Réhabiliter les dauphins captifs

Misha et Tom, en route vers la liberté !

 

Le problème

une solution permanente

La méthode

Les premiers centres et les projets

nouveaux espoirs en 2012

Pourquoi est-ce difficile ?

Sea Life contre SeaWorld : l’espoir

Sea Life ouvrirait son premier centre en 2013

Liens utiles


LE PROBLEME  

Iris au Zoo d’Anvers en 1998

«Il faut fermer les delphinariums !» clament les amis des cétacés.
Bien d’accord, mais ensuite ?

Les gestionnaires de ces parcs d’attractions ont beau jeu de rétorquer aussitôt :
«Mais que ferez-vous alors des dauphins nés-captifs ? De ceux qui ont vécu plusieurs années dans nos bassins ? Vous voulez les relâcher en mer ? Aucun de nos cétacés-clowns ne peut retrouver la vie libre ! Incapables de chasser, incapables de se défendre, ils y mourraient comme des mouches !»

L’’argument est choquant à plus d’’un titre. D’abord parce qu’’il est faux, comme on le verra ci-dessous : les réhabilitations réussies sont nombreuses.

Ensuite parce que, conformément à l’obligation de la Communauté européenne d’adopter des mesures pour la conservation ex situ, selon l’article 9 de la Convention sur la diversité biologique, l’article 3 de la Directive Zoo exige des zoos et delphinariums qu’ils participent « à la recherche dont les avantages bénéficient à la conservation des espèces et/ou à la formation pour l’acquisition de qualifications en
matière de conservation et/ou à l’échange d’informations sur la conservation des espèces et/ou, le cas échéant, la reproduction en captivité, au repeuplement et à la réintroduction d’espèces dans les habitats sauvages » (premier tiret, article 3).

Or, comme nous le démontre la récente étude menée par la WDCS, aucun parc marin ne répond à ces exigences, ni en Europe, ni ailleurs dans le monde, et encore moins à la dernière d’’entre elles : le repeuplement et la réintroduction des petits cétacés dans leurs habitats d’’origine.
Si un delphinarium s’y résout, c’est le plus souvent sous la contrainte de la pression médiatique et populaire, lorsque les dauphins vivent dans de telles conditions de maltraitance qu’il faut de toute urgence, soit les déplacer, soit les libérer.

En revanche, affirmer que les dauphins captifs «rejetés à la mer» sans préparation courent certains dangers n’’est pas totalement infondé.

Un dauphin qui a vécu quinze ans dans un lavabo, qui a été nourri à la main pour exécuter ses shows, qui a noué avec l’homme des relations de soumission et de dépendance extrême, et qui parfois même, se trouve affecté par un véritable «syndrome de Stockholm» vis-à-vis de ses geôliers comme ce fut le cas lors de l’’ouragan Katrina, ne pourrait en effet, dans la plupart des cas, retrouver du jour au lendemain le chemin de l’’océan.

Il convient dès lors de le «déprogrammer» progressivement, de le libérer de cet esclavage mental, bref, de lui réapprendre ce que fut sa vraie vie ou de la lui faire découvrir, s’il est né en prison. On sait qu’il en est de même pour les prisonniers humains restés de longues années confinés dans leur cellule : sans accompagnement adéquat, ils se feront ré-emprisonner au plus vite, car le monde humain normal leur
est devenu étranger et menaçant…

Dauphin militaire regagnant volontairement sa prison de Gulfport

 

Mieux encore, il faut le mettre le plus rapidement possible en contact, – même au travers du filet d‘un enclos,  avec d’’autres cétacés libres.
En d’’autres termes, s’il faut fermer d’évidence tous les delphinariums du monde, en commençant par ceux d’Europe, il convient également de soigner de leurs blessures psychiques et physiques les malheureux qui en furent victimes, parfois des décennies durant, avant de les rendre à leur véritable monde : l’immensité de l’océan.

Bimbo

 

On sait que de façon ponctuelle, un grand nombre de petits cétacés ont été et sont encore régulièrement réhabilités depuis la fin des années soixante.
Dans certains cas, aucun processus de réhabilitation ne s’est avéré nécessaire.

En août 1967, le parc marin Marineland de Californie a libéré Bimbo le globicéphale, au terme de près de sept années de captivité.
Bimbo avait agressé d’autres animaux et ses propres gardiens, avant de briser une fenêtre d’observation et d’être placé sous sédatifs. Le Dr. M.E. Webber, un médecin spécialisé dans les soins aux cétacés, a décrit Bimbo comme un « psychotique » (cité par Valentry, 1969). Aucune préparation pour cette remise en mer n’’a eu lieu, mais Bimbo était à ce point déterminé qu’il a retrouvé la mer avec aisance !

