Massacre à Taiji : saison 2016-2017

 

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Le roi Philippe et la reine Mathilde effectueront une visite d’Etat au Japon du 9 au 15 octobre prochains, à l’invitation de l’empereur Akihito. Au même moment, les captures et les massacres battront leur plein dans la baie de Taiji. Son Altesse Royale plaira-telle la cause des dauphins auprès de son ami Shinzo Abe ?

Massacre à Taiji : saison 2016-2017

お願いです。もうこれ以上イルカを殺さないでください。

Cette année encore, comme depuis 40 ans, des dauphins seront rabattus au large vers une côte à l’Est du Japon du mois de septembre 2016 à mars 2017.
Le processus reste immuable : une flotte de pêche cerne les familles de cétacés et les pousse devant eux en frappant sur des tiges de métal creuses plongées dans l’eau.
C’est ce qu’on appelle la « chasse au rabattage' », sans doute la méthode la plus cruelle au monde pour tuer des animaux.
Terrifiés, assourdis, les dauphins sont regroupés dans les eaux peu profondes d’une petite baie que l’on referme derrière eux avec des filets.

Son nom est désormais connu dans le monde entier : la Baie de la Honte.
La baie de Taiji, celle que « The Cove » a fait découvrir à des millions de spectateurs horrifiés.

Taiji, ce nom sinistre qui souille le drapeau du Japon du sang de milliers d’innocents assassinés sans honte et en riant, comme à Nankin.

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Un bébé Tursiops reste près de sa maman, noyée dans le filet.

 

Pour la saison de chasse au rabattage 2016/2017 à Taiji,  voici les quota tels que communiqués par l’Union des Pêcheries et publié par les courageux activistes d’Iruka & Kujira (IKAN).
Ces quota permettent la prise de 1.820 cétacés, soit :
134 dauphins du Pacifique à flancs blancs
450 dauphins bleus et blancs
414 dauphins Tursiops aduncus du Pacifique
400 dauphins tachetés 
251 dauphins de Risso 
101 globicéphales 
70 fausses-orques

Ce total a été réduit par rapport à l’année précédente de 53 animaux, avec des réductions importantes pour les grands dauphins et les dauphins de Risso (48 animaux prises en moins ) tandis que les dauphins de Risso ont été réduits de 5 individus (de 256 à 251).
Rappelons qu’une « loterie » a également eu lieu, qui a permis de vendre à l’avance les plus belles prises aux delphinariums demandeurs.

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Taiji : les quota de la saison 2016-2017

 

Les captures sont le moteur des massacres

Une fois prisonniers dans la baie de Taiji, les dauphins peuvent attendre ou être massacrés tout de suite, selon l’espèce rabattue.
Dans le cas des cétacés utiles à l’industrie des delphinariums, tels que le dauphin Tursiops, les captifs font l’objet d’un premier examen.
Il s’agit généralement d’un « pod » entier, c’est à dire d’une petite tribu dont les membres terrifiés se serrent les uns contre les autres au milieu du filet.

Arrivent les dresseurs, qui sélectionnent les juvéniles en bonne santé à la peau claire et sans cicatrice.
Les vieux, les bébés, les mâles adultes n’ont aucune chance à cette sinistre loterie.  Les dauphins choisis  sont entourés de plongeurs qui les extraient de l’eau avec violence. Certains se noient dans les filets en tentant de s’échapper, d’autres s’échouent ou se jettent contre les parois rocheuses, d’autres sont tirés par la caudale jusque à ce qu’ils n’aient plus de souffle. Ceux qui restent regardent, épouvantés, leurs enfants s’en aller.

Les futurs esclaves sont amenés rapidement à la Dolphin Base, une annexe flottante du Taiji Whale Museum.
Ces enclos de planches, de filets et de tonneaux ne sont que la première étape de leur vie de captifs. Après avoir reçu une dose massive de calmants, les dauphins y subissent une période de « désensibilisation » et de dressage intensif, moment critique où l’animal n’a que deux options : soit il apprend à obéir aveuglément et à manger des cadavres de poissons, soit il crève de faim, d’épuisement et de désespoir.

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Dauphin de Risso : premier dressage. Ca passe ou ça casse.

Seuls les costauds s’en sortent.
D’autres n’y parviennent pas. Ainsi, Misty en 2010, petite delphine terrifiée dans une cuve minuscule, totalement seule, serrant dans son rostre un petite bouée jaune face aux parois de son bassin, nous montre ce qu’il advient des faibles et des malades…

Les dauphins sans intérêt pour la captivité attendent toujours dans la baie.
Une nuit. Deux nuits, sans manger, sous le soleil de la baie, à tourner en rond sans fin avec l’angoisse au ventre. Le moindre bruit produit pas les hommes les font sursauter.  Ceux-là sont bons pour l’abattoir.

