Macaques crabiers de l’Ile Maurice

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Macaques au lac sacré de Shiva à Maurice

Macaques crabiers de l’Ile Maurice

Un trafic si profitable !

La fin du voyage…. Qui était ce singe lorsqu’il vivait encore libre à Maurice ? Quel rôle jouait-il -il au sein du groupe social dont il faisait partie ? Peu importe ! arraché aux siens, il périra dans d’atroces souffrances pour le prix de 1.100 emplois et de 75 dollars de taxe à l’exportation..

Covance Cruelty

Destination Enfer

Coalition Anti-Vivesection


 13 février 2013

Les macaques torturés à domicile

dans un pays privée de toute loi sur la protection animale

Photo YG Grand Bassin février 2013

 

 


3 octobre 2012
L’expérimentation animale est un mal nécessaire

selon le Dr François Lachapelle
Un article de J.C. Antoine (Le Mauricien)


 25 mai 2011

Airsouffrance :
Air France et la KLM expédient des macaques en enfer !

Voir les vidéos et les dossiers de ces transports d’une rare cruauté

Pour rappel, Air France et Mauritius Airlines sont désormais associés


Mars 2011
Le gouvernement mauricien persiste et signe !

Hanuman s’incarne dans chaque singe qui devrait à ce titre être protégé dans un pays à majorité hindouiste. Ce n’est pas le cas.

Macaques en partance pour l’Enfer


 Rien n’a changé à Maurice en 2010


Maurice : paradis pour les uns, enfer pour les autres


Le dernier voyage


Au népal aussi


Et au cambodge


Et en Malaisie, etc. 


Protestez !


Mars 2011

Le gouvernement mauricien persiste et signe !

Photo YG 2008

Stockés notamment au Vanilla Crocodile Park, dont le patron gère une entreprise de vente de macaques aux laboratoires, certains attendent le grand départ.. Photo YG 2008

Mais savent-ils ce qui les attend ?
vidéo

 


 

Février 2010

Macaques crabiers
RIEN n’a changé en 2010.

Macaque à Grand Lac. Photo YG

Capturés pour les laboratoires, chacun d’entre eux vaut 5000 dollars. Une manne financière pour un pays dont le tourisme est en crise.
Désormais, les essais cliniques sont menés directement dans les jardins secrets de Vanillla Park  et les tissus prélevés envoyés discrètement par avion en Europe et aux USA…



Macaques crabiers : vie quotidienne

La journée ordinaire d’un macaque à Maurice 

Le monde des macaques à Maurice

L’’aube se lève sur les Gorges de la Rivière noire, éveillant avec elle le chant de mille oiseaux, boulbouls, tisserins, cardinaux de Madagascar, martins, mêlé aux roucoulements du pigeon des mares et aux premiers cris de ralliement des macaques émergeant du sommeil dans les branches d’énormes arbres millénaires.

Sa lumière rose et douce, encore tiède, baigne la petite famille de singes.
Maman babille avec son bébé attaché à son sein, articulant pour lui des vocalises aiguës, semblables aux «arrheu arrheu » et autres «guiliguili» dont usent aussi les êtres humains.

Bientôt, l’’enfant s’initiera ainsi au parler complexe de sa tribu, à ses cris modulés si variés et chargés de sens, à ses mimiques faciales et sa gestuelle. Puis elle se tourne vers ses deux aînés, tout jeunes encore et elle leur montre – avec des gestes amples, insistants, alternés de longues pauses afin d’en mieux en détailler le déroulement – comment il convient de se curer les dents, à l’’aide d’’une fine baguette arrachée à une branche et de garder ainsi la bouche propre.

Ici, la nourriture ne manque pas : fruits, graines, bourgeons et feuilles, mais aussi termites et autres insectes, fleurs ou champignons. Plus près du sol, les goyaves de Chine au goût sucré acide prospèrent en abondance. Vivement, Maman compte ses petits, car les macaques savent compter, et même faire des additions !

Pas de souci : ils sont bien trois et dans sa tête, la mère calcule d’’avance le nombre de goyaves dont chacun de ses deux grands aura besoin pour la journée.

La tribu se met en mouvement.
A sa tête, un mâle dominant, du moins pour quelques mois, et sous son regard, une Ancienne, véritable pivot du groupe. D’autres clans les rejoignent parmi les arbrisseaux fruitiers. Des bagarres éclatent, des crocs se découvrent, des sourcils se soulèvent, des lèvres se pincent ou s’entrouvrent, mais ce ne sont là que discours non verbaux, des mimiques qui disent plus que ne le feraient des paroles. Sans cesse, au fil des jours et des années, des alliances se nouent, se dénouent, des singes s’entraident ou se coalisent contre d’autres, tandis que les matriarches tentent de ramener le calme et de séparer les combattants.

