La Marée noire en Belgique
Bulletins d'information régulier sur le site
de
L'Unité de Gestion du
Modèle Mathématique de la mer du Nord et de l'estuaire de l'Escaut
Le point de la situation au 4 février 2003
L'épave du pétrolier "Tricolor" qui a sombré le 14 décembre
2002 au large de La Panne avec 2.862 voitures neuves à bord,
continue à baver son fuel gras sur les côtes belges et hollandaises.
Notre
pays se trouve donc aujourd'hui souillé à son tour par une authentique et
désastreuse marée noire, certes moins importante que celle survenue en Galice
mais qui menace tout de même notre si
précieuse Réserve Naturelle du
Zwin, un petit bijou de nature préservée non
loin de Knokke-Heist et où nichent nombre d'oiseaux rares.
Au large, des milliers d'oiseaux marins ont été affectés, essentiellement des guillemots.
A Ostende, un centre de sauvetage a été installé près de la
Vismijn. Les oiseaux y sont rassemblés et soignés.
Un autre centre s'est ouvert à Bruxelles et un autre encore à
La
Hulpe. Aujourd'hui encore , des centaines d'oiseaux viennent mourir sur
nos côtes, mais plus grand monde ne s'en soucie et les bénévoles se
font rares.
"La Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux vient de réaliser le comptage des oiseaux pollués récupérés
depuis le 24 janvier dernier au sein du Centre de Revalidation pour Oiseaux Handicapés d'Ostende (CROH). Ce sont
officiellement 4.878 oiseaux qui furent retrouvés, dont 2.667 vivants. Le nombre de victimes décédées est cependant
plus élevé car, dans quelques stations balnéaires comme Nieuport et Knokke, les cadavres ont été directement
placés dans des containers sans être comptabilisés ni déterminés.
Les plus grandes arrivées sur nos plages ont eu lieu les 25, 26 et 27 janvier. Ces derniers jours, ce sont surtout des
individus morts qui ont été rejetés sur la côte : 445 le 29 janvier, 741 le 30 et 451 le 31.
Ce chiffre a sensiblement chuté dès samedi 1er février (87). Il s'agit surtout de Guillemots de Troïl (3.315, dont 2.234 vivants).
Le nombre total de Guillemots victimes de cette pollution peut difficilement être estimé, mais on peut imaginer que le nombre
d'oiseaux récupérés ne représente que 10 à 20% du chiffre total.
D'autres espèces ont également été récupérées : Pingouin torda, Grèbe huppé, Fou de Bassan, Pétrel fulmar, Macreuse noire, Plongeon catmarin, Macareux moine,
Mouette tridactyle. La Protection des Oiseaux tient à manifester son plus grand respect et remercier chaleureusement les centaines de
bénévoles qui ont spontanément proposé leur aide. " Ces personnes, de tous
âges, méritent chacune une médaille ! "
Pour tout info supplémentaire : 02/521.28.50 - 0496/261.375
Hugues FANAL Roger ARNHEM
Directeur
Lire les informations de La Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux
régulièrement mises à jour en page
http://www.protectiondesoiseaux.be/action/tricolor/default.htm
Et
les dauphins ?
On frémit en pensant à la mort atroce et lente
que ces oiseaux ont du subir, par le froid,
la faim et la noyade finale...
Les quelques rares
phoques, marsouins et autres dauphins belges qui tentent de survivre dans l'une des mers les
plus polluées au monde ont du être touchés également, bien qu'aucun cadavre
de mammifère marin n'ait encore été découvert sur nos plages à ce
jour.
Sur la côte Atlantique espagnole, en revanche, cinq dauphins Tursiops, six dauphins communs, trois marsouins et treize
tortues ont été découverts englués dans le mazout du Prestige, selon
l'Organisation Espagnole pour l'Etude des Mammifères marins (CEMMA). Selon le même groupe, de nombreux autres animaux
marins risquent suffocation ou
ingestion et intoxication fatale.
UN ACCIDENT, DITES-VOUS
?
Le 18 mars 1967, les 123.000
tonnes de pétrole échappés du Torrey Canyon souillent 180 kilomètres
de côtes anglaises et françaises. Le 13 mars 1976, l'Olympic Bravey
s'échoue près de l'île de Ouessant avec 250.000 tonnes de pétrole.
Le 16 mars 1978, l'Amoco Cadiz se fracasse sur les récifs de Portsall,
déversant 230.000 tonnes de pétrole sur la côte de granit rose.
Le 12
décembre 1999, l'Erika pollue pour de longues années, toutes les plages
du Morbihan à la Charente, avec ses 28.000 tonnes de fuel. Enfin, le 13
novembre 2002, le Prestige vomit sur la côte atlantique, de la Galice à
la Bretagne, ses 77.000 tonnes de galettes de fuel lourd puis c'est au tour du Tricolor
en janvier 2003.
A ces "accidents" à répétition, pourtant bien prévisibles
depuis les années 60, auxquels il convient d'ajouter les incessants dégazages des pétroliers
au large (près de 5 millions de tonnes de fuel par an !), la
réponse des gouvernements européens, grands complices des industriels, a été
comme toujours celle de l'improvisation et du n'importe quoi.
Chez nous, alors que tant de bruit a récemment été fait au Parlement pour débattre en faveur du tabac et des voitures de sport de Francorchamps, un silence politique assourdissant a accueilli cette première marée noire qui est en train de détruire pourtant notre patrimoine naturel.
