Des droits pour les dauphins !

 

Dauphins captifs en Afrique du Sud

Dauphins captifs en Afrique du Sud

Des droits pour les dauphins !

Un article de Wade Doak
Dolphin Ambassador
Project Interlock
Box 20 Whangarei
New Zealand

wade-doak

Wade Doak est l’un des pionniers de la delphinologie contemporaine.
Alors qu’il n’était encore qu’un plongeur à la recherche de trésors engloutis, les dauphins sont littéralement « venus le chercher ». Depuis – et cela fait pas mal d’années – Wade Doak continue à oeuvrer pour leur bonheur de toutes les manières. Grâce à lui, la Nouvelle Zélande est presque devenue un paradis pour les dauphins libres qui vivent dans ses eaux. Rappelons aussi que le projet Interlock se consacre essentiellement aux communications homme-dauphins. On lira donc avec intérêt l’opinion de ce très fin connaisseur des cétacés.


Consultés par le gouvernement néo-zélandais en 1984 afin de connaître leur opinion concernant la capture des dauphins pour la captivité, deux scientifiques néo-zélandais avaient déclaré qu’ils n’y avaient aucune raison scientifique pouvant empêcher que des dauphins soient exhibés dans des bassins de ciment, du moment que les conditions étaient adéquates.

Leur décision avait été contestée par d’autres scientifiques mais le problème de la capture des dauphins et de leur exploitation pour l’amusement du public ne devrait pas être une décision réservée uniquement aux scientifiques.
Ceux-ci sont en effet aptes à apprécier valablement les aspects biologiques de la détention, s’ils ont une compétence particulière en la matière, mais c’est le grand public qui doit être l’arbitre final d’une telle question d’éthique.

A la fin de 1984, le Gouvernement fédéral Australien a annoncé sa décision d’interdire la capture des dauphins et des petits cétacés pour un nouveau delphinarium à Melbourne. Les raisons de cette décision ont été dictées par l’opinion publique.
Toutefois, les études scientifiques sur l’intelligence des dauphins, comme celle du Dr Louis Herman à Hawaii, prouvent à présent que les dauphins ont un niveau de développement qui leur permet de comprendre la grammaire, d’apprendre une série de mots et de les combiner en centaines de phrases différentes, de généraliser la signification des mots et de former des représentations mentales d’objets décrits dans des phrases.
Les scientifiques familiarisés avec les nouveaux travaux de ce type ont déclaré que les études montrent que les dauphins ont les capacités mentales d’un enfant de 5 ans*.

Les philosophes en concluent que les dauphins devraient, dans ce cas, se voir accorder les mêmes droits que les humains. Le grand public est déjà conscient de cas bien documentés où des dauphins en liberté ont aidé des hommes en difficulté, les ont protégés des requins et ont accordé leur joyeuse confiance à notre espèce, comportement sans précédent de la part d’aucun autre animal non domestiqué, confiance exploitée par ceux qui les capturent.

Etabli après la deuxième guerre mondiale, le Code Nuremberg sur l’expérimentation humaine déclare que pour que la recherche soit éthique, le sujet doit être consentant. Il y a viol de la personne si celle-ci est utilisée contre sa volonté ou au bénéfice d’autrui.

Par ailleurs selon le Code de déontologie médicale, le serment d’Hippocrate consiste avant tout à ne pas faire de mal. La civilisation se raccroche à de tels principes éthiques mais ceux-ci n’ont aucune base scientifique.
Il s’agit juste de « bon sens  » dans sa signification la plus profonde. Le public prend aujourd’hui rapidement conscience que l’acte de capturer des dauphins implique avec certitude le risque de leur faire du mal voire même de les tuer.

Tandis que la captivité réduit à la fois la durée et la qualité de la vie de dauphins non consentants à un niveau inacceptable, il faut se rappeler que tout cela est fait uniquement en vue du profit financier des propriétaires de delphinariums et pour notre plaisir à regarder ces créatures exécuter leurs numéros de cirque.
La civilisation humaine a, désormais, évolué vers un niveau où de tels divertissements et les sacrifices qu’ils entraînent, sont devenus totalement démodés, tout comme les combats de gladiateurs dans la Rome antique.

A Paris, Jacques Cousteau a donné un exemple au monde en créant un aquarium alternatif qui présente les réalités des dauphins et des baleine en utilisant les dernières technologies audio et vidéo ainsi que des maquettes grandeur réelle, des promenades au travers de celles-ci, etc. Un concept similaire est en cours d’étude en Nouvelle-Zélande.

Il est inutile que les cétacés souffrent pour notre plaisir ou même pour notre éducation. La haute technologie peut nous connecter avec la vie réelle des cétacés de manière beaucoup plus authentique que l’exhibition d’un animal captif.

 

 Wade Doak

Texte paru dans la revue Planète Mer – Trimestriel d’information de l’association française S.O.S Grand Bleu. N°23. Juillet- Août – Septembre 1999


* L’estimation la plus basse et celle aussi, rappelons-le, qu’on accordait aux « primitifs » aborigènes ou africains avant de découvrir leurs prodigieuses cultures…


Lire aussi : Déclaration d’Helsinki 2011 en français sur la Dolphin Connection.

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