Certains d’’entre ces jeunes sont habiles : tout en menaçant leurs adversaires, ils adressent des signaux amicaux à d’’autres pour quémander leur soutien. Ils savent aussi qu’il est plus utile d’’implorer l’’appui des puissants et qu’au terme d’une dispute, mieux vaut se réconcilier avec la mère de son ennemi en allant l’épouiller ou en la serrant dans ses bras, plutôt qu’avec son fils.
Chez les macaques, en effet, chacun sait qui domine, qu’il soit mâle ou femelle, chacun sait qui est l’allié de qui et de quelle lignée matrilinéaire tous les autres proviennent. Mais après les bagarres, place au rire : adultes comme enfants se plaisent à jouer et à se faire des blagues.

Au loin, l’’immense statue de Shiva en cuivre doré se dresse jusqu’au ciel. Le Grand Lac n’est pas loin, où se presseront bientôt de paisibles dévots déposant leurs bananes ou leurs noix de coco en offrande, des chiens errants et derrière eux, une meute bruyante et impudique de touristes photographiant à tout va pèlerins, singes et monuments. Les macaques, quant à eux, descendent prélever leur dû, puisqu’en tant qu’incarnations du Seigneur Hanuman, ils y ont pleinement droit.

Puis le soir tombe.

Les oiseaux entonnent leurs chants d’avant nuit. Repus, heureux, les premiers clans regagnent la forêt. Maman, son bébé et ses deux grands les suivent, avec toute sa tribu.

Ce jour fut doux, calme et joyeux et demain sera semblable. Mais voici qu’’au détour d’un chemin, des hommes sont tapis qu’’elle ne voit pas encore. Un filet tombe sur elle et sur ses enfants. On les attrape, on les jette dans des caisses percées de trous, on les emmène. Demain, ils se retrouveront dans un centre d’’élevage.

Après-demain, ou plus tard, un avion les emportera pour toujours dans une cage minuscule vers l’’Allemagne, la France ou les Etats-Unis, à supposer qu’’ils survivent au froid et au bruit des soutes. Une autre cage métallique, vide de tout objet et plus petite encore attendra chacun d’eux, d’où chaque matin, des hommes vêtus de combinaisons de caoutchouc viendront les prendre sans état d’âme afin de leur imposer les plus extraordinaires tortures qu’un sadique puisse imaginer. Celles-ci finiront d’abord par briser la raison de la petite famille de singes – car la douleur rend fou – puis mutileront jusqu’au trépas leurs pauvres petits corps jetés dans une poubelle.
Pour les besoins de la science, dit-on. …

Chaque année, l’’Ile Maurice capture en forêt près de 15.000 macaques crabiers et en expédie plus de 7.000 vers les laboratoires pharmaceutiques pratiquant la vivisection ou des études sur les désordres mentaux.
Le trafic est juteux, la concurrence est rude, mais tant qu’il restera des macaques sauvagement arrachés à cette île qui est autant la leur qu’elle est celle des Humains, de leurs chats, de leurs chiens, de leurs pins ou de leurs platanes, les jeunes mariés se dorant au soleil le long de plages immaculées et qui qualifient pourtant de « paradisiaque» feront erreur.
Pour rappel, les macaques sont des primates Catarrhiniens, au même titre que l’’Homme….

 

Cet article est paru dans les pages du quotidien « l’Express » (Maurice)

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Maurice : paradis pour les uns,
enfer pour les autres…

Après usage, dans une poubelle…

En 2007, l’’île Maurice, ce joyau touristique au cœoeur de l’’Océan Indien, capturait près de 15.000 singes macaques crabiers par an dans la réserve des Gorges de la Rivière Noire  et en exportait près de 7.000 chaque année vers des laboratoires pratiquant la vivisection. Rien ne semble avoir changé en 2009.

3.500 d’’entre eux terminaient leur vie de façon atroce dans les laboratoires français de l’’INSERM, d’autres à Covance en Allemagne, d’autres encore aux Etats-Unis.

Pour ces primates intelligents et sensibles, vivant libres et heureux dans leur forêt d’origine, au sein d’une société complexe et encore peu étudiée par les éthologistes, le plus atroce des enfers les attendent en fin de course…

Le commerce continue : 1.100 emplois sont en jeu et 30 millions de roupies de rentrée annuelle.
Il se développe même davantage, avec l’’accréditation ministérielle de pas moins de cinq sociétés dévolues à la capture et à la rétention de ces singes.
Pourtant, selon les mots même du Ministre de l’’Agro-industrie, M. Arvin Boolell : «L’’île Maurice ne devrait pas être fière de ce commerce !», d’’ores et déjà boycottés par les compagnies Air Mauritius et la British Airlines.
Air France a moins de scrupules, qui continue à entasser dans ses soutes des singes malades, mourants, frigorifiés, affirment certains activistes, mais dont le lot final, dégagé de ses cadavres, satisfera les clients.

