Mort de Maris : les bélugas captifs s’éteignent aux USA

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26 octobre 2015 

La mort du béluga Maris : un suicide ?

Même si « l’autopsie est en cours », on sait que le décès de Maris fut brutal et inopiné.
Il a eu lieu dans l’après-midi, sous les yeux des autres bélugas, en moins d’un quart d’heure, alors que le matin même, la jeune femelle semblait encore en pleine santé.
Maris avait perdu ses deux bébés et le dernier tout récemment. Le suicide est sans doute la cause de sa mort.

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Mais de cela, les delphinariums ne se soucient guère
.
Il y aura toujours une « torsion de l’intestin » ou une infection fongique quelque part pour expliquer de manière physiologique ces milliers de cétacés tués par la captivité depuis les années 50.

Le patron du Georgia Aquarium, un vieillard sinistre et grimaçant,  a déclaré qu’il maintenait les spectacles et qu’il envisageait de se procurer d’autres bélugas à l’avenir. Le procès pour obtenir les 18 bélugas russes est toujours en cours. 5 bélugas sont déjà morts au Georgia Aquarium depuis son ouverture en 2005: Gaspar, Marina, deux bébés et maintenant Maris.

Aveugle et sanguinaire, l’Industrie devenue folle poursuit sa course en avant.
Jusqu’au précipice.

https://www.youtube.com/watch?v=TX4-_GfIsVw

 


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Maris died after being an experiment in life and death
Publié par Mo Brock

 

La mort de Maris la béluga fut un choc pour nous tous, y compris pour l’Aquarium de Géorgie.
Mais l’Aquarium de Géorgie sait également une chose qu’il crie rarement du haut des toits de ses bassins clos : l’industrie du béluga en captivité est en train de s’éteindre, tout aussi sûrement que meurt chacun de «ses» bélugas.

Mourir est une chose. Mais s’éteindre ? Qu’il ait trompé le public américain ou non, l’Aquarium de Géorgie a utilisé le mot «extinction» pour parler de ses captifs, un terme généralement réservé aux populations sauvages. Il est évident qu’il s’agit d’un abus de langage. Mais il est vrai aussi que l’industrie du béluga captif décline et meurt à petit feu, avec son misérable stock de 35 baleines blanches actuellement détenues dans les aquariums américains. Désormais, le seul point important pour cette industrie est de se fournir au plus vite en sang neuf.

Ecoutons ce que disait l’Aquarium de Géorgie lorsque le second bébé de Maris est née.
« Grâce aux soins extraordinaires et continus que les bélugas reçoivent de la part d’organisations zoologiques accréditées comme le Georgia Aquarium, la naissance de l’enfant de Maris est une victoire importante. Elle est en effet le premier bébé béluga né viable de parents nés eux-mêmes dans un environnement humain ».

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Maris donnant naissance à son second enfant


Maris est né à l’Aquarium de New York en 1994.
Le père de son bébé, Beethoven, a vu le jour pour sa part en 1992 au SeaWorld de San Antonio.
Et voilà que le Georgia Aquarium nous avoue aujourd’hui que jamais auparavant, aucun béluga né captif de la 3ième génération n’avait encore été produit avec succès. Il n’y avait jamais eu jusqu’alors une seule naissance réussie issue d’un couple né captif.

Même si le Georgia Aquarium a été ravi d’annoncer que le second enfant de Maris était considéré comme «viable» – un jalon important dans «l’expérience» en cours pour comprendre comment se reproduisent les bélugas en captivité – le bébé n’a pas survécu au-delà de 26 jours.

L’Aquarium a passé beaucoup de temps à nous rappeler alors que le taux de mortalité des premiers nés était très élevé aussi chez les bélugas sauvages. Mais il n’a commencé à parler de cette «victoire» de faire naître un captif de la 3ième génération, que lorsqu’il a estimé que ce deuxième enfant survivrait.

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Beethoven

 

Pourquoi avoir caché cette information jusqu’alors ? Est-ce juste un autre exemple du «rideau de fumée et de miroirs déformants » que le juge Totenberg accuse le Georgia Aquarium d’utiliser ? (Procès Georgia Aquarium v Pritzker, page 98)
Nulle part dans ses récentes déclarations à la presse ou devant le tribunal, le Georgia Aquarium n’avait reconnu ce fait significatif : il n’y avait jamais eu, avant l’enfant de Maris, de bébé viable né de deux bélugas captifs.