Il s’agit surtout des globicéphales ou de dauphins du Pacifique à flancs blancs, qui ne valent pas grand-chose sur le marché du delphinarium, car trop peu résistants à la vie en bassin. Beaucoup de cétacés sont massacrés dès la capture. Mais afin d’échapper au regard des observateurs, les bouchers opèrent désormais à l’ombre de tentes en plastique bleu. La méthode actuelle est habile, car elle limite les écoulements de sang et ne rend plus la mer toute rouge.

Les dauphins vivants sont fermement maintenus.
On leur enfonce une longue tige en métal à l’arrière de la tête, à l’endroit supposé de leur tronc cérébral. La plaie est ensuite refermée avec un morceau de bois pour éviter que le sang ne se répande et que l’eau ne se colore en rouge. Un petit bouchon attaché au « tournevis » permet de récupérer l’outil s’il venait à se détacher.

Ce n’est qu’au bout d’une dizaine de minutes d’une agonie atroce que la victime finit enfin par expirer.
10 longues minutes de souffrance absolue. Selon le Dr. Butterworth , loin de mener à une mort rapide, cette méthode provoque une hémorragie  importante, associée à une paralysie. L’agonie s’accompagne de suffocations et de tremblements, jusqu’à ce que la perte de sang finisse par venir à bout de la victime.  Aucun abattoir dans un pays civilisé ne serait autorisé à infliger une tel traitement au bétail, si ce n’est peut-être les abattoirs industriels de type kasher ou halal, où l’égorgement sans étourdissement crée une situation assez similaire au moment de l’abattage.

La chair de ces dauphins sera vendue aux supermarchés, aux restaurants, aux cantines scolaires ou à la boutique de souvenirs des delphinariums nippons.
Elle servira aussi à fabriquer des croquettes pour chiens et des engrais agricoles.
La viande de dauphin est pourtant hautement toxique et dangereuse à consommer, du fait que ce mammifère marin, placé au sommet de la chaîne alimentaire, accumule dans son corps une quantité importante de mercure et d’autres polluants, ainsi que des substances radioactives depuis le récent Tsunami. Mais elle se vend aussi de moins en moins bien. Ce qui fait tourner le commerce, ce sont les captures !
Et aussi, sans doute, la volonté délibérée d’en finir avec les dauphins et de laisser les poissons aux seuls pêcheurs. Un raisonnement stupide qui anime également le massacre des otaries aux USA ou celui des phoques en France, alors que la surpêche industrielle – dont le Japon est le champion pour ce qui est du thon ! – est bien évidemment la seule responsable de cette désertification des océans.

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Bientôt, des agents des delphinariums venus du Japon, de Chine, de Singapour, d’Égypte, de Dubaï, des Emirats Arabes, des Philippines, de Thaïlande, du Vietnam, de Turquie, de Tunisie, d’Egypte, de Russie, d’Ukraine, de la République Dominicaine, du Mexique, ou de la Corée du Sud et du Nord, se pressent autour des bassins de dressage. Peu leur importent que les dauphins de Taiji ne soient plus autorisés à la vente par la WAZA !
Sous l’oeil attentif des acquéreurs, les premiers hamacs chargés de leur dauphin vivant s’élèvent vers le ciel, suspendus à une grue puis posés dans un camion. Direction : l’aéroport ou la route, vers les delphinariums locaux.

En 2012-2013, 1.486 dauphins de 6 espèces différentes  ont été débusqués au large puis rabattus dans la baie de Taiji.
899 d’entre  eux furent tués de façon abominable. 340 furent rejetés en mer, dont deux jeunes dauphins de Risso non sevrés arrachés à leur mère et totalement incapables de survivre seuls. 247 furent gardés vivants pour les delphinariums dans les enclos de la Dolphin Base (Taiji Whale Museum) et dressés sommairement, en attendant d’être vendus.
Du 1er janvier 2013 au 1er juin 2013, un total estimé de 67 dauphins ont été soit exportés à l’étranger soit déportés vers des delphinariums nationaux.
53 cétacés furent envoyés à 3 pays : la Chine, la Corée du Sud et la Russie. La Chine a acheté 30 dauphins : 15 Tursiops, 7 dauphins à flancs blancs, 2 dauphins de Risso et 4 cétacés d’espèces non déterminées. La Russie a reçu 4 Tursiops et la Corée du Sud au mois 2. Pour ce qui est des transferts à l’intérieur du Japon 27 grands dauphins, 2 dauphins du pacifique à flancs blancs et de 2 dauphins tachetés pantropicaux ont été achetés par des aquariums japonais. Le sort des dauphins non vendus sur le lot des 247 individus capturés reste à ce jour inconnu.