La forêt des macaques libres

Faute d’’avoir été autorisé à visiter les centres de regroupement où les singes sont stockés avant d’’être expédiés vers l’’enfer, nous avons eu l’’opportunité de rencontrer le directeur de l’’un de ces centres de capture, d’’élevage et d’’exportation, M.Owen Griffiths, responsable de la société Bioculture.


 

Interview

Question :
– Bonjour Mr Griffiths.
Pourriez-vous  m’expliquer comment les choses se passent ici sur l’’île Maurice, concernant les macaques crabiers dont vous faites l’’élevage mais aussi, que vous capturez libres, en contradiction avec les lois européennes exigeant que tout animal de laboratoire soit né en captivité ? J’’imagine que vous n’’êtes pas non plus sans savoir à quel point l’image de votre pays est ternie par ce type de commerce ?

Réponse :
– Je ne le sais que trop.
Mais il faut se rendre compte que nous avons sur cette île plus de 30.000 macaques (Macaca fascuclaris) en liberté qui ont été amenés jadis par les premiers colonisateurs Portugais. La plupart se concentrent dans la réserve des Mascareignes et leur nombre excessif constituent un danger pour la flore et la faune locale, du fait qu’’ils mangent des graines de plantes rares ou des œoeufs d’’oiseaux protégés.

Q – Mais n’est-ce pas le cas de la plupart des espèces qui vivent ici ? Je pense au Cerf de Java, au cochon marron, à la mangouste……  Hormis le Dodo, exterminé par ces mêmes Portugais qui ont apporté le singe, et affamé par l’’abattage des ébéniers, dont il mangeait les  graines, presque toutes les espèces vivantes sur cette île n’’ont-elles pas été importées ?

R. –  C’’est vrai. Mais les macaques se reproduisent à vive allure et constituent également une menace pour les touristes. Ce sont des animaux relativement agressifs. Par ailleurs, et contrairement à certaines sociétés concurrentes qui se livrent au braconnage à tout va, nous sommes fiers d’’affirmer que 95% de nos singes sont nés captifs. 5% d’entre eux seulement ont été capturés en forêt et ce, pour les besoins de la recherche médicale, ce qu’’autorisent d’’ailleurs certaines dérogations à la réglementation américaine et européenne.

Q- C’est-à-dire ?

R– Eh bien, lorsque les laboratoires ont besoin de vieilles guenons pour étudier les effets de l’’ostéoporose sur les femmes âgées ou de vieux mâles afin de trouver des remèdes au cancer de la prostate, bien sûr, nous sommes contraints d’’aller chercher des sujets d’un certain âge en forêt. Notre entreprise est encore jeune (20 ans), nous ne disposons donc pas de singes captifs aussi vieux que ceux que nous pouvons capturer. De toutes les manières, nous tentons de leur assurer ici, dans leurs enclos de confinement, les meilleures conditions de vie possibles.

Q- Sans doute.
Mais l’’on sait que des compagnies aériennes, telles Air Mauritius ou British Airlines, ont décidé d’’interrompre le transfert  de ces singes vers les laboratoires occidentaux, à l’exception d’’Air France, peut-on croire aux allégations de certains activistes selon lesquelles vos singes meurent de froid durant le vol ou sont soumis à des conditions de confinement douloureuses  ?

R- En ce qui concerne la société que je gère, à savoir Bioculture, sachez que nous nous soumettons aux normes les plus strictes en terme de transport animal.
Nos caisses de transport répondent aux réglementations édictées par l’’IATA et à ce titre, nous sommes d’ailleurs accrédités par l’’AAALAC, ce qui n’est pas toujours le cas, je tiens à le souligner, de nos quatre autres concurrents commerciaux à Maurice…

Q- Ni de pays tels que la Chine, je suppose.

R- Exactement. Il faut savoir que les macaques chinois destinés à l’’expérimentation – et ce sont eux qui remplissent la plupart des laboratoires du monde –  viennent en fait du Vietnam ou de Birmanie. Je vous laisse imaginer les conditions atroces que ces animaux subissent depuis leur capture en jungle jusqu’’au pays exportateur, la Chine.
Interrompre notre travail ici, c’est laisser aux Chinois tout le marché du singe d’expérimentation, ce qui fait frémir quand on voit comment ils traitent les animaux.

