La triste vie de l’orque Valentin au Marineland d’Antibes

La triste vie de l’orque Valentin au Marineland d’Antibes

L’article qui suit est la « version longue » d’un article initialement paru sur le blog de One Voice
Le dernier voyage de Valentin


Naissance

Le 13 février 1996, Valentin naît là où aucune orque ne devrait naître : entre des murs. C’est entre ces mêmes murs qu’il meurt le 12 octobre 2015 à l’âge de 19 ans, sans avoir jamais quitté le Marineland d’Antibes.
Des images d’archives nous le montrent à la naissance. Les orques tournent et tournent en rond devant la caméra, dans l’enceinte de l’actuel bassin des dauphins. On aperçoit la petite Shouka qui passe, mais aussi Sharkane, la marraine, qui amènera l’enfant en surface quelques instants plus tard.

La caudale du nouveau-né pointe hors du ventre de Freya. Le corps suit peu à peu, puis un panache de sang et Valentin vient au monde. Il découvre l’univers minuscule qui sera le sien toute sa vie : des parois de béton sales, de l’eau trouble au goût de chlore. Et lorsqu’il lève la tête hors de l’eau, il voit des bâtiments, l’enceinte d’une piscine et des hommes debout sur le bord, qui le regardent.

Partout des murs. En 1996, le bassin des orques est bien petit (Yvon, avec cette phrase, on pourrait croire qu’après ils étaient mieux car le bassin était plus grand, je comprends bien ton point de vue, je pense aux internautes qui ne veulent surtout pas comprendre pour continuer). Cinq détenus s’y entassent. Le premier souci de Freya est donc d’empêcher son fils de se cogner aux parois lorsqu’il joue et de lui apprendre à freiner son élan. Car rien ne prépare un cétacé, même né captif, à vivre dans une fosse.

Val est la seconde orque à naître au Marineland après Shouka, son aînée de 3 ans et sa copine de jeu. C’est aussi le premier enfant viable de Freya, que l’on pensait rendue stérile par les traitements aux rayons X subis dans sa jeunesse. Avant Val, elle avait accouché d’un premier mort-né en mars 1991 puis d’un second en 1993. Après lui, elle perdra encore deux autres enfants en 2001 et en 2003.

C’est dire si elle aime son fils et le protège !

Après sa dernière fausse couche pourtant, Freya, déjà malade, s’enfonce dans une profonde dépression. Elle flotte dans le bassin à l’écart des autres, ne participe plus aux spectacles et n’obéit plus aux soigneurs. Parfois, elle vient heurter sa tête contre les vitres du bassin principal.

Valentin voit tout cela et il souffre. En 2002, il supporte également très mal le départ de Shouka, sa demi-sœur adorée. Le Marineland avait en effet décidé d’expédier la jeune orque vers les bassins de Vallejo aux USA, où elle restera seule pendant dix ans. Pour la première fois, Valentin se frappe le front, ventre en l’air, sur le bord du bassin près de la « grotte des soigneurs ». Il gardera ce comportement tout au long de sa vie. Kim2 ne supporte pas non plus l’exil de sa fille. Il mourra 3 ans plus tard, suivi par Sharkane en janvier 2009.

 

 

Kim et Freya

 


Sevrage

A six mois, Valentin fait ses premières apparitions publiques.

Son rôle consiste alors à suivre sa mère et à la téter sous les applaudissements. Tous ceux qui l’entouraient alors sont morts aujourd’hui, sauf Shouka. Inouk ne naîtra qu’en 1999, Wikie qu’en 2001, Moana qu’en 2011 et Keijo qu’en 2013.

Vers un an, au moment du sevrage, les choses deviennent plus sérieuses.
Il faut vraiment se « mettre au travail ». Les dresseurs prennent en main son « éducation » (j’ai mis des guillemets, es tu OK ?). Val doit apprendre la discipline et cesser de faire le fou parmi les adultes quand ils font leur show. Il doit aussi accepter d’être séparé de sa mère, isolée dans un autre bassin.

