Le petit Duke est mort

Automne 2003

Duke le petit delphineau est mort à Duisburg

Le petit Duke, delphineau né captif des oeuvres de Pepina et d’Ivo, s’est éteint dans les sinistres bassins du Zoo de Duisburg en novembre dernier, suite à une infection. 

A l’époque, l’arrivée de Duke avait fait l’objet d’un lourd battage médiatique : comme tous les Zoos, celui de Duisburg prend généralement prétexte des naissances en bassin ou en cage pour affirmer que les animaux captifs sont définitivement heureux d’être où ils sont puisqu’ils s’y reproduisent.

On doute fort cependant que la maman de Duke, la pauvre Pepina, soit tellement heureuse aujourd’hui.
En liberté, les jeunes dauphins mâles ne quittent parfois leur mère qu’à l’age de quatorze ou quinze ans pour  s’en aller au loin vivre une vie d’aventures, mais sans pour autant perdre contact avec leur clan d’origine.
Un dauphin de deux ans n’est encore qu’un bébé et la mort de Duke a donc du représenter un nouveau traumatisme pour ce petit groupe de dauphins déjà bien éprouvé par des deuils à répétition.

Rappelons qu’au-delà de ce décès « sans la moindre importance », c’est un peu la famille d’Iris qui se meurt.
Une partie de son clan avait été en effet capturé dans le Golfe du Mexique en 1981, en ce compris non seulement elle-même et son fils Ivo (il avait deux ans à l’époque, âge auquel son propre fils vient précisément de mourir) mais aussi Illas et Dolly, les deux amis d’Iris. Tous ont été tués l’un après l’autre par l’Industrie de la Captivité au Zoo d’Anvers ou en Allemagne.
Il ne reste plus aujourd’hui de cette minuscule « dynastie marine » que notre cher et increvable Ivo, qui  souffrirait  toujours d’une grave maladie de reins mais serait encore en vie aux dernières nouvelles.

Iris et Ivo au Zoo d’Anvers en 1998

Il faut savoir aussi – même si les faits sont moins faciles à admettre – que Duke était, selon toute vraisemblance, le second fils d’Ivo.  
Juste avant leur départ vers le Zoo de Duisburg, Iris et son fils Ivo sont restés seuls plus d’un an dans les bassins du Zoo d’Anvers.  Or, nous savons de source sûre qu’à la même époque, Iris recevait un contraceptif de manière régulière. Malgré ces précautions, le dernier enfant d’Iris, mort-né à Duisburg est sans doute né des oeuvres de son propre fils Ivo…

En milieu libre, de tels contacts incestueux sont une aberration. Les mâles exogamiques venus d’autres tribus viennent lutiner les femelles le long des côtes, de « pod » en « pod » et jamais, aucun acte d’inceste n’a été attesté ni chez les orques, ni chez les dauphins ni d’ailleurs chez aucun grand mammifère tel que chimpanzé, éléphant ou humain. Il s’agit là d’un tabou universel, génétiquement fondé.

Le fait qu’Iris ait pu être fécondée par son propre fils – ce qui, rappelons, est nié par le Zoo de Duisburg, lequel attribue la paternité de l’enfant mort-né au trop jeune fils de Play Boy, Duphy, également mort depuis – constitue donc un comportement déviant d’une extrême gravité, que seules les conditions de confinement aberrantes et la promiscuité régnant dans les bassins de contention peuvent expliquer et rendre possible, ainsi que nous le prouve le cas récent de la jeune orque Shouka
Il s’agit là d’une nouvelle preuve de la manière dont les delphinariums ne se contentent pas de tuer des dauphins dans leur chair mais également dans leur esprit, dans leur culture et dans leur dignité.
Iris était-elle consciente de tout cela ?
Qui peut le dire ? Nous ignorons tout de la manière dont les dauphins perçoivent ce genre de traumatismes, mais rien n’empêche de penser qu’elle s’en soit en effet sentie sale, dégradée, coupable après cet acte contre-nature et la perte de l’avorton mort-né qui a conclu ce pénible épisode de sa pénible et courte vie.


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