Le Prince Philippe de Belgique et les dauphins du Japon

Le Prince Naruhito aux côtés du Prince Philippe et de la Princesse Mathilde à Tokyo. En 2015, Philippe est désormais le Roi des Belges

Janvier 2012
Lettre ouverte à son Altesse Royale le Prince Philippe de Belgique à propos du Japon et de son commerce de dauphins
Palais Royal 1000
Bruxelles

Votre Altesse,

En juin 2012, vous avez présidé, aux côtés de Monsieur Didier Reynders, Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et des Affaires européennes, une importante mission économique comprenant pas moins de 284 hommes d’affaires, d’académiciens et d’officiels, parmi lesquels Madame Ingrid Lieten, Vice-Ministre-Présidente du gouvernement flamand, Monsieur Jean-Claude Marcourt, Vice-Président du gouvernement wallon et Monsieur Benoît Cerexhe, Ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale.

A cette occasion, votre délégation a pu rencontrer nombre d’’hommes d’affaires japonais mais aussi, de très hauts représentants de l’État.
Le succès de cette mission fut donc indéniable, au vu du nombre conséquent de contrats conclus tant à Tokyo qu’à Osaka. Pas moins de 26 signatures entre entreprises et universités témoignent en effet du grand intérêt des entreprises belges pour le marché japonais. En outre, l’engagement de la Belgique à garantir un climat d’’investissement favorable au monde des entreprises japonaises est désormais acquis. Je vous en félicite.

Mais le saviez-vous, Votre Altesse ? Ou bien vos conseillers ont-ils choisi de nous vous en rien dire ?
Votre visite eut lieu deux mois à peine avant que ne commence le grand massacre des innocents…

Une mise à mort prétendue « douce »…

Le Japon est en effet l’une des seules nations civilisées au monde à massacrer massivement ses dauphins et à les capturer pour le marché de la captivité.
Chaque année, une centaine de pêcheurs y mettent à mort et y capturent jusqu’à 23.000 petits cétacés, qui tous figurent sur la liste rouge des espèces en danger de l’’IUCN.
Ces dauphins sont poursuivis depuis le large et rabattus vers la baie, que l’on referme derrière eux.
Au terme de plusieurs nuits de terreur, la boucherie commence.

Les cétacés sont maintenus sous l’eau puis poignardés derrière l’évent à l’aide d’’une sorte de tournevis. La plaie est ensuite refermée avec un bouchon de bois afin de masquer l’effusion de sang.
Ce n’est pourtant qu’au bout de 7 longues minutes d’une agonie atroce que les malheureux finissent enfin par mourir.
Leur chair sera vendue ensuite aux supermarchés ou aux cantines scolaires au prix de 600 dollars US pièce. Son prix baisse, car la viande est toxique et 88% de Japonais n’en mangent plus. Ceci n’affecte en rien l’intérêt de ces prises.

Car au même moment, des dresseurs délégués par de nombreux delphinariums internationaux sélectionnent les plus beaux spécimens qu’il faut garder vivants.
Les bébés sont arrachés à leur mère, qui les appellent avec des cris déchirants, les bébés qui allaitent sont rejetés
seuls en mer vers une mort lente et désespérée. D’autres sont noyés sur place, empêtrés dans les filets, d’autres encore sont tués dès lors qu’ils ne satisfont pas aux critères des parcs aquatiques. Quelques uns sont relâchés. Des chiffres ?

Le 17/12/2012, une vaste rafle de dauphins a été menée, entraînant avec elle, comme du temps des Nazis, enfants, femmes et anciens.
Au terme de 6 jours de terreur pure dans la Baie de la Honte, 126 membres d’une communauté de quelques 180 Tursiops ont subi le sort suivant :

101 ont été livrés aux delphinariums, 25 ont été tués pour la consommation humaine, en ce compris deux juvéniles noyés pendant la capture.

Les « heureux survivants », dont beaucoup sévèrement blessés et lourdement traumatisés, ont été chassés au large, loin de leurs familles détruites.
La plupart des mères ont du quitter les lieux en laissant derrière elle leur enfant sevré, dont la vie se terminera dans un bassin chloré. Ceci s’est passé le 17 décembre 2012.
Chaque semaine, d’autres crimes similaires ont lieu, parfois bien pires encore lorsqu’il s’agit d’espèces qui survivent mal à la captivité et que l’on tue donc presque en totalité.