Ce fut le cas également d’’Annessa, une delphine née en captivité maintenue au Dolphin Research Center en Floride. Emportée par un ouragan vers le grand large en août 1992, Annessa suvécut à l’’épreuve et fut aussitôt adoptée par une de tribu de dauphins libres. On l’’a observée durant de longues années par la suite au sein de sa nouvelle famille, parfaitement heureuse, bien nourrie et bien intégrée.

L’exemple le plus récent de remises en liberté « préparée » est l’opération menée par Born Free en Turquie, afin de sauver d’une mort annoncée les sympathiques
Tom et Misha.
La méthodologie est assez curieuse, puisque ce sont les dresseurs eux-mêmes qui ont donné l’ordre aux dauphins de s’éloigner vers le large ! Mais l’opération fut un succès.
Elle prouva une fois de plus que contrairement à ce que clame les Industriels de la Captivité, les dauphins-esclaves survivent très bien en liberté !
Il n’est que de voir la vidéo de leur libération pour en avoir les larmes aux yeux !

Tous les détails de cette magnifique réussite sur le blog de la Dolphin Connection.

Tom et Misha avant leur libération

Plus anciennes sont les réhabilitations d’Ariel et Turbo par Ric O’ Barry, et avant cela, celles d’Opo, de Joe et Rosie, etc.
Il s’’agit là de réhabilitations menées selon la technique habituelle, comprenant un éloignement progressif de l’’influence humaine.

Autre façon d’agir : la méthode russe ! On capture une ou deux femelles en pleine mer, on les place dans un bassin avec des nés-captifs et on libère tout le monde au bout de quelques semaines. Succès garanti : les femelles adoptent les jeunes dauphins inexpérimentés et leur apprennent comment survivre en mer. Ce protocole fut appliqué avec succès aux deux dauphins nés captifs remis en liberté en Mer noire à l’initiative du Dolphin Reef d’Eilat.
On l’utilise encore couramment pour les dauphins militaires russes en en excès…

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Libération d’ariel et Turbo par Ric O’Barry


  

UNE SOLUTION PERMANENTE

Il s’agit là néanmoins de réhabilitations au cas par cas, pratiquées dans le cadre de sites marins temporairement aménagés pour la durée de l’’opération.
L’’idéal serait bien évidemment de pouvoir disposer d’un centre permanent, qui pourrait accueillir un grand nombre de dauphins captifs chaque année et en libérer tout autant.

Néanmoins, malgré la volonté d’innombrables amis des dauphins et le simple principe d’efficacité, aucun centre de ce type n’existe encore actuellement, au sens où l’’entend, par exemple, l’’association Conscience dauphins.

Un tel dispositif devrait se composer d’une large baie marine fermée par un filet où toutes les espèces de cétacés captifs pourraient être accueillies, en ce compris les orques. Pour les bélugas, une mer plus froide s’’impose. Puisqu’ils ont vécu ensemble durant un certain nombre d’années, il serait également préférable de garder intact le groupe d’origine, tel qu’il vivait en captivité.

Les petites criques de Croatie se prêteraient merveilleusement à ce type de projet

 

Prenons à titre d’exemple les quatre orques captives du Marineland d’Antibes, et ceci d’autant plus que Freya, la «doyenne», fut capturée en mer.
Plaçons-les dans la vaste crique close et nourrissons-les de moins en moins de poissons morts, de façon de plus en plus rapide et distanciée, afin de réduire petit à petit tout contact avec l’homme. On peut même imaginer qu’au bout d’un temps, la distribution de poissons se ferait de manière mécanique, à l’aide d’appareils conçus à cet effet, comme en utilise l’aquaculture.

Au début, nos orques ou notre petit groupe de dauphins captifs s’’étonneront de leur nouvelle situation. Si la baie est assez grande, on peut imaginer d’’y placer un certain nombre de cétacés, dauphins, globicéphales, orques «résidents» et Tursiops ensemble, comme n’’hésitent d’ailleurs pas à le faire les delphinariums eux-mêmes.
(Voir Shouka et Merlin)

La présence de cette multiculturalité permettrait en effet à chacun d’’entre les ex-détenus de découvrir de nouvelles distractions, de s’’observer l’’un l’autre et d’’apprendre auprès des plus habiles à chasser à nouveau de vrais poissons vivants. Le facteur déstabilisant de l’’absence de shows à heures fixes en serait ainsi diminué, tout comme la disparition progressive de tout humain dans leur champ de vision.

