Morgan à Loro Parque

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Morgan à Loro Parque


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Morgan s’échoue à Loro Parque

9 juin 2016

Morgan s’échoue et ne bouge plus (2)

« Quand Morgan s’est échouée sur le béton, juste après le show où elle s’était fait agresser, sa respiration était assez peu profonde.
Le son de sa voix semblait stressé et sonnait comme si elle souffrait, encore plus à chaque fois, en redressant la tête.
La plupart des gens dans le public semblait penser que c’était la fin du spectacle et beaucoup ont pris des selfies avec Morgan souffrant à l’arrière-plan. Je décide alors de continuer à filmer, puisque Morgan se tenait toujours dans la même position, montrant des signes de respiration superficielle et un inconfort sévère. Tandis que le public quittait les gradins, je me suis déplacé pour prendre des images jusqu’à ce que Morgan soit face à la lentille de la caméra.
Une dresseuse se tenait à quelques pas de Morgan en regardant la foule s’en aller. Les 2 autres orques nageaient toujours dans le bassin et souvent, venait faire du « spy hop » pour voir ce que faisait Morgan. J’ai demandé à la dresseuse si Morgan était ok, sa réponse fut : «Oui, elle est très bien comme ça, elle veut être hors de l’eau ».
Finalement, nous avons du tous partir et quand je me suis retourné, Morgan était encore là, sur le bord. Cela faisait plus de 10 minutes qu’elle était comme ça. Tout ce que je pouvais faire maintenant était de quitter les lieux, le cœur battant d’émotion, en tentant de retenir mes larmes.

Lire l’article complet sur Voice of the Orcas 


26 mai 2016

Morgan s’échoue et ne bouge plus

Une vidéo récente filmée par des « Morgan Monitors » anonymes à Loro Parque nous montre Morgan complètement hors de l’eau, échouée sur le béton.

Après que le dernier spectacle de la journée se soit terminé, Morgan a brusquement glissé sur le « slide-out », où elle est restée 10 minutes selon les témoins – et peut-être plus.

Bien que nous ne pouvons pas expliquer la raison de son comportement, le fait de voir une orque autrefois sauvage sur le sol rigide d’une zone de spectacle est troublant, pour dire le moins. Certaines personnes ont pris des selfies avec Morgan en arrière-plan. Malheureusement, Morgan était encore hors de l’eau au moment où les vidéastes ont du s’en aller.


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Morgan la petite orque perdue en 2016

« À quoi pense l’orque Morgan quand elle flotte sans bouger, les flancs lacérés de cicatrices ?
À sa mère, sûrement, et à la mer tout autour d’elle, du temps qu’elle nageait encore libre avec sa famille dans les fjords de Norvège.
Elle croupit désormais dans une geôle sinistre à Tenerife, parmi des orques très perturbées. Voilà 4 ans que Morgan vit l’enfer dans les bassins de Loro Parque ».

Un article d’Yvon Godefroid pour One Voice


 

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Morgan agressée dès son arrivée. Aucune matriarche n’est présente pour faire régner l’ordre.

Morgan et les orques maltraitées de Loro Parque
D’après un article de David Kirby

 

Depuis le 29 novembre 2015, Morgan a entamé sa quatrième année de détention au Loro Parque à Ténériffe.
Si chacun connaît son histoire, en revanche, la personnalité de ses compagnons de cellule est souvent moins bien connue. L’article de David Kirby, daté de 2013, nous décrit cette famille de cauchemar, composée de nés captifs hors contrôle et d’une petite fille venue de l’océan, Morgan.

 


 


Les défenseurs des animaux cherchent désespérément à convaincre le gouvernement américain d’intervenir dans le cas de 6 orques de SeaWorld «louées» au Loro Parque, un parc à thème dans les îles espagnoles des Canaries.
Illustré de preuves photographiques présentant au moins deux orques de rang inférieur couverts de morsures, un nouveau rapport accablant rédigé par un scientifique de premier plan en matière de cétacés affirme que le gouvernement fédéral doit rapatrier d’urgence ces mammifères marins aux États-Unis.

