Le Monde Sauvage d’Aywaille

Copyright YG 2012

Orang-outan au monde sauvage d’Aywaille (12/8/2012)


15/03/2014
Le Monde Sauvage sous le regard du loup

 


12/2013

Elle s’appelait Morgi, elle avait les yeux bleus

Morgi le léopard des neiges froidement assassiné au Monde Sauvage d'Aywaille
La vraie vie des panthères des neiges


Un monde sauvage, vraiment ?

les éléphants au monde sauvage d’Aywaille

Les grands félins au monde sauvages d’Aywaille

L’affaire des trois loups blancs au monde sauvage d’Aywaille

Les grands singes au monde sauvages d’Aywaille

Conclusion

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Un monde sauvage, vraiment ?

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Il est interdit de nourrir les animaux.

« Des tiggggues comme on dit à Liège.
Traduisez, des tigres, mais aussi des otaries, des lions, des pumas… oiseaux tropicaux, de nombreuses espèces évoluent en quasi liberté, mais vous, vous êtes dans le train! 84 hectares de domaines accessibles partiellement aussi en voiture, en partie à pied et 800 animaux qui se laissent mater.
Le safari parc connaît une nouvelle jeunesse suite aux investissements qu’on a bien voulu lui consacrer:
Volière géante, plaine de jeux, ferme aux enfants et, depuis 2007, une forêt nord américaine a pris place sur le site.
Loups blancs et autres élans du Canada ont rejoint le nouveau spectacle des otaries, le show des rapaces, les autruches et les hippos voire le vol des cigognes.
Un safari By Night est possible pour une occasion particulière!
Renseignez-vous auprès de l’Office du Tourisme. Un très chouette safari ! »

Cet article est paru dans le Guide Liège 2011

Eh oui, les animaux se laissent mater. C’est leur seul rôle, ici. Ont-ils le choix ?
On ne leur demande rien de plus, de toutes façons. Pas même d’avoir l’air heureux. Et encore moins sauvages.

Le visiteur s’en fout. Tout au plus reste-t-il quelques quinzaines de secondes devant une cage.
Ce ne sont plus là des « mannequins de cire » plus ou moins vivants qu’on expose pour la joie des petits, comme partout.

Lionne au Monde Sauvage d’Aywaille. Photo YG

 

 Il existe en Belgique un nombre impressionnant de zoos, parcs animaliers, parcs à gibier et autres aquariums ou delphinarium.  
Tous sont des entreprises commerciales dont le but premier est de faire de l’argent.
Mais tous sont en principe soumis aux contraintes d’une loi belge réputée la plus stricte d’Europe s’il faut en croire les paroles enthousiastes de la Ministre en charge de ce dossier.

On peut en douter, mais dans l’ensemble, des efforts semblent tout de même avoir été faits depuis 2010 pour parer au plus pressé, suite au rapport dérangeant de la Fondation Born Free.
Le Monde Sauvage d’Aywaille n’est donc, du moins en apparence, ni pire ni meilleur que le Zoo de Planckendael ou celui de Cambron Casteau.

Tous pratiquent in fine une forme de maltraitance particulièrement cruelle : la torture par l’ennui.
L’ennui total et insondable qu’on impose jusqu’à la mort à un être intelligent contraint de ne PLUS RIEN FAIRE de ce qui faisait sa vie et l’essence même de son espèce (chasser, cueillir, socialiser, parcourir d’immenses territoires, se mesurer à ses semblables, trouver sa place dans sa société, apprendre des aînés, rechercher une compagne, élever ses enfants selon ses coutumes, etc.) .

Par ailleurs, comme le souligne Code Animal, les zoos ne servent à rien.
Ni à la conservation des espèces, ni à la sensibilisation du public ni moins encore à la découverte de la vie sauvage par les enfants, coeur de cible de ces entreprises :

« Dans un pays dont les enfants sont incapables, pour la plupart, d’identifier la moindre des espèces locales, qu’elles soient volantes, rampantes ou marchantes, cet argument pédagogique est utilisé par les enseignants qui oublient au passage les centaines d’espèces végétales et animales que l’enfant côtoie chaque jour sans même les connaître.
Il est exact que ce n’est pas pareil de voir un animal « en vrai » que de le voir sur vidéo.
Mais voir un animal en vrai, c’est le voir dans son écosystème, c’est-à-dire dans son milieu (flore, température, hygrométrie, chaîne alimentaire..), entouré des espèces de ce milieu (proies, prédateurs, espèces commensales…), selon ses rythmes et ses comportements (chasse, hibernation, migration…), ce qui n’est pas le cas dans un zoo. Par exemple, qu’apprendra l’enfant face à un ours blanc dans une piscine de verre, une fausse banquise en béton, par 30°C à l’ombre, et mangeant de la viande préparée… ? ».

Copyright YG 2012

Ours blancs à Aywaille par 30°C. (Août 2012)

Et face à un ours brun effectuant ses allers-retours incessants en plein hiver, alors même qu’il devrait être en train d’hiberner ? Ou bien ces grands singes en milieu confiné, derrière des parois de verre sans aucun arbre ?

Sans parler de l’otarie applaudissant et faisant tourner un ballon…
L’enfant ne verra qu’une image de l’animal, mais une image faussée car dépouillée de son « animalité » et dont les comportements déviants (stéréotypies, par exemple) fausseront d’autant plus sa réelle nature. De plus, et loin d’être une exception, le mélange et la proximité d’espèces n’ayant pas la même origine géographique perturbe la vision de l’enfant : tigre /lion, ours polaire /manchot, etc.
Certains nous rétorqueront que des panneaux explicatifs éclaircissent tous ces aspects. Comme nous le savons, non seulement ces panneaux sont très peu lus, et ce qui intéressent, et ce qui retiendra l’attention de l’enfant, c’est avant tout ce qu’il verra et ressentira à proximité de l’animal, autant dire une perception erronée.