Au bout de quelques mois, l’’expérience nous l’’enseigne, les cétacés retrouvent immanquablement leur véritable nature : ils plongent de plus en plus profond, ils pêchent à nouveau et sondent les sables de leur sonar à la recherche de petites proies, ils entretiennent des relations sociales normales du fait de l’espace dont ils disposent et qui leur permet d’éviter les conflits en gardant ses distances.
En un mot, ils redeviennent ce qu’ils n’’auraient jamais du cesser d’être.

Même Keiko, dont la réhabilitation aurait pu être menée de manière moins drastique – en laissant le choix à cette orque de fréquenter selon son humeur des compagnons de son espèce ou de jouer avec les enfants – avait appris à se débrouiller sans aide, malgré les interminables années qu’elle passa en captivité. Quand il traversa l’Atlantique de l’Islande jusqu’à la Norvège, il chassait elle-même son poisson !
Le Docteur Lanny Cornell, le principal vétérinaire de Keiko depuis des années fut formel sur ce point : « J’ai regardé les photos les plus récentes de Keiko et je pense qu’il va très bien ! Après ces 60 jours en plein océan et au terme d’une course de plus d’un millier de miles marins, Keiko dispose de toutes ses forces et n’a pas perdu de poids. Il est clair qu’il a appris à se nourrir seul « .

Keiko libre !

 

Un beau matin, donc, en se promenant, voici que que Freya, son pod et les dauphins d’Antibes, découvrent avec stupeur que le filet a disparu.
La mer immense s’ouvre devant eux. Ils sont parés. Ils sont partis !
La réhabilitation en mer peut fonctionner pour les orques comme pour tout autre cétacés captif !

D’autant que ces grands dauphins couleur pie vivent sous tous les climats, en Méditerranée comme dans les eaux froides. Aucun souci à se faire pour elles, elles traverseront peut-être même un jour le détroit de Gibraltar pour rejoindre l’Atlantique.
Quant aux dauphins, eux aussi soudés par leurs années communes de captivité, ils ne tarderont pas à constituer une tribu nouvelle et à déterminer leur territoire le long d’une côte tranquille, non loin d’autres tribus de dauphins libres. La vie reprend son cours, et si d’aventure, un Humain passe par là, sans doute sera-t-il bien accueilli …

Avantage de la formule : sa rentabilité. Rien n’empêche en effet que des visiteurs puissent se promener à quelques distances de la berge, et observer pour un prix modique un grand nombre de dauphins ou d’orques en semi-liberté, un peu comme se pratique le «whale-watching» du côté de Cape Town.

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Les premiers centres et les projets

Historiquement, le premier centre supposé promis à un usage permanent fut mis sur pied au début des années 1990. Ce « Dolphin Rehabilitation Center » était un lagon fermé de 80 acres offert par la société Trade Wind Industry.
Il fut aménagé avec l’aide de l’association Zoo Check ainsi que par la Bellerive Foundation,  la WSPA,  le British Divers Marine Life Rescue et l’European Cetacean Organisation, gérée par Doug Cartlidge, un ancien dresseur profondément écœuré par les horreurs de son métier.

C’est là qu’eut lieu l’émouvante opération « Into the Blue »  au terme de la quelle trois dauphins, Rocky, Missie and Silver purent enfin s’ébattre librement au sein de la mer des Caraïbes. L’’opération fut évidemment critiquée de toutes les manières et jugée criminelles par la mafia des «montreurs de dauphins». Le centre fut donc abandonné.

Un autre centre fut crée par Ric O’Barry, ex-dresseur repenti, et son équipe en 1996, le Sugar Loaf Sanctuary en Floride.
La US Navy avait accepté de relâcher sous la pression de mouvements de protestation populaire trois de ses dauphins militaires.
Hélas, une fois encore, tout fut mis en œoeuvre pour saboter la libération de Buck et Luther et les remettre en service. Jack, lui, ne retrouva jamais l’extase de nager libre, du fait de ses blessures.

Le projet CERMAM fut conçu par des scientifiques français en collaboration avec Ric O’Barry, la WDCS, l’association belge Delphus, le Dr Gauthier Chapelle, le Dr Anne Collet du Centre de recherche sur les mammifères martins de La Rochelle ainsi que par le gestionnaire du site « Dauphins Libres».

