La loi belge et les delphinariums

Ce que dit la loi belge à
propos des normes
actuellement applicables aux dauphins captifs
LES
DAUPHINS EN BELGIQUE
A l'heure actuelle, le statut de ces dauphins captifs
est donc toujours réglé par trois types de législation :
La
première est internationale.
Il s'agit la Convention sur le Commerce International
des Espèces Menacées (CITES).
La seconde
est européenne.
Tous les cétacés figurent en Annexe A de la Directive No.338/97
du Conseil de l'Europe, datée du 9 décembre 1996. Le commerce
des espèces mentionnées dans cette annexe est interdit pour des
buts purement lucratifs. Cependant, l'une des "exceptions
" figurant dans la Directive et la plus abondamment
utilisées par l'industrie du delphinarium est celle qui permet
l'importation de cétacés pour des raisons scientifiques,
éducatives ou à des fins de reproduction. Ces termes ne sont
pas clairement définis (« teaching purpose » signifiait à
l'origine « enseignement universitaire » mais le sens s'est
malencontreusement étendu à la notion d'«éducation
populaire") de sorte que ce simple article permet,
aujourd'hui encore, d'importer en quantité importante et de
manière continue des dauphins libres capturés à l'usage des
parcs marins et des zoos en Europe.
La
troisième est nationale.
Bien que certaines dispositions de ces deux textes s'attachent à
assurer la survie des spécimens vendus ou déplacés, le but
premier de la CITES et de sa mise en uvre européenne est
la préservation des espèces en danger par le biais du contrôle
du commerce international. Le bien-être ultérieur des animaux
déplacés relève par contre, des législations nationales,
particulières à chaque pays d'accueil.
En Belgique, la situation des dauphins est en principe réglée
par loi sur la protection et le bien-être des animaux (votée le
14 août 1986 puis modifiée par la loi du 26 mars 1993 et par
celle du 4 mai 1995) qui promulgue un ensemble de règles de
protection minimum et de bien-être minimum pour les animaux qui
peuvent être détenus, ce, quel que soit le détenteur, quel que
soit le lieu de détention ou quelle que soit la raison de la
détention.
Le but du législateur est de réglementer la détention de ce
type d'animaux en imposant des conditions ambiantes
particulières en conformité aux besoins physiologiques et
éthologiques de l'espèce. Malheureusement, la loi du 14 août
1986 est une loi cadre qui édicte des principes généraux et
qui donne au Roi la possibilité de mettre ces principes en
application, celui-ci laissant le cas échéant au ministre le
soin de fixer la loi belge de 1986.
Par ailleurs, selon le législateur belge, cette loi implique
tous les attendus de la Directive Européenne 1999/22/EC du 29
mars 1999 relative à l'accueil des animaux captifs, et
constitue, en quelque sorte, sa mise en uvre au niveau
national.
Il faut noter que l'article 2 de cette même loi de 1986 se
révèle des plus intéressants :
celui-ci précise que les animaux doivent être accueillis dans
des conditions satisfaisants à leur besoins éthologiques les
plus élémentaires. Or, dit à ce propos le sénateur Roland
Gillet, les delphinariums ne répondent nullement à cette
exigence et se trouvent donc en infraction grave par rapport à
cet article 2, si l'on en juge par leurs décès
incessants.
Dès lors, une simple poursuite judiciaire, devant un simple
tribunal, pourrait mettre fin au Delphinarium de Bruges ! De
telles poursuites peuvent être lancées à partir d'ailleurs :
la Belgique a récemment interpellé l'Angleterre à propos du
Général Pinochet, mais l'on pourrait imaginer qu'à l'inverse,
plusieurs pays se regroupent afin de traîner devant les
tribunaux belges la direction de Bruges, convaincue de
"mauvais traitements infligés aux dauphins".
Rappelons qu'en
mars 2000, le Paradise Restaurant-bar
à Acapulco permettait à ses visiteurs de plonger directement
par-dessus la piscine où se trouvaient deux dauphins. Grâce à
l'initiative du Dr. Yolanda Alaniz Pasini, présidente de
l'association "Conservaciûn de Mamìferos Marinos de
Mèxico" qui avait lancé une action judiciaire contre le
delphinarium en le poursuivant pour "cruauté extrême
envers ses animaux ", cette structure a été fermée et les
dauphins ont été transférés vers X-Caret (Cancun) dans le
cadre d'une semi-captivité en lagon. Le procès a donc été
gagné.