Par conséquent, loin d’être pédagogiques, ces espaces nous offrent une fausse vision de l’animal, une sorte d’étalage macabre à ciel ouvert. Autant dans ce cas, aller dans des musées zoologiques, regarder des vidéos de l’animal dans son milieu ou bien faire connaissance avec les espèces locales… »

Code Animal

Mais il n’empêche.

Ce Monde Sauvage d’Aywaille a tout de même quelque chose de spécial, une réputation quelque peu sulfureuse et une façon de gérer ses captifs qui ne manqueront pas de soulever quelques questions….

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Les éléphants du Monde sauvage d’Aywaille

Afrique en 20012. En 2004. il était déjà photographié dans cette attitude. Photo HW

Cet éléphant manifeste un comportement zoopsychotique qui consiste à s’appuyer sans fin contre la barrière, à fixer l’eau devant lui. Il est infiniment triste. Selon la culture éléphant, il ne devrait pas rester enfermé avec les deux femelles mais vivre avec des compagnons de son âge à l’écart du troupeau.

Les trois éléphants d’Aywaille

En dépit du bon sens et de tout ce que peuvent nous dire les spécialistes des éléphants, la Belgique multiplie à l’envi de petits élevage d’éléphants en divers point de son territoire : 2 jeunes mâles au Zoo d’Anvers (été 2012), 7 à Pairi-Daiza, 5 à Planckendael, 2 au Bellewaerde park, 1 au Lochristi Zoo, 2 au Olmense Zoo et 3 au Monde Sauvage d’Aywaille. (Chiffres 2012)

Une véritable famille d’éléphants doit compter au minimum 12 individus, et encore ! Il ne s’agit là, comme chez les dauphins, que d’une unité nucléaire, qui ira s’associer à des dizaines d’autres groupes pour former de véritables « nations », à l’instar de ce qui se passe chez les cétacés, dont les pachydermes partagent tout à la fois l’intelligence et l’extrême complexité de leur vies sociales et de leurs cultures.

Trois éléphants donc du côté de Liège, deux femelles et un mâle, et pas de bébé en vue. Dommage pour la conservation de l’espèce…
Voici leurs noms et leur histoire :

La première femelle se nomme Kenia.
Elle fut capturée au Zimbabwe en 1976, sans doute arrachée au cadavre de sa mère abattue par le trafiquant Louis Lenaers. Son âge estimé est donc de 36 ans. Après avoir été vendue au  Löwensafari de Tüddern, elle arriva au Monde Sauvage le 23 mars 1989. Elle vécut un moment avec l’éléphant Ben, dont on lira les exploits ci-dessous.

Wankie est une éléphante de la brousse africaine.
Elle est âgée de 31 ans. Capturée libre au Zimbabwe en 1983  par le même trafiquant Louis Lenaers, elle fut vendue au Zoo de Wuppertal. Là, elle a vécu avec une jeune congénère africaine, nommée Zambi, arrivée à la même date, et une éléphante asiatique adulte nommée Siwa.
Après le départ de la première en 1990 vers le Zoo d’Augsbourg et la mort de la seconde en 2000, elle s’est retrouvée seule au sein d’un groupe de jeunes éléphants africains importés en 1995. La cohabitation s’est mal passé et c’est ainsi que Wankie a rejoint Kenia et Afrique durant l’automne 2004.

Enfin, présentons le mâle Afrique, 28 ans, également capturé en brousse pour le compte de Louis Lenaers, qui le revendit au Cirque Bouglione en 1987. Celui-ci le livra au Monde Sauvage d’Aywaille le 4 avril 2000.
On lira sur une autre page les désopilantes clowneries de M. Bouglione, ce grand ami de nos édiles politiques belges, que la loi finit pourtant par obliger à se débarrasser de sa dernière éléphante solitaire, Jenny laquelle croupit aujourd’hui dans un sous-zoo flamand.

Ces trois éléphants africains sont enfermés dans un enclos minuscule, – par ailleurs à peine clôturé de barrières en bois et de blocs de béton – chose d’autant plus incompréhensible que le Monde Sauvage ne manque pourtant pas d’espace libre.
Mais l’histoire explique mieux, peut-être, pourquoi ces malheureux se trouvent à ce point confinés entre un étang de boue et une étable d’hiver dans un piteux état.

Tout commence en 1989, lorsque le « Monde Sauvage » décide d’acheter un couple d’éléphants.

Ben, mâle né en 1981, fut importé du Zimbabwe par le trafiquant Lenaers en date du 20 avril 1985. Il séjourna d’abord au Serengeti-Park d’Hodenhagen (Allemagne) avant d’être transféré au Löwensafari und Freizeit-Park de Tüddern (Allemagne) le 30 juin 1988. On l’associa avec Kenia, arrivée elle aussi à Tüddern en 1980.
Le couple, constitué de Ben et de Kenia donc, fut débarqué à Aywaille en mars 1989.
Jusqu’ici, tout va bien.

Mais le 4 avril 1995, c’est le drame !

Voici ce qu’en disait le journal « Le Soir » à l’époque :

« Deuxième accident mortel dans ce parc animalier des Ardennes : silence sur la mort du cornac !

Le « Monde sauvage», ce safari qui drainait encore des touristes par dizaines, dimanche près d’Aywaille, n’était plus qu’un monde clos, lundi : un monde du silence. La direction du parc animalier se refusait à tout commentaire sur la mort de Douglas Robertson, le cornac qui s’est fait piétiner par ses deux éléphants. Et l’entrée du safari était bien gardée. Pas de visiteurs et surtout pas de journalistes.