Au même titre que la nourriture ou l’accès au grand bassin de spectacle, les retrouvailles d’une mère et de son enfant sont classés dans la catégorie des « renforcements positifs». C’est une récompense qu’on leur accorde.

Le petit prince Valentin devient très populaire. Il a son fan club, sa page Facebook et des adolescentes s’échangent ses plus belles photos avec plein de petits cœurs. On le reconnaît aisément au grain de beauté qu’il porte à droite sous la gorge.

Au contraire de son demi-frère Inouk, petit et mal développé, Val est une belle orque de grande taille réputée docile et gentille. Il apprend vite : il sera le premier du bassin à maîtriser la figure «slide-out», ce mouvement latéral glissé où l’orque retombe dans l’eau après s’être échouée sur la plate-forme centrale. Jusqu’en novembre 2005, il travaillera avec son père Kim2.

Kim2 était très aimé de ses dresseuses.

Valentin est également initié à la nage avec ses soigneurs. Il exécute avec eux des figures de voltige complexes qu’on appelle «water-works». En 2001, la construction du grand bassin rend en effet ces exercices possibles. Le Marineland engage l’un des meilleurs dresseurs de SeaWorld, le Senior Trainer John Hargorve, pour qu’il enseigne la technique tant aux humains qu’aux cétacés.

L’exercice est dangereux, tout le monde le sait, car l’humeur des orques change vite. Une fois qu’il est dans l’eau, le soigneur est totalement vulnérable. Les orques entretiennent alors avec lui un rapport de force inquiétant. L’homme sait que l’épaulard peut le tuer à chaque instant. Et le grand cétacé sait, lui, que s’il passe à l’acte, il le paiera très cher : toute sa vie dépend des hommes, de la nourriture aux moindres distractions.

 

John Hargrove

Ce sont alors de subtils jeux de séduction qui se tissent, chaque partie tentant d’imposer sa volonté à l’autre, jusqu’à ce que parfois l’orque excédée au terme de ruminations solitaires bascule soudain du «côté obscure de la force» comme le fit Tilikum avec Dawn Brancheau.

Un jour, Freya refuse ainsi que son fils soit mis sur un pied d’égalité avec elle pendant les entraînements. Elle le rejette constamment sur le côté puis se retourne vers John Hargrove et l’agresse avec fureur pour cette seule question de préséance. Le dresseur échappera de peu à la mort.  En 2008, Freya repassera  à l’attaque.

Si la loi de la matriarche s’applique aussi au sein des tribus libres, elle ne s’exprime jamais avec la violence physique que l’on trouve en bassin. Même la petite Wikie, même la charmante Shouka s’en sont pris un jour à leur dresseur, au cours de jeux dangereux qui viraient vite au drame. Lors d’un bref coup de folie, le plus grand prédateur des mers rappelle à ses geôliers qui il est réellement.

En 2002, Valentin saisit le pied de John dans ses mâchoires – sans mordre – et l’entraîne vers le fond. Il tente ensuite de lui ôter son chausson de plongée en caoutchouc. Les orques captives savent exactement combien de temps un être humain peut tenir sans respirer mais Val manque encore d’expérience. S’il était jamais parvenu à ses fins, John Hargrove se serait noyé car toute l’eau se serait alors engouffrée dans sa combinaison et il aurait coulé à pic.

Valentin attaquera encore le dresseur Nico en 2008, mais cet incident, pas plus que les autres, ne sera jamais reconnu publiquement par le parc.

 

Valentin adorait sa grande soeur Shouka et ne s’est jamais remis de son départ


Adolescence et vie sexuelle

Avec l’âge, Valentin devient un mâle énorme et plein d’hormones. Comme son père, on le dresse à accepter la masturbation, afin de recueillir son sperme dans une sorte de grande chaussette en caoutchouc. C’est une pratique à laquelle tous les mâles ne se prêtent pas. Mais pour les propriétaires de Valentin, ce prélèvement est d’importance vitale. Comme celle d’un taureau de concours, la semence d’une orque 100% islandaise se vend très cher sur le marché.

