ORCA Act : la loi qui va tuer SeaWorld ?

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Le corps de Sumar, 12 ans, est emporté au clos d’équarrissage.

Can the ORCA Act Shut Down SeaWorld?


Alors que SeaWorld vient d’annoncer à ses investisseurs qu’en 2015, les bénéfices de l’entreprise seront de 10 millions de dollars en deçà des prévisions, le parc marin assiégé pourrait maintenant devoir faire face à une guerre au Congrès.

Lors d’une conférence de presse en date du 6 novembre 2015, Adam Schiff, Représentant au Congrès du 28ième district de la Californie, a annoncé son intention d’introduire ORCA, un projet de loi visant à mettre fin à l’exhibition publique d’orques dressées. Cette loi arrêterait également les programmes de reproduction en captivité, en ce compris l’insémination artificielle et interdirait toute capture d’orques sauvages. S’il était adopté, l’ORCA Act aurait essentiellement pour conséquence d’éliminer tous les shows d’épaulards aux Etats-Unis et de rendre obsolète la base même de la politique de divertissement propre à SeaWorld.

« Il est évident que le préjudice psychologique et physique infligé à ces magnifiques animaux l’emporte de loin sur les avantages retirés de leur exhibition publique » a déclaré Adam Schiff lors de la conférence de presse qui s’est tenue à Santa Monica, en Californie.
« Nous ne pouvons pas être à la fois les gardiens responsables de notre environnement naturel, diffusant des messages sur l’importance du bien-être animal, alors que nos comportements ne reflètent pas nos principes ».

Selon Adam Schiff, l’Orca Responsibility and Care Advancement Act (ORCA) garantit que les orques actuellement captives seront les dernières.
« Nous allons désormais jouir du spectacle de ces créatures incroyables dans le milieu naturel auquel elles appartiennent » a-t-il déclaré.

 

Ce nouveau projet de loi est le dernier d’une longue série d’obstacles que SeaWorld a dû affronter depuis la sortie du documentaire Blackfish en 2013.
En 2014 déjà, le député de Californie Richard Bloom avait envoyé des ondes de choc dans l’industrie des mammifères marins avec son projet de loi Orca Welfare and Safety Act, qui visait à mettre fin aux spectacles d’orques et aux programmes d’élevage en captivité. Adam Schiff s’en est inspiré.

Le projet de loi AB 2140 de Richard Bloom est malheureusement mort en commission, avant même d’avoir fait l’objet d’un vote.
Ce fut l’une des rares victoires de SeaWorld, qui avait du entendre la même année le verdict de la Cour Fédérale lui confirmant définitivement que les interactions dans l’eau entre les orques et les dresseurs étaient bien dangereuses et prohibées.

Ce fut ensuite la California Coastal Commission qui accepta que SeaWorld investisse 100 millions de dollars dans son projet Blue World de bassins agrandis, à condition qu’il renonce à la reproduction des orques en bassin. Un procès est en cours pour casser cette décision.
« Rien ne justifie l’exhibition et l’élevage d’orques en captivité à des fins de divertissement » a rappelé le député Bloom lors de la conférence de presse d’Adam Smith. « Ces créatures appartiennent à l’océan, où elles parcourent chaque jour de longues distances et se nourrissent comme doivent le faire les prédateurs ».

 

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L’ennui peut être mortel…


Le projet de loi ORCA d’Adam Schiff, parrainé par le Représentant Huffman, District Californie, propose un plan pour mettre fin progressivement à la détention des orques captives au SeaWorld de San Diego, de San Antonio et d’Orlando
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La loi précise qu’elle entend « donner le temps aux installations concernées de faire la transition vers un avenir plus humain ».

Le projet de loi a reçu le soutien des organisations de défense des animaux tels que l’Animal Welfare Institute, la Humane Society et PETA.
« Le nombre croissant de preuves scientifiques s’accumulent en faveur des orques », a déclaré Naomi Rose, une scientifique spécialisée en mammifères marins de l’AWI.
« Ils sont tout simplement trop grands, ils ont besoin de trop d’espace pour voyager et ils sont socialement trop complexes et trop intelligents pour pouvoir s’épanouir dans une enceinte en béton. Les orques n’ont rien à faire en captivité ».

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SeaWorld Orlando

Et en France ?
Jusqu’à ce jour, le seul projet de loi similaire à celui d’Adam Smith est celui de la députée Laurence Abeille. Mais il ne vise pas spécifiquement à interdire la détention d’orques dans le seul parc d’attractions français qui en possède, le Marineland d’Antibes.
Après la catastrophe d’octobre dernier, cette entreprise entend pourtant reprendre ses activités comme par le passé, comme si rien ne s’était passé.
Deux orques sont mortes coup sur coup derrière ses murs depuis juin 2015 et le Marineland ne dispose plus en stock que d’une jeune femelle, de son frère et deux enfants mâles.  Cette situation intenable est la porte ouverte à de nouveaux transferts d’orques mais le monde politique français ne semble pas s’en être grandement ému.

Il conviendrait pourtant d’être vigilant quant aux importants changements qui se dessinent dans l’opinion publique. Bientôt, il sera impossible de séduire encore les consommateurs avec les spectacles humiliants et tragiques d’orques réduites en esclavage. Il faudra prendre alors des mesures pour assurer une retraite honorable aux détenus du Marineland, mais surtout pour mettre fin aux véritables meurtres en série dont les delphinariums se rendent coupables depuis les années 70.

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Marineland d’Antibes