I. Loi belge et delphinariums
1. La législation belge relative à la protection et au bien
être des animaux prévoit que la personne qui détient un animal
doit prendre toutes les mesures nécessaires pour lui procurer
une alimentation, des soins et un logement qui conviennent à sa
nature, à ses besoins physiologiques, à son état de santé et
à son degré de développement, d 'adaptation ou de
domestication.
Même si la législation belge autorise actuellement la
détention de dauphins dans des delphinariums (moyennant
certaines normes à respecter, notamment pour les bassins, et
certaines obligations entre autres concernant un programme
éducatif et informatif à établir par exemple en cas de
représentations organisées avec les animaux), on peut se
demander si la détention de dauphins n'est pas en contradiction
en soi avec les dispositions mêmes de la loi relative à la
protection et au bien être des animaux.
Une interpellation parlementaire, ou même une action judiciaire
pourraient peut-être être envisagées, sur la base d'un dossier
scientifique précis qui établirait que le dauphin ne
bénéficie pas dans un delphinarium d'une alimentation, de soins
et d'un logement adaptés à sa nature, à ses besoins
physiologiques, à son état de santé et à son degré de
développement, d'adaptation ou de domestication. (et ceci
quelles que soient les dimensions des bassins)
2. Au niveau international et européen, les textes relatifs à
la protection animale et de manière plus générale de la
sauvegarde de la nature et de l'environnement, se multiplient ces
dernières années.
Au-delà des bonnes intentions qui sont à la base de l'adoption
de ces textes, il faudrait bien entendu s'assurer que ceux-ci
soient réellement appliqués dans les faits et que, en
particulier, les pays signataires de ces conventions n'invoquent
pas de manière abusive les exceptions qui sont prévues dans les
textes pour échapper à leur application concrète.
Indépendamment de la Convention de Washington sur le commerce
international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d'extinction de 1973 (CITES), d'autres conventions
internationales comme celle du Conseil de l'Europe de 1979
(Convention de Berne) et la Convention de protection de la
diversité biologique de 1992 (Convention de Rio) vont dans le
sens de l'interdiction de la capture intentionnelle, de la
détention et de la mise à mort des animaux sauvages menacées
d'extinction et prônent, dans la mesure du possible, le maintien
des espèces animales dans leur milieu naturel.
Ces conventions internationales ont été relayées au niveau de
l'Union européenne, par l'adoption d'une série de règlements
et de directives qui sont directement applicables dans les
différents pays européens, ou que ces pays doivent transposer
dans leurs législations internes. Les textes européens semblent
aller parfois un peu plus loin dans le sens de la protection
animale que les textes internationaux.
C'est ainsi que le règlement d'application de la CITES dans
l'Union européenne protège d'avantage les dauphins que la CITES
elle-même et reprend pratiquement toutes les espèces existantes
de dauphins dans la liste des espèces animales protégées dont
le commerce est en principe interdit (sauf certaines dérogations
et sauf quand il s'agit de dauphins nés en captivité ou
reproduits artificiellement).
Toutefois, même si ce texte prévoit même que les Etats membres
de l'Union européenne peuvent interdire la détention d'animaux
protégés dans cette liste, comme par exemple, les dauphins,
force est de constater que, à l'heure actuelle, aucun Pays
européen n'a pris une telle décision. Tout comme dans la
législation belge, les textes européens se contentent de
prévoir certaines normes et certaines obligations qui doivent
être respectées par les delphinariums.
Par ailleurs, mentionnons également le fait que la Directive
européenne de 1992 sur la conservation des habitats naturels
ainsi que de la faune et de la flore sauvages interdit en
principe la capture des dauphins dans les eaux européennes, sauf
dérogations pour certaines raisons comme la recherche et
l'éducation, le repeuplement, la réintroduction et la
reproduction.
3. En conclusion, que ce soit au plan international mais aussi
d'abord au niveau européen, notre rôle consiste à faire
évoluer les mentalités en matière de détention d'animaux
sauvages, même si ces animaux ne sont pas menacés d'extinction.
Compte de l'intelligence supérieure du dauphin et de la
particularité de cette espèce animale, il faudrait essayer
d'aboutir, en s'appuyant tant sur un dossier scientifique solide
que, le cas échéant, sur une décision favorable qui serait
prononcée en ce sens par un tribunal belge (ou même étranger),
à l'interdiction, dans un texte légal, de la détention de
dauphins dans un delphinarium dans la mesure où celle-ci
apparaît comme étant contraire à son bien être .
Claude Vankerckhoven-Goldschmidt.
Juriste.
Le 10 octobre 2001.
