Naître au delphinarium

Halyn

Naître au delphinarium

Naître au delphinarium ! On nous présente souvent les dauphins nés captifs comme des dauphins heureux, des dauphins domestiques qui auraient oublié l’océan en moins d’une génération. Mais comment se sentirait un enfant humain dans de telles circonstances ? Comment réagirait-il s’il se rendait compte, à l’adolescence, que jamais il ne quitterait l’univers confiné des bassin ?
Comme un dauphin, sans doute. Avec de la rage et du désespoir.


 

L’arrivée d’un bébé est un argument de vente majeur pour l’industrie de la captivité. Ici, à Bruges, un panneau continue à annoncer les jumeaux de Roxanne alors qu’ils sont déjà morts tous les deux.

La reproduction en bassin : une pratique inutile et cruelle

L’IUCN a reconnu la nécessité d’établir des populations captives qui puissent se renouveler sans besoin d’apports extérieurs, « afin d’éviter la perte de nombreuses espèces, particulièrement celles à haut risque occupant des habitats très réduits, fragmentés et dégradés » (Mallinson, 2001).
Cependant, de nombreux delphinariums à travers le monde compensent toujours les pertes subies par leurs stocks captifs par des animaux prélevés en milieu naturel et aucun n’a relâché d’individus nés en captivité dans la nature pour favoriser la reconstitution des populations sauvages en danger ou menacées.

Il n’existe aucun inventaire centralisé des cétacés captifs en UE, ni un registre de leur taux de survie et de reproduction en captivité. En l’absence d’un dispositif global de notification des données sur les gestations, la mortinatalité et la mortalité néonatale les cétacés captifs, ou même sur le déplacement des individus entre les établissements, il est difficile d’évaluer l’étendue et le succès réels de la reproduction des cétacés en captivité.

Par ailleurs, la mortalité infantile chez les grands dauphins captifs, l’espèce la plus commune en captivité, est plus élevée qu’en milieu naturel (Woodley et al., 1997).
Les grands dauphins captifs ont des taux de mortalité plus élevés que leurs homologues sauvages (Duffield and Wells, 1991) et les taux de survie annuels des grands dauphins sauvages, immatures comme adultes, sont plus élevés que ceux relevés chez les spécimens captifs (Small et DeMaster, 1995a). Comparés aux grands dauphins, les taux de mortalité des orques captives, par rapport à leurs homologues sauvages, sont encore plus élevés (Small et DeMaster, 1995a).

Il est impossible d’obtenir des informations sur la reproduction du grand dauphin en captivité auprès du Programme sur les espèces menacées de l’EAZA, qui s’emploie à coordonner l’élevage de nombreuses espèces détenues dans les zoos de l’UE. Ces données ne sont pas publiées par l’organisation.
En revanche, le rapport annuel de l’EAZA indique en 2004 que « la mortalité néonatale est un problème majeur, qui ne permet pas, jusqu’à présent, de maintenir les effectifs de la population ex situ totale de grands dauphins à des niveaux stables sans apports extérieurs. Malgré des investigations pathologiques poussées, le problème n’a pas pu être résolu » (Van Lint et al., 2006).

Une révision de 1998 de l’European bottlenose dolphin studbook [Registre européen d’élevage du grand dauphin] a révélé un autre problème d’importance:
« Le nombre de dauphins fondateurs, en particulier de mâles, pourrait constituer un facteur critique à la croissance de la population européenne dans le futur » (Hartmann, 2000).
Face aux échecs de reproduction en captivité et à la mort prématurée de leurs cétacés, de nombreux delphinariums à travers le monde se tournent toujours vers l’acquisition d’animaux issus de populations sauvages. Si le nombre de delphinariums en Union européenne reste stable ou augmente, les importations de nouveaux dauphins prélevés à l’état sauvage pourraient s’avérer nécessaires, en dépit de l’interdiction sur l’importation de cétacés dans l’UE à des fins principalement commerciales, imposée par le règlement (CE) n° 338/97 du Conseil relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages par le contrôle de leur commerce.
Source : Dolphinaria Report page 19 et 20

 

Même en Europe, les « fondateurs  » capturés restent indispensables, car ils semblent être les seuls à être capables de se reproduire, y compris avec un né captif. Les enfants de la deuxième génération sont rares et très fragiles.

