Taiji : nouveaux massacres en 2003

Taiji, novembre 2003. Copyright Sea Shepherd.

Taiji, novembre 2003. Copyright Sea Shepherd.

Taiji : nouveaux massacres en novembre 2003

 

Dimanche dernier, treize bateaux de pêche ont rabattu une troupe de dauphins de Risso vers Taiji, une petite ville du centre du Japon, à l’occasion de la septième campagne annuelle d’une pêche plusieurs fois séculaire*.
Les dauphins ont été chassés vers une crique puis enfermés grâce à des filets, ceci pour les maintenir en vie avant leur abattage collectif, le lundi matin.

Une telle chasse fait partie du mode de vie coutumier de certains habitants de cette petite ville côtière de 4.000 habitants, lesquels sont très surpris de l’intérêt soudain que des associations de défense de l’environnement accordent au sort des cétacés locaux.

Début octobre, l’association Sea Shepherd a diffusé des images effrayantes sur le réseau Internet, montrant la mise à mort de 91 dauphins dans une petite baie aux eaux rougies de sang à Taiji.

Ces images ont été publiées dans de nombreux journaux et sur de nombreux sites web dans le monde entier. La semaine dernière deux membres de cette association ont été arrêtés par la police pour avoir découpé l’un de ces filets qui emprisonnaient les cétacés avant leur massacre final.

L’association Sea Shepherd affirme que ces chasses sont menées de manière extraordinairement sauvage et cruelle, dans le seul but de d’obtenir de la viande de cétacé, un article de luxe vendu très cher au Japon. L’association promet que d’autres actions de protestations seront menées.

Pour leur part, les citoyens d’un cité qui s’autoproclame « la ville des baleines » estiment que les protestataires occidentaux ignorent totalement leur culture et leur histoire.
Ils considèrent que ces protestations sont un affront direct fait aux baleiniers et aux pêcheurs de dauphins, dont le travail a permis cette ville de survivre économiquement depuis près de quatre décennies.

« Notre vie à tous dépend du succès de ces pêches » a déclaré une dame de cinquante ans , dont le mari et le fils participent à ces pêches. « Nous agissons de la sorte depuis des centaines d’années. »

Le quota de prises annuelles officiellement accordés à la ville de Taiji est de 2.900 dauphins. C’est l’une des pêches les plus importantes
d’un pays qui capture et massacre environ 22.000 dauphins par an, selon les agences de pêche elles-mêmes.

Les conflits entre la ville de Taiji et les protecteurs de la nature a pris une ampleur nouvelle lorsque le Japon a envoyé une flotte de cinq navires baleiniers début novembre 2003 dans l’océan antarctique, afin d’y mettre à mort plus de 440 petits rorquals. La viande de ces petites baleines finira dans les rayons des supermarchés, sur les tables des auberges et des restaurants japonais.

Bien que la Commission baleinière internationale ait imposé un moratoire sur les pêches commerciales en 1986, le Japon continue à tuer de grands cétacés (baleines et cachalots) dans un but prétendu de recherches scientifiques. Notons à cet égard que la CBI ne se soucie pas du sort des petits cétacés (dauphins, marsouins etc.)

Cachalots massacrées par les Japonais Copyright Ocean Defense International 

Cachalots massacrées par les Japonais Copyright Ocean Defense International

 * Les chasses au rabattage n’ont en fait repris au Japon qu’en 1969, sous l’impulsion des delphinariums locaux et internationaux. 

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D’après l’article : « More dolphins arrive in Japan after anti-hunt protesters » RYAN NAKASHIMA
TAIJI, Japan, Nov 23