Le cornac, surnommé Toddy par ses collaborateurs, était écossais et n’avait pas de famille en Belgique. Si ce n’est les éléphants qui l’ont piétiné. Il les traitait comme ses enfants, dit-on dans son entourage. C’est lui qui les avait élevés en Allemagne, d’abord, où il s’occupait de la gestion de plusieurs animaux. Puis il les avait accompagnés dans le parc près de Remouchamps.

Dimanche après-midi, pour une raison encore inexpliquée, les deux pachydermes se sont énervés, ils ont chargé et fait tomber leur gardien. Puis ils l’ont piétiné. Grièvement blessé, Douglas Robertson est décédé dans la soirée à l’hôpital.

C’est la deuxième fois que ce parc safari est le théâtre d’un accident avec des animaux sauvages.
Un beau dimanche de mai 1982, une touriste s’était fait dévorer par des lions et une autre avait été horriblement mutilée quand un pont chevauchant la fosse aux lions s’était effondré.
Le directeur du parc, Joseph Renson, avait été condamné à un an de prison avec sursis pour cette négligence grave.

Interrogé par la RTBF, M. Renson, a parlé cette fois d’un simple accident de travail. Et il a refusé de donner des explications sur les faits de dimanche. Une réserve, par rapport aux journalistes, qui n’est plus de mise quand il les convoque pour présenter les nouveaux venus au parc. (La presse belge avait encore du cran à l’époque, non ? )

Un accident de travail ? Dans l’entourage de la direction, on tente d’expliquer les propos de M. Renson par le fait que le cornac savait qu’il pratiquait un métier à hauts risques.
Un accident de ce type est donc toujours possible. Toujours selon cette source proche de la direction, on ajouté que les animaux sont toujours plus excités au printemps.
Et quand il s’agit d’éléphants, cela peut faire des dégâts…

Un peu court. Douglas Robertson connaissait fort bien ces éléphants et leur «éveil du printemps».
Alors, que s’est-il passé pour qu’il se laisse de la sorte piéger par ses amis ? L’enquête en cours apportera peut-être quelques éléments de réponse.

A Remouchamps, la vie suit son cours en ce début de saison touristique. La boulangère a quand même sorti son panneau publicitaire sur le «Monde sauvage».
Au-dessous de la photo des deux éléphants, tête d’affiche du safari, une inscription, en flamand, indique la direction : «A 3 km, sur la route de Banneux».

Dans un café tout proche, le hasard a voulu que ce soit la bière Carlsberg Elephant qui soit en promotion, cette semaine. Ni dérision, ni manque de respect pour la victime : il s’agit simplement de l’ignorance des faits.
Car à trois kilomètres du drame, la plupart des gens l’ont appris par les médias, lundi.

On a bien vu passer les ambulances, dimanche après-midi, signale la serveuse d’un restaurant, mais on pensait que c’était à nouveau pour un accident de la circulation.
Et votre réaction, en l’apprenant ?
On n’a pas été étonnés outre mesure. Les bêtes ne semblaient pas propres, pas bien soignées, pas bien encadrées.

Le «Monde sauvage» restera inaccessible au public au moins jusqu’aux funérailles de la victime. Les éléphants sont, pour le moment, enfermés et enchaînés. Et leur avenir semble compromis ».

Tous les trois ont vécu en brousse. Tous les trois ont vu leur mère mourir. Photo HW

On en sait un peu plus aujourd’hui :

Dougie Robertson menait à pieds, comme l’autorisait la méthode du « free contact » alors pratiqué à Aywaille, le couple d’éléphants à travers la zone africaine du safari parc pour faire prendre un bain dans un des étangs. Au bout d’un moment, Dougie ordonna aux deux animaux de regagner leur étable. Malheureusement, Kenia était alors en chaleur et cela pour la première fois.
Ben refusa d’obéir aux ordres de son soigneur. Après quelques manifestations d’énervement, l’éléphant attaqua Robertson et l’écrasa sous ses pattes.

Ce grand mâle avait alors quatorze ans et il était clair que le « Monde Sauvage » ne pouvait conserver un tel
animal. Un choix radical s’imposait à très courte échéance : ou bien un nouveau lieu de vie devait être trouvé rapidement pour Ben ou bien l’animal serait abattu.

En collaboration avec l’European Elephant Group, la direction du Monde Sauvage se mit en relation avec l’Howletts Wild Animal Park , aussi nommé Zoo de Port Lympne et d’où sont issues nos éléphants de Planckendael. Là, il y avait de la place pour un deuxième mâle éléphant adulte présenté en « contact protégé ».
Ben fut donc rapidement transféré au Royaume-Uni. Depuis octobre 2002 – fuyant une terrible épidémie d’herpès – il vivrait au Safari de Thoiry (France) où il a rejoint deux femelles.

Quelques années plus tard, le « Monde Sauvage » accueillit un nouvel éléphant mâle.
Afrique, né libre en 1984, fut importé en 1986 par le cirque Bouglione où il fit le clown durant plusieurs années avant d’arriver à Aywaille.
C’est pourquoi il s’y ennuie tant, privé de tout contact avec les Humains qui sans doute lui ont fait du mal mais qui au moins, l’occupaient !

A part le trou d’eau, rien à faire, pas le moindre enrichissement environnemental.

On ignore de quelle façon ces éléphants sont traités : contact protégé ou contact libre ?
Les barrières sont bien fines et si d’aventure, l’un des trois  prisonniers se mettait en rage, il pourrait sans problème massacrer les visiteurs qui défilent en voiture.
Mais peut-être Afrique a-t-il été castré. Quoiqu’il en soit, on ne parle guère de reproduction ici..