« Le groupe d’orques détenues au Loro Parque est fondamentalement dysfonctionnel et les dresseurs n’ont pas assez d’expérience pour reconnaître ou aborder cette question. La surveillance à distance de SeaWorld n’a pas suffi à empêcher les problèmes d’organisation sociale au sein de ce groupe de cétacés ».
Le Dr Naomi Rose, « senior scientist » à la Humane Society International, a écrit à la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), qui s’occupe des problèmes légaux concernant les mammifères marins captifs en même temps que l’USDA. « La situation à Loro Parque ne peut assurer aux orques le bien-être auquel elles ont droit, dit-t-elle, et une fois de plus, nous vous invitons à contraindre SeaWorld de rapatrier ces animaux ».
La lettre de Naomi Rose a été cosignée par Animal Welfare Institute et la Whale and Dolphin Conservation.

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Les deux membres subalternes du pod artificiel et hautement dysfonctionnel de Loro Parque font régulièrement l’objet d’attaques violentes, qui laissent de profondes cicatrices gravées dans leur peau. Une telle chose serait impensable chez des orques de liberté.

La première victime est la jeune femelle Morgan, une orque sauvage qui s’était perdue au large de la côte néerlandaise et qui, après de longues batailles devant les tribunaux, s’est échouée à Tenerife.
« Depuis son transfert, elle a été sans cesse brutalement attaquée et soumise à la pression sexuelle excessive d’une orque mâle que l’on enferme souvent avec elle dans le même bassin » explique à propos de Morgan le Dr Ingrid Visser, membre du New Zealand’s Orca Research Trust, dans le rapport qui a été soumis à l’USDA et la NOAA afin que ces instituions procèdent à un rapatriement.

Les dresseurs du parc font par ailleurs preuve d’un « manque évident d’empathie à son égard » précise le Dr Visser.
Qui ajoute : « Ils ignorent ses appels à l’aide et pour un peu d’attention et tiennent aucun compte des attaques agressives dont elle fait l’objet de la part de autres détenus. »
Ingrid Visser a observé Morgan pendant 77 heures sur une période de huit jours et a été témoin de près de 91 agressions, un chiffre sans précédent connu, depuis l’arrivée de la malheureuse en 2011.
« Morgan a été attaquée en moyenne plus d’une fois par  heure», écrit-elle encore, notant qu’une étude similaire menée sur une autre orque captive n’avait  enregistré d’épisode agressif qu’une fois tous les 234 heures. En d’autres termes, Morgan fait l’objet de 100 fois plus d’attaques à Loro Parque que l’orque observée dans l’autre étude. Elle a subi plus de 320 perforations et traces de morsures. Toutes ses blessures sont attestées par des photographies.
Et le Dr Visser d’ajouter : « Cela n’inclut évidemment pas les mutilations qu’elle s’inflige à elle-même lors de comportements anormaux et répétitifs, tels que de  telles que de frapper la tête contre les parois en béton du bassin ».
Lire le rapport d’Ingrid Visser

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Tekoa

L’autre orque maltraitée se nomme Tekoa.
Le Dr Visser a désigné dans le rapport judiciaire  comme « l’orque le plus attaqué et le plus mordu de toute l’industrie de la captivité dans monde entier. » La vie confuse de Tekoa n’a jamais été facile. A plusieurs reprises, il a été tout à la fois auteur et victime d’attaques graves qui n’auraient jamais pu se produire en milieu naturel. Mais si l’on considère l’environnement social délirant dans lequel on l’a forcé à vivre, ce type d’agressions s’explique aisément.

En 2006, SeaWorld a expédié quatre jeunes cétacés, tous nés captifs, à Loro Parque pour une location renouvelable après 25 ans, en échange d’un pourcentage des bénéfices acquis par le parc espagnol et de la propriété des enfants nés de ces orques.

