Polynésie française

Dauphins captifs en plein océan !


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Napoli Marco 
 


29 septembre 2010

Touche pas à mon pote !


Le Groupe d'études des Mammifères Marins en Polynésie française vient de lancer une campagne en faveur des dauphins libres de la région, condamnant dans le même temps la multiplication des "delphinariums des petits états insulaires", source de revenus immenses pour les grandes entreprises spécialisées dans ce type d'esclavagisme, mais surtout, cause d'une dislocation des sociétés de dauphins locaux et de leur disparition à court terme. 

Nous ne pouvons qu'encourager de tout coeur une telle initiative, noble et généreuse. 

Trop d'Humains domestiques profondément décérébrés, abreuvés de séries télévisées idiotes, d'I-Pods débiles et d'incitation permanentes à l'achat par le biais d'une publicité toute-puissante, s'imaginent que le monde est à leur image, tout ravi d'obéir aux ordres.

Eh bien, non : comme le souligne Alain Portal dans un e-mail récent, pour autant que l'on sache, aucun dauphin jamais n'est entré volontairement dans un delphinarium !

Quant aux cétacés libres, le whale-watching tel qu'il se pratique aujourd'hui, de manière sauvage et non contrôlée par les pouvoirs publics, sans respect pour le bien-être des individus observés, il constitue également une grave menace pour les baleines, les cachalots ou les dauphins. 



Aïto, un grand dauphin meurt à 28 ans à Moorea
en Polynésie française

et les mensonges qui vont avec....le temps de vie d'un dauphin est estimé dans cette dépêche
à la botte de l'Industrie du dauphin esclave à 25 ans.
La vérité scientifique : un dauphin libre mâle vit au-delà de la quarantaine,
une femelle au delà de la soixantaine.
De qui se moque-t-on ?



Dauphin brûlé par le soleil, faute d'abri
Merci à Pascal Rhodes pour cette info précieuse


 

 

Rangiroa, Tahiti, Papeete  : les eaux de la Polynésie française font rêver, car elles regorgent de diverses espèces de cétacés libres, dont les dauphins. Certains tentent de les protéger, de les faire mieux connaître, notamment par le biais de législations contraignantes ou d’excursions en mer tendant à respecter le bien-être et les modes de vie de ces espèces en voie de disparition, hautement sociales et intelligentes. 

 

D’autres, au contraire, les exploitent et vendent leurs corps aux plus offrants. Les bénéfices peuvent être fabuleux ! Et que vaut la liberté d'un bestiau marin fasse à une augmentation des profits ? 

 



Le tourisme "low coast" n’arrange pas les choses : venus d’Europe ou des USA, les voyageurs sont évidemment convaincus par les delphinariums de leurs pays respectifs que les dauphins captifs sont des dauphins heureux.

Ils se réjouissent donc
d’en voir sur place, tout de suite, et de pouvoir les toucher, voire de se faire guérir par eux. 
Ces vacances aux Antipodes sont courtes et très chères.


Pas le temps de prendre le risque de passer une journée en mer sans voir un dauphin de près.
Autrement, dans le bateau, il risque d'y avoir une sacrée sale ambiance : tout le monde tire la gueule. Autant de putains de bons dollars américains dépensés pour aller se faire chier à contempler des oiseaux de mer ?
Et les organisateurs de se mordre les doigts, bien incapables qu'ils sont de faire venir près d'eux de force des dauphins libres.

 

Bien sûr, il reste encore à visiter (plus pour longtemps, réchauffement climatique oblige), de magnifiques récifs de coraux, des poissons bigarrés, des plages de sable fin où courir sous les platiers, des plongées avec masque et tuba dans les courants tièdes qui vous emportent sans effort dans la baie de Tiputa... 
Et souvent, c'est le miracle, une armada de dauphins joyeux vient de bon coeur saluer les touristes.


Mais cette formule, écologiquement défendable, reste néanmoins une entreprise risquée, coûteuse, peu rentable par rapport à d'autres formules commerciales que pratiquent les grands hôtels locaux  et les compagnies spécialisées en dauphins dressés mais également en dauphins libres, puisqu'elles organisent elles aussi des excursions marines sans doute moins écologiques.     

 


 

Car tout de même ! Vous voilà en voyage de noce du côté de Papeete et vous aimeriez voir des dauphins de près ? Rien de plus simple !
Prenez le cap de Moorea !

Il y a là quatre prisonniers dont deux sont nés captifs et deux capturés en mer, arrachés à leur famille au large des côtes de Floride et désormais dauphins soldats retraités de la US Navy. Ils trouvent aujourd'hui confinés dans un enclos à quelques mètres de l'océan


Accueillis dans un cadre de vie certes plus convenable que celui que pourrait leur fournir la plupart des "meilleurs" delphinariums européens, ces dauphins domestiques n'en devront pas moins travailler et travailler encore, pour faire gagner de l'argent aux hommes.

Ils devront  exécuter des shows, obéir au sifflet, sauter en l'air, faire semblant d'aimer les visiteurs humains qui défilent dans leur mini-lagon, tout cela en échange d'un morceau de poisson mort et d'un peu de sécurité, puisqu'ils ont depuis longtemps perdu les clés de leur propre monde. Parfois, on leur laissera même faire une petite sortie en mer, très contrôlée, pour accompagner les nageurs.

 


 

Mais souvenons-nous : ce seront bientôt là les DERNIERS dauphins présents dans le Pacifique, avant que ces îles ne soient englouties à terme sous les eaux montantes du changement climatique. 
Les charmants dauphins à long bec  et autres cétacés libres qui visitent encore les alentours du lagon et filent  à vive allure dans ses eaux transparentes, sont en effet les ultimes exemplaires vivants d'une race qui ne manquera pas de disparaître d'ici peu, à cause de la famine, de la pollution et des désagréments d'une présence humaine excessive dans cette partie du monde autrefois calme et préservée.  
 


 

Voilà bien la futur de la biodiversité : quatre dauphins captifs dans un delphinarium de Polynésie française au beau milieu de l'Océan Pacifique.
Et tout autour, bientôt, des récifs de coraux blanchis, une mer vides de poissons, pleine de méduses géantes, poisseuse de pétrole et privée d'oxygène. Une bouillasse brune à l'infini sous une pluie d'ultraviolets mortels.....


La mise à mort de la faune et de la flore marine, sa prétendue sauvegarde sous cloche d'animaux clowns clonés et autres tigres transformés en animaux domestiques, constituent à n'en pas douter une aubaine pour les entrepreneurs audacieux du futur qui investissent dans le tourisme  ! Et c'est déjà au mon une bonne nouvelle pour l'essor de l'économie...  

 


  

 



Photo Cosetta Bordet

Un grand merci à Napoli Marco pour m'avoir procuré les autres photos qui illustrent cette page

 


 

Gulfport: dauphins captifs  en bord de mer


Ile Maurice : un whale-watching hors contrôle fait fuir les dauphins

 

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