Le Safari Park d’Aywaille, ce sont des voitures et des gaz d’échappement toute la journée, avec des heures de pointe …

Pour en savoir plus sur les éléphants captifs

Comment les éléphants d’Afrique arrivent jusqu’à nous

Kai-Mook à Planckendael : le sort des éléphants captifs

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Les félins du Monde sauvage d’Aywaille

Tigre en 2010

 

Voir ici une vidéo datée de novembre 2010
Ce tigre a sans doute été euthanasié depuis….et sa dépouille vendue à un empailleur du coin

Quant aux grands félins, nous avions pu constater « de visu » qu’ils souffraient de graves zoopsychoses et de négligences graves  au début des années 2000. Nous nous souvenons aussi des ours, bruns ou blancs, crevant d’ennui et d’un certain boa logé dans une sorte de placard à balai.
Le rapport Born Free a du, ici comme ailleurs, du porter ses fruits.

En 2012, lions, tigres, panthères, guépards et autres lynx – mais sont-ce bien les mêmes que nous avions vu ? – disposent d’enclos plus vastes et se retrouvent la plupart du temps associés à l’un de leur semblable. Si les sentiers creusés par la même sempiternelle promenade sont encore apparents, les très graves comportements stéréotypiques observés naguère semblent s’être atténués.
Il va de soi que là encore, comparé à la taille de ces fauves, les enclos sont toujours trop petits et soulignons-le encore, dépourvu de toute enrichissement environnemental.
Seraient-ils d’ailleurs vastes comme trois terrains de football que cela ne changerait pas grand chose.
Car quelque soit la taille de leur enclos, il est une chose que les animaux captifs ne pourront jamais faire : se livrer aux activités pour lesquels ils sont faits, c’est à dire la chasse et la socialisation.
Les grands félins, rappelons-le, disposent en liberté de territoires énormes
.
Mais enfin, il y a progrès !

Le tigre n’est plus seul et il ne patauge plus dans la boue au fond d’une cage étroite.

 

Lion en 2004

 

le lion a une compagne et il ne ronge plus le bois dans un cachot métallique en 2012. Mais rien ne dit qu’il s’agit bien du même que celui photographié plus haut.

 

2 Septembre 2011
La douloureuse affaire des tigres et du taxidermiste

« Le monde sauvage sali par une vieille affaire de 1994

« Après la vidéo scandale des ébats touristiques de la bourgmestre d’’Alost, sortie des nimbes virtuels par quelques plaisantins plusieurs années après les faits, c’est le parc animalier de Deigné qui en fait les frais: depuis deux jours, les images de l’abattage de tigres de ce parc ont refait surface via Facebook.
Et les défenseurs de la cause animale de s’’insurger contre “ces pratiques ignobles ” et d’’assassiner virtuellement les responsables du Monde Sauvage. Sauf qu’à l’’autopsie, cette vidéo est une vieillerie : elle date de… 1994!

Mais l’’Internet n’a pas la mémoire courte. Elle montre le célèbre taxidermiste Jean-Pierre Gérard tuant des tigres à la carabine: un piège de la télévision allemande, dans lequel le Liégeois était tombé à l’époque.

“ « À l’époque déjà, je m’étais fait avoir, avait-il expliqué à La Meuse… en 2007. « Ces Allemands m’’avaient dit qu’’ils avaient deux tigres morts chez eux et m’’avaient demandé de m’en occuper. J’y suis allé: les animaux étaient encore en vie. Ils ont insisté tellement que mon ami a pris le fusil et a fait feu. Ensuite, j’ai dépecé les animaux et ai remis les peaux aux Allemands. Mais trois jours plus tard, j’’ai découvert les images à la télévision: apparemment, les journalistes avaient réussi à acheter des tigres vivants et voulaient les faire tuer devant les caméras, pour le côté sensationnel. ”
À l’’époque, Jean-Pierre Gérard n’avait pas été poursuivi pour ces faits.
Déjà ressortie en 2007, la vidéo s’offre un nouveau tour de buzz quatre ans plus tard…. sans que le Monde sauvage puisse y faire grand-chose ».

Pauvre Monde Sauvage ! Pauvre taxidermiste ! Eh oui, Internet a plus de mémoire que ne le voudraient certains larbins qui se proclament journalistes. Car enfin, 1994, ce n’est tout de même pas le Mésozoïque !
Est-ce parce que les faits sont si « anciens » qu’ils n’ont jamais eu lieu, aussi atroces soient-ils ?  Est-ce pour « salir » le parc que l’on retrouve la mémoire ?
A ce compte-là, les gens qui osent évoquer l’Holocauste devraient être accusés de vouloir salir l’Allemagne. Et c’était en 1940 ! Le Pré-Cambrien !

En outre, tuer des tigres en cage de façon aussi maladroite et cruelle – bon courage si vous arrivez à visionner la vidéo jusqu’au bout – ce n’est tout de même pas « se faire avoir ».
Un piège ? Personnellement, on me demanderait de massacrer des fauves encagés, je refuserais catégoriquement.
Mais enfin ! Chacun son éthique ! Allez comprendre ces petits arrangements entre amis !

La presse anglaise est pour sa part plus explicite et moins soumise, on s’en doute, à l’omerta liégeoise.
Il se confirme les jardins zoologiques tuent bel et bien leurs animaux, soit les jeunes en surplus, soit les vieux trop coûteux à entretenir.
Mais certains vont jusqu’à euthanasier des animaux sains.
Beaucoup d’animaux sont  tués, bien avant la fin naturelle de leur vie, tout simplement parce que les zoos n’ont plus de place pour les garder. Ensuite les corps sont vendus à des taxidermistes comme M.Jean-Pierre Gérard.