II. loi belge, delphinariums et traités internationaux
I. La Loi du 14 août 1986, modifiée
par les lois du 26 mars 1993 et du 4 mai 1995,
relative à la
protection et au bien-être des animaux.
|
A propos d'alimentation :
Il s'agit toujours de poissons surgelés (-28°)
c'est-à-dire d'une nourriture absolument non-naturelle pour un
dauphin et dont l'ingestion doit faire l'objet d'un apprentissage
forcé chez le dauphin capturé en mer. Insuffisante et peu
variée au niveau nutritif, cette nourriture se voit agrémentée
de toute une série d'additifs chimiques et de vitamines, ainsi
que de suppléments de thyamine que l'on ne trouve que dans le
poisson vivant. Cette substance, mal dosée, peut cependant
créer des troubles nerveux. Des antibiotiques et des
anti-fongiques sont également ajoutés massivement à la
nourriture, pour prévenir les incessantes infections de la peau,
les ulcères de l'estomac et les troubles pulmonaires dus
à l'ingestion de vapeurs de chlore..
Dans le cas de Bruges, cette situation vaut pour tous les
dauphins, fondateurs ou nés captifs.
A propos des soins
La loi ne fait aucune mention particulière des troubles
psychiques, pourtant extrêmement répandus chez la plupart des
animaux captifs. Chez le dauphin, dont l'environnement naturel
est d'une richesse extrême, l'ennui et la solitude sont les deux
pires ennemis. C'est pourquoi les shows lui sont en effet,
dans l'état actuel des choses, indispensable pour ne pas devenir
fou.
L'appauvrissement sensoriel et l'éclatement des modèles sociaux
en captivité engendrent par ailleurs nombre de troubles nerveux
chez l'animal, en ce compris des comportements aberrants :
déplacement "d'ours en cage" tout autour du bassin,
hypersexualité, hyperagressivité, boulimie, anorexie,
dépressions que certains adultes endurent suite au décès de
l'un de leurs proches ou à l'enlèvement de leur bébé,
etc.
Alors que l'on sait que la solitude est vécue comme une
souffrance intense par la plupart des cétacés et qu'il provoque
chez eux de spectaculaires effondrements de leurs défenses
immunitaires, aucune limite de temps n'est fixé à l'enfermement
en quarantaine du dauphin lors de son arrivée en bassin ou
lorsqu'il est malade.
Dans le cas de Bruges, la pire souffrance
psychique advient sans doute lorsque les jeunes delphineaux sont
séparés de leur mère afin d'être expédié vers d'autres
delphinariums à la réputation douteuse.
La séparation avec son enfant n'a généralement lieu qu'au bout
de dix ans chez les dauphins libres, alors qu'en captivité,
c'est sitôt après le sevrage que le jeune cétacé est arraché
à sa mère. Celle-ci réagit toujours douloureusement à ces
"deuils" répétés et quant au jeune dauphin, ce n'est
que le début d'un long supplice.
A propos de besoins physiologiques
et éthologiques
L'un des soucis premier des structures pratiquant la captivité
est de mettre en place des groupes sociaux aussi stable et
équilibré que possible. Un vétérinaire spécialisé en
mammifères marins, le Dr Joseph Geraci (1986) a écrit :
"Le comportement hiérarchique agressif de dominance, qui
est normal en liberté, a peu d'occasions de s'exprimer dans le
cadre de captivité, si c'est en perturbant le groupe ou en
faisant du mal aux inférieurs. L'espace restreint intensifie un
tel comportement. (...)
Il n'est pas rare qu'un dauphin dominant mène une attaque
violente accompagnée de blessures sur un compagnon de bassin de
rang inférieur ".
Sweeney (1990) a noté que "nous sommes à même de
déterminer en quoi consiste la dynamique sociale naturelle pour
nombre d'espèces de mammifère marin. Cette dynamique est
importante quand nous regardons les mammifères marins en
captivité, où des mécanismes sociaux du même type effet se
retrouvent mais où, en raison du confinement propre à la
captivité, certains aspects de cette dynamique ne peuvent
s'exprimer".
En août 1967, le parc marin Marineland a finalement libéré
Bimbo le globicéphale, au terme de près de huit années de
captivité. Bimbo avait agressé d'autres animaux et ses propres
gardiens, il avait brisé une fenêtre d'observation et placé
sous sédatifs.
Le Dr. M.E. Webber, un médecin spécialisé dans les soins aux
cétacés, a décrit Bimbo comme un "psychotique "
(cité par Valentry, 1969). Corky, l'orque du même Marineland, a
également brisé la fenêtre d'observation le séparant du
public, ce qui a entraîné la perte de plus d'un tiers de l'eau
du bassin.
