L’ouragan Katrina et les dauphins captifs

On cherche... Quoi ? Des dauphins tueurs ou des êtres humains en détresse ?

On cherche… Quoi ? Des dauphins tueurs ou des êtres humains en détresse ?

25 août 2005

 L’armée au secours de dauphins soldats

 Le 25 août 2005, on s’’en souvient, l’ouragan Katrina naissait au coeur de l’’Atlantique et se rapprochait inexorablement des côtes de l’’Est américain. Trois jours plus tard, il ravageait la Nouvelle Orléans, causant des ravages inouïs et affectant plus particulièrement les populations les plus démunies, à savoir la communauté noire, abandonnée à son  sort par l’administration Bush.

En revanche, ce que l’on sait moins, c’est que cette même administration s’impliqua massivement pour sauver des dauphins…

Des dauphins soldats, spécialement entraînés pour tuer les «terroristes», se trouvaient en effet entreposés pour de nouvelles missions au Marine Life Oceanarium situé sur la côte du Golfe de Mexique, à Gulfport.

L’énorme vague a submergé les installations puis emporté dans son reflux plusieurs dauphins en mer, suscitant la panique chez les militaires américains. Et si ces cétacés durement dressés se mettaient à tuer des baigneurs innocents ? Il fallait à tout prix les récupérer !

Nous n’évoquerons pas ici pas ici du sort tragique des «otaries de guerre», dont certaines d’entre se sont retrouvées sur un parking à des kilomètres de là…

Récit.


.

Début septembre 2005, le delphinarium de Solangi à Gulfport juste après l’ouragan.

Tandis que les opérations de secours se poursuivent en Louisiane et dans l’Etat du Mississippi et que l’on déplaçait  des milliers de réfugiés vers des zones plus sûres, le sort des mammifères marins captifs au Marine Life Oceanarium de Gulfport, Mississippi pose question. Il interpelle aussi sur la pertinence de tels « delphinariums en bord de mer »…et nous ramène enfin à une « histoire belge ».

Dans l’Etat du Mississippi, le sort d’un groupe de 14 dauphins déplacés de Gulfport reste incertain.

Selon une information récente de la Humane Society of The United States, huit d’entre eux ont été amenés vers un bassin plus grand et très profond qui a déjà résisté à plusieurs ouragans.

Six autres ont pour leur part transité par des piscines d’hôtel  avant d’être amenés en Floride, au Gulfarium de Fort Walton Beach, Floride.

Le Dr. Greg Stone, conseiller scientifique de l’Institut d’exploration sous-marine des Bermudes (BUEI) et par ailleurs vice-président des programmes marins à l’Aquarium de la Nouvelle Angleterre (Boston), a déclaré cette semaine que la tragédie ne faisait que commencer.

Bien que très peu d’informations aient été diffusées propos des delphinariums après le passage de l’ouragan Katrina, le Dr. Stone a déclaré qu’il avait entendu dire par la « communauté des gérants d’aquarium » que ceux-ci faisaient en sorte de prévenir d’autres pertes et de remédier d’une façon ou d’une autre à cette situation de crise. Cependant, le destin des aquariums en bord de mer de la région et de leurs 10.000 animaux estimés reste toujours inconnu à ce  jour.

Pour rappel, le Marine Life Oceanarium de Gulfport nous concerne d’assez près, en tant que Belges : Kim, Roxanne, Tex, Linda, Terry et William et sans doute quelques autres dauphins capturés avec une extrême violence dans les eaux du Golfe du Mexique ont été autrefois confinés dans les prisons de M. Moby Solangi avant d’être revendus au Zoo d’Anvers ou au Delphinarium de Bruges.

En pleine mer, les dauphins libres échappent avec aisance aux pires tempêtes, ouragans et autres tsunamis. Il leur suffit de descendre sous quelques dizaines de mètres pour bénéficier d’une eau plus calme, tout en refaisant surface de temps en temps et en s’éloignant des lieux  du sinistre.

En captivité, la tempête projette dans leurs bassins des tôles et des morceaux de charpente. Le personnel des delphinariums fait en sorte de les déplacer vers des bassins plus éloignés et plus sommaires, de sorte que les dégâts ont été ainsi relativement limités sur la côte de Floride qui compte nombre de « road-zoos » et de « road-seaquarium» destinés aux touristes de passage.

On se souviendra cependant de ces dauphins captifs en Thaïlande, victimes du Tsunami du 26 décembre 2004, projetés dans un lac à des kilomètres de la plage et que l’on a tenté de sauver, en vain. Tous sont morts.


15 septembre 2005

Huit dauphins à la mer !

