www.health.belgium.be et les delphinariums

 

Les spectacles de cétacés : pédagogie absente, protection de l’espèce nulle mais plaisir assuré !

Le 25/2/2011

La réponse de www.health.belgium.be à la question :
« Pourquoi la Belgique tolère-t-elle encore le delphinarium de Bruges ?

Lire aussi sur le site du SFP Santé Publique  :

 

« Bonjour,

Je vous prie de nous excuser pour la réponse en néerlandais.
Pour votre bonne compréhension, vous trouverez ci-dessous la version francophone.

« Contrairement à ce qui est dit dans la pétition, il n’’existe, en Belgique, aucune interdiction visant la création d’’un nouveau delphinarium. Une telle interdiction ne pourrait être instaurée que par le Parlement.

En revanche, la Belgique possède depuis 1999 une législation très stricte concernant le bien-être et l’hébergement des animaux dans les zoos. Les normes de détention des dauphins sont également très spécifiques.
La Belgique est d’ailleurs un précurseur en la matière parmi les autres pays européens.
L’application de ces normes est régulièrement contrôlée et le Boudewijnpark fait bien entendu partie des établissements contrôlés.
A la demande de la Ministre, un groupe de travail au sein du Conseil du Bien-être des animaux se penche actuellement sur ces normes. Leur objectif est d’évaluer s’il existe des données scientifiques permettant de dire que les normes actuelles ne sont pas suffisantes pour garantir le bien-être des dauphins. L’amélioration du bien-être des dauphins ainsi que des autres espèces détenues dans les zoos fait donc l’objet d’un travail constant.

Meilleures salutations

Carole Deltour
Expert administratif / Administratieve Deskundige

Bien-être Animal et CITES /
Dierenwelzijn en CITES
Eurostation | Place Victor Horta Plein, 40/10 |

1060 Saint-Gilles/Sint-Gillis | Belgique/België
t 02 524 74 12 | f 02 524 74 48

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Réaction : 

Je vous remercie pour votre réponse. Je sais, pour avoir participé à la première Commission parlementaire sur le Boudewijn Seapark de Bruges, qu’aucune loi n’interdit en effet la construction d’un nouveau delphinarium en Belgique, d’autant que celle-ci serait contradictoire avec les règles du « marché libre » européen. Je connais également les moindres détails la réglementation belge en matière de zoos et de delphinariums.

Il n’en demeure pas moins que la contention forcée de dauphins et leur reproduction en batterie, même dans de bonnes conditions d’accueil (comme c’est le cas à Bruges), va directement à l’encontre des besoins éthocognitifs, émotionnels et culturels de ces grands cétacés.
Je persiste donc à croire que la Belgique s’honorerait de renoncer à ces « cirques aquatiques » comme l’a fait en son temps la Grande-Bretagne, non sur la base d’une loi mais d’une analyse scientifique de haut niveau. (Lire à ce propos le rapport Klinowska).
Les découvertes scientifiques récentes confortent cette vision des choses et font apparaître que, dans tous les cas de figure, un dauphin captif ne vit pas selon les schémas sociaux et relationnels normaux propres à son espèce ni ne disposent d’une espace vital adapté à ses besoins.  La récente déclaration d’Helsinki va dans le même sens.
Rappelons que plusieurs autres pays, dont la Croatie ou le Danemark, ont carrément interdit de telles pratiques sur leur territoire.

Revenons à Bruges, si vous le voulez bien : à moins de vivre dans un Présent béat perpétuel, il est utile de se demander par exemple ce que deviendra à terme le jeune dauphin Océan face à l’étalon Beachie. Maintenir deux mâles adultes dans le même bassin ne peut conduire qu’à des conflits violents. Ou ce que deviendra l’inévitable prochain enfant de Yotta ? Le confinement et le manque de stimulations suscitent chez ces créatures conscientes d’elles-mêmes des comportements aberrants, comme l’avait d’ailleurs démontré en 2005 le Dr Toni Frohoff lors de sa trop brève visite à Bruges, qui aurait du être financée par les pouvoirs publics, et non par la WSPA et Gaia.
Par ailleurs, on peut se demander ce qu’ont ressenti et ce que ressentent aujourd’hui Roxanne et Puck, privée de la présence de leur amie Linda et de son fils Mateo expédiés à Gènes dans un bassin nettement plus mal géré que celui de Bruges.

Et ne parlons pas des autres nés-captifs déportés sans état d’âme vers le Portugal ou l’Italie ou mourant, de façon presque inévitable, au moment de l’adolescence (Milo). Les Grands Dauphins disposent d’une sensibilité et d’une intelligence telles que ce type de séparation ne peut manquer de les faire souffrir.

Copyright Donald Tipton

Sleepy Eye à Panama City Beach

La captivité des dauphins ne peut être « améliorée » car c’est là une chose impossible. Vous ne pourrez jamais reproduire l’océan en bassin. La captivité des dauphins doit tout simplement être supprimée. Je me battrai pour cela jusqu’à la fin de ma vie.

Merci encore de votre attention

Yvon Godefroid
Bruxelles
Pour une Europe sans Delphinarium
Co-auteur de « Liberté pour les dauphins » publié chez Labor en 2000


 

La Croatie interdit légalement les delphinariums en accord avec l’Accobams

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