Le directeur de TINRO arrêté pour ventes illégales de bélugas à la Chine


20 mars 2017

Le directeur de TINRO arrêté pour ventes illégales de bélugas à la Chine

 

Le directeur de TINRO, Lev Bocharov, a été arrêté à Vladivostok.
Le Pacific Research Fisheries Centre (TINRO-centre) est une institution financée par le gouvernement dont la mission est notamment de fixer les quotas de captures de cétacés à des fins « scientifiques ».
Selon des informations non officielles, son directeur serait impliqué dans une vente illégale de dix bélugas à la Chine. Cet accord lui aurait rapporté un montant de 42 millions de roubles. Les locaux du centre TINRO Center à Vladivostok ont été fouillés. Les représentants de l’ordre de Primorye s’abstiennent de tout commentaire.
Il ressort cependant des documents fournis par la Chambres de Comptes de la Fédération de Russie que les « mammifères marins (en l’occurrence, des bélugas) n’ont pas été utilisés correctement par l’institution dans le cadre de sa mission culturelle et éducative »

En outre, ces cétacés capturés selon les quotas autorisés à des fins éducatives et culturelles, ont été vendus à des tiers et exportés à l’extérieur du pays pour être exhibés dans des aquariums d’outre-mer, ce qui est interdit.


En vertu du contrat du 9 janvier 2014, conclu avec le Dalian Laohutan Ocean Park, quatre bélugas ont été livrés pour la somme de 280 000 $.

Dans le cadre d’un second contrat daté du 10 Décembre 2015, six bélugas ont été vendus pour 360 000 $ à la compagnie chinoise installée à Hong Kong, Caravan of Wishes. « En conséquence, les contrats signés ont permis d’obtenir illégalement les revenus des exportations vers la Chine de dix bélugas pour un montant de 42 millions de roubles » ont déclaré dans leurs conclusions les commissaires aux comptes.

Déjà en novembre 2015, le Bureau du Procureur de l’Environnement avait publié des directives pour le TINRO Center de Primorye. « Avertissement sur l’irrecevabilité des actions illégales liées à la circulation à travers la frontière douanière des baleines capturés à des fins de recherche et de contrôle». Conformément à la loi sur l’exercice de la pêche dans le cadre de la recherche scientifique et de la surveillance des ressources aquatiques, les spécimens retirés de leur milieu ne peuvent être aliénés à un pays tiers.

Le directeur de TINRO, Lev Bocharov, a été arrêté à Vladivostok.


L’orque est à cet égard l’animal le plus cher de tous les mammifères marins, pour ceux qui veulent acheter des dauphins.
Son prix peut atteindre 7 millions $ par tête. La Chine, qui dicte maintenant les prix et où il y a un véritable boom de la demande pour les cétacés et pinnipèdes, est prête à en acheter près d’une centaine.

Kirill Mikhailov, co-fondateur et ancien co-propriétaire du Moskvarium a également été invité à s’expliquer devant le Bureau du Procureur général. Il a fait capturer sept orques exportées ensuite en 2014-2015 au mépris de toutes les réglementations.

Moskvarium, Moscow, Russia. Photo by Russian Government/Alamy Stock Photo


Le TINRO-Centre, qui, dans l’intérêt des pêcheries, fait toujours pression pour augmenter les quotas de capture de cétacés, était au coeur d’un autre scandale en 2015 – un scandale très discret et d’ampleur locale – relatif aux épaulards
. Le bureau du procureur régional de l’environnement avait déjà adressé un avertissement au TINRO-Centre au sujet du caractère inadmissible et illégal des actions de capture qu’il menait, et lui a ordonné de remettre en mer trois jeunes orques entassés dans le même delphinarium près de Nakhodka.
Il n’existe cependant aucune information fiable confirmant que ces cétacés aient finalement été libérés.
Au total, la Russie aurait vendu 13 orques à la Chine de 2013 à 2016 ou, selon d’autres sources au moins 15 !

La péninsule du Kamtchatka est bordée par l’océan Pacifique, la mer d’Okhotsk et la mer de Béring. Les baleines sont capturées au large du Kamtchatka par les peuples autochtones et ceux qui envisagent d’utiliser les animaux à des fins «scientifiques, culturelles et éducatives». Illustration de Mark Garrison

 

Après cela, il reste encore 18 autres delphinariums chinois en projet !
La Chine compte importer pas mois d’une CENTAINE d’orques en plus pour alimenter tous ces établissements. L’arrestation du grand patron de TINRO va-telle interrompre de justesse toutes les ventes russes à la Chine ? On l’espère.
Si c’est le cas, il faudra que la Chine aille les chercher ailleurs, ce qu’elle a récemment tenté de faire en Namibie.
Une belle victoire de l’activisme, soit dit en passant, puisque le bateau chargé de la capture des orques a finalement du quitter le port sans demander son reste, tant l’indignation internationale s’est révélée forte.
Cela dit, des orques vivent libres dans toutes les mers du monde et ce n’est pas bien compliqué de soudoyer quelque potentat local le long de la côte africaine ou asiatique pour obtenir son accord discret.


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