Marineland : les vilains petits mensonges de Pascal Picot

Pascal Picot a récemment repris le funeste rôle de directeur a Marineland. Pas de tout repos !

 

Marineland : les vilains petits mensonges de Pascal Picot

Le recours des trois parcs marins français contre l’arrêté de Ségolène Royal fait couler beaucoup d’encre et agite bien des passions. Il est dommage, cependant, que personne ne se donne la peine d’étudier plus attentivement les déclarations de certaines parties en présence et de les vérifier. Ainsi, M. Pascal Picot, le nouveau directeur du Marineland d’Antibes, déclare dans une interview à Libération :

« Dans la pratique, l’interdiction de la reproduction (en plus de tout nouveau transfert) ne va pas non plus sans poser quelques problèmes. L’objectif de la ministre de l’époque était la disparition à terme des cétacés en captivité. Mais comment s’y prendre ?

Impossible, par exemple, de séparer selon les sexes les individus d’un groupe de dauphins sans causer un stress.
«C’est de la maltraitance», renchérit Pascal Picot. Autre option, la contraception chimique, écartée elle aussi par le directeur du parc d’Antibes : «C’est possible de manière temporaire, pour quelques mois, mais nous n’avons aucune étude quant aux effets sur le long terme, ce n’est pas réaliste».


 

Reprenons …

« Impossible, par exemple, de séparer selon les sexes les individus d’un groupe de dauphins sans causer un stress ».

M. Picot ne sait apparemment pas de quoi il parle, ce qui est logique au vu de sa formation professionnelle de gérant de Centerparks.
Qu’il apprenne donc qu’en milieu naturel, quand les dauphins peuvent vivre selon leurs propres normes dans tout l’espace qu’ils désirent, les mâles sont séparés des femelles.

La société des dauphins Tursiops s’organise en effet autour des femelles.
Au centre, la matriarche avec ses filles, ses amies, ses enfants, et ses petits-enfants.
En périphérie, les adolescents et les alliances de mâles. Ceux-ci ne rejoignent les femelles de leur groupe que pour chasser ensemble ou intervenir en cas de danger. Leur rôle est à cet égard assez proche de celui des éléphants mâles, en plus complexe.

Ces groupes de mâles réunis en duos ou en trios – eux-même alliés à d’autres « gangs » – se déplacent sur de vastes distances pendant de longues semaines pour s’aller séduire – parfois de force – les femelles des clans voisins. Les frères et pères montant la garde autour du petit village marin, on imagine les beaux combats d’honneur qui suivent, mais que l’on quitte sans vraie blessure.
Ce type de contacts un peu brutal n’empêche nullement que des amitiés se nouent entre mâles et femelles de clans voisins en dehors des périodes de reproduction.
L’exogamie est la règle absolue chez tous les cétacés, et c’est là l’une des raisons de la signature sifflée qui permet de repérer l’origine d’un individu.

En captivité, la gestion d’une communauté de mâles est souvent dramatique.
Lorsque Ivo est arrivé de Bruges à Duisburg dans le même bassin que PlayBoy et ses femelles, une bagarre féroce a aussitôt éclaté. Elle s’est conclue quelques semaines plus tard par la mort de Play Boy, le foie éclaté par le rostre d’Ivo.
A vrai dire, toute la violence en bassin provient de cette tension entre mâles. Il est insupportable pour eux de nager parmi les femmes et  enfants toute la journée et toute la nuit, repoussés de toutes parts, mordus, chassés, nigauds, inutiles, dominés ou alors ultra-dominants.
Quand ils pètent les plombs, même en bassin, ce seront les femelles les plus âgées qui imposeront toujours leur loi et qui rosseront au besoin les mâles trop turbulents.

Play Boy en train de mourir à Duisburg

 

C’est pourquoi, loin de constituer une maltraitance, séparer les mâles et les femelles serait au contraire dans la droite ligne de leurs comportements culturels normaux ! 
C’est d’ailleurs ce que fait le plus généralement le Delphinarium de Harderwijk dans son lagon extérieur.  La tension entre mâles retombe aussitôt que les femelles ne sont plus présentes, même si leur sexualité peine sans doute à être satisfaite.