 


La sexualité des dauphins captifs

L’un des arguments favoris des delphinariums est que leurs dauphins se reproduisent parce qu’ils sont heureux. 
Si chaque naissance est saluée à grand bruit médiatique, et que chaque décès précoce fait l’objet d’un silence embarrassé,  il n’en demeure pas moins que cette assertion revient de façon réitérante dans la bouche des responsables de ces zoos marins.

Il faut donc insister ici sur deux points :
En milieu naturel, la vie sexuelle des dauphins est de type promiscuitaire, permettant par exemple des coïts à plusieurs et d’incessants échanges de partenaires, à n’importe quel moment de l’année. Même si des cycles existent- les enfants naissent au début de la belle saison – la vie sexuelle joue un rôle social essentiel chez les dauphins. Caresses et séduction sont d’excellent moyens de résoudre les conflits mais aussi, puisque chaque dauphin peut potentiellement être le père de chaque enfant, d’assurer à n’importe à quel petit une protection rapprochée.
L’accouplement ressemble quant à lui à une sorte de « viol simulé ». Sous l’eau, on n’est jamais de trop pour stabiliser une delphine et se livrer aux jeux de l’amour. Une fois ceux-ci lancés, néanmoins, l’imagination des dauphins ne connaît plus de limites et la sensibilité extrême de leur peau rend leurs échanges extatiques. Les préliminaires amoureux se prolongent souvent des heures avant qu’un double ou triple coït (chaque mâle succédant l’un à l’autre) ne conclue le rapport en quelques brèves et acrobatiques secondes.
Pour éviter d’ailleurs de telles scène n’aient lieu sous le regard des enfants pendant un spectacle, les dauphins mâles sont dûment calmés, notamment par des injections d’hormones féminines.

En bassin, les dauphins sont amenés à résoudre sans cesse des conflits, du fait du peu d’espace offert à un nombre important d’individus confinés. La tension y est aussi intense que dans une cellule surpeuplée de la prison de Lantin ! Le choix leur est donc donné entre les bagarres sanglantes et parfois mortelles (souvenons-nous du combat entre Ivo et PlayBoy au Zoo de Duisburg, qui mena à la mort de ce dernier), ou les rapports sexuels « apaisants », en ce compris homosexuels.

En bassin, la sexualité des dauphins est contrôlée par l’homme et de fait, très pauvre. Au point même qu’en l’absence de femelles, des dresseurs consciencieux n’hésitent pas à les masturber pour calmer leurs nerfs.

On a vu des images terribles du pauvre Valentin se frottant contre son propre fils né de l’inceste, Keijo.
Avec qui aurait-il eu des rapports ? Son demi-frère Inouk, sa mère Freya ? C’est donc avec sa demi-soeur Wikie qu’il a pu se soulager, mais pas complètement, comme on le voit.

Cette « hypersexualité » née de la captivité peut devenir frénétique et s’assimiler à une forme de zoopsychose. Elle sert alors essentiellement de dérivatif à l’ennui profond que ressent un cétacé solitaire. On comprend que ce même soulagement suscité par le plaisir physique est vivement exacerbé lorsque des femelles sont présentes et qu’il engendre de ce fait un nombre important de naissances.

Compte tenu du développement intellectuel  des cétacés, on peut à bon droit comparer la situation des cétacés captifs avec celle des détenus humains. Ceux-ci recourent abondamment à la masturbation pour « faire passer le temps » et lorsque les lois nationales autorisent de telles rencontres, honorent de façon vigoureuse leurs compagnes dans les « parloirs d’amour » mis à leur disposition. Nul doute que si ces femmes n’usaient pas de moyens contraceptifs, nombreuses seraient les naissances au fil de ces rencontres.

