Misty le dauphin et sa petite bouée jaune

Misty le dauphin et sa petite bouée jaune


Durant les derniers jours de l’année 2010, de courageux activistes du Sea Shepherd étaient parvenus à filmer un petit dauphin découvert par hasard, qui s’accrochait à la vie dans une piscine crasseuse à Taiji, au Japon. Son seul réconfort était une bouée jaune. L’eau de sa piscine était noire, jonchée de poissons morts.

Ce n’était qu’une simple vidéo  de 49 secondes prise le 29 décembre 2010.
Certaines images étaient tremblantes et confuses, mais une chose était parfaitement claire : un dauphin  – une jeune femelle, probablement – flottait près du bord d’une  piscine de la Dolphin Base à Taiji en s’accrochant à une bouée de bateau en plastique jaune toute sale.
Cette vidéo nous donnait pour la première fois un aperçu de ce qui se passait réellement derrière les murs de la Dolphin Base.
Sa diffusion déclencha un mouvement  d’indignation mondial, porté par le groupe « Save Misty the Dolphin« .

 

Ces images nous montraient surtout le sort réservé aux dauphins qui ne comprenaient pas ce qu’on attendait d’eux.
Misty avait été à l’évidence capturée quelques jours plus tôt. Elle avait été arrachée à l’océan et à sa famille lors d’une battue épuisante, suivie d’une attente terrifiée derrière les filets et d’un massacre  d’une violence inouïe. Sitôt dans les enclos flottants, on lui avait injecté une bonne dose de calmants puis on lui avait rapidement fait comprendre que pour manger, il faudrait obéir.

Les humains paraissaient essentiellement préoccupés par la manipulation de ballons ou d’autres objets et par des mouvements à exécuter. Quand le geste était correctement fait, on recevait du poisson mort.
Misty s’appliqua de toutes ses forces…

Les enclos flottants de la Dolphin Base.

Mais lorsqu’elle fut jugée malade et mise à l’isolement, elle n’avait pas encore tout bien saisi. Elle pensait qu’il fallait juste tenir un objet en plastique bien serré dans son rostre et qu’alors les humains seraient contents, et qu’ils lui donnerait à manger.

Alors, elle serrait, elle serrait sa petite bouée jaune dans son rostre, Misty.
De toute sa vie, elle n’avait jamais été seule.  Et là, dans ce bassin sinistre, sans personne près d’elle, sans même un dresseur ou un gardien pur lui tenir compagnie, elle perdait tout doucement la raison.
Alors, elle serrait bien fort sa petite bouée, pour qu’on l’aime, qu’on lui parle et qu’on la sorte de là.

 

Il apparut par la suite que Misty avait été isolée des autres dauphins de l’établissement du fait d’une infection pulmonaire bactérienne.
A l’époque, le Capitaine Paul Watson avait offert 5000 $ de son argent personnel pour que Misty soit soignée et remise en mer. Mais le Taiji Whale Museum, qui en était propriétaire, ne voulut rien entendre.

Une campagne internationale, « Save Misty the Dolphin » fut alors lancée sur Facebook. Des milliers de personnes interpellèrent par faxes, e-mails ou coups de téléphone les responsables de la Dolphin Base 24 heures sur 24. Puis après cinq jours d’une pression intense et continue de la part des militants, Misty fut enfin transférée dans une piscine un peu plus propre.

 

Les dernières images filmées que nous avons d’elle ont été prises quelques jours seulement avant le tremblement de terre et le terrible tsunami qui ont frappé le Japon en mars 2011.
Il semble qu’elle ait été placée dans une zone hautement sécurisée de la Dolphin Base, où les gens peuvent nager avec les dauphins.
La Dolphin Base refusa de répondre à toute autre question sur Misty et ne permit pas non plus aux militants d’aller lui rendre visite.

La vidéo nous montre la petite delphine près de la grille d’un autre bassin.
Cette fois, elle a compris ! Elle lance sa petite bouée ! Mais elle la lance vers les autres dauphins, comme si ceux-ci pouvaient l’aider, comme s’ils pouvaient venir à son aide. Hélas, ces détenus–là sont devenus fous. Ils tournent  toute vitesse dans leur caisson métallique, en attendant qu’on vienne les chercher pour les envoyer mourir au loin.
Ils ne voient même pas Misty.
Ils ne font pas attention à elle…

En 2012, une dernière photo est apparue, qui est supposée représenter Misty – à  gauche – avec un compagnon.
Est-ce le cas ?  Le groupe Save Misty The Dolphin, dissous aujourd’hui, l’affirme.

Quoiqu’il en soit, depuis lors, plus personne n’a jamais revu Misty.
Peut-être est-elle encore vivante aujourd’hui, en 2017, quelque part Russie, en Turquie, en Egypte ou à Dubaï ? Qui peut le dire ?
Qui pourrait raconter le destin atroce de ces malheureux arrachés à la mer année après année, torturés dans des centres de détention puis vendus comme esclaves dans les pires delphinariums du monde où ils s’éteignent misérablement au bout de quelques années ?

Misty à gauche de l’image, sous réserve.

Plus encore que les massacres sanglants qui concluent chaque pénible campagne de pêche au rabattage, c’est sur la longue souffrance, sur l’insondable désespoir des dauphins capturés qu’il faut mettre l’accent.
Car cette souffrance, d’autres dauphins la subissent encore tous les jours sur notre propre territoire.
Croit-on vraiment que Malou, Lotty ou Sharky à Antibes aient oublié l’océan de leur enfance ? Croit-on vraiment que leur vraie vie ne leur manque pas ou qu’elles seraient incapables, à la différence des dauphins de Corée, de retrouver la liberté après 20 ou 30 ans de détention ?


Nous devons freiner la folie meurtrière du gouvernement japonais de Shinzo Abe. Nous devons arrêter ces captures insensées, ce gigantesque marché d’esclaves qui rappelle les sinistres heures de la Traite des Noirs.
Mais nous devons bien sûr aussi arrêter cette industrie mortifère partout où elle sévit, en France comme en Belgique.
La Suisse, quant à elle, s’en est déjà débarrassé !



Merci de nous rejoindre à Bruxelles le 1er septembre prochain devant l’ambassade du Japon !

Pour Misty ! Pour Angel ! Pour tous les dauphins captifs !

 


Manifester

Participate in JAPAN DOLPHINS DAY with Ric O’Barry’s Dolphin Project

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