Car pour faire bonne mesure, il faudrait évidemment que ces mâles puissent aller lutiner ailleurs d’autres femelles que leurs mères ou leurs soeurs.
Ils devraient pouvoir se déplacer librement le long des côtes à la recherche d’une jolie delphine d’une autre tribu qu’ils coinceraient entre leurs corps pour lui faire l’amour au terme d’une longue poursuite. Celle-ci les suivrait peut-être quelques jours, puis elle rentrerait chez sa mère et ses tantes, enceinte jusqu’au rostre, pour élever son bébé en famille au sein de petites crèches mobiles.
C’est ainsi que cela passe vraiment chez les dauphins.
Et c’est ce qui est évidemment impossible à reproduire en captivité.


La contraception chimique est écartée, elle aussi, par le directeur du parc d’Antibes :
«C’est possible de manière temporaire, pour quelques mois, mais nous n’avons aucune étude quant aux effets sur le long terme, ce n’est pas réaliste.»

Eh non, Monsieur Picot. Aucune étude.
Et c’est même un scandale que ni vous, ni SeaWorld, n’ayez jamais songé à le faire en près de 50 ans d’existence.
Lorsque Tilikum est mort, les défenseurs des orques ont tenté d’obtenir de SeaWorld qu’une autopsie vraiment complète soit réalisée.
Jamais l’effet réel de la captivité sur les organes internes des orques et des dauphins captifs, dont les corps seraient comparés à ceux de cétacés échoués morts de mort naturelle, n’a été mesuré.
Il aurait été intéressant de voir dans quel état de dégradation se trouvaient le foie, les poumons ou même le cerveau de Tilly. L’usage intensif d’antibiotiques et de calmants depuis l’enfance a du aussi laisser quelques traces dans les tissus.

Les dernières heures de Tillikum


Dès lors, oui, la contraception chimique sur le long terme peut avoir des conséquences dommageables
.
Mais l’on peut difficilement croire que ceux qui ont été capables d’inséminer artificiellement une orque avec succès et s’en sont tant vantés, seraient tout à coup incapables de placer un simple stérilet sur une femelle dauphin ou de procéder à tout autre moyen de contraception.

A défaut il reste encore la solution de réunir les 32 cétacés captifs en France et dans les DOM TOM dans un gigantesque sanctuaire marin. Si jamais des bébés venaient à naître, ils naîtraient en mer, au sein de grands groupes de dauphins dont certains, comme Malou, Lotty ou Sharky, sont nés dans l’océan et s’en souviennent parfaitement.
Ils apprendraient à chasser leur poisson.
Et rien ne s’opposerait à ce que tout le monde prenne le grand large un jour, une fois les filets levés…

 

Sur l’image de ce sanctuaire marin, les petits points dans le plus petit cercle sont des orques…

Help Retire Lolita and the Orcas at Marineland Antibes to a Seaside Sanctuary

Lolita à Miami, les 4 orques à Antibes sont tous des esclaves qui appartiennent à un seul propriétaire immensément riche : Parques Reunidos.
Pour cette compagnie espagnole aux dimensions internationales, rien ne serait plus facile que de mettre en place un sanctuaire marin et de se débarrasser une bonne fois du problème, qui est déjà en train de tuer SeaWorld et l’Aquarium de Vancouver.

Mais non ! La compagnie s’obstine !

En France, Pascal Picot ne voit même pas le boulet qui lui arrive en pleine gueule. Il ne comprend pas que le monde a changé. Il va pleurer au Conseil d’Etat avec son copain le directeur du cirque Pinder, l’expert en pédophiles, pour avoir le droit de torturer et de produire encore de nouveaux esclaves.

Nous savons TOUS que Wikie crèvera comme Kasatka est morte, d’une maladie de peau, d’une pneumonie, d’une torsion de l’intestin ou d’une autre de ces maladies nosocomiales inusitées qu’on ne trouve qu’en bassin. Et qu’ensuite ou avant elle, ce seront Inouk, Keiko et Moana, qui auront chacun sans doute une façon de mourir bien atroce.

Nous savons TOUS qu’à chacun de ces décès, l’horreur du public ne fera que croître, comme à SeaWorld et menacera d’autant la bonne santé des affaires.

Nous le savons tous.

Mais pas M.Picot. Ni Parques Reunidos.
Merci de le leur rappeler !


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