Après avoir songé à utiliser les bassins alors déserts du parc Planète Sauvage près de Nantes – aujourd’hui peuplée de vrais captifs, hélas – afin de sauver d’urgence Iris et Ivo d’une mort annoncée à Anvers, un autre lieu de ce type avait été envisagé : il s’agissait d’un ancien marais salant, situé sur
l’Ile des Embiez  au large de Marseille, et qui aurait pu servir de lagon de retraite, avant libération ex situ, c’est-à-dire dans le Golfe du Mexique.
Ce « Projet Cermam » n’a malheureusement pas eu de suite, faute de coordination suffisante et de volonté réelle de la part des associations concernées, comme on le verra ci-dessous.

Créer un centre de réhabilitation en Croatie ne serait par ailleurs pas bien compliqué, d’autant que ce pays a interdit tout parc marin à but lucratif sur son territoire et qu’il rejoindra prochainement l’Union Européenne.
L’’idée,déjà ancienne, reste d’actualité et vaut sûrement d’être relancée.

Enfin, mentionnons l’existence de centres de réhabilitation exclusivement dédiés aux mammifères marins échoués ou blessés, tel celui de Hawaii, mais dont la plupart, pour ne pas dire tous, ont la fâcheuse tendance à se transformer en delphinariums qui n’osent pas dire leur nom. C’est le cas notamment du Dolphin Research Center ou du centre de Mobi Solangi, ancien trafiquant de dauphins reconverti en protecteur des océans… mais irrémédiablement tenté de faire sauter dans un cerceau ses dauphins ou bien ses otaries « sauvées »…

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Le projet Cermam est bien loin, désormais, à Port St Père… Photo Panète Sauvage

 

Nouveaux espoirs en 2012

Dolphin Sanctuary Ras Laflouka

Le projet de la Fondation FIRMM ne date pas d’hier, mais il semble se concrétiser.
Le Centre de Retraite et de Réhabilitation devrait se situer non loin du détroit de Gibraltar, au Maroc.

« Le Détroit de Gibraltar, riche en nourriture, est l’habitat de plusieurs espèces de baleines et de dauphins. Il est en outre un des plus grands noeuds du réseau maritime. Tous les jours, environ 300 cargos géants croisent cette liaison entre la mer Méditerranée et l’océan Atlantique. Sans changer de cap, ils suivent leur route – des collisions sont donc inévitables.

Dès le début de leur activité à Tarifa, Katharina Heyer et l’équipe Firmm cherchent des solutions pour aider les animaux échoués et blessés.
Lorsque Katharina, au fil de conversations avec des teneurs de delphinariums européens, apprend qu’ il n’ existe aucun centre d’accueil pour dauphins en captivité, sa vision naît : un refuge pour dauphins! Très engagée, Firmm se bat depuis 2002 pour la réalisation du Dolphin Sanctuary Ras Laflouka« .

Affaire à suivre… et à soutenir !

Dolphin Freedom Centre(s)

C’est au Portugal que de son côté, Be As One Foundation a rencontré les experts de l’I.C.N.B (Instituto da Conservçao da Natureza e da Biodiversidade) et ses préoccupations majeures ont reçu des réponses scientifiques positives, que la Fondation a encore revérifié ensuite, avant de lancer son projet.
Le Centre sera implanté au Ria Formosa dans le sud du Portugal, avec le soutien du gouvernement local et celui de l’’ICNB.
La Ria Formosa est un lagon de 55 km de long situé dans l’’Algarve et constitue à ce titre un parc naturel idéal sur la magnifique côte sud du Portugal.

La Fondation négocie actuellement avec l’entreprise Moinho dos Ilhéus  sur le terrain de laquelle il sera possible de travailler directement.
Cette société connaît aujourd’hui un développement important dans le domaine de l’élevage écologique du poisson, en tant que leader national et pionnier en ce domaine.
L’endroit est bien adapté au projet d’un centre de réhabilitation, dans la mesure où il dispose déjà sur place de toute l’infrastructure nécessaire.
Celle-ci inclut un système de purification des eaux, et de tous les bassins, bureaux, installations pour le personnel dont on peut rêver.

Mieux encore : l’entreprise possède un lagon qui se trouve directement reliée à la mer Si la Fondation parvient à recueillir suffisamment de fonds pour mener à bien son projet, elle sera bientôt à même de signer rapidement un contrat avec Moinho dos Ilhéus et commencer à le mettre en place.
C’’est pourquoi la Be As One Foundation demande de l’aide de la part de chacun. Une donation, même mineure, l’aiderait de manière importante.