Pour le reste, sa sexualité est misérable. Depuis la mort de Sharkane en 2009, Val n’a pour seules compagnes que sa demi-sœur Wikie et Freya, sa mère.

En 2014, une vidéo nous le montre avec Inouk et Moana. Le dresseur reprend presque mot pour mot le même discours qu’en 1995 ou en 1999 : il donne le poids des animaux et quelques pauvres caractéristiques sensées les définir. Toute la vie de ces orques semble se résumer à des jeux, à des câlins et à des entraînements. L’homme n’a rien d’autre à dire. Il reconnaît cependant qu’ils ont aussi une sexualité et que des relations amoureuses ont lieu entre Valentin et Wikie. Un cas de figure impossible en liberté.

L’exogamie est la règle chez les orques sauvages, comme dans toutes les grandes sociétés animales. Les fils restent auprès de sa mère toute leur vie mais partent régulièrement à la rencontre de jolies femelles dans les communautés voisines. Jamais un frère ou un demi-frère ne se reproduirait avec sa sœur, ne serait-ce que pour assurer au clan des enfants viables et sains. L’inceste et la consanguinité ont en revanche provoquée d’innombrables fausses couches et de morts précoces en bassin.

Là, tout est contrôlé et la fertilité des orques est interrompue ou relancée à l’aide de contraceptifs puissants, tel que le Regumate destiné aux cochons.

«Un produit si puissant même qu’il risque de rendre stérile une dresseuse humaine » explique John Hargrove. « Ce sont donc toujours des soigneurs masculins qui se chargent de l’utiliser. Nous mettions des gants, nous injections le Regumate dans le poisson et nous l’apportions à l’animal sur un plat spécial. Après quoi, tout devait être nettoyé à l’eau de Javel ».

Paradoxalement, le Regumate est également utilisé pour stimuler l’ovulation des cétacés avant une insémination artificielle.

On calme aussi les ardeurs des mâles avec des hormones féminines et des tranquillisants, mais cela n’empêche pas Val d’engrosser sa demi-sœur et d’engendrer Keijo en 2013.

Pire encore, quelques mois avant sa mort, on le voit en train de tenter mollement de copuler avec son propre fils.

Les images sont d’une tristesse infinie : Valentin paraît assommé et ses gestes sont ralentis à l’extrême tandis qu’il frotte son sexe sur l’enfant. Est-il drogué ? Ce type de comportement n’est jamais observé en mer.


La mort de Freya

A la mort de Freya, le monde de Valentin s’écroule encore une fois.

L’ultime orque sauvage capturée par le Marineland, s’éteint au terme d’une longue agonie. Toute sa vie, elle n’a jamais cessé d’être malade et son flanc porte la marque de radiographies intrusives. «Crise cardiaque», déclare le Marineland cinq mois plus tard. C’est évident. Quand on meurt, le cœur s’arrête. Mais Freya avait bien d’autres raisons de mourir.

Elle laisse derrière elle une petite famille bouleversée, sans guide, sans matriarche. Pour les 5 survivants, c’est un choc terrible. Les liens qui unissent les cétacés sont d’une intensité extrême : une partie de leur cerveau s’est même développé spécialement pour cela. Mais le Marineland n’a pas le temps de leur laisser faire le deuil de Freya. Le soir même, un show a lieu pour les «distraire» de leur chagrin et ne pas perdre de clients.

 

Freya et le petit trou blanc de la radiographie

Valentin n’est pourtant pas «distrait» par ce show ni par aucun autre à l’avenir. Dans son esprit, un vide immense s’est creusé, un sentiment d’abandon que seul le fils aimé d’une orque peut comprendre.