Q- Il n’empêche.
Ces macaques que vous capturez et/ou que vous élevez ne s’’en vont pas moins vers l’’enfer, n’est-ce pas ?
Certaines images, certains témoignages de laborantins travaillant à Covance, par exemple, et qui est l’’un de vos principaux clients, sont explicites à ce niveau. C’est l’’horreur pure qui les attend…

R- Personne n’’aime faire souffrir des animaux.
Nous cherchons de toutes nos forces des solutions alternatives et j’espère qu’’un jour, nous pourrons nous passer de sujets vivants et travailler uniquement sur des cultures cellulaires.
Mais en attendant, je crains aussi que certains activistes ne se livre à de véritables manipulations.

Q- Malgré certaines photos explicites ?

 

 R– Ecoutez… On fait de l’’image ce que l’’on veut.
Je me souviens d’’une visite de la chaîne de télévision NBC, que j’’avais autorisée à filmer nos singes.
A un moment donné, l’’un de nos soigneurs a saisi un bébé macaque juste un instant, en l’’éloignant de sa mère, afin de prouver que nous nous livrions à l’’élevage, bien plus qu’’à la capture. Puis il l’’a rendu à sa mère.

Ces gens ont tourné des heures de pellicules mais quand le reportage est passé sur les ondes, il ne restait plus qu’’une image : celle d’’un bébé macaque arraché au sein maternel, et donc forcément paniqué!
Je crois sincèrement que des laboratoires tels que celui de Covance font de leur mieux pour améliorer l’environnement des singes captifs…

Q- Admettons. Mas tout de même, en terme éthique, n’’est-ce pas  faire un «sale boulot» que d’’envoyer des singes vers une telle souffrance annoncée ? De briser des familles ? D’arracher de sages et vieilles guenons à leur clan ?

R- Bien sûr.
Mais sachez aussi que pour chaque singe exporté, le gouvernement de l’’Ile Maurice touche une taxe de 75 dollars.
Cette somme lui permet de mener des projets de conservation. Moi-même, en tant que responsable de Bioculture, je m’’investis énormément dans la protection des derniers lémuriens à Madagascar, ainsi que sur des projets de conservation naturelle à Maurice même, à Chamarel notamment, où nous replantons les ébéniers d’’origine.
Sans l’argent que nous rapportent les singes, nous ne pourrions rien faire.

Q- Je vous remercie de m’avoir accordé cette interview, M. Griffiths, bien que je ne sois pas totalement convaincu par vos arguments. Il me semble notamment que les macaques crabiers pourraient être «exploités commercialement» de façon plus durable, en limitant leur reproduction à l’’aide de contraceptifs mais aussi en organisant des  « safaris d’observation » dans les zones où ils vivent, comme il en existe pour les gorilles en Ouganda ou au Rwanda, sous haute protection de gardiens compétents et à distance raisonnable.

Photo YG 2008

Touristes agglutinés autour d’un jeune macaque qui, comme il est de tradition, récupère les offrandes des dévots hindouistes. N’est-il pas l’émanation du Dieu Hanuman ?

 

Photo YG 2008

Jusqu’aux fonds des poubelles… La vie devient dure pour tout le monde, même à l’Ile Maurice !

 

 

Le père s’inquiète. Le premier photographe qu’il voit, c’est moi. Il se jettera donc à mon visage, tous crocs dehors pour sauver son gosse, c’est un miracle que d’un coup de poing donné à mon grand regret à cet animal que j’aime mais pour ma propre sauvegarde, j’ai pu échapper à ses terribles morsures. Mon bras n’a cependant pas été épargné…

 « Humans are also at risk when feeding long-tailed macaques because the possibility of disease transmission is increased when the two species come into contact. Humans who feed and interact with the macaques can be scratched or bitten and exposed to zoonotic diseases such as simian foamy virus, a virus in the same family as HIV (Jones-Engel et al. 2005).
Furthermore, in addition to viruses that have been identified, there is the potential for previously unknown diseases to transfer from the monkeys to the humans who are feeding them, posing a serious health risk to the surrounding communities and beyond (Jones-Engel et al. 2005). »

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Singes : du Paradis à l’’Enfer

Qui n’’a jamais vu ces images de singes utilisés dans la recherche médicale ? Mais saviez-vous que ce commerce est en plein essor à Maurice ? Cela nous attire nombre de critiques de la part des ONG internationales.
Les éleveurs mauriciens s’’expliquent sur leur business. Un sujet très « sensible ».

Maurice est l’’un des leaders mondiaux dans le commerce des singes.
Pas moins de 20 % des cobayes de laboratoire proviennent de chez nous. Des cris aigus déchirent le silence qui berce habituellement ce coin du sud de l’île. Ces hurlements, qui vont crescendo, ne sont pas sans titiller la curiosité des gens de passage. Ces derniers reçoivent immanquablement la même réponse lapidaire : «Visite interdite»

Et pour cause, derrière ces grilles se dressent d’’impressionnantes installations où évoluent, en captivité, plusieurs milliers de  macaques. L’’expression qu’ils arborent derrière leurs barreaux a quelque chose d’’humain… et de dérangeant. Ils font penser à des prisonniers. Touchés par leurs grands yeux attendrissants, nous aurions presque envie de les ramener à la maison.

