Orques en surplus déportées vers l’Espagne

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Mort d’un dresseur, incestes, capture d’une orque libre, les crimes de Loro Parque sont innombrables et restent impunis, car la peur règne à Ténérife.

Orques en surplus déportées vers l’’Espagne


2013
L’enfer des orques à Loro Parque

2011
L’orque Morgan est transférée à Loro Parque

2009
L’orque Keto tue son dresseur

2004
Appel de la WDCS

 


9 décembre 2005

L’’heure du transfert des orques approche !

Le parc marin de Sea World à Orlando et son homologue de San Antonio prépare aujourd’’hui activement le départ des quatre jeunes orques vers Loro Parque à Ténérife, un transfert dénoncé dès 2004 par diverses associations mais qui n’’en aura pas moins lieu.

Le Sea World d’Orlando vient récemment d’’accueillir en son sein un nouveau bébé orque, ce qui amène le cheptel de ce parc à 10 orques.
A eux trois les Sea World d‘’Orlando, de San Antonio et de San Diego affichent donc aujourd’’hui complet avec leur population de deux douzaines d’orques captives. C’’est pourquoi la société commerciale Busch Entertainment Corp a pris en son temps la décision de se débarrasser de son surplus de baleines tueuses en les livrant au Loro Parque.

Le porte-parole de Sea World, M. Fred Jacobs, déclarait à ce propos : «Nous connaissons Loro Parque depuis longtemps, ils font un excellent travail ».

Ce delphinarium espagnol est une entreprise privée de loisirs animaliers qui se vante d’avoir pu faire se reproduire une enfant dauphin de cinq ans d’âge et qui expose aussi des perroquets vivants, des alligators, des grands singes et divers autres animaux, mais encore aucun épaulard.

Huit dresseurs de Loro Parque se sont d’’ailleurs rendus au Sea World de San Antonio l’’an dernier, afin d’’y apprendre les méthodes d’’élevage et de maintenance de ces grands cétacés noirs et blancs.

Un bassin d’’un volume de 7 millions de gallons (1 litre  = 0.22
gallons / 1 gallon  = 4.55 litres ) est en train d’’être construit par Loro Parque pour accueillir ces nouveaux pensionnaires.

Deux jeunes orques détenus aujourd’’hui à Orlando et deux autres à San Antonio seront emmenés par avion vers l’’Europe dès que les travaux seront achevés, sans doute en février 2006.

En principe, ces animaux ne sont pas sensés être vendus- les règlements de l’American Zoo and Aquarium Association impose en effet des échanges gratuits entre zoos pour préserver les espèces en voie de disparition, ce que ne sont pas encore les orques – mais il semble que le groupe commercial SeaWorld ait négocié un «arrangement financier » avec l’’entreprise Loro Parque.

Aucun détail n’’a été fourni à ce niveau, en dépit du fait que SeaWorld a souvent été critiqué dans le passé par des défenseurs des animaux pour avoir, par exemple, vendu au prix fort des bébés otaries à d’autres entreprises de loisirs.

La Humane Society of the United States a encore réitéré ses critiques contre les parcs marins qui exhibent des cétacés vivants, en insistant sur le fait que le public ne devrait pas visiter ni soutenir financièrement de tels lieux de contention.

« Vous pouvez garder des poissons sans problème, a répété le porte-parole de l’association HSUS, M. Richard Farinato, mais pas des orques ou des dauphins. Le problème avec eux, c’est qu’’ils s’’ennuient atrocement, manquent d’’espace et souffrent du bruit dans ces bassins minuscules selon leurs propres critères »

Farinato a rappelé que la HSUS considérait qu’’il était irresponsable d’’expédier de jeunes orques vers certains pays d’’Europe où les réglementations sont beaucoup moins strictes qu’’aux USA.

Brad Andrews, Directeur des opérations zoologiques pour Busch Entertainment, rétorque que les trois parcs de Sea World ont travaillé étroitement avec Loro Parque pour s’assurer que les épaulards disposent de tout l’’espace nécessaire à leur survie en captivité et que le personnel local soit dûment formé pour traiter de la meilleure façon possible ces géants aquatiques qui ont, en plusieurs occasions, blessé ou tué leurs dresseurs humains.