La relation financière entre les zoos et les taxidermistes a été découverte pour la première fois suite à une enquête menée par le Sunday Times.
L’enquête a révélé que des peaux de tigre peuvent être librement acquis grâce à l’exploitation d’une faille légale.
Craig Redmond du CAPS a précisé : «Malgré les contrôles du gouvernement britannique, une fois que les peaux entrent dans le marché de l’Union européenne, il y a très peu de choses que l’on puisse faire »

« Pour un bon prix, je peux vous procurer quasiment tous les spécimens que vous voulez» explique M. Brandwood, un taxidermiste anglais«Ceux-ci proviennent pour l’essentiel des parcs zoologiques européens. Mon principal fournisseur est M. Jean-Pierre Gérard. Il obtient les corps des jardins zoologiques et il est la seule personne dans l’ensemble de l’Union européenne qui fasse autorité pour prendre des animaux de zoo».

Brandwood assure que les jardins zoologiques accordent en moyenne une durée de vie de 15 ans à leurs félins. Après quoi, on les euthanasie.
« Après 15 ans, ils sont vieux, stériles ou malades. les visiteurs veulent des bébés, pas des vieux. Et cela coûte de l’argent de les entretenir ».

Les journalistes du Sunday Times ont rencontré le taxidermiste belge, qui leur a montré sa collection.
Les salles étaient pleines de cadavres d’animaux en train d’être empaillés.
Il y avait là deux élans mais également les corps congelés de deux lionceaux.
Le taxidermiste a pris soin de souligner la qualité de la fourrure des tigres, insistant sur le fait qu’ils n’avaient pas des coupures ou d’éraflures sur eux.
«Quand un cirque possède un animal âgé, il essaie de faire quelque chose pour lui, parce que les dresseurs le considèrent comme leur enfant, ils travaillent avec lui depuis des années. Mais pas les zoos ».

Il y a des gens qui aiment décorer leur maison avec des cadavres. Tervueren. Photo YG

Harry Schram, directeur exécutif de l’Association européenne des Zoos et des Aquariums (EAZA), a fait savoir de son côté qu’il lui importait peu que les jardins zoologiques tuent des animaux sains et les vendent pour les faire empailler.

Il a reconnu que l’EAZA encourageait les jardins zoologiques à tuer des animaux indésirables, y compris les tigres, qui ne pouvaient pas être rapatriés ailleurs, surtout si leurs lignées n’étaient pas de race pure. Ces tigres qu’on appelle «hybrides» résultent du croisement de deux ou plusieurs sous-espèces.
Ils représentent pourtant la majorité des 10.000 tigres en captivité dans le monde entier.

«Ces félins-là occupent de l’espace, ils monopolisent le temps des gardien et l’argent qui sert à les alimenter peut être plus utilement investi dans des espèces en voie de disparition. C’est pourquoi nous encourageons nos membres à pratiquer l’euthanasie» a conclu Harry Schram, ajoutant : « Je suis probablement plus préoccupé par la question des espèces que par l’animal lui-même, mais je sais qu’au Royaume-Uni, les choses sont un peu différentes. Vous considérez les animaux comme des individus ».

Lors de la visite du Sunday Times, M. Gérard a insisté sur le fait qu’il disposait de tous les certificats nécessaires pour vendre des peaux de guépards ou de tigres.
Un journaliste a cependant pu photocopier ces documents.
Il constate que les deux tigres présentés dans son atelier et provenant du Monde Sauvage d’Aywaille sont morts à un âge relativement précoce – le premier avait 5 ans et l’autre à peine 18 mois – durant les mois de mai et de février 2007. La vie moyenne d’un tigre en captivité étant de 15 à 20 ans, voire plus, il y avait là de quoi s’étonner.

Le Monde Sauvage d’Aywaille a donc vendu au moins deux félins à M. Jean-Pierre Gérard.
Ce parc est l’un des plus grands en Belgique, enregistré par l’EAZA et il dispose d’une bonne réputation.
Interrogé par le Sunday Times, M. Joseph Renson, le directeur du zoo, a déclaré d’abord qu’il ne se souvenait pas de ces deux animaux, mais qu’ils étaient sans doute décédés à cause de leur grand âge.
Lorsqu’il lui a été rappelé qu’ils semblaient encore fort jeunes, il a répondu que l’un deux avait du mourir lors d’une bagarre et que l’autre avait expiré suite à des causes naturelles.

Sur la base de données de l’ISIS, cependant, le jeune tigre est répertorié comme ayant été «euthanasié».
La raison du décès de l’autre n’a pas été révélé, bien que sa peau fut immaculée, ce qui indique peut-être que s’il avait été tué lors d’un combat, celui-ci se serait passé sans effusion de sang. Assez rare chez les tigres…

Notons enfin que M. Gérard semble avoir tué lui-même les deux félins en Allemagne, son prétendu « ami » n’étant qu’une invention tardive. A supposer même qu’il n’ait pas tenu lui-même le fusil, il a tout de même participé à un véritable massacre d’une cruauté inouïe.
Mais c’était en 1994.
Au Mésozoïque, donc.

Aujourd’hui, l’homme continue son juteux business, largement soutenu par la presse locale et sans doute continue-t-il ses petites affaires en toute tranquillité avec son fournisseur, le Monde Sauvage d’Aywaille…

(Lire à ce propos, quelques années plus tard, l’étrange mise à mort d’une panthère des neiges qui se serait échappée Elle s’appelait Morgi, elle avait les yeux bleus )

Photo YG 2012

Karlan au Zoo d’Anvers. Il a 15 ans, il est castré mais ne sera pas euthanasié.

Choquant ? Exceptionnel ?

Pas du tout ! C’est la norme, sauf au sein d’établissements à la gestion plus éthique.