Comment se fait-il que ce soit une fois encore de braves bénévoles qui se
tapent tout le boulot et le sauvetage des oiseaux en sus, alors qu'il y a belle
lurette qu'une force d'intervention nationale assistée par l'armée, aurait du
être mise en place à l'initiative des autorités fédérales pour aider les
oiseaux et nettoyer les plages ?*
Comment se fait-il que les armateurs, les affréteurs, les négociants et autres
entrepreneurs voyous du pétrole s'en sortent toujours sans payer le moindre
centime ni participer aucunement aux opérations de nettoyage ?
Comment se fait-il qu'il faille attendre la catastrophe pour que notre pays se
soucie enfin d'imposer une double coque aux pétroliers qui défilent jour et
nuit par centaines le long de nos côtes ?
Il est temps
aujourd'hui que le Gouvernement belge prenne sérieusement les choses en main et
réagisse autrement que par des mesurettes molles dont on sait qu'elle ne seront
jamais appliquées*.
Il est temps aussi qu'il assure, au-delà de nos célèbres querelles
politico-régionales, une protection sérieuse de notre environnement et qu'il transforme notamment la
côte belge et des bancs de sable qui la bordent en d'authentiques réserves naturelles,
dotées de tous les moyens humains et financiers nécessaires à leur bonne
gestion.
Il est temps enfin que, de façon plus personnelle, chacun se pose la question :
En toute intelligence, faut-il vraiment continuer à
faire usage des énergies fossiles - essence, diesel, mazout de chauffage - alors
qu'elles sont si destructrices, que tant d'alternatives
existent et qu'en outre, le pétrole semble aujourd'hui, plus que
jamais, un terrifiant fauteur de guerre ?
Tout quiconque utilise une voiture doit se sentir, peu ou prou,
co-responsable de ces massacres en mer.
Il est inutile de protester contre le
transport des hydrocarbures ou de réclamer des doubles coques si on ne change
pas dans le même temps de moyens de transport ou à tout le moins de sources
d'énergie.
C'est au consommateur de base qu'il revient de boycotter à jamais le
moteur à explosion et son funeste carburant.
Vive la Belgique !
Comme pour démentir les
acerbes critiques du gouvernement belge qu'on aura lu plus haut, le journal
"Le Soir" du 5 février 2003 vient nous apporter quelques bonnes
nouvelles. Par la plume d'Eddy Surmont, nous apprenons en effet que
:
"La Belgique est le premier pays à transposer en loi les normes de la directive « Erika 1 », adopté en 2001 par la communauté européenne suite au
naufrage du pétrolier Erika au large de la Bretagne dans le but de mettre un terme au trafic de « bateaux poubelles».
Un arrêté royal déposé par la Ministre de la mobilité, Isabelle Durant (Ecolo) sera publié au Moniteur
avant la fin de cette semaine.
A l'avenir, la Belgique contrôlera au moins 25% des bateaux faisant escale à Anvers, Zeebrugge, Bruxelles, Gand et Ostende - cela représente 169 bateaux
détenus en 1999, plus de 140 en 2000, 105 en 2001 et 80 en 2002.
En outre, elle pourra refuser l'accès aux ports belges aux bateaux battant pavillon
d'un des pays repris dans la liste « noire » (Albanie, Honduras, Algérie, Liban,
Lybie, Turquie, la Roumanie, Chypres...) publiée dans le rapport annuel du mémorandum d'entente de la Convention de Paris, ratifié par 19
pays Européens et par l'Amérique du Nord.
Toutefois, si ces dispositions prises par la Belgique afin de lutter contre les « bateaux poubelles » - dont les pétroliers à simple coque et autres
vieux rafiots battant pavillon de complaisance et naviguant avec des marins mal rémunérés et nullement formés- sont louables en soi, elles ne seront
sans doute pas efficaces pour sauvegarder les plages d'une marée noire ou d'une autre catastrophe tant que les autres pays riverains de la mer du Nord
et de l'Atlantique n'en font pas de même. A commencer par la France qui, malgré les nombreuses pollutions maritimes survenues sur son territoire, n'a
contrôlé que 10% des bateaux ayant fait escale en 2002 dans un de ses ports
(...) "
Lire "Le Soir" en
ligne
http://www.lesoir.be/
Par ailleurs, M. André
Flahaut, Ministre des Armées, vient de dépêcher ses troupes sur nos côtes. Électoralement
très habile, mais ce ne sont pas les petits oiseaux marins qui s'en plaindront,
c'est clair !
En leur nom, donc, merci, André ! Merci à l'armée belge !
COMMENT AIDER ?

Ce dont les centres de revalidation ont le plus besoin, pour l'instant, ce sont des
cartons et des draps propres
et secs afin de soigner les oiseaux une fois qu'ils sont nettoyés.
Et d'argent,
bien sûr, pour acheter tout le matériel nécessaire et le petits poissons qui
servent à nourrir les rescapés.
Pus de détails sur les sites suivants :
Toutes les nouvelles et comment aider sur le site
de la Baleine Libre
http://users.swing.be/baleine_libre/actu/actu2512.html#lrbpo
Fonds de solidarité à Liège
www.srpa-liege.be/index.htm
Centre de revalidation d'Ostende
(si vous êtes volontaires pour aider à nettoyer les oiseaux)
059/27.34.43 ou
059/27.34.45.
Protection des oiseaux
http://www.protectiondesoiseaux.be/
UGMM
http://www.mumm.ac.be/FR/News/index.php
EUROPEAN CETACEAN SOCIETY
www.broekemaweb.nl/ecs