Panama City Beach et les dauphins libres

Un whale watching excessif, tous les jours, et presque toute l'année. Photo YG

sommaire

Rencontrer les cétacés chez eux !

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Mars 2004 : une nouvelle « Marée rouge »

Massacre au Panhandle !

Panama City Beach

 Les dauphins résidents

Le whale watching à PCB

La protection locale

Dauphins captifs en bord de mer !

Ce qui pourrait être fait

Des dauphins et des Hommes

Première rencontre


BP Slick: Dolphins and Whale basted in BP Oil!
La mort annoncée des cétacés du Golfe du Mexique

Sacrifiés au nom du Dieu Bagnole ! Chacun savait que cela devait arriver un jour ou l’autre, mais les Américains n’ont rien voulu entendre. Avec l’accord de Barack O’Bama, ils ont foré les sols marins à la recherche de pétrole, à quelques kilomètres des côtes du Golfe du Mexique.  Et voilà le résultat !

« Sans aucun doute, il s’agit là de la plus terrible vidéo que j’ai jamais produite. J’ai vu au moins cent dauphins mourir ou lutter en vain pour s’échapper de la marée noire. Cela se passait à des milles des eaux qui n’avaient pas encore été contaminées.
Selon toute probabilité, les dauphins et les cachalots que vous verrez dans cette vidéo sont morts aujourd’hui.  Les dauphins étaient totalement désorientés.  Certains étaient déjà morts, d’autres se battaient pour maintenir leur tête hors de l’eau et contempler le feu qui incendiait la mer.  Un cachalot surgit, couvert de mazout. Nous devons diffuser ce document dans le monde entier ! Qu rendra compte de ces vies perdues ?
Tous ceux qui sont responsables de ce désastre seront un jour tenus de se justifier devant Dieu. L’Homme n’a pas le droit de détruire ces créatures innocentes ! « 

Voir aussi les images

Rappelons que la Mer du Nord (Europe) démultiplie à foison les plates-formes pétrolières.
 



Mars avril 2004

Une nouvelle « Marée rouge »

Tribu de dauphins en déplacement dans le Panhandle YG Copyright 2000

Plus de 105 dauphins Tursiops déjà ont été retrouvés morts depuis le 10 mars dernier le long du rivage de la Baie de St Joseph, non loin de Panama City Beach, dans la région dite du « Panhandle » au nord-ouest  de la Floride.

« Des autopsies seront menées d’ici peu afin de connaître la cause exacte de ces décès » a déclaré Thomas Pitchford, un biologiste attaché au laboratoire de pathologie des mammifères marins du « Florida Fish and Wildlife Conservation Commission » à St Petersburg, Floride.

Un premier corps a été découvert mercredi et les autres jeudi, aux alentours du Parc St Joseph (Cap San Blas) à quelques 80 milles au sud-ouest de Tallahassee.

« Ce genre de dauphins n’a pas l’habitude de s’échouer de cette manière «  a encore ajouté T. Pitchford.
Certains cadavres flottaient encore en pleine mer tandis que d’autres étaient dispersés le long du rivage, ce qui indique que les mammifères marins ne se sont pas échoués d’eux-mêmes.  Pour l’instant, la Commission de conservation utilise un avion pour déterminer si d’autres cadavres de mammifères marins se trouvent encore dans le secteur.

Des nombreux poissons morts et cadavres de limules (horseshoe crabs) ont également été découverts au même endroit, ce qui laisse supposer la présence d’une biotoxine paralysante dans l’eau, comme cela s’est déjà passé à l’époque de la dernière « marée rouge » de 1997, qui massacra d’un coup 62 dauphins de la région.

Aux dernières nouvelles (fin mars 2003) l’existence d’une marée rouge serait désormais prouvée : « Il s’agit bien
de biotoxines », a déclaré Jane Whaley, une responsable du NMFS.

Cette responsable omet cependant de préciser que s’il y a marée rouge, c’est qu’il y a pollution : les déversements incessants d’engrais dans les eaux marines provoquent, on le sait, le développement sauvage d’algues toxiques.
Sans parler de l’usine à papier et des autres fabriques qui garnissent la côte, la présence de stations touristiques très fréquentées au printemps, etc.
Enfin, notons que la « marée rouge » rend le dauphin malade.
Lorsqu’il est malade, il cesse de manger et vit alors sur ses réserves de graisse… lesquelles sont imbibées au plus haut
degré de PCB, DDT et autres poisons chimiques d’origine humaine. Le fait de jeûner aggrave donc encore davantage l’état de santé de ces malheureux..