Comme le rappelait une soigneuse du Zoo d’Anvers à propos de l’un de ses deux tigres :
« Au total, sur la journée, Karlan engloutira quelques 12 à 13 kilos de viande. Ce tigre de 15 ans – l’âge dépassé de la retraite pour cette espèce – doit sa survie au zoo qui l’accueille.
Car sur certains autres sites, on euthanasie les animaux qui deviennent trop vieux. Ici, on accueille ceux qui ne savent plus se reproduire ».
Et d’ajouter « Il faut les occuper, sans cesse les stimuler, pour qu’ils bougent, nagent. On dépose aussi des odeurs d’épices ici  et là dans leur enclos pur qu’ils reniflent les parfums et cherchent s quelqu’un d’étranger a foulé leur territoire. Mais ce jour-là, Karlan n’a pas envie de bouger. Il ne plongera pas dans la rivière pour jouer avec ce glaçon de poissons. Malgré l’insistance de sa compagne.. »
(La Dernière heure. 1/4/2012)

Video de la mise à mort des tigres par M. Gérard

Vidéo du dépécage des tigres par le même

Vidéo d’une exposition des spécimens de M. Gérard

Catalogue en ligne des oeuvres de M. Gérard (chimpanzé empaillé compris)

Combien d’années encore à vivre pour ce puma ?

 

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L’affaire des « trois loups Blancs du parc d’Aywaille »

Photo Klan des Loups

Ici, le Monde sauvage d’aywaille a procédé à un montage de propagande. Les loups ne sont pas dans leur enclos mais sans doute dans celui des bisons… Photos 2011

13/08/2012

Les trois loups blancs sont sept

Lors de notre visite au Monde Sauvage d’Aywaille, nous avons pu constater « de visu » que les fameux loups blancs qui firent couler tant d’encre, sont aujourd’hui au nombre de 7.
Leur enclos est « satisfaisant », selon les normes de la loi belge, c’est à dire relativement vaste, couvert de gazon, planté d’arbres, et ouvert tout à la fois sur la plaine du safari et sur le passage des visiteurs.
Est-ce à dire que tout est parfait ? Bien sûr que non ! Comme tout animal de zoo, les loups tournent en rond et s’ennuient. En fait, ceux que nous voyons sur la photo sont les parents des trois loups de spectacle évoqués plus bas et qui performent encore ! (Voir la vidéo datée du mois d’août 2012). Ceux-ci sont toujours confinés le long d’une un petit chemin prolongeant  le « centre » des rapaces.

On se souviendra que leur ancien dresseur, Jean-Michel Stasse, remua ciel et terre pour qu’ils ne soient pas euthanasiés (encore ? Décidemment, l’empailleur du coin avait sans doute une grosse commande à honorer) et qu’on les place ailleurs que dans un placard à balai. Gaia suivit le mouvement, comme à son habitude, et enfin Wild Focus.

Diverses images peu crédibles de ces trois loups gambadant dans l’enclos des bisons furent agités sous le nez de la presse pour leur assurer que désormais tout allait bien. L’affaire était donc close, surtout si Gaia le disait ! La presse ne voulut plus en parler, pas plus qu’elle ne voulut évoquer le triste sort de certains félins. Des vieilleries !
On lira ci-dessous les divers épisodes de cette curieuse saga.

 

Les parents loups dans leur enclos. Photo 2012

 

21 juillet 2011

A en croire le rapport de Wild Focus, nos trois canidés couleur de neige sont sains et saufs et détenus dans de bonnes conditions !
Nous ne pouvons évidemment que nous en réjouir, même si le-dit rapport , vidéos à l’appui, nous paraît parfois quelque peu indulgent à l’égard du Monde Sauvage d’Aywaille, dont le « directeur, Monsieur Joseph Renson, a très gentiment accepté de nous recevoir
sans rendez-vous et nous a invité à visiter les loups ».

Ce texte se montre même à ce point enthousiaste qu’il en oublie un peu la situation qui fut celle de ces trois malheureux, punis lorsque l’un d’eux eut la mauvaise idée de bouffer les testicules d’un cheval au galop, et menacés d’euthanasie, selon leur ancien dresseur.
Celui-ci ne sera plus entendu, bien sûr. Seule la parole du Parc qui prévaut et l’on doute que les employés puissent s’exprimer librement sous la férule d’un gestionnaire connu pour sa « fermeté ».

C’est que ça ne rigole pas tous les jours, au
Monde Sauvage d’Aywaille, malgré toutes les assurances mielleuses que l’on nous sert.
Certains chuchotent aujourd’hui que les otaries seraient dressées de manière très musclée et affamées jusqu’à totale obéissance.

« Le directeur agit ainsi pour tous les animaux : les phoques, les chevaux, les oiseaux de proie, les perroquets. Le propriétaire du Monde Sauvage et certains de ses employés ont même été vus en train de frapper les animaux qu’ils ont en formation, comme un jeune phoque qui ne comprenait pas ce qu’il devait faire. Les pauvres se sont alliés pour le matraquer avec une manche de brosse, sous les ordres du fils Renson. J’ai été témoin de tous ces tristes événements »  racontait un ancien employé du parc.

Les loups blancs en 2012. Photo YG

Mais revenons à nos trois loups qui vont bien et adorent leur dresseur, comportement des plus normal, puisqu’ils sont nés captifs et qu’on en a fait des chiens. Plutôt dommage, en fait, car ces trois canidés hautement sociaux et intelligents ne vivent nullement dans leur contexte naturel et sont désormais irrémédiablement acculturés, donc à jamais non-libérables.

On sait pourtant que « le loup de l’’Arctique passe l’’automne et l’hiver à errer seul ou en petites meutes d’une quinzaine d’individus, en quête permanente de nourriture. Pendant ces mois d’obscurité, il peut survivre à des températures extrêmes et connaître des semaines de jeûne.
Etant donné le peu de proies, leur territoire peut être immense, jusqu’à 3 000 km². Si une autre meute s’aventure sur ce domaine, les conflits sont inévitables. Au nord du cercle polaire, on appelle «toundra », les terres souvent plates et sans arbres. Pendant le bref été, une végétation rase pousse sur le sol gelé.