Mais pas le temps de s’’attacher à ces « cousins » qui, soudain, ne sont plus si éloignés de l’’humain. D’ici deux ans, ces animaux seront envoyés aux quatre coins du globe où ils connaîtront un bien triste sort… « pour la bonne cause », nous assurent les propriétaires de ces élevages. Ces primates seront en effet utilisés comme cobayes et feront l’’objet de toutes sortes d’’expériences biomédicales, qui leur seront souvent fatales. Les scientifiques espèrent ainsi développer des traitements efficaces contre certaines maladies comme le cancer ou la maladie d’Alzheimer.

Diabolisé par les organisations de défense des animaux, le commerce de primates à Maurice a longtemps été fait dans la plus grande discrétion. Rares sont les Mauriciens et les étrangers à savoir que le pays est l’’un des leaders mondiaux dans ce secteur très lucratif. À la liste des exportateurs de macaques, destinés aux expérimentations médicales, et où figurent en bonne place la Chine, l’’Indonésie, Israël et le Kenya, s’’est en effet ajouté Maurice. Et il aura fallu attendre une dizaine d’’années pour que notre pays devienne l’’une des références mondiales dans ce secteur.

À traiter avec précaution

D’’aucuns estiment qu’’il n’’y a pas lieu de se réjouir de cette place de leader. En revanche, ceux qui sont engagés dans ce business concèdent qu’il s’agit là d’un sujet « sensible » qu’’il convient de traiter avec précaution. Un avis que partage Arvin Boolell, le ministre de l’’Agriculture, qui assure que ce commerce fait l’’objet, à Maurice, d’’une réglementation très stricte.

Redoutant les actions de certaines organisations de défense des animaux qui sont prêtes à tout pour mettre à mal ce commerce, les trois entreprises mauriciennes engagées dans l’’exportation de primates – Bioculture, Noveprim et Le Tamarinier Ltd (+ d’autres encore en 2010) – ne tiennent pas à ce que l’emplacement de leurs installations soit connu.
Ils se souviennent encore de l’opération menée par la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals (RSPCA) en 1990.

Des membres de cette organisation britannique s’’étaient introduits clandestinement dans une des installations mauriciennes, convaincus que les primates subissaient de mauvais traitements. Ils ont, dans un rapport rendu public, dénoncé l’’absence d’infrastructures adéquates. Les conditions semblent s’’être nettement améliorées depuis, au vu de la modernité des installations et des soins dont font l’objet les macaques.

Face à ces mises en accusation, les sociétés engagées dans l’’élevage de primates ont longtemps préféré garder le silence. Elles daignent aujourd’’hui sortir de leur mutisme, jouant à fond la carte de la transparence. Elles espèrent ainsi se refaire une image après les campagnes agressives d’organisations de défense des animaux, principalement en Europe.

L’’on se souvient encore des images chocs placardées sur la façade de l’’ambassade de Maurice en Angleterre, lors d’une récente manifestation, et montrant l’’horrible sort des primates dans les laboratoires. On y voit des singes, raccordés à des tubes chirurgicaux, se tordant de douleur ou encore mourant à petit feu, drogués à des fins médicales. Opposées à la vivisection, certaines de ces organisations, dont la très virulente Gateway to Hell, ont mené des campagnes agressives ces dernières années pour dénoncer ce qu’elles considèrent être un « trafic de la honte ».

Les défenseurs des animaux estiment que les expériences scientifiques auxquelles sont destinés les primates sont on ne peut plus « immorales et cruelles ». Certaines associations ont, entre autres, réclamé que l’’agence Thomas Cook retire la destination Maurice de ses brochures touristiques. Une manifestation devant l’’ambassade de Maurice à Londres, il y a deux semaines, appelait même au boycott.

Loin de ces images dérangeantes, les dirigeants des élevages mauriciens veulent aujourd’’hui montrer un tout autre visage. Prélevés de leur environnement naturel, les quelque 40 000 macaques évoluent dans un univers entièrement aseptisé.

Même si la grande majorité des singes sont nés en captivité, il arrive plus souvent que les trois entreprises engagées dans ce commerce en capturent. Ces animaux, font ressortir leurs dirigeants, sont pris uniquement sur des terrains privés, en accord avec les propriétaires à qui ils remettent une somme d’’argent. La capture d’un primate peut rapporter à un propriétaire terrien entre Rs 7 000 et Rs 8 000. Une bonne affaire pour certains, une ignominie pour d’’autres. Ces entreprises font par ailleurs ressortir ne jamais acheter des primates à un tiers.