Nous ignorons jusqu’à présent dans quelle mesure et selon quelle proportion la petite colonie de dauphins de Panama City Beach a pu être été touchée par ce drame. D’après la presse locale, un seul cadavre aurait été découvert à cet endroit, sur la célèbre plage de Shell Island.
Selon Denis Richard, la population locale ne semble pas encore avoir été affectée de manière importante.
Par ailleurs, deux dauphins récupérés vivants seraient morts au delphinarium de Gulfworld.


Les « marées rouges »

L’intoxication par phytotoxine paralysante (IPM) est également connue sous le nom de « marée rouge » en raison de la coloration des pigments dans les organismes qui en sont la cause. Les dinoflagellés monocellulaires microscopiques peuvent causer l’IPM.
Lorsque ces organismes se retrouvent en grand nombre (fortes densités ou efflorescence), ils peuvent changer la couleur de l’eau. Certaines espèces de dinoflagellés sont inoffensives, certaines causent la mort d’organismes marins alors que d’autres affectent les mammifères sans affecter les organismes marins.
Les deux espèces suivantes se manifestent souvent en efflorescence sur la côte ouest: Gymnodium splendors et Noctiluca scintillans, qui est inoffensive. La Protogonyaulax acatenella et la Protogonyaulax cantenella sont deux espèces toxiques qui se manifestent surtout en petites quantités. Les efflorescences d’espèces toxiques peuvent être causées par un facteur biologique, hydrologique ou météorologique, surtout en été.


Les dauphins de Panama City Beach

Copyright Patricia Willocq

Urban dolphins… Copyright Patricia Willocq

 

Panama City Beach est une station balnéaire située au nord de la Floride, dans la région dite « Panhandle», entre Thalahassee à l’ouest et Pensacola à l’est. La légende veut qu’il s’agisse d’un vieux port de crevettiers où des Tursiops auraient leurs habitudes depuis bientôt cinquante ans. On peut penser aussi ces dauphins habitaient déjà la région plusieurs milliers d’années avant l’homme et que leurs rapports avec les Indiens Séminoles de la côte devaient être excellents.

Aujourd’hui, Panama City Beach est réputée pour ses plages de sable fin, d’une blancheur éclatante, ses eaux vertes qui lui valent le nom de «Côte d’Emeraude », ses hôtels gigantesques plantés le long des plages et surtout sa vie nocturne trépidante et ses étudiants déchaînés lors des célèbres Spring Breaks.
La pêche et la navigation «sportive», c’est à dire motorisée,  constituent également d’autres pôles d’attraction importants de cette station balnéaire.
Enfin, une base  aérienne militaire est installée non loin, sur la presque île de Tyndall, tandis que diverses usines à papier déversent leur chlore et leurs fumées ici et là le long de la côte.

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Les dauphins résidents (2000)

Malgré une présence humaine sans cesse croissante au fil des années, malgré les centaines de jets-skis, hors-bord et autres embarcations à moteur qui vont et viennent sur leur territoire, les dauphins résidents ne semblent pas en trop mauvaise forme, à juger par les apparences. Nous n’avons observé en fait que des Tursiops en bonne santé, peu marqués de cicatrices, se déplaçant par groupes parfois impressionnants.
Les bébés nous ont paru nombreux et les mères suffisamment tranquilles, en ce mois de mai 2000, que pour mener à bien leurs activités d’éducation et de chasse-cueillette à divers moments de la journée.  On suppose qu’une cinquantaine de dauphins occupent les lieux en permanence, à savoir un espace couvert de graminées marines autour de Shell Island (St Andrews Bay).

Ce biotope est fragile, mais se maintient pour l’instant.  (Ceci a été écrit avant les grandes marées noires)
Ces dauphins se déplacent en petits groupes de dix, douze et vont le plus souvent pêcher en front de mer ou à la sortie de la passe du Grand Lagoon, entre les deux jetées, où le poisson est très abondant. Le lieu où ils interagissent le plus souvent avec les humains est connu sous le nom de « Dolphin Point ».

D’après de récentes informations qui restent encore à vérifier, 10 décès et 7 naissances auraient été enregistrés l’an dernier.
Nous avons personnellement découvert un cadavre (déjà ancien) de Tursiops sur une plage de l’île de Shell Island.