Brad Andrews a ajouté qu’il revenait justement d’un voyage à Loro Parque et qu’’il avait pu constater que la vaste piscine que l’on préparait pour les orques était en phase d’’achèvement.

« Ce sera une réussite, a-t-il répété, d’’autant que nous avons fourni l’expertise technique quant aux conditions d’accueil mais aussi quant aux soins et aux méthodes de  dressage qu’’il convient de fournir à ces orques »

Une fois que les quatre orques juvéniles auront quitté leurs bassins américains, le Sea World d’’Orlando gardera huit exemplaires de ces cétacés (cinq adultes et trois juvéniles) tandis que celui de San Antonio en détiendra cinq (deux adultes et trois juvéniles).
Celui de San Diego, enfin, en gardera sept (quatre adultes et trois juvéniles).
Les quatre orques envoyés aux îles Canaries seront pour leur part entièrement sevrés et suffisamment mûrs que pour être transportés.

Les îles Canaries sont situées au sud-ouest de l’Océan Atlantique, au large de l’Espagne et du nord-ouest de l’Afrique, face aux côtes marocaines. Les quatre jeunes orques feront le voyage dans un jet privé commandité par SeaWorld et seront placés dans de grands récipients de transport remplis d’eau et garnis de mousse.

D’après un article de Jerry W. Jackson

Des chaises pour que les clients puissent boire leur verre en s'amusant, des orques qui s'ennuient et attendent l'heure du repas, c'est à dire celle du show. Quel rapport avec leur vraie vie ? Ici à Sea World.

* L’’histoire ne nous dit pas, bien sûr, ce que les orques elles-mêmes penseront d’un tel transfert.
Ce genre de séparations familiales sont pourtant intolérables pour ces mammifères marins qui, en principe et selon leurs cultures, ne quittent jamais leur maman pendant leur vie entière, ni leurs sœurs ni leurs frères.

* De façon plus globale, les delphinariums peinent aujourd’’hui à intéresser leur public. Là où les shows de dauphins suffisaient autrefois à remplir le tiroir caisse, la lassitude s’installe.
Il convient donc de passer à la vitesse commerciale supérieure.
A l’heure actuelle, seule la France possède des orques en Europe et le chiffre d’affaires du Marineland d’’Antibes fait rêver la concurrence qui entend bien exhiber elle aussi des «animaux de prestige», tels que les bélougas, les requins blancs, les requins baleine ou les orques.
L’’Espagne est à ce niveau en train de rattraper son retard.

* Dans le même temps, les shows eux-mêmes deviennent de purs spectacles de music-hall, bien loin de toute pédagogie sur la vie réelle des cétacés libres. Qu’’on en juge par le spectacle navrant du «Vaisseau Fantôme», toujours à Antibes, où les orques ne sont plus là qu’à titre de figurants d’une mise en scène débile digne de la Star Academy…

* Les delphinariums ont parfois des problèmes de surplus, et cela est vrai aussi pour les dauphins, qu’on ne sait plus où placer.
C’est que depuis les années 60, les méthodes de reproduction en bassin deviennent de plus en plus habiles et performantes, allant même jusqu’à faire usage de l’’insémination artificielle et à pouvoir choisir le sexe de l’’enfant à naître.

Si elles diminuent effectivement les besoins en termes de captures de cétacés libres, fort coûteuses et moralement indéfendables aux yeux de l’opinion publique, ces techniques de reproduction forcée permettent surtout de produire du dauphin, du béluga ou de l’orque à moindre frais.
Cette nouvelle génération de nés captifs est donc une aubaine pour l’Industrie puisqu’elle dispose là d’animaux d’élevage, non soumis aux règles de la CITES.

De plus, cerise sur le gâteau, du fait de leur enfance passée au contact des humains, ces « nés captifs » sont aussi des esclaves nés.
Ils apprennent leurs shows dès le biberon et même s’ils ne vivent pas très vieux – la plupart meurent à l’adolescence – quelle importance ? On en produira des nouveaux tous les jours !
Les dauphins, qui s’ennuient et ignorent la contraception, continueront en effet toujours à faire l’amour pour passer le temps … et enrichir ainsi leurs propriétaires.

L’idée de base est donc clairement de produire désormais du «cétacé de spectacle», comme on fait du veau à viande blanche ou du saumon en batterie, pour la consommation de masse.