Capture à Taiji. 4 des 7 dauphins de Bruges ont été capturés de la même manière

Les sujets capturés pour amuser les foules sont acheminés ensuite vers des enclos de dressage sommaire. Ils y reçoivent une injection de calmants et sont dressés en un temps record. Les clients n’attendent pas.
Ceux qui survivent à ce traitement de choc seront enfin expédiés au prix de 150 000 $US par tête, vers la quarantaine de delphinariums japonais mais aussi vers la Chine, Singapour, l’’Égypte, Dubaï, l’Arabie Saoudite, la République de Géorgie, les Philippines, la Thaïlande, le Vietnam, la Turquie, l’Ukraine, la République Dominicaine, le Mexique, les deux Corées, du Sud et du Nord et jusqu’il y a peu, vers les USA et le Canada.
Leur vie de captif sera brève et douloureuse.

dressage express mené par des experts de l’IMATA, dont les « soigneurs » de tous les delphinariums européens sont membres.

On remarquera que le « numéro » appris de force aux dauphins est le même à Taiji et à Bruges : tenir un dresseur sur son rostre

De septembre à mars, Votre Altesse !
En moyenne, 23.000 dauphins de Risso, dauphins Tursiops, globicéphales, dauphins bleus et blancs, dauphins tachetés pantropicaux, dauphins à flancs blancs du Pacifique, marsouins de Dall, orques, pseudorques et même baleines à bec de Baird auront péri au terme de cette nouvelle « saison de chasse », tandis qu’un nombre important d’entre eux seront livrés à l’industrie du divertissement pour mourir de façon plus lente dans des bassins chlorés.

Sans parler, bien entendu, du massacre également annuel de cachalots, baleines bleues, petits rorquals et autres grands cétacés protégés contre lequel les membres belges de l’’International
Whaling Commission se battent, mais qui ne fait pas l’objet du présent courrier.
Souhaitons simplement que les liens d’amitié que vous venez de resserrer entre la Belgique et le Japon n’influencera en rien le vote de nos délégués à la prochaine réunion de la Commission Baleinière Internationale.

Le peuple japonais n’a rien à voir avec ces tueries, insistons sur ce point, car il en ignore le plus souvent l’’existence.
Les véritables responsables se réduisent à une poignée de pêcheurs résidant à Taiji et aux grandes sociétés gestionnaires de delphinariums, qui paient au prix fort ces spécimens génétiquement neufs et encouragent ainsi l’’augmentation des prises.

Un tel trafic n’’aurait évidemment pas lieu si le gouvernement décidait d’y mettre un terme.

La douleur est la même mais elle est pire quand une pleine conscience l’appréhende et qu’elle souffre de la souffrance des autres

 

Pourquoi le ferait-il, me diriez-vous ?
L’Occident ne tue-t-il pas des cochons, des vaches ou des poulets en quantité bien supérieure ?
Ne dressons-nous pas des chevaux ou des chiens ? Mais il s’agit là d’animaux domestiques, modifiés par des milliers d’années d’élevage et de sélection.
Tout autre est le cas des cétacés.

Doté d’un cerveau plus riche en circonvolutions que le nôtre, le dauphin est un mammifère marin SAUVAGE doté de cultures, de dialectes et de conscience de soi.
Amis des hommes durant l’Antiquité et leur venant parfois en aide, il fait preuve d’un comportement social harmonieux et complexe, mais aussi d’une grande sensibilité et d’un sens de l’altruisme à nous rendre jaloux. Son intelligence est à ce pont unique dans le monde animal, qu’en février 2012 encore, pas moins de 50 universitaires venus du monde entier en sont venus à réclamer des droits pour cette « personne non-humaine » lors de la réunion annuelle de l’’Association Américaine pour l’Avancement des sciences.

Cette revendication est également défendue par le Dr Lori Marino, neurobiologiste de renommée internationale qui parraine l’’association «Nonhuman Rights Project ».
Selon le Professeur Thomas White, auteur du livre « In Defense of Dolphins : The New Moral Frontier »:
« La complexité intellectuelle, sociale et affective des cétacés atteint un niveau tel qu’il est impossible de ne pas les considérer comme d’authentiques « personnes », au sens juridique du terme. Chaque individu est différent d’un autre et chacun vit dans un contexte culturel et social qui lui est propre. A ce titre, dauphins, marsouins et baleines doivent être considérés désormais comme «non utilisables» par les humains. Il est, de ce fait, éthiquement indéfendable de tuer, blesser ou de garder ces êtres en captivité pour satisfaire nos besoins, qu’ils soient économiques ou alimentaires ».

Dès lors, si je puis me mettre de solliciter une faveur auprès de Votre Altesse Royale, non pas en mon nom propre mais au nom des millions d’amis de la nature outrés par les massacres de Taiji, c’’est de reprendre contact au plus vite avec les personnalités que vous avez rencontré lors de votre visite à Tokyo et de tenter de convaincre, avec toute la diplomatie dont nous vous savons coutumier, le Gouvernement Japonais de mettre fin à ces tueries insensés, qui font la honte de son pays.

