Le Marineland d’Antibes répond à John Hargrove

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Réponse de M. Giampaolo à John Hargrove

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Le directeur du Marineland d’Antibes écrit une lettre d’une grande urbanité et d’une exquise politesse, teintée d’une pointe d’ironie, à son ex-employé senior-trainer John J. Hargrove. La réponse du directeur du Marineland se veut donc rassurante : les orques se portent bien, les dauphins aussi, les ours sont en pleine forme et l’équipe est formidable ! Bravo !
On aurait aimé avoir des photos plus engageantes que celles de Sea Shepherd, mais il semble que l’inondation ait également frappé les appareils photo du parc dans un premier temps.
Quoiqu’il en soit, la première réponse attendue eut été de nous donner des détails précis sur la façon dont ces mammifères marins sont actuellement mis à l’abri de tout risque d’infection bactérienne.

On le sait, les cétacés sont très sensible à la qualité de l’eau et l’on se réjouit au passage de ce que le Marineland ait placé sur le tard un système de filtration un peu moderne tout en plaignant les orques qui ne l’ont pas connu – mais toujours pas de climatisation, ce qui est assez rude pour des orques nées de parents ou de grands-parents islandais.
Leur corps s’est en effet adapté aux fonds marins, comme celui des Péruviens aux altitudes ou celui des Masaï à la savane et le fait de vivre dans une cuve d’eau chaude (sale), aussi renouvelée soit-elle, ne correspond pas exactement aux besoins éthologiques de cette espèce.

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 Selon une source généralement bien informée, les orques éprouvent aujourd’hui des difficultés à s’alimenter. Les dresseurs ne parviennent plus à leur faire subir des examens médicaux, car elles ne répondent pratiquement plus au contrôle des soigneurs.  Les orques commencent à s’agresser entre elles, faute de place. Le niveau de l’eau des bassins a été fortement baissé, ce qui  bouleverse l’environnement habituel des cétacés et se révèle psychologiquement très dommageable pour eux. Plusieurs témoignages tendent à confirmer qu’elles souffrent énormément de la situation en ce moment même (10 octobre).
Il y a tout lieu de craindre que la réouverture prévue en février ne corresponde à la fin de la mise en place de nouveaux systèmes de filtration.
Dans l’intervalle, que vont devenir ces 5 orques ? Il est impossible de les garder dans de telles conditions pendant  6 mois.
Que vont devenir ces orques, M. Giampaolo ?

Indépendamment des risques actuels d’infection, le seul fait d’être enfermé dans ces merveilleux bassins ne semble pas profiter à la santé des orques et des dauphins détenusFreya par exemple est morte en juin dernier à 32 ans alors que l’âge moyen d’un orque libre est de 60 ans et que son espérance de vie peut dépasser 100 ans. N’est-ce pas un peu tôt ? Et c’était pourtant la plus vieille orque de ce parc, comme le claironnait la presse locale.
Eclair et Mila, dont le parc avait négligé de signaler la disparition – quand on gère un stock de 3.000 animaux, c’est 100% de morts, forcément !- sont morts, l’un d’un cancer dela prostate et l’autre d’avoir ingéré des algues ou des feuilles mortes. Des algues ? Les dauphins du Marineland sont-ils devenus végétariens  ?  Et que font ces algues gonflées de chlore dans des cuves supposées cliniquement stériles ?

Ne doutons cependant pas que John Hargrove soit également ravi d’apprendre que le Marineland d’Antibes se livre à des recherches scientifiques de haut niveau pour mieux protéger l’espèce. La dernière en date portait sur la capacité d’imitation des orques mis en présence de leurs congénères, c’est-à-dire comment ils pouvaient apprendre un tour rien qu’en regardant une autre orque. Une recherche indispensable à l’espèce, en effet !

Cerise sur le gâteau et figure obligée de tout argumentaire en faveur de la captivité, le courrier s’achève sur la libération des orques ! Mais enfin ! Les jeter comme ça, dans l’océan plein de dangers, toutes seules, sans tous les médicaments qu’elles doivent prendre, avec les risques de convulsions en cas d’arrêt brusque du Valium, incapables de se nourrir sans aide, comme des personnes handicapés ? C’est criminel !

Nous savons tous que lorsque John Hargrove parle de libération, il parle d’une libération hors de ce Marineland d’Antibes souillé. L’étape suivante est bien évidemment un sanctuaire en Islande, la patrie ancestrale de nos jeunes nés captifs, où le projet est fin prêt, porté par les meilleurs spécialistes scientifiques et où les orques de SeaWorld, de Loro Parque et d’Antibes pourraient enfin mener une vie digne.  et saine.
Le Marineland serait d’ailleurs bien inspiré de le soutenir, avant l’inévitable banqueroute définitive.

Les delphinariums, c’est fini, M. Giampaolo !


YG

Dauphins Libres

freya

Freya morte en juin 2015. En octobre, toujours aucun résultat de l’autopsie.

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