Est-ce à dire que ces détenus sont heureux ? Pas le moins du monde. La privation de liberté est une punition infligée à un délinquant, dont la pénibilité est calculée selon la gravité de ses crimes ou délits. La seule vraie différence entre l’homme et le dauphin tient au fait que si la plupart des prisonniers humains sont coupables et justement sanctionnés, tous les dauphins captifs sont par essence innocents…
Rappelons aussi que les crises, guerres ou les génocides n’empêchent nullement les humains de se reproduire, et même souvent
de manière plus intensive ou plus violente qu’en temps normal…


Naître en cellule

Pour en revenir aux dauphins nés captifs, une autre comparaison « anthropomorphiste » s’impose.
On sait les ravages psychologiques que subissent les nouveaux-nés humains nés en prison et qui partagent la cellule de leur mère sous les ordres d’une gardienne.
Très vite, ils comprennent que ni l’autorité, ni leur sécurité ni leur bien-être n’émanent pas de leur maman, mais de ceux qui l’enferment.
Le bruit des clés dans la serrure de la cellule, les cris des autres détenus, l’absence de stimulations suffisantes provoquent chez ces enfants des troubles tels que des alternatives ont été mises en place (séjour en crèche pendant la journée, visite de personnes extérieures qu vont promener le petit, etc. ) pour contrer les troubles du comportement qu’une telle situation engendre.
Car, quels que soient les efforts déployés, l’univers carcéral n’est pas un lieu de vie et de développement recommandé pour un petit enfant. «Les prisons ne constituent pas un environnement approprié pour les bébés et les jeunes enfants », relevait la recommandation 1469 du comité des ministres du Conseil de l »Europe en 2000. Elle ajoutait : « Dans les cas où de telles situations ne peuvent pas être évitées, il faut tout faire pour réduire au minimum les effets négatifs de l’incarcération sur les enfants et leur mère.»

– En est-il autrement pour les dauphins ? On peut en douter, au vu de leurs extraordinaires capacités cognitives et sociales, désormais reconnue par la communauté scientifique internationale. Tout comme la prison pour l’enfant humain, « les bassins chlorés et
bruyants ne constituent pas un environnement approprié pour les delphineaux.. »

 


Naissance dans de l’eau chlorée, un mauvais départ dans la vie…

Comment s’étonner dès lors que 50% des dauphins nés captifs meurent avant l’âge d’un an ? 
Malgré les affirmations des industriels du secteur et malgré les recommandations émises par la CITES et telles qu’entérinées par le Règlement Européen N° 3626/82 qui exige « qu’une population viable soit assurée par l’élevage en bassin », la reproduction en bassin ( dolphin-breeding) ne fonctionne pas comme elle devrait.

Selon Sweeney lui-même, un célèbre trafiquant de dauphins, 50% des dauphins nés captifs meurent avant l’âge d’un an, dont 23% lors du premier mois de leur vie aérienne. Les chiffres actuels doivent être similaires, malgré les « progrès » de l’obstétrique carcérale. Les avortements et les enfants morts-nés sont également légion en captivité et rares sont les dauphins nés captifs qui atteignent la maturité ou même le stade juvénile.
Plus exceptionnelles encore sont les naissances de la deuxième génération, lorsque, à la grande joie des dresseurs, deux dauphins nés captifs parviennent à engendrer un autre dauphin né captif… lequel s’éteint le plus souvent au terme de quelques heures. La chose est encore très rare aujourd’hui et les services reproducteurs d’une femelle ou d’un mâle « fondateur » au moins sont requis. Le terme « fondateur » est utilisé par l’Industrie pour désigner les animaux capturés en mer.

Les causes des décès sont d’ordre éthologique 
La cause principale de ces décès est d’ordre éthologique et environnemental.
On sait qu’en mer, les structures sociales des dauphins sont d’une extrême variété. Chez les Tursiops, l’accouchement se fait au sein d’un groupe social précis (les soeurs, les tantes, les anciennes, toutes regroupées autour d’une femelle dominante). Le delphineau est amené à la surface avec l’aide d’une autre femelle et la jeune mère apprend de sa propre mère ou d’autres amies plus âgées la manière adéquate d’élever son petit.

En mer, les dauphins vivent dans un milieu marin adapté à leurs besoins physiologiques, au sein d’une société solidaire et complexe.

Rien de tel en captivité, où les structures sociales normales n’ont plus cours.
La proportion normale en milieu naturel de deux mâles pour une femelle (2/1) est renversée en bassin, où les femelles sont plus nombreuses. Ceci entraîne des conflits tout à fait inédits et propres au seul milieu de la captivité entre des mères enceintes ou sur le point d’accoucher et même à des infanticides de la part de femelles jalouses.
L’allaitement est également difficile à pratiquer en bassin. Le stress y règne en maître et la jeune mère ne disposait jusque il y a peu d’aucune enclave d’isolement ou d’une petite baie pour faire retraite. C’est toujours le cas au Japon et dans de nombreux pays non-occidentaux, où l’élevage est peu pratiqué puisqu’on capture à moindre frais.