Il est regrettable de constater qu’aucune identification par nageoires des individus ou des  « pods », aucun enregistrement des signatures sifflées, aucune étude de terrain à long terme ne sont disponibles sur place auprès des associations locales de protection des dauphins, apparemment fort peu peu soucieuses du sort de leurs « protégés » et totalement indifférente à la présence scandaleuse d’un delphinarium
local en front de mer.

On nous assure cependant qu’une telle recherche est sur le point d’être conclue par une étudiante en zoologie de Gainesville. Celle-ci devrait remettre son rapport en  octobre 2000. Nous attendons toujours ces résultats avec impatience. De nouvelles recherches ont été entreprises plus récemment (2008 ?) à l’initiative de la fondation DELPHUS, dont nous ignorons également les conclusions à ce jour (reconnaissance et fichage des ailerons, etc.)

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Le whale watching à Panama City Beach

En haute saison, Panama City devient une station balnéaire vraiment très fréquentée. Depuis les plages, les discothèques vocifèrent jour et nuit. On tire au canon chaque soir et à ce moment de l’année, les vacanciers, trop nombreux et mal informés, ne montrent plus alors aucun égard quant à la tranquillité des dauphins.

On les dérange quand ils dorment, on les interrompt quand ils chassent, des jets-skis crachant fort leur gaz d’échappement et
soulevant force remous leur coupent la route quand ils se déplacent. Nombreux sont par ailleurs les américains qui continuent à nourrir les dauphins de manière plus ou moins  clandestine, en distribuant le poisson sous l’eau.
C’est le cas de certaines entreprises de Dolphin Encountering fort soucieuses de garder leur gagne-pain dans la baie….mais le plus souvent  trahies par des vols de mouettes !
Dès lors, même si, jusqu’à présent, les dégâts sont mineurs et les dauphins toujours en bonne santé, il serait sans doute temps de s’inquiéter davantage des conséquences à long terme d’une telle pression humaine.

Il est faux de dire que ces dauphins peuvent s’en aller s’ils ne se plaisent pas là où ils sont : les plages de Floride ne sont pas si nombreuses à pouvoir les accueillir en toute tranquillité, de nombreuses usines et d’innombrables marinas ont été bâties tout au long des côtes et enfin, les autres « nations dauphins » qui existent ailleurs, à Sarasota ou dans les Keys, n’accepteraient pas nécessairement de gaieté de coeur cet afflux de populations affamées, à l’heure où les ressources en poissons diminuent.

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Les activités de whale-watching sont effectuées hors de tout contrôle, à l’exception des lois pénales relatives au harassement des mammifères marins.

Tout un chacun peut louer un jet ski, un hors-bord, un pontoon boat, un kayak (à encourager) et patauger avec des bouées parmi les dauphins.
La formule You’re the Captain» vous permet également de louer seul une embarcation et d’aller visiter les dauphins vous-mêmes, sans le moindre encadrement.

Pour écarter les humains ou à tout le moins les maintenir à distance dans un périmètre raisonnable, loin des familles avec delphineaux, les dauphins de Panama City semblent d’ailleurs avoir développé par eux-mêmes une série de tactiques.
Nous avons pu personnellement observer ce genre de manœuvre : une bande de jets-skis suivait de trop près et même coupait la route à un « pod » en déplacement.
Des deux côtés de la formation, se sont alors détachés quelques adultes qui sont partis mendier du poisson auprès des jets-skis, en exhibant l’attitude rituelle pour ce genre de demande : corps dressé droit dans l’eau avec le rostre ouvert.

Pendant ce temps, bien entendu, la troupe de dauphins avec enfants continuait tranquillement sa route.
Le manège a duré quelque minutes, le temps de retarder les humains puis les « mendiants » sont repartis rejoindre leur famille.

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Les terribles jet-skis, qui décapitent les delphineaux

La protection des dauphins locaux

Pour leur part, les autorités locales ont fin par comprendre compris que le dauphin était une « ressource touristique » et tentent aujourd’hui de faire appliquer la loi avec plus de rigueur qu’autrefois.
A plusieurs reprises, nous avons vu les « Marine Patrols » réprimer réellement le nourrissage (dolphin feeding) qui se poursuit cependant de façon clandestine. On les a vu aussi interrompre à propos certains actes de harassement mais leurs interventions sont souvent sans nuance et l’on peut regretter que l’un ou l’autre de ces agents de l’état ne soit pas spécialement formé à la connaissance des cétacés résidents et à leur protection.

