, est celle-là même qui a commis ces scandaleux standards d’accueil susceptibles d’assurer, dit-elle, le bien-être des cétacés captifs, en niant l’évidence : c’est que les dauphins n’aiment pas ça et meurent en général bien avant l’âge dans leur bocal.

S’il faut résumer les choses, le paradoxe est le suivant : depuis les années 50 jusqu’aux années 70, au prix de massacres éhontés et de souffrances innommables, les delphinariums ont en effet fourni des éléments physiologiques, anatomiques et plus rarement comportementaux du plus haut intérêt à propos du Grand Dauphin (Tursiops truncatus), l’un des rares cétacés marins à être capable de survivre et même de se reproduire en captivité.

On sait aujourd’hui que cet « animal » est prodigieusement intelligent, qu’il dispose d’un cerveau énorme et circonvoluté comme le nôtre, qu’il discute avec ses semblables grâce à un langage de clicks et de sifflements hautement élaboré sur le plan de la syntaxe et du vocabulaire, et tout cela, reconnaissons-le, grâce au fait qu’une nombre considérable de dauphins libres se sont vus arrachés à leur famille et poussés au pire désespoir pour la plus grande gloire de la science.

Dès lors, ces mêmes scientifiques ne devraient-ils pas prendre toute la mesure de leurs découvertes antérieures et renoncer enfin à considérer les dauphins, les orques et autres cétacés supérieurement évolués, comme de simples « animaux de laboratoire  » ?

Ne serait-il pas temps qu’ils mettent en place des protocoles de recherches nouveaux, débarrassés de cet anthropocentrisme qui englue encore aujourd’hui les sciences éthologiques et qui seraient fondés sur le fait qu’un dauphin est une personne à part entière, doué de langage et de libre-arbitre ?

Ne serait-il pas temps, en d’autres termes et pour de strictes raisons éthiques, de renoncer à maintenir les cétacés dans des cuves en béton ou des lagons minuscules, et de se consacrer désormais pleinement à l’étude non intrusive de leurs cultures, de leurs dialectes et de leurs relations sociales en mer libre ?
En attendant, force est de constater que pour des raisons essentiellement économiques – la plupart des recherches étant financées dans ce domaine par de grands delphinariums européens, qui se rachètent ainsi une conscience – ces symposiums mélangent encore allégrement des communications du plus haut intérêt tels que celle du Dr. Jan van Hooff ( » Is there intelligence without hands? ») ou celle de M.J. Addink, C. Smeenk & E.J.O. Kompanje (« Some recent changes in stranding patterns of harbour porpoises on the Dutch coast ») avec d’autres interventions beaucoup plus suspectes, directement liées à la problématique principale qui fait se réunir tous ces professionnels de la captivité, à savoir : comment obtenir enfin une production viable, fiable et régulière de « dauphin domestique » à l’usage des delphinariums et de leurs shows, quitte à se retourner vers les techniques de reproduction assistée ?

C’est à cette question que s’attachent les recherches de Justine K O’Brien et Todd R Robeck (« A new strategy for reproductive management of captive cetaceans: sex pre-selection using sperm sexing and assisted reproductive technology « ) ou bien encore celles de San Juan J. et Tizzi R. (« Last months of pregnancy of four bottlenose dolphins females and first weeks of their calves at the Aqualand Dolphinarium Tenerife; some behavioural and acoustical studies ») .

Le meilleur étant bien sûr la communication très attendue de M. Manuel Garcia Hartmann, vétérinaire du Zoo de Duisburg, intitulée  : « Suspected chronic lymphatic leucemia in an aged bottlenose dolphin »  (Leucémie lymphatique suspectée chez un Grand Dauphin âgé)

Iris atend la mort à Duisburg en mars 2003

Rappelons à ceux qui ne s’en souviendraient pas que l' »aged bottlenose dolphin » qui fait l’objet de l’étude de M. Hartmann n’est autre que notre chère vieille Iris, laquelle n’avait que 34 ans au moment de sa mort tragique au Zoo de Duisburg, le 28 mars 2003. Pour un dauphin Tursiops, ce n’est pas là « être âgé » ! On ne meurt pas chez eux avant la bonne cinquantaine, comme nous le prouve l’exemple de Nellie, une delphine née captive, qui fête aujourd’hui ses…. 52 ans en Floride !

Voilà donc à quoi se résume « in fine » le destin d’un dauphin captif : au terme d’une vingtaine d’années de confinement et de souffrance, il ne reste de lui qu’une mince étude chiffrée qui ira alourdir les rayonnages des institutions cétologiques, sans un mot de remerciement pour le sacrifice accompli, sans une once de commisération pour cette vie qu’on a brisé.

Mais quel est le but de ce genre de recherche ?
Eviter qu’à l’avenir les dauphins en bocal ne meurent de leucémie ? Les faire durer plus longtemps ? On notera d’ailleurs que cette maladie est « suspectée », tant il est vrai que ce diagnostic fait débat et qu’il a été directement remis en cause par le vétérinaire anglais James Barnett.
De toutes façons, même s’il le voulait, un scientifique digne de ce nom ne pourrait jamais déclarer haut et fort qu’un cétacé captif peut souffrir de l’ennui, du chagrin et des séparations et qu’il meurt parfois de désespoir.
Cela ne serait pas sérieux et l’étude ne serait pas publiée….

Le 12 mars 2005, jour de l’ouverture des travaux au Delphinarium de Harderwijck, une courageuse délégation encadrée par EDEV et GAIA et menée par Ric O’Barry se tenait prêt à accueillir les congressistes. 

Voir la vidéo sur Nova TV

Lire le rapport d’Hélène O’Barry

Parc asterix-Hardewijk : même combat