Les mâles sont généralement retirés du bassin à cette occasion ou bien encore, les mères isolées dans un bassin latéral.  Ces mises à l’écart ne peuvent cependant pas durer éternellement de sorte que le jeune dauphin encore fragile est toujours menacé de se retrouver broyé contre une paroi ou, comme cela s’est passé à Anvers, d’être englouti par une hotte aspirante et d’y mourir.

En outre, encore une fois, l’encadrement social étant absent, tous les gestes de la maternité deviennent plus malaisés ou simplement, n’ont même jamais été appris. Fillela et al (86) cité par Sweeney, ont pu enfin observer un autre comportement troublants: une mère a tué son nouveau né de façon délibérée lorsqu’elle s’est rendu compte que celui-ci souffrait d’une grave jaunisse et ne serait de toutes façons pas viable. Les mères, confrontées elles-mêmes à l’horreur de l’enfermement, abrègent-elles les souffrances de leur enfant plus souvent qu’on ne le croit ? La question reste posée.

Naissance de Duke, fils d’Ivo, en grande pompe, au zoo de Duisburg. Le bébé dauphin n’ a même pas atteint l’adolescence avant de mourir, cette fois dans le silence média le plus complet.

 


Enfant débile, soumis et névrosé  

Mal nourri, privé des stimulations sensorielles que lui aurait offert la mer libre et de tout rapport social satisfaisant pour les jeux et l’apprentissage – frères, soeurs, cousins, famille, clan, tribu – le delphineau né en captivité se développe mal, tant physiquement qu’intellectuellement. C’est ce qu’on appelle en anglais « failure to thrive » et en français, le retard de croissance staturo-pondéral. 

Dès le départ, le capital génétique du jeune dauphin est déjà affaibli, du fait des croisements incessants entre les enfants des mêmes reproducteurs et de la pratique de l’inceste, interdit en mer mais encouragé en bassin.

Les descendants de Tilikum sont appelés à se reproduire entre eux

Si son alimentation lactée a sans doute été correcte, celle que le tout jeune dauphin reçoit après le sevrage n’est pas non plus adaptée à ses besoins, puisque composée essentiellement d’un menu peu varié de poissons surgelés puis dégelés.
L’espace étroit où il circule est beaucoup trop petit pour qu’il puisse pleinement développer sa musculature. L’environnement totalement nu des bassins et les exercices répétitifs ne lui permettent pas de stimuler son intelligence ni de satisfaire sa curiosité.
Le chlore présent dans l’eau affecte ses poumons, sa peau blême n’a jamais vu le soleil ou en supporte trop dans des bassins sans ombre.
Son corps est gorgé des antibiotiques dont on le gave dès la naissance.

Origi et sa maman Roxanne au Boudewijnpark de Bruges. L’enfant mourra une semaine plus tard mais Roxanne sera encore mise enceinte aussitôt.

Certains nés captifs peuvent aussi développer une hémochromatose.
Chez l’être humain, il s’agit d’une maladie héréditaire qui se caractérise par une absorption excessive du fer alimentaire, due à une anomalie génétique. Non traitée, l’hémochromatose évolue insidieusement et risque de provoquer des atteintes graves (cirrhose, cancer du foie, insuffisance cardiaque…), susceptibles d’entraîner une mort prématurée.

Chez les dauphins en revanche, cette maladie n’est pas documentée en milieu naturel. Il s’agit d’une maladie typique de la captivité. Les cétacés et tous les mammifères marins plongent en apnée De ce fait, leur sang contient un taux d’hémoglobine très important ainsi que davantage de myoglobine dans leurs muscles. C’est pourquoi leur sang est tellement rouge. Cela leur permet de plongerà poumons vides et de stocker un quantité énorme d’oxygène dans le sang et les muscles, bien plus qu’aucun mammifère terrestre ne pourrait le faire. C’est ainsi qu’il peuvent rester en apnée près d’une heure durant dans le cas du cachalot, qui s’oxygène d’ailleurs activement avant chacune de ses plongées.