Leur seule base de travail sont les mesures très restrictives du Marine Mammal Protection Act, telles que réglementées par  la NOAA. Ces mesures, modifiées en 1994, concernent essentiellement la protection des dauphins sauvages contre le « harassement » des touristes baigneurs et impose, par exemple, que l’on ne s’approche pas d’un dauphin à moins de 50 yards.

Le National Marine Fisheries Service (un département  de la NOAA) vient d’ailleurs de rappeler en termes francs sa politique dans un communiqué daté du 20 janvier 2002 et entend bien la faire respecter sur l’ensemble des Etats-Unis:

« Interagir avec des dauphins est une forme de harassement dans tous les cas de figure, déclarent en substance le NMFS, et ceci inclut toute les tentatives de nager avec eux, de les toucher ou de susciter une réaction chez l’animal ! »
Advance Notice of Proposed Rulemaking (ANPR) to solicit the publics’ input on ways to address close human interactions with wild marine mammals. 

En d’autres termes, et même si nous admettons volontiers que ces contacts doivent être sévèrement réglementés – le NMFS pousse ici sa logique très loin : plus aucun contact inter-espèce ne sera plus toléré… à part, bien entendu, et tout le monde l’aura aisément compris, celui qui se tient dans l’enceinte d’un delphinarium !

Il faut savoir en effet que le NMFS est infiniment moins regardant à l’égard du bien-être des dauphins quand il s’agit d’individus captifs et n’a jamais protesté lorsque SeaWorld ou d’autres firmes américaines en importaient à tour de bras depuis les eaux cubaines, islandaises ou japonaises.

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Dauphins captifs en bord de mer !

La volonté publiquement affichée des Marine Mammal Fisheries d’écarter les humains de toute rencontre avec les dauphins libres va bien évidemment – on est tout de même en Amérique ! – dans le sens des intérêts de la Grande Industrie.
Tandis que sur toutes les plages du Panhandle, des panneaux indiquent aux  visiteurs :  » Look from a distance… but don’t feed them, harm them, or swim with them ». des structures commerciales sont mises en place pour satisfaire les besoins du public et faire tourner l’économie locale. 

On ne s’étonnera donc pas de voir s’élever à Panama City Beach comme en de nombreux autres points de la côte de Floride, à quelques mètres des plages et des tribus libres de dauphins libres… un authentique delphinarium !

Voir notre article en page « Gulf-World »


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Wade Doak et Rampal

Ce qui pourrait être fait

En dépit des informations très insuffisantes dont nous disposons sur les dauphins locaux, il semble évident que quelques aménagements de base, pris en concertation avec les autorités locales, pourraient changer grandement les choses.

La première mesure à prendre de toute urgence serait d’interdire la côte arrière de l’île de Shell Island – celle donnant sur la ville même de Panama City – à tous les véhicules à moteur. L’école de voile présente à cet endroit pourrait fournir les voiliers nécessaires pour des visites limitées. La pratique du kayak de mer, non intrusive, est également à encourager.

De même, sur la face externe de l’île face au Golfe du Mexique, à l’est du chenal de sortie, il faudrait limiter l’approche des bateaux à moteur à une certaine distance de la côte : les dauphins chassent en effet couramment dans ces zones ou y socialisent entre eux. De la sorte, l’industrie du loisir ne serait que peu lésée dans son développement, puisqu’il ne s’agit que de quelques miles marins.

Compte tenu de la spécificité des lieux, le contingentement des visiteurs paraît impossible.
Dans l’immédiat, il est urgent de distribuer dans tous les points de location de bateau, auprès de tous les organisateurs de « dolphin encounters », un document très simple en 10 ou 20 points, reprenant les consignes de base pour respecter les dauphins, ne pas les déranger quand ils dorment, mangent ou socialisent entre eux et reconnaître leurs signaux de communication les plus simples. Ces recommandations devraient être émises sur un ton convivial, non contraignant, en insistant surtout sur la prodigieuse originalité
des dauphins au sein du règne animal.
Plus tard, il faudra peut-être envisager la création de petites équipes « Interlock » soigneusement préparées aux rencontres en milieu naturel et appliquer pour le reste les règles strictes dictées par les Marine Patrol, en interdisant les baignades «sauvages» et les approches intempestives.