« Nous avons des employés qualifiés et formés qui capturent eux-mêmes les singes », souligne-t-on chez Bioculture.

 À l’’intérieur des élevages, ces animaux font l’’objet d’’une attention de tous les instants. Les propriétaires en veulent pour preuve le panel de spécialistes et d’experts qui s’évertuent, chaque jour, à rendre agréable le quotidien des primates.
«Nous misons énormément sur le bien-être de ces animaux car ils doivent être en parfaite santé pour être vendus aux laboratoires. Toute notre industrie repose sur ce critère, et il est dans notre intérêt de faire en sorte qu’ils soient en bonne santé » explique Mary-Ann Griffiths, une des dirigeantes de Bioculture.

Cette société, qui s’’enorgueillit d’’être le leader mondial dans ce secteur, explique que son succès est dû au «profil viral» de ses primates.
Tout est en effet mis en œoeuvre pour éviter que les singes ne soient contaminés par des maladies. Les cages sont nettoyées et désinfectées jusqu’’à trois fois par jour, et les membres du personnel sont ainsi obligés de porter des combinaisons hygiéniques pour ne pas contaminer les primates. Des mesures d’’hygiène draconiennes qui expliquent le succès des macaques de Maurice auprès des laboratoires français, anglais et américains.

«De véritables hôtels cinq-étoiles »

Une visite des installations de Noveprim nous a permis de nous rendre compte du strict respect des conditions des animaux. « Nous nous assurons régulièrement qu’ils font l’objet de soins particuliers. Les élevages que nous avons à Maurice sont de véritables hôtels cinq-étoiles », explique Lewis Prayag, chef vétérinaire du ministère de l’Agriculture. Une image certes idyllique, mais qui ne diminue en rien le destin cruel qui attend ces bêtes.

L’élevage, font ressortir les organisations anti-vivisection, n’est qu’un maillon de la chaîne.
La RSPCA dénonce également les «conditions horribles» dans lesquelles le transport des singes s’effectue. Elle affirme que les animaux sont « empilés » pendant des heures dans la soute des avions, « sans aucune considération », et que le taux de mortalité est élevé.

Un argument que rejettent les dirigeants de Bioculture qui affirment, quant à eux, n’’avoir jamais recensé aucun décès depuis 1985, date de l’’entrée en opération de l’entreprise.
«Ce sont les activistes qui répandent ces rumeurs pour jeter un peu plus le discrédit sur notre activité », déclare Gérald de Senneville, Chief Executive Officer de Noveprim.

Plusieurs campagnes ont été organisées par ces organisations en Europe pour tenter de convaincre les dirigeants des compagnies d’aviation de stopper le transport d’animaux.

Ces pressions constantes, ainsi que la campagne menée par l’organisation britannique Gateway to Hell ont eu raison de l’obstination d’’Air Mauritius à transporter les singes vers les laboratoires européens et américains l’année dernière.
« Il y a eu un certain nombre d’’actions et de mobilisations en Europe contre le commerce de singes. Nous n’’avons pas cédé aux menaces, mais il nous a fallu en tenir compte », fait ressortir Robert Alizart, responsable de la communication chez Air Mauritius.
Et de préciser qu’il ne s’agit en aucun cas d’une prise de position en faveur ou non de la vivisection.

« Nous avons simplement considéré que cette activité pourrait porter préjudice à l’’image de marque de la compagnie», laisse entendre le responsable de la communication d’Air Mauritius. Mais un éventuel préjudice ne semble pas inquiéter Air France, qui continue, quant à elle, de transporter des primates vers l’Europe.

« Nous sommes simplement un transporteur et nous ne nous prononçons pas sur le bien-fondé ou non de la chose », nous explique-t-on du côté d’’Air France.

Une centaine de singes voyagent ainsi tous les mois dans les soutes de ses avions.
Les responsables de cette compagnie d’’aviation assurent néanmoins que toutes les conditions de sécurité et d’’hygiène sont respectées.

«Toute notre industrie dépend de la bonne santé des animaux. Nous avons donc intérêt à veiller à ce qu’ils arrivent à destination dans les meilleures conditions possibles », souligne Mary-Ann Griffiths.

British Airways, qui a aussi fait l’’objet d’une campagne de dénonciation de la part d’’associations de défense des animaux, a pris la décision de cesser ce type de fret.

Les singes mauriciens sont principalement vendus à des laboratoires comme Covance et Huntingdon. Ainsi, quelque 10 000 macaques venant de Maurice se retrouvent dans ces laboratoires chaque année. Avec photos et images vidéo prises clandestinement à l’’appui, les organisations tentent de convaincre l’opinion publique que les animaux envoyés dans ces laboratoires subissent de véritables sévices.