Que faire, devant un tel échec ? Capturer ! Importer!
On comprend mieux dès lors pourquoi que le Georgia Aquarium a pris cette initiative sans précédent d’importer 18 bélugas sauvages capturés en Russie pour renforcer son stock de géniteurs.
18 ! C’est plus que tous les bélugas nés en mer actuellement détenus aux USA !
18 bélugas arrachés à leur famille et à leur monde pour relancer la reproduction en bassin. Pour maintenir une industrie. Pour continuer à faire croire au public qu’il a le «droit» de les voir exposés dans des bassins. Pour « l’amour » que les visiteurs portent aux bélugas et qui fait tinter le tiroir-caisse.

Comme le résume de manière juste et succincte le juge Amy Totenberg dans son ordonnance dans l’affaire Georgia Aquarium VS ​​Pritzker page 76 :
« En outre, les arguments de Georgia Aquarium laissent entendre que – contrairement à l’intention expresse de la loi sur la protection des mammifères marins (MMPA) – les exceptions limitées pour l’exhibition publique et les permis de recherche scientifique prévues dans la section 1374 ouvrent les vannes à la libre importation des mammifères marins. Nulle part, la loi ne dit que les delphinariums ont le droit inaliénable d’importer des cétacés pour les exhiber aux États-Unis ». (Doc. 55-1 à 49)

L’Aquarium de Géorgie sait que l’industrie du béluga captif est en train de mourir aux Etats-Unis, aussi sûrement que sont morts tous les bébés de la 3eme génération.
L’industrie du béluga en captivité est en train de s’éteindre car ses bassins ne détiennent plus qu’une poignée de bélugas capturés en mer et que seuls 3 d’entre eux sont des mâles.

  • Ferdinand (M), SeaWorld de San Diego, capturé en 1975 pour le Zoo de Duisburg.
  • Naluark (M), Mystic Aquarium, capturé en 1992
  • Imaq (M), SeaWorld Texas, capturé en 1990
  • Natasha (F), SeaWorld Texas, capturée en 1984
  • Mauyak (F), John G. Shedd Aquarium, capturée en 1984
  • Martha (F), SeaWorld Texas, capturée en 1988
  • Crissy (F), SeaWorld Texas, capturée en 1988
  • Allua (F), SeaWorld Texas, capturée en 1985
  • Kela (F), Mystic Aquarium, capturée en 1985
  • Naya (F), John G. Shedd Aquarium, capturée en 1992
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Ferdinand le béluga solitaire, transporté du Zoo Duisburg jusqu’à SeaWorld.

Ceci n’est certainement pas l’écurie d’étalons et de femelles reproductrices dont les aquariums américains ont besoin pour reconstruire une population génétiquement variée, et donc robuste, de bélugas captifs. L’industrie le sait. Pour cette raison, l’Aquarium de Géorgie a tenté d’importer ces 18 bélugas capturés en Russie. Mais sa tentative a échoué, car l’Aquarium n’a pas pu démontrer que ces captures n’avaient aucun impact négatif sur les populations sauvages.

Il est impossible de parler d’une industrie moribonde sans en venir au sort de chacun des 35 bélugas actuellement captifs aux États-Unis.
L’Aquarium de Géorgie dit souvent : « Eh bien, oui, les cétacés meurent, en mer comme en bassin ». Ou bien « C’est la vie ! Vous devez vous y faire ! ».
Eh bien, non. Moi, je pleure les captifs encore vivants et ceux qui sont morts.
Mais surtout, je pleure les mères qu’on utilise dans le cadre d’expériences visant à obtenir un béluga né captif viable de parents nés captifs.
Combien de fois encore des femelles bélugas nées en captivité devront-elles faire l’expérience tragique de la mort de leur enfant, juste pour servir la science de l’élevage en batterie des delphinariums, avant que le public ne crie : « Ca suffit ! »
La mort de Maris et de ses deux bébés n’est-elle pas suffisante ? Peut-être pas, mais ça le devrait !

Repose en paix, Maris.

Mo Brock

 

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Maris qui ne connut que la vie captive