Cette question reste à discuter mais ce qui est clair, c’est que la pression humaine sur les dauphins de Panama City risque bien un jour de dépasser pour eux la limite du supportable.
Les mêmes associations et loueurs de bateaux qui vivent aujourd’hui de l’exploitation commerciale de
ces dauphins mais ne leur donnent rien en retour, n’auront plus alors qu’à se tourner vers les « rencontres avec les pélicans »… à supposer qu’il en reste !


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Des dauphins et des hommes à Panama City

PCB en 2000 (photo YG)

Un texte de Denis Richard
Water Planet
Janvier 2002

Ce n’est que depuis environ 20 ans que les dauphins sont devenus très populaires, particulièrement depuis que la conscience écologique mondiale a été sensibilisée par les massacres en masse de dauphins dans les filets des thoniers du Pacifique sud. Le feuilleton Flipper et les shows des delphinariums contribuèrent aussi à la popularisation soudaine et démesurée des dauphins, du Tursiops truncatus en particulier.

Cette demande croissante pour des rencontres avec les dauphins eut pour conséquence la prolifération d’organisations et de commerces offrants des spectacles dauphins, des excursions d’observation des dauphins, des programmes de nage avec les dauphins et des programmes de delphinothérapie.
Même si les massacres dans les filets des thoniers ont grandement diminués, la pression exercée sur certaines populations côtières de dauphins a augmenté dû au manque d’éducation avec lequel les « curieux » approchent les dauphins sauvages. Les dauphins captifs sont soumis à une pression égale sinon plus importante à cause de la dichotomie existant dans les lois américaines qui régissent les interactions entre dauphins et humains. En effet, les dauphins sauvages et les dauphins captifs ont deux statuts légaux différents. Saisir, toucher, nourrir et utiliser des dauphins sauvages a quelque fin que ce soit est illégal alors que le même traitement est autorisé pour des animaux
captifs.

Les dauphins sauvages de Panama City ont été un centre d’attention depuis plusieurs années.
En plus des pêcheurs locaux qui ont une relation privilégiée avec ces mammifères depuis plusieurs générations, des hommes de science, des photographes et des touristes viennent des quatre coins du monde pour les observer et pour interagir avec eux. Il est vraiment insolite de voir un dauphin sauvage s’attarder autour d’un nageur pour plus de quelques secondes.

Même si les dauphins sont curieux de nature, il est extrêmement rare de les voir rechercher un contact régulier avec des humains si ce comportement n’a pas été récompensé par du poisson. Les dauphins se nourrissent de manière
opportuniste et ils suivent souvent les bateaux de pêche afin de récupérer les poissons et crustacés jetés par-dessus bord. Ils viendront aussi occasionnellement prendre un poisson dans les mains d’un pêcheur ou d’un nageur. Bien que cette interaction soit sans doute inoffensive en elle-même, elle peut représenter des dangers très réels pour les dauphins si elle est pratiquée d’une manière systématique et à grande échelle pour les attirer.

Jusque il y a quelques années, la plupart des capitaines de bateaux de tourisme des environs de Panama City employaient de grandes quantités de poisson congelé pour attirer les dauphins plusieurs fois par jour.
Ce nourrissage commercial, qui fut aussi adopté par les occupants de bateaux de plaisance et par les touristes sur des bateaux de location, expose les animaux à des risques variés allant des infections bactériennes du système digestif à des irritations et lésions du système respiratoire dues à l’inhalation de gaz d’échappements, aux collisions avec la coque des bateaux et/ou coupures d’hélices, ainsi qu’à des perturbations de certains comportements naturels résultant de la poursuite en bateau ou jet ski, infection de la peau résultant du toucher et perte de l’instinct naturel de peur exposant les animaux à des abus prémédités.

Le Service US des Ressources Marines Nationales (National Marine Fisheries Service) s’est occupé de réglementer les interactions
entre humains et dauphins et de faire respecter les lois de l’Acte pour la Protection des Mammifères Marins de 1972 (Marine Mammal Protection Act) dans les environs de Panama City depuis plus de 10 ans.