WDCS/Sea Life

Enfin, une collaboration entre SeaLife et la WDCS permettrait d’élaborer sous peu un même type de centre. Où ? Comment ? Quand ? Secret défense !
Mais si l’on associe le savoir-faire scientifique de la Whales and Dolphins  Conservation Society avec la puissance d’argent du groupe Merlin Entertainment, il semble que là, tous les espoirs les plus fous soient permis…

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Pourquoi est-ce si difficile de créer ces centres ?

Pourquoi ?
Parce que ces projets coûtent cher, rapportent relativement peu par rapport à un delphinarium et qu’il implique la participation de dresseurs repentis (dont le savoir-faire est indispensable, comme l’est celui de Ric O’Barry ou le fut celui de Doug Cartlidge, tous deux anciens « trainers ») et de scientifiques courageux.
Or, les uns et les autres craignent aujourd’hui de s’opposer de front aux très puissants holdings du dauphin-clown, qui haïssent plus que tout la simple idée d’une réhabilitation.

« Gaia est contre les delphinariums : Libres ! Vous êtes libres ! ». Ce cartoon est affiché pour les visiteurs Boudewijn Sea Park de Bruges

 

La Compagnie des Alpes, propriétaire du Parc Astérix et qui affichait en juillet 2011 le juteux chiffre d’affaires de 498,2 M€, Aspro Ocio, propriétaire du Boudewijn Seapark de Bruges, Parques Reunidos, propriétaire du Marineland d’Antibes, pour ne citer que les grands trusts, possèdent aujourd’hui la totalité des parcs marins d’Europe.

On se doute qu’ils aient dès lors les moyens de leurs ambitions : ils manipulent qui ils veulent quand ils veulent, la presse populaire, les hommes politiques locaux, les agences publicitaires, les chercheurs eux-mêmes et s’offrent sans doute les services de « nettoyeurs de web »

Il est par ailleurs tellement plus profitable de chanter la gloire des bassins chlorés ou de la delphinothérapie en bassin, que de combattre ces pratiques aussi cruelles qu’inutiles ! Se déclarer ouvertement hostile aux cirques aquatiques actuels peut
vous coûter votre carrière et les étudiants français en cétologie sont, le sait-on, contraints de subir un stage dans les geôles du Marineland d’Antibes avant d’obtenir leur diplôme !

A titre d’exemple, l’un des promoteurs du projet CERMAM déjà évoqué ci-dessus, le Dr Gérad Lippert, océanologue belge et ancien activiste belge de renom, co-signataire de l’ouvrage « Liberté pour les dauphins » paru en 2001,a totalement retourné sa veste et chante désormais la gloire des delphinariums espagnols et de cette escroquerie qu’on nomme la delphinothérapie.

Les scientifiques français, Anne Collet,  Tarik CHEKCHAK ou Dr Pierre Beaubrun impliqués dans la même aventure, ont quant à eux discrètement quitté le navire, suite à l’échec de la réhabilitation de Sammy, un dauphin bleu et blanc, mort dans les bassins de ce qui est aujourd’hui devenu…le troisième delphinarium de France !

Dans ces conditions, y a-t-il un futur plausible pour un vrai centre de réhabilitation en Europe ? Seule l’évolution des mentalités et l’opiniâtreté de ceux que les prisons
nomment « les oppositeurs », nous permettront un jour de vaincre cet ultime défi et de débarrasser à jamais le monde entier des lavabos chlorés nommés « delphinariums »….

Photo YG

Dauphin libre en Floride. Photo YG

 

Liens utiles

Dolphin Sanctuary Ras Laflouka

WDCS/Sea Life

Tom et Misha : libres enfin !!

Réhabilitations 1

Libération des dauphins captifs en Indonésie (juin 2011)

Libérés puis repris : les dauphins d’Atlantis !

Le drame de Buck et Luther, dauphins soldats

Into the blue

DIRECTIVE 1999/22/CE DU CONSEIL du 29 mars 1999 relative à la détention d’animaux sauvages dans un environnement zoologique

Réhabiliter les orques

Keiko est mort libre

LE PROJET CERMAM

QUEL AVENIR POUR LES « VIEUX » DAUPHINS ?

Libération de dauphins au zoo de Munster (2012)

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Pourquoi il faut libérer les dauphins et les orques de leurs prisons chlorées

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Keiko libre traversant l’Atlantique : il savait déjà se nourrir seul

 

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