Turquie : où sont passés les 6 dauphins de Taiji ?

Spectacle de dauphins japonais à Sealanya. Tous ont vu mourir leur famille dans d'atroces souffrances.

Spectacle de dauphins japonais à Sealanya. Tous ont vu mourir leur famille dans d’atroces souffrances.

octobre 2012

Le cauchemar des cétacés captifs en Turquie

Selon un message de l’activiste allemand Gudrun Wiesflecker, les 6 dauphins capturés à Taiji puis embarqués le 9 octobre 2012 vers une destination inconnue se dirigeraient aujourd’hui vers la station touristique Sealanya en Turquie, une prison aquatique de très sinistre réputation.

Taiji

 

En 2008, en effet, ce delphinarium situé près d’Alanya en Turquie a acheté 12 dauphins à Taiji.
Les malheureuxont été expédiés vers la Turquie grâce aux bons soins d’une société appelée ULS Airlines Cargo anciennement connue sous le nom de Kuzu. Il s’agit d’une compagnie turque notoirement réputée pour avoir notamment transporté des dauphins sauvages provenant des îles Salomon et de Taiji.

Transport de dauphins japonais vers la Turquie

KUZU Cargo Airlines ne fait d’ailleurs pas mystère sur son site d’avoir transporté 12 dauphins âgés de 7 à 14 ans depuis Osaka (Japon) jusqu’à Izmir (Turquie) entre le 5 et le 6 février 2008.
L’avion-cargo fit une première escale d’une heure à Tianjin, en Chine, au terme d’un premier vol de 3 heures.
Après avoir fait le plein de carburant, un second voyage de 5h et 10 minutes a mené les dauphins coincés dans leur hamac jusqu’à la ville d’Almaty au Kazakstan.

Là encore, une heure d’escale fut nécessaire pour remplir les réservoirs. Le périple a continué, d’une durée de 5 heures et 40 minutes pour aboutir enfin à l’aéroport Adnan Menderes d’Izmir. De là, on le suppose, c’est en camion qu’ils terminèrent leur route jusqu’à Alanya située à 130 km d’Antalya et à…329 km d’Izmir !

Deux dresseurs instructeurs brésiliens et un vétérinaire anglais accompagnaient les dauphins couverts d’un gel pour préserver l’humidité de leur peau, dans une soute où régnait une température de 15 degrés centigrades.
Aucun problème n’a été signalé quant à la santé des dauphins pendant tout le voyage.
Ceux-ci avaient été préalablement « brisés » et désensibilisés par leurs dresseurs brésiliens afin de les préparer à exécuter des spectacles pour le spectacle.

Quatre des onze dauphins amenés au Sealanya sont morts les uns après les autres en moins d’une semaine en février 2010. 
À ce jour, deux ans plus tard, seuls trois de ces cétacés japonais sont encore en vie.

Cela dit, les listes de dauphins présents varient selon les bases de données : la plus récente date de septembre 2012 et nous indique la présence de 8 dauphins tous originaires de Taiji.
Ces décès à répétition ont été principalement attribués au choc traumatique subi par ces mammifères marins lors de leur trop long voyage mais aussi aux brusques changements de vie qui leur fut imposé, depuis leur capture dans une mer rouge de sang jusqu’aux installations crasseuses du delphinarium turc.

On suppose donc que le delphinarium a récemment ressenti l’urgence de faire le plein de nouveaux captifs pour amuser les touristes, lesquels se pressent nombreux et en toute inconscience dans les piscines de cet abattoir.

Les survivants du grand massacre, auxquels sont venus s’ajouter plusieurs nouveaux venus.. arrivés d’on ne sait d’où. Et le public sen fout !

Notons que c’est également ULS Airlines Cargo qui s’est chargé de déporter l’orque Morgan depuis les Pays-Bas jusqu’à Loro Parque le 29 Novembre 2011.
A Sealanya, le discours est clair et sans ambages. On est ici pour s’amuser !
« Venez à la rencontre de ces merveilleux dauphins, touchez-les et nagez avec eux ! Réalisez vos rêves ! « 
Qui ne sont, de toute évidence, pas les mêmes rêves que ceux des dauphins.

A cet égard, il est bon de rappeler que la Turquie constitue un véritable enfer pour les dauphins captifs.
Si Tom et Misha ont pu réchapper de justesse à la prison aquatique de Hisaronu et nager aujourd’hui en toute liberté dans leur mer retrouvée, que dire des malheureux qui croupissent encore dans la dizaine de delphinariums turcs ?

Dauphins captifs à Kas, Turquie

 

Pour l’instant, rien ne vient cependant confirmer l’assertion de Gudrun Wiesflecker, la presse turque n’évoquant jusqu’ici aucune arrivée de dauphins frais à Sealanya.
Mais les autres delphinariums ne manquent pas dans ce pays touristique qu’il conviendrait de boycotter. Les morts y sont nombreuses. Dauphins et bélugas frais y sont très appréciés. D’où qu’ils viennent et peu importe la manière dont on les a arrachés à leur famille. Aucune naissance en bassin n’est d’ailleurs signalée dans les delphinariums turcs. Aucun prétexte scientifique ou de conservation n’est avancé.

Un fait qui prouve, s’il en était encore besoin, que la « reproduction ex-situ en vue de la conservation de l’espèce » , les pseudo recherches ou la mission pédagogique de ces entreprises purement commerciales n’est qu’une sinistre blague inventée par les geôliers occidentaux pour justifier leurs élevages en batterie et regarnir ainsi – mais très péniblement – leurs arènes aquatiques, faute de pouvoir importer de nouvelles victimes.
Là où les captures sont permises, on ne s’embarrasse pas de semblables fariboles !

Tant de souffrances cachées dans tant de grâce…

 

Un dossier très complet sur les delphinariums turcs sur Réseau Cétacés

Sur la trace des dauphins japonais capturés

Delfin Horror : la vidéo

Voici l’homme qui acheta les 6 dauphins à Taiji. Quel est son nom ? Pour qui travaille-t-il ?

 

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