Dans quel but ? Pour éveiller la conscience des gens à la protection de la nature ? Allons donc !  Jamais les orques et les autres cétacés libres n’’ont été si maltraités en milieu naturel par la pollution chimique, les forages pétroliers, les chasses massives ou le LFAS.

Tout cet argent que les grands holdings du loisir populaire dépensent sans compter pour créer du cétacé d’élevage serait infiniment mieux utilisé s’il pouvait servir à la sauvegarde des dernières baleines bleues, des derniers bélugas et narvals, des ultimes représentants de ces peuples intelligents et beaux que sont les cétacés libres.

Manger du cétacé ou l’élever comme une bête de spectacle ? C’est toujours la même cruauté humaine qui est ici à l’oeuvre

 

Pour en savoir plus :

Alerte 2004

Alerte 2005

Les cétacés captifs en espagne

Loro parque (Dossier RC)
Historique : la construction des bassins a débuté en 1984, date à laquelle le Loro Parque a fait l’acquisition de 6 Grands dauphins qui ont été dressés à Key Largo en Floride. Le delphinarium a été inauguré le 24 septembre 1987. En 1997, un bassin de reproduction a complété la structure déjà existante. En 2002, le Loro Parque a annoncé son intention de construire un nouveau parc sur l’île de
Tenerife pour fêter ses 30 ans : le « Siam Park » devrait ouvrir ses portes en 2006. Parmi les autres « nouveautés » annoncées, l’importation d’un groupe de 4 orques captives aux Etats-Unis est prévue d’ici quelques mois.

Structure des bassins : il y a 5 bassins, contenant au total 7 millions de litres d’eau de mer : 1 pour les spectacles, 1 pour la reproduction et 3 bassins de repos et de quarantaine.
Cétacés captifs : en août 2005, le parc comptait 10 dauphins, dont 5 nés sur place.


Les nouvelles méthodes de reproduction en bassin  

Des chercheurs attachés à l’’entreprise de loisirs Busch Entertainment Corporation sont parvenus à déterminer volontairement le sexe d’un dauphin avant même qu’il ne soit conçu.
Une delphine Tursiops est née en octobre 2005 au SeaWorld de San Diego (Californie) suite à de telles manipulations. Sa maman avait été préalablement inséminée avec du sperme sélectionné pour ne contenir que des chromosomes femelles.

Selon les scientifiques de SeaWorld, cette méthode de reproduction, qui sera de nouveau mise en oeuvre au printemps prochain, serait , paraît-il, « cruciale car elle nous permettra de reconstituer des groupes sociaux à peu près identiques à ceux qu’on retrouve en milieu naturel ».
L’’histoire ne dit cependant pas comment ces scientifiques feront pour conserver intactes les cultures, traditions, dialectes et modes de chasse spécifiques de ces malheureux dauphins confinés à vie dans un bocal bon pour les poissons rouges et priés de s’y reproduire jusqu’à leur mort précoce.


Article original

ABC NEWS ONLINE SATURDAY, DECEMBER 10TH, 2005

THEME PARK CLAIMS DOLPHINS BREEDING BREAKTHROUGH

A US theme park says it has succeeded in selecting the gender of a baby dolphin, a first that could improve the population of captive sea mammals and reduce the need for new captures. Sea World scientists in San Diego artificially inseminated the Atlantic bottlenose mother dolphin, a 26-year-old named Sandy, 14 months ago. The calf was born in October. Scientist Justine O’Brien says park conservation officials have only recently been able to confirm the sex of the calf because it has stayed so close to its mother since birth. The calf was bred using a sperm-sorting technology developed by the US Agriculture Department and American company XY Inc. Gender-selecting techniques are already used with horses, sheep, cattle and other land animals.

XY spokesman Tom Gilligan says the dolphin’s birth is « a real breakthrough »  that would lessen the need for new captures to vary the gene pool of captive marine mammals.Dr O’Brien says males and
females have trouble mixing socially so captive dolphins are kept in separate tanks, making it harder to breed them. She says her team has used the sperm-sorting technology to develop an artificial insemination technique to impregnate dolphins and have also created methods to freeze and transport sperm.

Reuters

Seaworld: la nature en spectacle