Le Parc de Planckendael en 2011

Le royaume des poussettes. A cet âge, pourtant, les enfants ne comprennent pas bien. Photo YG avril 2011

Le Parc de Planckendael en 2011


Que dire du Parc de Planckendael, cette appendice commerciale du Zoo d’Anvers, si ce n’est qu’en effet, l’espace dévolu aux non-humains captifs y est indéniablement plus vaste et plus arboré ?

Les éléphants de la métropole y seront bientôt déplacés, les travaux sont en cours.

De ce fait, les félins d’Anvers, aujourd’hui profondément zoopsychotiques et enfermés dans des cages minuscules, pourront bénéficier à leur tour d’enclos un peu mieux adaptés à leur besoin de mouvements. Un peu. Si peu…

Pour le reste, le schéma reste le même : ces parcs animaliers sont surtout de grands jardins d’enfants.
Ce sont nos gosses, en effet, le coeur de cible de ces prisons animalières. Ce sont nos gosses à qui l’on montre des animaux aussi peu réels que les Pokémons, dans un décor aussi artificiel.
Les parents ne viennent là que pour eux, indifférents aux panneaux pédagogiques le plus souvent minimalistes, poussant poussettes et ne livrant à leur progéniture que de vagues informations sur les « bêtes » qu’ils contemplent.

Rappelons-nous l’épisode inénarrable de familles contemplant des phoques dans un aquarium au Zoo d’Anvers cet hiver 2011, alors que tous les indications didactiques parlaient encore de loutres de mer (parties où ?). Personne ne notait la différence. Quelle importance ? Du moment que cela bougeait, nageait et faisait rire les enfants…

Mais nous pourrions dire la même chose de chacun de ces détenus offerts au regard du public, comme des images en
trois dimensions de ce qu’ils furent autrefois, leurs cultures et leurs savoirs en moins.

Photo Hurricane Warrior Avril 2011

Prenons ce guépard, par exemple.
Oh, certes, son enclos semble grand. Une bonne vingtaine de mètres carrés, au bas mot. Mais les marques au sol indique clairement qu’il trace sans cesse le même chemin, fou d’ennui et frappé lui aussi par cette maladie que l’on nomme en anglais « zoochosis ».

Des traces qui ne trompent pas : le guépard tourne en rond, sans fin, surtout la nuit.. Photo YG

Il en est de même pour les lions d’Asie (ou d’Europe, comme vous voulez).
Ils ont de la place, c’est vrai. Mais quelle différence pour ces grands félins entre une cage étroite et quelques dizaines de mètres de plus ?

Pour le reste, les enclos des bisons, des antilopes, et d’autres herbivores sont nus, dépourvus de tout gazon.
Ils sont nourris de fourrage et pour le reste, n’ont rien  faire qu’à attendre leur prochain repas.
Voici les bisons….

Bison sur un sol nu

Voilà les girafes, qui aiment tant brouter les feuilles épineuses de l’acacia et n’ont ici que de la paille… mais un bébé aussi, youpie pour les chiffres d’entrées…

Girafe et girafon. Photo Hurricane Warrior. Avril 2011

Et puis les antilopes. Photo Hurricane Warrior avril 2011

Un seul bon point pour Planckendael et l’une des très rares victoires de la théorie de l’arche inventée par Fred Daman :
les vautours. Eh oui là, ça marche. Et ce sont bien les seuls parmi les non-humains soumis à la captivité qui réintègrent réellement leur milieu naturel, à savoir les Georges du Verdon !

Vautour. Photo YG Avril 2011

On se demande par ailleurs pourquoi un pauvre renard solitaire survit encore dans un enclos étroit, alors qu’il y en a tant qui vivent libres en Belgique…

Pareil pour les castors : libres, ils enchantent les visiteurs venus de tous les coins du monde pour les regarder vivre en Ardennes
et développer des zones aquatiques propices à la régénération de la faune locale.
A Planckendael, en revanche, leur « hutte » est un leurre.
lls ne peuvent pas créer de barrages dans le filet d’eau croupie qui passe sous leurs museaux et dorment donc dans un trou de béton
en attendant eux aussi, la nourriture qu’on leur donnera à heure et  à temps.
Et que fait cc rat noir dans une cage ?

Castors Photo YG

Et puis, il y a les autres.
Ceux qui n’existent plus – ou presque – en milieu naturel.
Le lion d’Asie, déjà cité.
Le rhinocéros unicorne des Indes  (qui a ici perdu sa corne et son bébé, apparemment).
Le cheval de Prewalski, réintroduit péniblement en ce compris à Tchernobyl (!) mais « qui rencontre souvent au départ des difficultés importantes, les animaux rendus à la vie sauvage ne maîtrisant pas celle-ci. La difficulté à trouver l’eau, la nourriture, à s’adapter au climat ou à se défendre contre les prédateurs entraînent un assez fort taux de perte chez les animaux nés en captivité ».

Des fossiles vivants.
Témoins du massacre insensé de la faune et de la flore dont l’Humanité se rendent coupables chaque jour un peu plus, et qui ne survivront sans doute que dans ces enclos pour un temps limité, privés de tout ce qui faisait leur vie et constituaient leur dignité.

Qu’en conclure ?
Que certains zoos  font de leur mieux, sans doute, mais que leur logique essentiellement est inadéquate.
C’est « in situ » qu’il faut se battre et défendre la faune et la flore en danger, et non pas en faire un objet de spectacle !


Convention européenne sur la diversité biologique (CBD)

La CBD définit clairement en son article 9 les critères relatifs à la conservation Ex-Situ (« Ex-Situ » signifie la « conservation des composants de la diversité biologique en dehors de leurs habitats normaux ».)

Article 9. Conservation ex situ
Chaque Partie contractante, dans la mesure du possible et selon qu’il conviendra, et au premier chef afin de compléter les mesures de conservation in situ :
a) Adopte des mesures pour conserver ex
situ des éléments constitutifs de la diversité biologique, de préférence dans le pays d’origine de ces éléments;
b) Met en place et entretient des installations de conservation ex situ et de recherche pour les plantes, les animaux et les micro-organismes, de préférence dans le pays d’origine des ressources génétiques;
c) Adopte des mesures en vue d’assurer la reconstitution et la régénération des espèces menacées et la réintroduction de ces espèces dans leur habitat naturel dans de bonnes conditions;
d) Réglemente et gère la collecte des ressources biologiques dans les habitats naturels aux fins de la conservation ex situ de manière à éviter que soient
menacés les écosystèmes et les populations d’espèces in situ, excepté lorsque des mesures ex situ particulières sont temporairement nécessaires, conformément à l’alinéa c) ci-dessus;
e) Coopère à l’octroi d’un appui financier et autre pour la conservation ex situ visée aux alinéas a) à d) ci-dessus, et à la création et au maintien de moyens de conservation ex situ dans les pays en développement.

Zoo de Belgrade, la honte de l'Europe...

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Loups à Planckendael.


Kai-Mook et sa petite famille