Obéissant, dressé par les coups et la terreur, le dauphin regagne sa geôle

 

Les huit  dauphins captifs du Marine Life Oceanarium de Gulfport, Mississippi, qui avaient été amenés en dernière minute dans une piscine très profonde sensée résister aux pires tempêtes, ont été néanmoins submergés par les flots et entraînés vers la mer par l’ouragan Katrina.

Avec l’aide appuyée de la US Navy, on vient de les retrouver, nageant non loin des ruines de leurs anciens bassins de Gulfport, après plus d’une dizaine de jours d’escapade et de liberté. Tous les huit sont restés ensemble, à savoir 3 nés captifs qui n’avaient jamais vu un poisson vivant de leur vie et 5 « fondateurs » capturés en mer à différentes époques.

Tout porte à croire que les plus vieux ont pris en charge les plus jeunes et les ont protégés durant ce bref séjour en liberté dans l’embouchure du Mississippi.

Ces huit dauphins amaigris, le corps couvert de cicatrices, nageaient dans une eau putride et huileuse où  flottaient des cadavres de poulets, des corps humains et d’autres débris.

Ne sachant sans doute  trop où aller dans un univers marin aussi dévasté, et sans doute dressés si sévèrement qu’ils en avaient oublié le goût de la liberté, les cétacés sont revenus spontanément vers leur ancienne prison afin de s’y faire nourrir et d’y recevoir des soins médicaux.

Ce qui est remarquable dans cette histoire, c’est que des dauphins capturés de longue date et réagissant comme à la parade au sifflet du dresseur au point de sauter dans un bateau gonflable sur ordre, se sont tout de même montrés capables de se souvenir de la culture de leur enfance.

Ils ont pu naviguer avec suffisamment d’habilité que pour  retrouver leur chemin et s’alimenter par eux-mêmes durant une dizaine de jours !

Nul doute que durant cette période, ils n’aient également enseigné aux plus jeunes, pourtant nés dans un bassin clos, comment attraper un poisson vivant, user de leur sonar ou surfer sur les vagues.

Il est donc faux de prétendre qu’ils n’auraient pas su s’adapter à la vie sauvage, ainsi que le  prétendent les dresseurs réunis pour les remettre en cage et l’agence AFP. Une simple réhabilitation progressive leur aurait permis en tous temps de retrouver la mer et d’y reprendre une vie normale. Hier. Aujourd’hui. Demain.

Bien sûr, au fil des ans et des dressages, ils ne pouvaient plus concevoir un monde sans la présence de l’Homme, comme nous l’a montré l’exemple de Keiko, qui appréciait par ailleurs de fréquenter des orques libres –  et ils  ont sans doute fini par apprécier les services que celui-ci peut lui rendre en terme de nourriture facile, bien que morte, ou de soins médicaux.

Mais il y avait  ici une occasion unique à saisir – comme on ne l’a pas fait pour Keiko – de laisser vivre ces dauphins entre deux mondes, pour leur bonheur, au sein d’un lagon clos dont ils auraient pu pourraient sortir dès que l’envie leur en prenait.

Ainsi que l’avait imaginé naguère Ken Levasseur, ils auraient pu continué à amuser les humains ou à participer à des études scientifiques sur le langage, mais dans le même temps, de temps à autre, ils auraient été faire une belle balade de quelques semaines au large avec leurs copains libres.

Mais hélas, rien de tout cela n’aura lieu.

L’un après l’autre, ils seront remis en cellule, avec l’aide active de l’armée américaine et du shérif local, moins prompts, comme on le sait, à récupérer les humains en détresse.

Moby Solangi, l’homme qui a capturé Roxanne, Linda, Tex et près de 200 autres dauphins, l’homme qui n’a pas hésité à briser des familles entières de dauphins libres, est aujourd’hui encensé aux USA comme un héros pour avoir pris si bien soin de ses « dolphin-pets » aux compétences guerrières.

 

Dauphins récupérés par la US Navy

 Mais demain, M. Solangi ?

Que ferez-vous quand frappera une nouvelle fois la côte un prochain ouragan, rendu chaque fois un peu plus puissant par le réchauffement de la planète grâce aux 4X4 et aux puits de pétrole américains, à l’aveuglement européen, au charbon chinois ou aux petites autos indiennes ?

Que feront les dizaines de delphinariums pourris qui émaillent la côte du Golfe du Mexique et celle de l’Atlantique, sans parler de ceux qui dynamisent les spots touristiques, des Caraïbes à la Polynésie en passant par la Turquie, la Mer Noire et bientôt le Maghreb ?

Ne serait-il pas temps de renoncer à jamais à ces pratiques odieuses, et de laisser enfin LES DAUPHINS TRANQUILLES ?

Dauphins échoués, forages pétroliers : une aubaine pour les delphinariums

Mark, le dernier dauphin militaire, isolé dans le lac Pontchartrain ?
 

retour Mobi Solangi