Démêler le vrai du faux

Les activistes s’’en prennent principalement au laboratoire Covance, leader mondial dans la recherche biomédicale.
Un site Internet qui montre les mauvais traitements que subiraient les primates dans ce laboratoire, a même été créé.

Mais là encore, difficile de démêler le vrai du faux, aussi bien dans le discours tenu par les laboratoires, que dans celui des associations anti-vivisection. D’un côté on parle d’’expérimentations nécessaires pour trouver de nouveaux traitements et de l’autre, on emploie des termes tels que «torture» et «sadisme».

Les éleveurs mauriciens affirment, quant à eux, veiller au strict respect des animaux.
«Nous nous rendons plusieurs fois par an dans les laboratoires qui achètent nos singes pour voir ce qui s’’y passe. Ce sont des professionnels qui sont conscients que leurs travaux sont essentiels à la survie de la race humaine. Personne n’’utilise les animaux pour le plaisir », lâche Ann-Mary Griffiths.

Les sociétés locales engagées dans le commerce des primates sont d’’avis qu’’il faudrait établir un code d’éthique qui régulerait mieux cette activité et assurerait que les animaux soient correctement traités.

Soit. En attendant, Maurice continue d’’investir dans ce commerce très juteux… L’’adage, contesté par beaucoup certes, veut que l’’homme descende du singe. Mais une chose est sûre : l’’homme descend le singe pour sa survie…

Voyage au pays de Noveprim

On ne découvre pas Noveprim par hasard.
Pour pénétrer dans cette ferme nichée au fond d’’une vallée près de Ferney, il faut y avoir été invité, mais à une seule condition : pas de photographe.
Une fois passé un premier barrage, un second se dresse. Pourquoi tant de discrétion autour de ce commerce pourtant tout à fait légal à Maurice ? « Il y a d’abord des raisons sanitaires. On ne peut pas laisser quelqu’’un entrer et risquer de transmettre des maladies aux singes. Et puis, on a eu quelques problèmes avec des militants pour les droits des animaux qui ont essayé de s’’introduire en
douce », explique Gérald de Senneville, Chief Executive Officer du groupe Noveprim.
Si la méfiance se lit sur son visage, il tient pourtant à faire visiter les unités où sont regroupés les 5 000 singes de cette ferme. Jouer la transparence est peut-être finalement l’’une des meilleures solutions. Du moins, il en est convaincu.

Après quelques minutes de trajet en voiture, on découvre enfin l’’élevage.
Là, des dizaines de cages apparaissent, entourées de palmiers et de petits carrés de pelouse. Et dans chacune d’’entre elles, on compte une vingtaine de macaques. « Il y a, à chaque fois, un ou deux mâles par cage mais pas plus. On veut recréer l’’équilibre qui existe dans la nature », commente, dans un discours rodé, Gérald de Senneville pendant que la voiture circule entre les différents blocs. Mais pas question d’’ouvrir les vitres. Les risques de transmission d’’une maladie de l’’homme au singe sont une menace et les normes sanitaires sont très strictes. Pour approcher les singes, soigneurs
et vétérinaires doivent se doucher et revêtir une combinaison.
Et le Chief Executive Officer martèle son discours sur la propreté des lieux.

« On lave les cages trois fois par jour car les singes ont tendance à tout salir. Ils jouent avec les légumes qu’’on leur donne et ils en mettent partout. C’’est pour cela qu’’on a prévu, juste à côté, une grande station d’’épuration moderne pour traiter les eaux usées. »

L’’investissement semble important.

Mais Gérald de Senneville a une autre préoccupation : celle de prouver que les animaux sont bien traités.

En réponse aux associations de défense des animaux, il tient à montrer que tout est mis en œoeuvre pour s’’assurer du bien-être des singes.

«Noveprim emploie sept vétérinaires. Nous avons également plusieurs chercheurs qui réfléchissent sans cesse au moyen d’’assurer le confort des singes », assure Gérald de Senneville. « D’’ailleurs, à Noveprim, l’’un des mots-clés est l’enrichissement environnemental. Nous élaborons sans cesse de nouveaux jouets pour que les macaques ne s’’ennuient jamais. Nous mettons aussi au point des recettes que nous préparons nous-mêmes. »

Il faut savoir que la majorité de ces singes passent 24 mois dans les cages avant d’être exportés vers les laboratoires européens et américains. Les autres, qui servent à la reproduction, y restent jusqu’à leur mort.

Photo YG 2008

Encore libre et heureux…

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Pour en savoir plus sur l’expérimentation animale et l’usage des primates en laboratoires

Coalition Anti Vivisection (CAV)

Gateway to Hell !

