Le delphinarium de Bruges sous le regard d’un ex-dresseur

 

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Le monde des dauphins de Bruges (1)

Le delphinarium de Bruges sous le regard d’un ex-dresseur

Le delphinarium de Bruges est sans doute le pire d’Europe. Avec celui de Kölmarden et de Duisburg, il est aussi l’un des derniers à enfermer sous cloche leur vie durant des dauphins à peau blême.

Aujourd’hui, le Boudewijn Seapark détient 9 dauphins dans ses misérables piscines, soit 2 de trop par rapport aux normes légales, qui sont déjà inacceptables.
Cette succursale flamande du géant Aspro Ocio exporte et importe ses détenus sans même en référer au Comité d’Accompagnement prévu par l’accord du 30 janvier 2014 mais toujours non désigné. De manière farouche et répétitive, le delphinarium de Bruges persiste à engrosser à grands coups de Regumate ses femelles épuisées par les fausses couches, convaincu à tort que la naissance de bébés en batterie entretiendra encore l’illusion dans le public que les captifs se reproduisent, car ils sont heureux.

Impossible de savoir pourquoi le delphinarium a fermé ses portes fin octobre 2015. Des travaux ? Avec deux delphineaux en bas âge dans les bassins arrière, bercés au son des marteaux et des scies sauteuses ? Impossible de savoir aujourd’hui comment vont vraiment Moana et Ory, toujours invisibles du public et dont plus aucune photo ne montre les progrès.
L’opacité la plus absolue règne sur les activités de cette entreprise au bord de la faillite, qui jette dehors les observateurs critiques et achète de pleines pages de publicité pour faire chanter la presse dans le sens où elle l’entend. Aucune information en filtre et désormais la photo des « oppositeurs est clairement affichée dans le local de la vendeuse de billets à l’entrée. Toute personne suspecte est expulsée.

Il faudra donc se contenter pour l’heure des images de propagande que diffuse chichement le parc mais qui parfois, peuvent se retourner contre elle.
Ainsi, cette vidéo. Elle nous montre les diverses séquences d’un spectacle type au delphinarium de Bruges, petit bateau, sermon pédagogique, nage avec les dresseurs et sauts acrobatiques. Charmant, n’est-ce pas ? Un vrai bonheur pour les familles !
Analysée par un ancien soigneur de dauphins, désormais farouchement opposé à la captivité, la réalité est un peu différente…

 


 

Vidéo de propagande du Boudewijn Seapark

La pitoyable réalité derrière la propagande

 

L’état des bassins…
Qu’ils soient grands ou petits, les bassins, c’est toujours la captivité, mais dans ce cas, c’est horrible et dangereux pour les animaux. Les bassins sont exigus et peu profonds. Les bâtiments seraient en rénovation et je m’en inquiète : où vont-ils parquer les dauphins ? La résonance du bâtiment est inacceptable. Les dauphins doivent subir des vibrations constantes, sans parler du vacarme des systèmes de filtration.

Dressage
On peut voir que la privation est le mode de renforcement qui est utilisé à Bruges, puisque pendant le spectacle, on oublie même de leur donner à manger ou très peu.

0’23: On peut voir l’expression du soigneur se modifier complètement quand il s’adresse aux dauphins. Son visage se durcit. Le pire est à craindre quand le bassin est fermé, loin des regards !
Le langage corporel des soigneurs n’est pas clair, ce qui a pour conséquences de perturber les animaux. On est noir ou blanc mais on ne peut être gris avec des animaux aussi intelligents. Ici, il faut demander plusieurs fois la même chose avant que le dauphin comprenne.

1’15:  On aperçoit sur le flanc du dauphin des marques d’agression. La hiérarchie des bassins doit être bien compliquée (et non respectée par les soigneurs).

1’35: Le rostre du dauphin est blessé. A cela , il peut y avoir eux deux raisons: – soit les animaux jouent avec les portes (stéréotype) – soit les soigneurs utilisent de façon excessive le « footpush ». L’utilisation de la vitre est dangereuse, car on a connu des dauphins qui sautaient par-dessus ce genre d’obstacle.

footpush-bruges2014

Le « footpush »

4’40:  Le soigneur de droite – on l’appellera Ken – ne renforce pas les dauphins. On peut voir ceux-ci sortir violemment de l’eau pour quémander leur pitance, c’est d’ailleurs une généralité dans tout le groupe et ce comportement entraîne des blessures qui peuvent s’infecter. On leur donnera bien sûr des antibiotiques. Même si les delphinariums prétendent que les antibiotiques, ce n’est pas automatique.

4’56: Toujours avec « Ken ». On peut voir que la combinaison de ses dauphins n’est pas la bonne et que le dauphin dominant de droite pousse littéralement celui de gauche pour manger.

Les soigneurs sont des amateurs et n’ont aucune compétence pour soigner les dauphins et aucun contrôle pour la sécurité des dauphins pendant les comportements aériens. Aucune relation avec les animaux, à part la bouffe.

Voila vous avez la recette parfaite de la captivité :
Des petites piscines. Affamer les animaux et dès qu’ils mangent, leur donner les médications qu’il faut.

Comment peut-on laisser mourir ces animaux, pourtant si proches de l’océan …

R.M.


 

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A l’heure où la Finlande a pris la décision de fermer son unique delphinarium, déserté par le public, il serait utile que le delphinarium de Bruges réfléchisse lui aussi à son avenir et à celui de ses dauphins.
L’industrie de la captivité est potentiellement morte en Europe, comme elle est en train de rendre son dernier souffle aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande ou au Canada.
Les documentaires « The Cove » et « Blackfish » ont donné l’assaut final à ce combat qui dure depuis la création du Dolphin Project de Ric O’Barry, en 1970.
Malgré la complicité de la presse et des politiques, les familles se sont renseignées, les sites d’information se sont multipliés, la sensibilité du grand public a évolué.
Il sait lire désormais la souffrance derrière le sourire du dauphin.

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