Les quatre orques transférés, deux mâles et deux femelles, avait déjà mené une vie que j’ai décrite comme «interrompue» dans mon livre Death at SeaWorld.
Les femelles se nomment Kohana et Skyla. Les deux mâles sont liés à Skyla. Keto est son demi-frère et fils comme elle de Kalina. C’est le membre le plus âgé mais aussi le plus perturbé du quatuor. Mais c’est le martyr vécu par Tekoa, demi-frère de Skyla dont il partage le père, Tilikum, qui a attiré l’attention de nombreux défenseurs des animaux.

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Taina


Tekoa est né à Orlando d’une mère instable nommée Taina.
Celle-ci est un hybride bizarre né d’une mère résidente islandaise et d’un père issu du Pacifique, au sein d’une tribu d’orques transient. Ce genre de naissance ne peut avoir lieu qu’en captivité. Taima a attaqué son premier-né et s’est montrée tout aussi agressive avec Tekoa. Mère et fils ont été séparés lorsque Taima a essayé de le tuer.
Taina est morte en mars 2014, à l’âge de 20 ans.

En avril 2004, SeaWorld envoyé Tekoa à San Antonio avant de le « prêter » à Loro Parque en 2006. Cet accord transatlantique a stupéfait les défenseurs des cétacés captifs. Les orques, qu’elles soient dans l’océan ou dans une piscine bondée, n’en restent pas moins des créatures hautement socialisées qui apprennent de leurs aînés les normes de comportement appropriées.

Les mères, grands-mères, les frères et sœurs aînés gardent le contrôle sur ceux qui dysfonctionnent et mettent fin aux débordements et à la discorde qui perturbent la cohésion et le bon fonctionnement du groupe.

« Ces orques sont tellement jeunes, elles n’ont pas reçu une éducation normale, et maintenant les voilà en Espagne, sans qu’aucun adulte ne puisse les surveiller » a déclaré un observateur. “C’est comme dans le livre Le Seigneur des mouches là-bas.”

La petite famille dysfonctionnelle a récemment augmenté.
En octobre 2010, la très jeune Kohana a donné naissance à un enfant mâle, Adan, qu’elle a immédiatement rejeté.
En août 2013, elle a encore donné naissance à un bébé, la petite Victoria, qui fut elle aussi promptement repoussée par sa mère. Keto est le père des deux enfants mais, comme le souligne Elizabeth Batt dans le Digital Journal, il est aussi apparenté à Kohana, ce qui signifie que celle-ci a été mise enceinte deux fois par son oncle !
Victoria mourut quelques mois plus tard.

Si la société orque est très stable en mer, à Loro Parque, c’est tout le contraire.
Les dresseurs ont déjà payé le prix de cette instabilité, mais c’est aussi le cas pour les orques, en particulier les membres dominés de ce monde matriarcal.
L’humble et timide Tekoa a subi une grande partie du poids de la violence physique, comme en témoignent les photos prises avant son départ et après son arrivée. Sa peau est couverte de marques en « râteau » gravés par les dents coniques et pointues de ses compagnons de bassin. Contrairement à ce qui se passe dans l’océan, lorsqu’une orque est attaquée au Loro Parque, elle n’a nulle part où fuir, nulle part où se cacher.

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Tekoa blessé

Cette photo, publiée par le journaliste Tim Zimmermann, montre que la face dorsale de Tekoa est couverte de cicatrices, de blessures, de marques de dents infligés par ses co-détenus, dont certains lui sont apparentés par la « magie » de ce minuscule univers consanguin des orques captives de SeaWorld.
« Tekoa est définitivement subordonné, même s’il ne se situe sans doute pas au dernier échelon de la hiérarchie de Loro Parque. Aujourd’hui , c’est Morgan et les deux jeunes récemment nés qui occupent cette position », termine Naomi Rose. « Dans une société orque sauvage, personne ne se battrait comme ça ! »

David Kirby

Selon des rumeurs réitérentes (mars 2013, été 2015), l’orque Morgan serait enceinte de Keto. Un véritable scandale, quand on connaît son jeune âge (7 ans) . En mer, les femelles n’accouchent qu’aux alentours de leur 11ième voire 13ième année.


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Morgan, quelques jours après son arrivée à Loro Parque


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