Les grands primates ne seront plus torturés dans les labos belges

 



21 septembre 2009

Une organisation belge conteste des expériences sur des primates

La Coalition Anti Vivisection (CAV), une organisation belge, faisait aujourd’hui une démonstration pacifique devant l’Université catholique de Louvain, marquant ainsi le lancement d’une audacieuse action en justice contre des chercheurs qui utilisent des primates dans cette université.L’organisation a soigneusement constitué un dossier qui dénonce une série d’expériences utilisant des méthodes invasives sur des primates.
CAV
 soutient que la souffrance causée aux animaux en raison des conditions de vie dans les laboratoires et des expériences invasives sur le cerveau est totalement disproportionnée en regard de l’utilité éventuelle des données obtenues. De plus, l’organisation apporte des témoignages d’experts qui suggèrent que les résultats de ces expériences auraient pu facilement être obtenus par des méthodes d’imagerie sur des volontaires humains.
Cette action en justice est une première depuis l’instauration de lois
 protégeant les animaux de laboratoire, voici 23 ans.
L’article 7.2 de la directive 86/609/CEE stipule : « Il ne sera pas effectué
 d’expérience s’il existe une possibilité raisonnable et pratique d’avoir recours à une autre méthode scientifiquement acceptable et n’impliquant pas l’utilisation d’un animal pour obtenir le résultat recherché. »

SYNOPSIS DES TEMOIGNAGES
Dr Aysha Akhtar, médecin, MPH, neurologue et spécialiste de santé publique.  L’altération de la fonction neurologique causée par le stress, la douleur et la détresse chez les animaux de laboratoire peut altérer les résultats de façon significative et imprévisible, de sorte que ces expériences peuvent être sans pertinence pour comprendre le fonctionnement normal du système nerveux, non seulement chez l’homme mais aussi chez le singe normal (non stressé).

Jarrod Bailey, docteur en sciences, consultant scientifique pour le Comité des médecins pour une médecine responsable (Physicians Committee for Responsible Medicine -PCRM-).
L’intimidation institutionnelle envers des chercheurs qui critiquent l’expérimentation animale est très répandue et, sans aucun doute, constitue un
formidable obstacle à la transparence et à la responsabilité lorsque la
 valeur des expériences sur des animaux est remise en question, inhibant le cher concept de liberté académique.

Nedim Buyukmihci DVM, professeur émérite de médecine vétérinaire à l’Université de Californie
Mon opinion professionnelle est que l’utilisation de primates non humains pour
les études en question n’était pas nécessaire du point de vue
 scientifique.

Debra Durham, docteur en sciences, consultant scientifique pour le Comité des médecins pour une médecine responsable (Physicians Committee for Responsible Medicine -PCRM-)
Plutôt que de continuer à approuver des expériences qui provoquent une souffrance extrême à des primates non humains et à tolérer la piètre qualité des données qui en résultent, la communauté scientifique et les praticiens de santé commencent à utiliser d’autres méthodes pour étudier le cerveau.

Steven Kaufman, médecin, professeur assistant, Case School of Medicine
Il y a eu plusieurs études similaires sur des sujets humains. Je ne vois pas
 pour quelle raison ces études de mouvements oculaires n’auraient pas pu être effectuées sur des sujets humains d’une façon súre, non invasive et éthique.

André Ménache, docteur vétérinaire, directeur d’Antidote Europe
En tant que chirurgien vétérinaire, je n’ai que faire de ce type de recherche dans la pratique de la médecine clinique vétérinaire. 



Les macaques crabiers enseignent à leurs enfants…
à garder des dents saines !

 


 

Déclaration écrite 40/2007


 

Au Népal aussi !

Gateway to Hell !

Bonsoir!

Dans le cadre de la campagne pour la libération des singes rhésus macaques du Népal, toujours emprisonnés au Népal et courant encore le risque d’être exportés vers les laboratoires américains, nous lançons un appel le plus large possible afin de réaliser une nouvelle action de pression auprès du gouvernement népalais: nous allons réaliser une grande mosaïque de photos-portraits de gens tenant le panneau que vous trouvez en attaché (« Free the monkeys now¨ »).
Pour participer, c’est tout simple: imprimez ce panneau et prenez une photo de vous avec (votre visage n’a pas besoin d’apparaître en entier sur la photo si vous ne voulez pas,vous êtes libres de faire preuve d’originalité!), et de vos connaissances, de vos voisin-es, de vos collègues, etc. Envoyez-nous le(s) cliché(s) en JPG à animal.lib.geneve@gmail.com,

et faites suivre cet appel, pour que nous puissions rassembler des centaines de photos en peu de temps.
Si vous ne connaissez pas cette campagne, vous trouverez toutes les informations sur notre page: http://www.lausanimaliste.org/nepal.html

Un grand merci!
Pour eux!

LausAnimaliste et Le Collectif antispéciste de Genève adresse d’envoi des photos: animal.lib.geneve@gmail.com


et au Cambodge encore….


Jérôme : une vie en enfer

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