Cette requête s’adresse bien évidemment à chaque membre de la mission économique qui vous accompagnait au Japon l’été dernier.

Didier Reynders et son homologue japonais

D’avance, pour les dauphins, un tout grand merci.

Yvon Godefroid
Citoyen belge

Copie adressée à :

M. Didier Reynders : contact.reynders@diplobel.fed.be

Mme Ingrid Lieten : kabinet.lieten@vlaanderen.be

M.Jean-Claude Marcourt : jeanclaude.marcourt@gov.wallonie.be

M. Benoît Cerexhe : info@cerexhe.irisnet.be

Ainsi qu’à la presse belge. Nous attendons des réponses.

Nouveau massacre le 20/12/2012. Photo Cove Guardians

De : Yvon Godefroid <dauphinlibre@gmail.com>
Date : 20 décembre 2012 12:36
Objet : Accords commerciaux entre le Japon et la Belgique : une question d’éthique ?

Messieurs les Ministres, Madame la Ministre,

Puisqu’il vous a été donné de visiter le Japon en juin dernier, soit 3 mois avant le début des massacres annuels de Taiji sur des espèces protégées, et d’y rencontrer nombre de personnalités politiques importantes, pensez-vous qu’il soit défendable, pensez-vous qu’il soit admissible au strict niveau éthique que la Belgique continue à coopérer avec un gouvernement coupable d’actes aussi criminels, fût-ce en échange de plantureux contrats ?

Un nombre conséquent de citoyens attendent de votre part une réaction forte et vous jugeront sur cette base. A défaut de bénéficier d’une couverture presse, sachez que les réseaux sociaux se chargent heureusement de les informer à l’échelle nationale et internationale. Notre pays, membre de la CBI, ne peut rester silencieux face à cet holocauste insensé et barbare, mené par des hommes d’affaires liés à l’Industrie de la Captivité, que soutient ouvertement le Gouvernement nippon.
D’avance, un grand merci pour votre COURAGE et l’admonestation sévère que vous ne manquerez pas d’adresser à vos homologues japonais ! La Belgique vous regarde.

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http://www.dauphinlibre.be/lors-de-la-precedente-peche-au-rabattage-a-taiji-on-voit-un-globicephale-en-train-de-se-suicideril-nessaye-pas-de-sechouer-ilnest-poursuivi-par-personne-il-a-meme-reussi-a-sortir-du/

Yvon Godefroid
Citoyen belge

Bruxelles

Accueil

Une mère se noie sous les yeux de son enfant.


 

Un peu d’histoire

Original Message —–
To: dauphinlibre@gmail.com
Sent: Wednesday, October 12, 2005 2:43 PM
Subject: Réponse à votre mail du 22 septembre 2005

N/Réf. DR/DN/mh/23.09.05/20121

Cher Monsieur,

J’ai bien reçu votre courriel concernant le jour du dauphin libre japonais.

En tant que citoyen, je suis évidemment interpellé par les images et faits relayés sur le site dauphinlibre.be.
Malheureusement, je n’ai pu me rendre à la manifestation de ce samedi pour des raisons d’agenda politique chargé.

De toute façon, en tant que membre du Gouvernement, je ne pense pas qu’il soit opportun de m’afficher à une manifestation hostile à l’égard d’un pays avec lequel nous entretenons par ailleurs d’excellentes relations diplomatiques et commerciales. Je préfère activer d’autres recours pour lutter contre de tels actes.

A cet égard, ma formation a déjà pris de nombreuses initiatives visant à améliorer le bien-être
des dauphins. Ainsi, les députées MR Dominique Tilmans et Josée Lejeune ont cosigné une proposition de résolution demandant l’interdiction de tout nouveau delphinarium sur notre territoire et la révision des normes de détention des animaux au delphinarium de Bruges.
Restant à votre écoute, je vous prie de croire, cher Monsieur Godefroid, à l’expression de mes sentiments distingués.

Didier Reynders
Président du Mouvement Réformateur
mr@mr.be
www.mr.be

Quelle nation prendrait le risque de condamner de tels actes, si des accords commerciaux peuvent être conclus ? Se soucie-t-on du Tibet lorsque l’on traite avec la Chine ? Se soucie-t-on des gorilles ou des éléphants des Monts Virunga lorsque l’on traite avec la dictature de Jospeh Kabila ?

 

la mission économique belge au japon

Massacres au Japon

Les delphinariums et les tueries de taiji