Les rapports de force changent aussi dans le huis clos des bassins : Freya morte, Val n’est plus le petit prince protégé de sa maman. Son statut social s’effondre et il se retrouve en face d’une demi-sœur acariâtre chargée de deux enfants et de son demi-frère, Inouk, l’effacé. La tension monte, les bagarres explosent, Freya n’est plus là pour faire régner l’ordre.

En août, deux mois plus tard, Valentin s’effondre. Il flotte désormais dans un coin, totalement immobile. Le bassin n’est pas réfrigéré comme à SeaWorld. La chaleur est terrible, l’eau est tiède, ce qui est pénible pour une orque d’Islande, même née captive. Autour de Val, une ambiance de foire : la musique incessante, les éclats de voix des visiteurs, l’odeur de la nourriture jusque tard dans la soirée. Valentin ne remue presque plus.


14/10/15 Jon Kershaw après le désastre. Mais qu’est-il vraiment arrivé à Valentin ? ©PHOTOPQR/NICE MATIN / FRANZ CHAVAROCHE

Les jours passent. La température grimpe de plus en plus et les orques deviennent de plus en plus léthargiques. En juillet puis en août, des manifestants se rassemblent en nombre devant les portes du Marineland pour protester contre la captivité.

Valentin les entend-il encore ?

Puis d’un coup, le ciel se déchaîne. Des pluies diluviennes s’abattent sur la région.

Durant la nuit du 2 octobre, des flots d’eau boueuse, «un tsunami de 700 mètres de long» dira Jon Kershaw, déferlent sur Antibes. Une vague de 1mètre 20 pulvérise les gradins et submerge les vitres du grand bassin. Les orques ne savent où fuir. Les débris volent en tous sens, des constructions s’écroulent avec un bruit terrible, des animaux qui se noient crient au loin, une vase épaisse recouvre le parc tout entier.

Aucun plan de sauvegarde pour les animaux n’a été mis en place. Aucun lieu n’a été prévu pour déplacer les mammifères marins, alors que la mer ne se trouve qu’à quelques centaines de mètres.  Durant les premières heures, les cétacés restent seuls.

Il n’y a plus d’électricité, plus de filtration, plus de pompage, plus d’arrivée d’eau de mer et cela pendant plusieurs jours. Le Marineland se tait.

Quelques rares images volées commencent à circuler sur le Net. On y voit des orques nageant dans une eau verdâtre et mousseuse, encore jonchée de déchets organiques et selon une première estimation officielle, chargée d’hydrocarbures.

On enferme les survivants dans un petit bassin latéral, pour les tenir à l’écart des eaux les plus souillées. Ils s’y battent et se mordent. Wikie tombe malade, on l’isole. Peut-être l’a-t-on inséminée en juin, juste après la mort de Freya, pour repeupler le bassin aussi vite que possible. Les plus jeunes gigotent sans cesse et s’énervent.

Valentin n’en peut plus. Est-il seulement encore vivant ? On ne sait rien de ce qui s’est réellement passé au moment du drame. N’a-t-il pas supporté de voir son univers familier ravagé après la mort de sa mère ? A-t-il avalé quelque chose de toxique ? A-t-il été blessé par un siège des gradins lancé à toute volée ? Ses blessures se sont-elles infectées ?

La mort d’une orque est annoncée par une source anonyme dès le 6 octobre, puis démentie. Des rumeurs sur Facebook parlent également de l’arrivée d’une grue…


La fin du voyage

 

Mort de Valentin

Le lundi 12 octobre, la direction du Marineland publie un bref communiqué :

«Marineland est extrêmement triste d’annoncer le décès aujourd’hui à 12h de Valentin, une orque née au sein du parc».

