Oui aux cirques sans animaux sauvages…et sans dauphins !

Dernières nouvelles Juillet 2005

Cirques en Belgique
Animaux sauvages en « détention réglée »

Tous les amis des animaux applaudiront à la récente décision de M. Rudy Demotte de ne plus autoriser à terme la présence d’éléphants, de tigres ou d’autres animaux sauvages dans les cirques en Belgique.
Nous recommandons donc à tous de le soutenir dans cette initiative remarquable et appréciée dans l’Europe entière.

Comme on pouvait le craindre, néanmoins, le Conseil d’Etat a cassé la décision du Ministre en ce début de mois d’août, sous la pression hystérique de groupes ultra-libéraux obsédés par le profit plus que par l’avenir de la planète et dans un contexte de politique politicienne pure qui ne tient aucun compte de la souffrance animale.

Fort heureusement, une nouvelle proposition de loi sera relancée d’ici peu au sein du Parlement, sous la tutelle cette fois du groupe socialiste flamand, le si bien nommé SPA.

Il convient cependant de réagir aux propos du Ministre Rudy Demotte tels qu’ils ont été rapportés par les journaux du groupe Sud Presse en date du 23 juillet 2004.

A propos des delphinariums en Belgique (pourquoi ce pluriel ? Il n’en reste qu’un seul à Bruges mais qui sait, peut-être y a-t-il déjà des projets wallons ?) M. Demotte déclare en effet que ces établissements sont à ses yeux des « parcs zoologiques » et non pas des cirques.
Ils sont soumis, précise-t-il, à des critères de qualité d’accueil très stricts et il n’y a donc aucun danger que ce type de zoo soit fermé, même si « tout n’y baigne pas » .

Si cette assertion est correcte en termes purement légaux, elle est profondément inexacte au niveau des faits.

Qui pourrait croire qu’un delphinarium soit un zoo ?

Nous ne connaissons en tous cas aucun zoo où l’on exhibe une seule et unique espèce animale, le Grand Dauphin Souffleur ou « Tursiops truncatus », ni moins encore de zoo où l’on ferait sauter dans des cerceaux une seule et unique race de singes supérieurement intelligents et socialisés – des bonobos, par exemple – dûment dressés et introduits deux fois par jour par un clown en costume devant des gradins de 1500 spectateurs, au sein d’un espace aussi vide qu’une fosse à ours.
Les jardins zoologiques modernes n’agissent pas de cette manière. Ils veillent au contraire à l‘enrichissement environnemental de leurs pensionnaires et font en sorte – du moins en principe – que ceux-ci se sentent aussi près de la nature et aussi loin de l’homme que possible.

Gorilles au Zoo de San Diego

Voyons les choses en face : les delphinariums ne sont rien d’autre que des cirques aquatiques, non itinérants certes- bien qu’il en existe ! – mais des cirques tout de même, puisque la raison même de la présence des dauphins en ces lieux est d’exécuter des shows rentables et amusants, comme celle des éléphants de cirque est de s’asseoir sur leur derrière ou de danser pour notre plaisir.

Même si les enfants réclament à grands cris de voir leurs fauves faire des cabrioles ou leurs dauphins bondir dans des cerceaux, comme l’affirment aujourd’hui en sanglotant les Directeurs de Cirque qui en appellent jusqu’au Roi, peut-être serait-il plus utile de leur faire découvrir désormais – par le biais de films ou de voyages pas si lointains – les véritables compétences cognitives et culturelles de ces êtres d’une autre espèce que la nôtre, certes, mais dotés comme nous de sensibilité, d’intelligence et même de morale.

Est-ce au cirque que les enfants apprendront que les éléphants honorent leurs morts comme nous le faisons ? Est-ce au cirque qu’ils sauront que les chimpanzés utilisent des langages symboliques complexes et des outils en liberté ou que les dauphins pratiquent l’altruisme à large échelle ?
Il faut lire à ce propos le remarquable dossier hors-série de la revue française « Sciences et Avenir » : « Les animaux ont-ils un sens moral ?  » (Juillet 2004) et l’on comprendra aussitôt que ce n’est certes pas le cirque ni le delphinarium qui apporteront au grand public l’information nécessaire sur ces thèmes passionnants.

La vocation de ces établissements de loisirs n’est certainement pas d’éduquer nos bambins aux richesses des cultures non-humaines ni même de les sensibiliser aux terribles menaces que notre espèce fait peser aujourd’hui sur tous les habitants de la Terre.

Elle est au contraire de perpétuer l’image d’une Homme Maître du Monde qui dispose à sa guise de ses esclaves non-humains et domine leur force brute par son « intelligence » et sa technologie.
Elle est de faire croire que les animaux se comportent comme dans les dessins animés, qu’ils portent tous chapeau et se plaisent à jouer au foot-ball !

Il est donc sain et judicieux d’interdire la présence d’animaux sauvages dans les cirques et nous tenons à en féliciter ici le Ministre Demotte.
Mais il faudrait que cette nouvelle loi s’applique à TOUS les cirques, que leur arène soit un espace de sable ou un trou de béton nu plein d’eau chlorée.

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