Le chercheur Susan Shane, qui travaille à la fois au Texas et en
Floride, a défini la flexibilité comportementale de l'espèce
en montrant comment l'organisation de la vie quotidienne du
dauphin varie d'un groupe à l'autre. Le rapport qu'elle a
co-signé à ce propos (et al, 1986) conclut que "le plus
grand mâle domine tous ses compagnons de bassin. En milieu
naturel, c'est une hiérarchie moins rigide de dominance qui
existe entre les femelles, les plus grandes dominant les plus
petites. La plupart du temps, les groupes en captivité
comprennent des mâles obtenus lors de diverses captures en des
lieux éloignés. Dans ce cas, les combat de mâles sont d'une
extrême violence en période de reproduction, au point que
désormais, les delphinariums font en sorte de ne laisser qu'un
seul mâle par bassin.
Ceci suggère donc que les rapports de dominance peuvent être
établis de manière stable au sein de groupes captifs,
éprouvant moins le besoin de se battre".
Sweeney (1990) soutient ces conclusions et commente : "Lorsqu'un
delphinarium se procure en même temps plusieurs juvéniles
capturés en mer, il y a souvent des dysfonctionnements au niveau
du comportement social. Cela tient au fait que ces individus ont
été capturés à partir de groupes séparés et se voient
obligés d'instaurer leur propre dominance au nouveau groupe dans
lequel on les intègre".
La dominance est exprimée par les dauphins captifs sous forme de
coups, de morsures, de bousculades ou de coups de caudale à
l'encontre des subalternes (Shane et al, 1986).
Selon Sweeney (1990), "L'agression se manifeste le plus
souvent sous forme d'intimidation, avec des lacérations "en râteau " infligées à l'animal dominé".
Sweeney note également "qu'en milieu naturel, les
mâles n'ont pas l'habitude de socialiser très longtemps avec le
groupe social composé de femelles. La situation en captivité
affecte donc de manière profonde une telle organisation : les
mâles adultes sont contraints d'interagir jour et nuit et de
manière étroite avec le groupe social. Ces interactions forcés
ont pour conséquence d'exacerber la dominance du mâle de tête.
A en juger par les observations menées en bassin, il est clair
que cette dominance d'un seul mâle est la source de nombreux
problèmes comportementaux et sociaux, particulièrement pour les
plus jeunes du groupe ".
Dans le cas de Bruges, cette hostilité
latente entre dauphins est patente : on maintient lors des shows
des groupes bien séparés pour éviter les conflits violents qui
déparerait sans doute la beauté du spectacle !
Lors de la naissance de delphineaux, les grands mâles sont
immanquablement envoyés ailleurs ou isolés, sans tenir compte
de leurs propres besoins de stabilité.
A propos de l'envoi de jeunes dauphins vers
des delphinariums étrangers - ce que Bruges pratique de manière
régulière - Leslie Dieruaf, vétérinaire spécialisé en
mammifères marins (1990) explique que "le déplacement d'un
mammifère marin hors de environnement habituel vers un nouveau
cadre de vie oblige l'animal à se réajuster au nouveau cadre
social, ce qui déclenche chez lui une réponse biologique
importante. Un tel changement ou n'importe quel modification de
son environnement, peut être perçu comme une menace à laquelle
il ne peut échapper ".
Les entraîneurs Gail Laule et Tim Desmond (1991) vont dans le
même sens :
" Considérez l'impact que constitue pour ces
mammifères marins un tel déplacement d'un groupe social à
l'autre, d'un bassin vers une autre, d'un continent à l'autre.
Le transport en lui-même est devenu relativement sûr. Mais
quelles sont les conséquences sociales et psychologiques pour
ces animaux ainsi déplacés ? Indubitablement, ces déplacements
imposent un stress et une pression maximale sur les captifs
relogés ailleurs aussi bien que sur le groupe social, soit quand
il perd un de ses membres soit quand il est contraint d'en
accueillir un nouveau. Quel en est le prix pour ces animaux, en
terme de santé ? Il est temps de se poser la question et
d'entendre la réponse, si pénible soit-elle ".
|
La captivité crée des souffrances psychiques intenses à divers
moments de la vie de l'animal :
- Lors de la capture et dela sensibilisation :
- lors des naissances et des enlèvements d'enfants
- Pour les delphineaux nés captifs soumis au stress et à un
milieu sensoriel appauvri.
- lors de la mort de compagnons de bassin ou de déplacement d'un
bassin vers un autre
- lors des fins de vie où l'ennui envahit peu à l'animal et le
pousse à mourir avant terme
|
Il est clair que ces normes ont été
conçues pour respecter les limites financières des gérants de
delphinariums et ne répondent en rien aux exigences
éthologiques des cétacés, qui nagent à des profondeurs et sur
des distances quotidiennes infiniment supérieures...