Les carnivores comme l’ours, le renard polaire ou le loup en profitent pour varier leur menu, se nourrissant de baies, de poissons, de crustacés ou d’’insectes. Le loup arctique en profite également pour se nourrir des nombreux oiseaux migrateurs qui viennent nicher avant de repartir.

Seul, le loup s’’attaque aux lièvres arctiques et aux lemmings. Pour les proies importantes, tous les membres de la meute collaborent. Ils suivent alors les migrations des troupeaux de caribous ou de bœufs musqués. Intelligents, ils séparent les jeunes ou les plus faibles du reste du troupeau. Ils savent bien que ces individus ne pourront pas les distancer. Un caribou ou un bœuf musqué peut nourrir une meute pendant plusieurs jours. La cellule de base est souvent un groupe familial composé d’un mâle, d’une femelle et de leurs petits. Malgré tout, les populations, bien que faibles, restent à peu près stables.
L’’homme continue à chasser le loup, même en Arctique. Les Inuits les chassent pour leur peau qui sert notamment à fabriquer des vêtements. Globalement, on estime la population à environ 10 000 loups ».
(Extrait de la page Dinosoria)

Or, point de meute ici, pas d’espace immense qu’on traverse à la course, pas de couple dominant.
Le seul chef est le dresseur et les spectacles de cirque, puisqu’on ne peut qualifier autrement les mises en scène de chasse, sont toujours bien présents.

Une fois encore, le discours habituel des zoos se récite sur tous les tons : nous préservons l’espèce, nous nous livrons à des échanges entre zoos pour sauvegarder la variété du patrimoine génétique.. mais nous nous gardons bien de libérer un seul de nos captifs. Le fait est que la fonte des glaces polaires entraîne avec elle la fin de nombreuses espèces, dont les malheureux ours blanc.

Mais de vastes réserves pourraient leur être aménagées au nord du Canada et leur protection mieux assurée. Ils s’y adapteraient ainsi peu à peu à l’inexorable réchauffement climatique.
Le site Dinosoria nous rappelle en effet que « la couleur de leur robe varie en fonction des saisons et des individus.
En hiver, elle est d’un blanc immaculé ce qui le rend difficile à observer. Il se fond parfaitement dans le paysage glacé de l’archipel Arctique septentrional. Cependant, tous les loups arctiques ne sont pas blancs. Leur pelage varie du blanc au presque noir en passant par le gris et le roux ».

Qu’on leur laisse un peu de temps, et ces magnifiques créatures parviendront sans doute à s’adapter aux nouvelles températures que l’être humain inflige à la Terre.

Loups blancs août 2012. Photo YG

 

12/1/2010
Une bonne nouvelle !

GAIA et JM Stasse ont décidé d’interpeller ensemble la cellule Bien-être animal du SPF Santé Publique au sujet des trois loups d’Aywaille. Ils auront tout prochainement un entretien avec les responsables de cette cellule, durant lequel ils feront tout pour apporter une solution respectueuse de la nature de ces animaux.
Liberté pour les loups !

5/1/2012

Trois loups à sauver au Monde Sauvage d’Aywaille

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Les grands singes au monde sauvage d’Aywaille

Qu’en dire ? Ils ont leur île.
Pour les chimpanzés, quand il fait beau, la vie a sans doute ses bons côtés. Les enfants jouent, les adultes s’ennuient un peu, mais ils ont de l’espace et de la verdure comme n’en ont pas ceux du Zoo d’Anvers. L’hiver, en revanche, doit être plus pénible à supporter, de même que nos étés pourris. Leur cahute munie d’une petite cheminée a des fenêtres. C’est déjà ça.

Tout le problème vient du fait que l’on a fait le choix désormais d’isoler les animaux non-humains des animaux humains.

L’idée est de permettre aux singes, ou aux éléphants, de reconstituer leur propre société et de se rapprocher davantage du modèle de vie qui est le leur en liberté. Sage décision , mais qui se heurte à plusieurs obstacles :

Le trop petit nombre d’individus captifs et le fait qu’ils soient nés en captivité pour certains d’entre eux ne permet pas de « reconstruire » une vraie société singe.
Pour les chimpanzés, cela signifie une tribu de 20 à 100 individus ! On est encore loin du compte à Aywaille…

– L’exiguïté de leur territoire et l’absence de toute activité signifiante pour eux empêchent la mise en place de comportements normaux.

– Ajoutons à cela l’impossibilité d’entrer en contact avec d’autres groupes non apparentés au niveau familial, celle de tout danger et de tout besoin de chercher ensemble sa nourriture, qui constitue pourtant un vecteur de socialisation fondamental chez les grands singes et les éléphants.

Mais trois orangs-outans !
Trois éléphants ! Quelle genre de société est-ce là ?

La résidence d’hiver des chimpanzés, crasseuse et puant l’urine, selon des témoins

 

Une mère et ses deux enfants. Un bon point pour Aywaille, alors qu’Anvers peine à faire se reproduire ses chimpanzés…

 

La situation des orangs-outans est nettement moins convaincante.
Partageant leur espace avec des macaques à queue de lion, Moko et Mario ont été rejoint par un troisième individu.
Notons à ce propos que dans la plupart des Zoos, seuls les éléphants et les grands singes reçoivent un nom.
A Anvers, on commence à nommer les félins. A Aywaille, rien que les orangs-outans… et pas tous.

Nous aurions donc devant nous Mario, né le 27 juillet 1988 au Zoo de Berlin, et Mokko, arrivé peu après (quand ?) et qui lui aussi est né captif au Zoo de Jersey le 27 mai 1982.
Quant au troisième captif, les panneaux n’en disent rien.