En 1998, le gouvernement fédéral déléguât la Patrouille Marine de Floride (Florida Marine Patrol) pour arrêter le nourrissage des dauphins sauvages qui allait en augmentant chaque année avec la croissance du tourisme. Avec des avertissements et parfois des procès verbaux, ils distribuèrent aux bateaux et aux nageurs des publications et matériaux éducatifs du genre frisbee ou tasse à café illustrée qui disaient « Rendez service aux dauphins, ne les nourrissez pas. Observez-les à distance car ils sont sauvages et désirent le rester. »

La même année, le Service US des Ressources Marines Nationales organisa un atelier à Panama City avec l’espoir de susciter un effort commun des agences fédérales et locales, des sociétés d’exploitation du tourisme local et des associations pour la protection de l’environnement pour arrêter le nourrissage et le harcèlement des dauphins sauvages de la région. Ils invitèrent la Patrouille Marine, les Gardes Cote, la Police locale, les tour opérateurs, les agents de location de bateaux, les stations de radio et de TV locales.

Des représentants de chaque groupe présentèrent leurs points de vue et on décida de former un comité d’action coordonné par la Patrouille
Marine. Ce comité travaillerait à présenter des suggestions et des propositions qui puissent servir à passer de nouvelles lois et à mettre en place un programme de protection organisé par la communauté locale. Malheureusement, il n’y eu pas de suites sérieuse à cette assemblée et le projet s’estompa.

Le Service des Ressources Marines Nationales, NOAA et la Patrouille Marine reprirent leur campagne indépendante d’information et d’application de la loi en distribuant des amendes allant jusqu’à plusieurs milliers de dollars, ce qui eut comme effet d’au moins diminuer le nourrissage. Le problème de harcèlement par bateau et par jetski et le
nourrissage dissimulé continuèrent, reflétant le manque de participation et l’absence de motivation de la communauté locale. D’après nous, ces aspects du harcèlement auraient pu être solutionnés en encourageant le travail du comité en question et en favorisant les projets locaux d’éducation et de protection.

Aucune recherche scientifique consistante n’a encore été menée jusqu’à présent sur les effets et conséquences de l’interaction entre dauphins sauvages et humains dans la région de Panama City, à l’exception du travail d’une jeune scientifique américaine sur le point de publier sa thèse de Doctorat. Cette étude analyse l’écologie du comportement de tous les dauphins qui on pu être observés dans les baies et dans le Golfe du Mexique jusqu’à 3 miles des côtes entre le Cap St. Blas et la partie ouest de la Baie de Choctawhatchee près de Destin. Les observations récoltées comprennent l’emploi de l’habitat, la distribution de la population et le nombre de dauphins dans le périmètre d’étude ; les schémas de déplacements, associations de groupes et expressions de comportements des dauphins habitués à la présence humaine par rapport à ceux qui ne sont pas habitués ou intéressés à ce contact. Un tableau et un horaire des types d’activités et comportements pour les dauphins observés dans le périmètre d’étude a également été établi.

Water Planet est une société américaine qui s’occupe de la création et du développement de programmes éducatifs et éco-touristiques de rencontres avec les dauphins sauvages de la région de Panama City en Floride. Water Planet offre également des programmes de motivation pour enfants fragilisés.
Le personnel de Water Planet est établi à Panama City Beach depuis 1996. Bien que Water Planet ne poursuive pas de recherche scientifique proprement dite, son équipe a accumulé des années d’expérience d’observation directe et d’interaction sous-marine avec la population locale de dauphins sauvages. Ces contacts ont été documentés par la photo et la vidéo. Bien qu’ils n’aient pas été traités et analysés d’une manière scientifique, cette expérience et ce métrage représentent tout de même
une source d’information précieuse étant donné que la majorité des observations et données recoltees jusqu’à présent par les scientifiques dans la région de Panama City ont été récoltées de la surface.

L’équipe de Water Planet a près de 1000 heures d’observations sous marine des dauphins sauvages qui, combinées aux documents photographiques et vidéo, peuvent être employés pour complémenter et corroborer les conclusions de la recherche scientifique courante. Water Planet est passionné par les relations humains/dauphins. Sensible à l’équilibre délicat du système écologique marin local notre organisation désire participer à la protection et à la conservation des dauphins Tursiops truncatus sauvages des
environs de Panama City en mettant sur pied un programme adéquat de gérance des ressources naturelles qui saurait inclure et solutionner les problèmes controversés inhérents à la « nage avec les dauphins » dans leur milieu naturel.