En captivité, aucune descente en profondeur n’est possible. Aucune apnée de longue durée ne s’impose. C’est alors sans doute que s’accumule le fer dans le sang des dauphins, en raison de processus physiologiques naturels. L’hypothèse est avancée par le Dr Naomi Rose. Une chose est sûre, en revanche : c’est que cette maladie ne s’observe qu’en bassin.
« Alors qu’aucune augmentation de fer dans le sang n’est observée au fil de l’âge chez les dauphins sauvages,autant le taux de ferritine augmente avec les années chez les dauphins captifs ».
Iron Indices in Bottlenose Dolphins (Tursiops truncatus)

 

Les derniers dauphins de Finlande étaient affectés par cette maladie du sang

Le delphineau né captif présente bientôt une musculature faible parcourue de spasmes nerveux.
Son estomac se dilate, sa pression sanguine devient excessive, ses blessures cicatrisent trop lentement.
Plus tard, s’il parvient à survivre, il présentera tout un ensemble de troubles du comportement : boulimie, hyper sexualité accompagnée de masturbations incessantes, déplacements circulaires de type autistique, sensibilité extrême au stress et à toute menace de changement dans son ordinaire pré-réglé sous la domination absolue de l’être humain.

Muet, le jeune dauphin l’est depuis son enfance : l’usage du sonar n’a pas de sens dans un bassin toujours le même dont les dauphins mémorisent aussitôt les contours. Et siffler entre soi n’a pas de sens non plus puisque rien de nouveau n’a lieu que l’on puisse commenter. Donc pas d’échanges, pas de connaissances. Juste l’imitation tragique du sifflet de son dresseur…

Bref, le dauphin né captif est une sorte de débile chétif, arriéré mental et hypersensible, qu’une attaque foudroyante de champignons parasites emporte généralement au bout de quelques années…
Il est exceptionnel que sa durée de vie excède les 10-15 ans, période critique de l’adolescence, un âge où les jeunes cétacés ont besoin, comme tous les mammifères, humains y compris, de s’aventurer dans le monde extérieur, de s’éloigner un temps de leur famille et de vivre en groupes de fabuleuses aventures marines. Tout cela est impossible au delphineau né captif qui, dans le meilleur des cas, sera transporté vers un autre bassin, séparé à jamais de son pod et soumis à un stress intense dans un nouvel environnement social promiscuitaire où il devra trouver sa place  s’il l’en trouve la force.
On a vu , avec la mort du petit Aïcko, à quelle degré la violence en bassin pouvait mener. Le malheureux est mort sous les coups, littéralement, de ses co-détenus plus âgés et n’a été mis à l’abri que quelques jours avant sa mort, pourtant très prévisible.

Aya et son fils Aïcko a Parc Astérix. Le delphineau est mort roué de coups à Planète Sauvage 5 ans plus tard.


Bon voyage, petit delphineau !

S’il survit, le delphineau n’aura pas un sort beaucoup plus enviable.
Soit il sera finalement enlevé à sa mère pour être revendu à un lointain delphinarium, soit il restera auprès d’elle toute sa vie, situation particulièrement pénible et névrogène pour les mâles, qui quittent les leurs vers 12 ou 15 ans en milieu naturel, mais reviennent toujours dans leur familles épisodiquement (fission-fusion).

Dans les cas des orques, on sait que c’est peu avant le sevrage que le bébé est brutalement arraché à sa mère.
Quand on mesure ce que signifie la maternité chez les cétacés, il va de soi que cette séparation représente une souffrance atroce, tant pour la mère que pour l’enfant.
Le plus souvent, cet enlèvement se solde chez les mères par une dépression grave, souvent soignée aux sédatifs et aux antidépresseurs.
Les morts de nouveaux-nés s’accompagnent également de « phénomènes de deuil », souvent lourds à gérer pour l’équipe médicale.
Dans les cas extrêmes de dépression, il arrive qu’une femelle tue le bébé de sa co-détenue. Le cas est survenu au Parc Astérix et à Planète Sauvage.  Dans ce dernier cas, le crime a été commis par Lucille, une delphinine dépressive qui a du laisser ses deux enfants derrière elle à Harderwijk.

Lucille


Mourir au delphinarium


Pourquoi tant de bébés dauphins meurent-ils en captivité ?

Le premier dauphin japonais né de l’insémination artificielle