L’un des deux anciens s’est lié d’amitié avec le petit nouveau, inconnu.
Le vieux Mario ou Mokko – la distance rend difficile l’identification des visages – reste seul dans son coin.
La déprime…

la super-déprime

la totale déprime. Quelques brins d’herbes pour s’occuper….

Et demain, on fait quoi ? La même chose, c’est à dire rien….

 

La conception même de l’île et des agrès correspond mal aux réels besoins des orangs-outans.

Ceux-ci, on le sait, vivent dans la canopée.
L’orang-outan est le plus gros mammifère arboricole, le seul des grands singes à passer sa vie entière dans les arbres. Du matin jusqu’au soir, il se déplace de branche en branche en se servant de ses mains et de ses pieds en crochet pour assurer ses prises.
Ses mouvements sont habituellement lents et réfléchis, ses gestes calmes et posés.
Tirant parti de son poids élevé, il fait fléchir la branche ou le tronc où il se trouve et se balance avec
son support jusqu’à attraper avec son long bras une branche de l’arbre voisin. Il progresse lentement à la recherche de sa nourriture, ainsi suspendu à plusieurs mètres du sol, ce qui le met à l’abri des prédateurs terrestres, la panthère, le tigre … et l’homme, jusqu’à ce que ce dernier ravage sa forêt, bien entendu.

Sur cette petite île, pas de canopée.
Pas de vie sociale digne de cette espèce supérieurement intelligente capables d’imiter l’homme à distance, de pêcher au harpon et même d’allumer du feu…
Pas de nids à construire, car de toutes façons, ces malheureux ne l’ont jamais appris de leur mère.

Ce sont des ANIMAUX et pas un mot ne sera dit de leurs cultures ni de leurs capacités cognitives qui défient l’imagination. Et comme en plus, ils dorment tout le temps, les gosses passent vite leur chemin. Un animal de zoo, ça doit bouger, quitte à frapper la vitre de sa cage ou à lui lancer des bonbons !
Courons vite voir les petits lémuriens rigolos qu’au moins, on peut TOUCHER !

 

La pêche et le tissage font partie des cultures orang-outans

L’enrichissement environnemental pour les grands singes

Comment aider vraiment les orangs-outans sans passer par le mensonge de la théorie de l’arche

 

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Conclusions

Photo HW

Beaucoup de pub… Non, je n’ai pas « ça » dans mon jardin…

Au Monde Sauvage comme dans tous les zoos, une seule leçon est donné, un seul dogme répété sans fin, de cage en cage, d’enclos en enclos : la loi d’airain de l’anthropocentrisme !

D’un côté, il y a les ANIMAUX, séparés des visiteurs par des grilles, des fossés, des clôtures, ou tenus à distance de toute approche, comme les éléphants.

De l’autre, il y a les HUMAINS, ces êtres pourtant bouffis de bière et de hamburgers, pour la plupart obèses et parfaitement ignares, mais supposés constituer le sommet de l’évolution de la vie, ou mieux encore – si l’on rejette Darwin comme tant de gens le font aujourd’hui – l’image même de Dieu sur la Terre.

A l’heure où, de plus en plus l’éthologie tend à se confondre avec l’ethnologie (étude des cultures de certains groupes de populations) voire avec la psychologie (chaque animal, humain ou non, étant un individu unique), à l’heure où le primatologue japonais Tetsuro Matsusawa ou la cétologue Denise Herzing entretiennent des rapports d’amitié étroits avec leurs sujets d’étude depuis plus de 30 ans, il est fondamentalement scandaleux de continuer à isoler des singes sur une île ou des éléphants dans une bauge à cochons, au prétexte de les isoler des humains et de les rendre à la « vie sauvage ».

Que les zoos assument au moins leur responsabilité jusqu’au bout : ils enferment des animaux dans un environnement humain, et ceci de plus en plus souvent depuis la naissance ? Alors qu’ils le fassent totalement, en permettant aux grands singes de lire des journaux, de peindre des tableaux, de regarder la télévision ou d’apprendre l’AMESLAN pour discuter avec les visiteurs, comme cela se fait au Chimpanzee and Human Communication Institute.

Mieux encore, qu’ils investissent une partie de leurs plantureux bénéfices, non pas dans de prétendus programmes de reproduction inter-zoos dont on sait par avance qu’ils sont voués à l’échec (un seul éléphant né captif et viable au Zoo d’Anvers depuis 1884 !) mais bien dans une aide solide et concrète aux sanctuaires « in situ », là où singes, félins ou éléphants vivent réellement avec leurs semblables, selon leurs cultures, dans des conditions de vie totalement adaptées à leur besoins.

La petite Sara

Mais non ! A Aywaille, comme à Bruges ou à Anvers, les otaries font les clowns, les rapaces sont dressés, les perroquets jouent aux base-ball.
Quant aux autres, ils se livrent aux seules activités que l’on suppose qu’un animal est capable de faire : manger à heures fixes, dormir et baiser pour tromper l’ennui.

Ni les législateur, ni les responsables de zoo ni même le public ne veulent en savoir plus.
Pour le bien financier des uns et l’apaisement philosophique des autres, il faut que la mythique barrière entre l’animal humain et tout autre être vivant reste à jamais infranchissable !

   Kanzi le bonobo

Kanzi le bonobo regarde la télévision. Il possède un vocabulaire de plus de 3.000 mots.

Des animaux. Ca bouffe, ça fait rire, ça s’assied sur le cul. Et C’est mignon (tant qu’il y a une barrière..)
Mais qu’apprend-t-on de la vraie vie des ours ?

Un enrichissement environnemental proche du zéro (un ballon rouge et c’est tout)

 

 

Les zoos sont une escroquerie !

 

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A propos des « Zooparcs »

code animal : pourquoi des zoos ?

à propos de la captivité animale

 

 

Photos HW/YG 2012