Un des buts de Water Planet est de soumettre aux autorités d’état et du conté de Bay un projet de zone protégée qui s’étendrait de la pointe de la jetée Est pour plusieurs miles vers l’Est, le long de Shell Island et de la pointe de la jetée Ouest jusqu’à l’extrémité Ouest du State Park. La plus haute incidence des interactions entre humains et dauphins arrivent dans ces deux zones. Le type de ces interactions peut être divisé en deux catégories :
1. Interactions accidentelles ayant lieu dans les zones de friction d’activités humaines (trafic maritime commerciale et récréatif) et d’activités propres aux dauphins (activités de chasse, activités dictées par la topographie des lieux et par leur besoin d’abri.)
2. Interactions intentionnelles initiées par les humains et interactions intentionnelles initiées par les dauphins.

Si Water Planet promeut une approche informée des dauphins sauvages en temps qu’outil de conservation, il est important de souligner que tous ses clients reçoivent des instructions précises quant aux directives d’interaction et quant à l’attitude appropriée pour approcher des dauphins sauvages.
Ils sont également informés sur les rudiments de la physiologie, l’organisation sociale et le système de communication des dauphins. Les lois fédérales régissant l’interaction avec les mammifères marins leurs sont également expliquées. Le personnel de Water Planet est persuadé que l’éducation et les contacts contrôlés avec les dauphins sauvages peuvent pallier à la plupart des idées préconçues qui peuvent pousser au harcèlement.

Water Planet désire continuer cette collaboration et aussi rendre possible des échanges entre les scientifiques locaux et la VUB (Free University of Brussels). Le professeur Joiris, qui enseigne au sein de cette univsersité bruxelloise, considère d’ailleurs Panama City comme un lieu idéal pour la recherche et
l’occasion d’établir une base d’observation et d’étude pour des élèves en biologie de la VUB préparant leur travail de licence ou de doctorat. Claude Joiris, Gérard Lippert et Denis Richard (président de Water Planet) sont restés en contact dans l’optique de mettre sur place ce projet avec la collaboration de Wanda Jones et si possible de « Gulf Specimens » à Panacea et «Mote Laboratories» à St. Petersburg.

En août 2001, le professeur Joiris envoya à titre d’essai un de ses étudiants en biologie, Grégoire Germeau, à Water Planet pour faire un stage pratique de 3 mois dans le cadre de son mémoire de fin d’études. Ce projet fut financé par une bourse de Delphus (Prix Delphus), par la VUB, par l’étudiant et par Water Planet.

Le 19 décembre 2001, le professeur Joiris (VUB), Gérard Lippert et Jean-Pierre von der Beck (Delphus), Denis et Nathalie Richard (Water Planet) se rencontrèrent à la VUB pour discuter du futur développement de ce projet, de la nature de leur collaboration et de la répartition de leurs responsabilités respectives.

Water Planet proposa de fournir la structure pratique aux étudiants : Orientation, logement, transport local, instruction en matelotage, accès aux bateaux et directions aux zones d’observation des dauphins sauvages et contacts avec les scientifiques et les organisations locales. Delphus proposa de continuer son support financier « Prix Delphus » et d’employer son
pouvoir médiatique pour gagner un support plus important.

Claude Joiris proposa de poursuivre sa correspondance avec les chercheurs scientifiques locaux, en ce compris Randy Wells du Mote Laboratory et de faire une demande officielle de permis de recherche à National Marine Fisheries Service à Washington DC. Il envisage aussi de se rendre en Floride personnellement pour établir un contact personnel avec Randy Wells et pour rencontrer les chercheurs scientifiques locaux. Il fut aussi décidé que la poursuite de ce projet dépendrait en grande partie du rapport de Grégoire Germeau qui doit être bientôt remis au professeur Joiris et de la qualité de son travail de licence.

Denis Richard

January 2002

Water Planet
5605 Sunset Ave. B
Panama City Beach, FL 32408
Te/fax: 850 230 5030
e-mail: info@waterplanetusa.com
URL: www.waterplanetusa.com

Juillet 2013 : aucun rapport sérieux ne semble jamais avoir été publié par Delphus ou le Professeur Joiris ni aucune mesure de protection particulière prise depuis que ce texte nous a été communiqué. Notons également que de sévères réserves doivent être faites quant au travail de Randy Wells, essentiellement financé par la US Navy et le lobby des delphinariums. Les méthodes intrusives de ce chercheur ont d’ailleurs été souvent dénoncées.
(YG)

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