En 2015-2016, un total de 902 dauphins de 5 espèces différentes ont été chassés puis rabattus dans la crique de Taiji.
Sur ce total, 652 ont été abattus, 133 ont été relâchés et 117 ont été réduits en esclavage.

Personne ne pourra plus interrompre la campagne 2015-2016 qui se prépare aujourd’hui, comme depuis trop d’années .
Mais nous prions le Japon qu’il accepte de renoncer à ces pratiques indignes d’un pays aussi raffiné sur le plan culturel.
Doté d’un cerveau aussi complexe que le nôtre, le dauphin est un animal extraordinaire, qui a maintes fois sauvé des vies humaines. Ces créatures marines font preuve d’un comportement social harmonieux et complexe, mais aussi d’une grande sensibilité et d’altruisme.

Le Professeur Thomas White, auteur du livre « In Defense of Dolphins : The New Moral Frontier » écrit à leur propos : « La complexité intellectuelle, sociale et affective des cétacés atteint un niveau tel qu’il est impossible de ne pas les considérer comme d’authentiques « personnes », au sens juridique du terme. Chaque individu est différent d’un autre et chacun vit dans un contexte culturel et social qui lui est propre. A ce titre, dauphins, marsouins et baleines doivent être considérés désormais comme «non utilisables» par les humains. Il est, de ce fait, éthiquement indéfendable de tuer, blesser ou de garder ces êtres en captivité pour satisfaire nos besoins, qu’ils soient économiques ou alimentaires ».

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Toshima est très appréciée par les visiteurs japonais

 

Le whale-watching est la solution.
A Mikura, à Toshima (qui a déclaré les dauphins citoyens d’honneur de la ville), à Taiji même, on l’a l’ont compris. Les bénéfices des sorties en mer compensent rapidement le salaire du sang.
Certains ultra-nationalistes nostalgiques d’un Japon replié sur lui-même prétendent qu’il s’agit là d’une tradition nipponne, que nul n’a le droit de critiquer. Si ce pays a certes derrière lui un long passé baleinier, l’enfermement des dauphins en bassin est cependant une coutume née en Floride dès la fin des années 30, avec le soutien de la US Navy. La mode n’a touché l’archipel nippon qu’après la guerre 40, avec le base-ball et les hamburgers.

Et même s’agirait-il d’une tradition millénaire qu’il faudrait y renoncer, tant à Taiji qu’à Futo. Mais aussi en Norvège, aux Iles Féroë, en Islande. Les cétacés n’ont que faire de nos traditions ! Ils veulent juste vivre libres et heureux !

Voilà l’argumentaire dont nous suggérons à son Altesse Royale Le Roi Philippe 1er de Belgique de bien vouloir s’inspirer, ainsi qu’à son premier ministre, pour leur prochaine rencontre avec le boucher aux mains sanglantes, M. Shinzo Abe, qui soutient personnellement ces effroyables massacres.

 

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Le premier ministre Shinzo Abe et son homologue belge.

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Shinzo Abe au sanctuaire Yasukuni, s’inclinant devant la tombe de criminels de guerre

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C’est au nom du même nationalisme que des horreurs ont été commises par le peuple japonais.

Ecrire au Premier Ministre du Japon, M. Shinzo Abe

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 Sire ! Merci de plaidez la cause des dauphins au Japon !

« Le roi Philippe et la reine Mathilde effectueront une visite d’Etat au Japon du 9 au 15 octobre prochains, à l’invitation de l’empereur Akihito.
Les souverains seront accompagnés à cette occasion par le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, et les ministres-présidents des Communautés et Régions.
Cette visite a été annoncée ce lundi par un communiqué du Palais royal. Le programme de cette visite d’Etat comprend des activités à Tokyo, Nagoya et Osaka, précise encore le Palais.

L’année 2016 marque le 150e anniversaire de la signature d’un premier traité bilatéral entre le Japon et la Belgique qui a conduit au développement de relations économiques fortes entre les deux pays. Les relations diplomatiques entre la Belgique et le Japon ont été établies le 1er août 1866, avec la signature d’un Traité d’amitié, de commerce et de navigation.

Dans ce contexte, divers événements commémoratifs politiques, économiques, culturels et autres – comme le 7ème « week-end de la bière belge » à Tokyo du 16 au 25 septembre prochains – ont été organisés ou vont l’être jusqu’à la fin de l’année. Ces événements impliquent des institutions, des entreprises, des organisations académiques, des associations et des citoyens des deux pays »

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Les souverains belges et le couple impériale

Tout courrier destiné à Leurs Majestés le Roi et la Reine doit être adressé comme suit :
A Sa Majesté le Roi / Sa Majesté la Reine / Leurs Majestés le Roi et la Reine
Palais Royal
Rue Brederode, 16
1000 Bruxelles



Japon : l’Enfer des cétacés !