Lockyer & Morris (1987) rappellent qu'un dauphin mâle
juvénile peut effectuer des pointes de 54 km/h ! Ordinairement,
il se déplace à la vitesse de 4 à 20 km/h. Si le même
individu nage à cette vitesse en bassin, dont la longueur
conseillée est de 9 mètres au moins... il pourra se déplacer
pendant moins de quelques secondes.
Une telle restriction de mouvements est dommageable à plusieurs
niveaux :
- Physiquement, d'abord, puisque la musculature du dauphin se
sclérose, que certains groupes musculaires se voient sollicités
davantage que d'autres, etc. Il en résulte également une grande
nervosité, une tendance accrue à l'agressivité et une perte
d'appétit concomitante au manque d'exercice.
- Socialement, ensuite. Dans un espace aussi minuscule, la notion
de territoire s'exacerbe. Sans cesse, le dauphin dominant se doit
de chasser de son espace privé juvéniles ou enfants et comme
ceux-ci n'ont d'autre choix que de revenir, les gestes de menace
deviennent des agressions, des morsures et parfois même des
mises à mort. De même, les combats pour gagner les faveurs
d'une femelle peuvent tourner au massacre, puisque le dauphin
vaincu est incapable de s'en aller et de quitter les lieux de
l'affrontement ! Ces comportements ne sont jamais observé en
milieu naturel.
Enfin, les critères de taille en piscine se révèlent
incapables d'assurer valablement touts les fonctions écologiques
que l'espace libre procure en milieu naturel.
Le territoire habituel du dauphin Tursiops s'étend sur quelque
140 km. Cette zone est divisée en plusieurs zones de résidence
affectées à certains groupes individus (mâles d'un côté,
femelles et petit de l'autre) et compte en moyenne une centaine
d'individus, repartis en plusieurs "sous-pods". Il est
clair que cet habitat, pourtant indispensable au bien-être es
dauphins, ne peut être reconstitué dans un bassin, si vaste
soit-il.
L'aire territoriale, la ligne de fuite, l'espace de refuge, les
distances sociales à respecter en fonction des individus, le
temps consacré par les femelles au "foraging" ou à
l'élevage des petits, qui permet de nouer des associations
neuves et de rééquilibrer les tensions, les chasses communes,
les activités de reconnaissance en territoire inconnu, le
déplacement constant des duos ou des trios de jeunes mâles
d'une tribu à l'autre, tout cela est évidemment impossible dans
un espace nu de 275m2.
En ce qui concerne la profondeur (3.5 m. pour 80 % de la surface
du bassin et 5 m. pour les 20 % qui restent) soulignons le fait
que les dauphins tursiops du Pacifique aiment à plonger à 535
mètres de profondeur pendant une dizaine de minutes et que, plus
communément, le tursiops de l'Atlantique se maintient durant le
même temps sous 390 mètres d'eau, sans difficulté
particulière.
|
L'éclairage ne fournit aucun rayon UV, présents dans les rayons du soleil et nécessaire à la synthèse vitaminique. Les dauphins de Bruges ne vont jamais à l'extérieur et ne savent même plus ce que signifie le vent, les vagues ou la caresse du soleil sur leur dos...
Quant à la température, elle peut
parfois tomber fort bas en bassin durant l'hiver, essentiellement
pour des raisons d'économie (le cas est attesté pour le parc
Astérix, près de Paris).
Si les dauphins captifs peuvent supporter des eaux relativement
fraîches, en revanche, rien ne dit qu'ils apprécient cette
situation ,étant pour la plupart issus des eaux tropicales.
La loi prévoit, en son article 4&4, que le Roi peut en exécution des deux paragraphes précédents, arrêter des règles complémentaires pour les différentes espèces et catégories d'animaux. |
Il est en effet urgent de demander au législateur de prendre en
compte les besoins spécifiques des cétacés et autres
mammifères marins placés en captivité, tant au niveau
physiologique qu'éthologique, et de prendre les mesures
adaptatives qui s'imposent.
II. l'Arrêté
royal du 10 août 1998 relatif à l'agrément des parcs
zoologiques.
|
III. l'Arrêté ministériel du 3 mai 1999 fixant des normes minimales pour la détention de mammifères dans les parcs zoologiques.
|
Ces normes ne sont évidemment pas admissibles et doivent faire l'objet d'un réexamen urgent.
Voir ci-dessus et en page "Normes : un véritable permis de tuer"
Ce que dit la loi belge à
propos des normes
actuellement applicables aux dauphins captifs
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