Deux jours plus tard, le parc complète :

«Le premier examen visuel pratiqué lors de l’autopsie de l’orque Valentin, décédé il y a quelques jours, révélerait une torsion de l’intestin. Jon Kershaw, directeur animalier de Marineland, déclare qu’il faudra encore trois semaines avant d’avoir les résultats complets et les analyses toxicologiques. Cette torsion de l’intestin, un phénomène connu chez les chiens et les chevaux, pourrait être la cause de la mort»

Mais les orques ne sont pas des chiens et les torsions de l’intestin causées par le stress ne les affectent pas en mer. Chaque jour, elles voyagent en moyenne sur 160 Kms et leur territoire peut atteindre 1.300 kms. Elles plongent à plus de 100 mètres de profondeur. Valentin, lui, n’aura fait qu’un seul voyage durant sa courte vie, du Marineland d’Antibes au clos d’équarrissage.

Une grue énorme, bien visible cette fois, vient soulever son corps hors de ce qui fut son berceau et sa tombe. Mais il n’aura pas de tombe.

On transporte son cadavre non loin de là, jusqu’à l’usine de SARVAL AZUR. La société est spécialisée «dans l’élaboration de substrats protéiques à base de matières d’origine animale, destinés à être utilisés en fertilisants, en alimentation pour l’aquaculture ou en application technique pour l’industrie chimique. SARVAL dispose de quatre sites industriels en France, basés à Issé, Bayet, Illzach et Carnoules. SARVAL AZUR est installée route des Maures à Carnoules dans le département du Var. Sa principale activité est l’équarrissage d’animaux ».

C’est à Carnoules que le Marineland d’Antibes a toujours envoyé ses orques mortes.

Avec celui de chats, de chiens et d’autres animaux morts, leurs restes transformés en  substrats protéiques ont longtemps pollué l’atmosphère des riverains furieux, jusqu’à ce qu’enfin, l’usine se décide à respecter les normes. En 2014, la société déclare :

«L’entreprise implantée à Carnoules n’est plus une usine d’équarrissage : depuis 2012, et nous ne traitons plus de cadavres d’animaux morts sur ce site. Il a été transformé, pour ces activités, en centre de transfert. C’est la raison pour laquelle nous avons rénové les locaux en créant une chambre froide pour le stockage temporaire des matières collectées dans les départements du Var et des Alpes-maritimes».

Où sont parties les «matières collectées» qui s’appelaient Freya et Valentin ? Ont-elles été réunies dans la même chambre froide ? Le Marineland d’Antibes n’aime guère parler de ces choses-là.

Depuis son ouverture en 1970, il est pourtant parvenu à tuer 9 orques adultes avant l’âge, compte non tenu des fausses couches et des morts nés. Calypso est morte à 11 ans, Clovis à 4 ans, Kim à 14 ans, Betty à 13 ans, Kim2 à 27 ans, Sharkane à 23 ans, Tanouk à 14 ans. Freya est morte à 32 ans. L’âge moyen des orques sauvages va de 50 à 80 ans. Granny la matriarche du J Pod a fêté ses 104 ans.

Valentin, lui, n’avait que 19 ans…

Si ses parents n’avaient pas été capturés, il serait aujourd’hui un mâle superbe fendant les flots de la mer d’Islande de son immense aileron dressé. Il nagerait aux côtés de sa mère, toujours vivante et pour longtemps, avec toute une ribambelle de frères, de sœurs, d’oncles et de tantes. Il chasserait le hareng, il jouerait, il aurait plein d’amies de cœur dans d’autres tribus, quelques enfants aussi ici et là et sa vie serait chaque jour une passionnante aventure dans l’eau glacée des fjords.

Mais des hommes en ont décidé autrement. Valentin a vécu au cachot toute sa vie, l‘estomac ravagé par les ulcères, le menton lacéré de trop se frotter au béton des cuves, l’aileron dorsal se courbant peu à peu…

Ce n’est pas ainsi que vivent les orques.

Adieu, Val. Pardonne-nous…

 

Yvon Godefroid