Les animaux au cinéma

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Rise of the Planet of the Apes

Pour en finir avec l’utilisation des animaux
dans l’industrie du film

13 avril 2011

Rise of the Planet of the Apes

Un article de Marc Bekoff

« L’émergence de la Planète des Singes » est un film qui nous démontre que de véritables singes ne sont plus nécessaires pour réaliser des films les mettant en scène. Les primates générés par ordinateur de cette nouvelle séquelle de la « Planète des Singes »  ressemblent et agissent comme comme de véritables hominiens.

Ce film peut réellement aider le public à comprendre certains aspects essentiels de la protection animale.
Naguère, de véritables animaux ont été utilisés pour les tournages et en de nombreuses occasions, ils en ont subi le prix fort et subi de graves maltraitances, même si cela n’était pas l’intention des gens qui en faisaient usage.
Néanmoins, on sait qu’à plusieurs reprises, ces animaux furent contraints de « jouer leur rôle » par la force et les coups. Il a fallu les « briser » – tel est le terme dont on se sert dans le métier – afin qu’ils exécutent les scènes désirées par le réalisateur.

Certains d’entre eux sont morts au terme de ces tournages  sous l’oeil impavide des caméras : ainsi, dans le tout premier film « Tarzan of the Apes »,  le premier acteur à endosser le rôle tue un lion contre lequel il se bat.
On sait aujourd’hui que ce lion, drogué jusqu’aux yeux, a été réellement poignardé à mort..

Le seul fait de se trouver sur un plateau est une souffrance pour la plupart d’entre eux.
La vive lumière des projecteurs les terrifie, tout comme le bruit, d’autant que les mesures les plus élémentaires pour assurer leur bien-être ont été le plus souvent négligées.

Le film « Rise of the Planet of the Apes », de même qu’Avatar,  montre clairement que nous pouvons désormais renoncer à exploiter les merveilleuses créatures avec lesquelles nous partageons notre planète.
Grâce à la technologie de pointe utilisée pour créer des singes aussi vrai que nature, Caesar, la vedette du film, se
comporte et ressemble en tous points à un véritables chimpanzé.

Il est remarquable que par un seul primate vivant n’ait été utilisé pour montrer aux spectateurs « l’effet que cela fait d’être un grand singe ». Les extraordinaires variations faciales de Caesar, traduisant ses divers états émotionnels, sont parfaitement respectueuses de la réalité éthologique au point que je me suis demandé moi-même ce que pouvait ressentir ce chimpanzé, avant de me souvenir qu’il ne s’agissait que d’un être virtuel.

Nous devons nous réjouir que ce type de démarche et le travail ardu qu’il réclame va dans le sens de la
protection des « animaux de films ». Nul doute que cette nouvelle version de la « Planète des Singes » annonce à terme la disparition complète de tout animal captif sur les plateaux.
Je suis impatient de voir l’oeuvre complète !

Pour en savoir plus sur la façon dont le tournage a été réalisé :
http://www.psychologytoday.com/blog/animal-emotions/201104/rise-the-planet-the-apes-shows-real-primates-no-longer-need-be-used-in-m  »


 

Le calvaire de Cheetah, le singe de Tarzan

Ce que Tarzan entendit un jour…

« Le film publicitaire vantait les mérites d’un produit de bronzage. J’y jouais pour ma part le rôle de Tarzan, avec un pagne en peau de panthère sur les reins, et tout…
Quant au chimpanzé, il était supposé me pulvériser de l’huile de bronzage sur le dos.
Par accident, le singe s’est trompé : il s’est mis à asperger mes yeux avec le spray puis ma poitrine et tout mon corps…

Le dresseur était fou de rage. Il a foncé sur le chimpanzé, s’est mis face lui et lui a crié dans les oreilles : «  Qui tu es, toi ? Un type malin ? Tu sais comment on les traite, les types malins ? Viens avec moi ! ».
Alors il l’a saisi par la peau du cou et l’a traîné à l’arrière, dans les coulisses.

Je n’ai vu se commettre aucune brutalité sous me yeux mais par contre, j’ai parfaitement entendu quelqu’un qui frappait avec un bâton et un pleurnichement en réponse. Puis encore un coup sourd et une plainte qui suivait.

Au bout de quelques minutes, le singe et le dresseur sont revenus vers nous et il m’a semblé que le chimpanzé était tout à fait soumis. En tous cas il a fait le travail correctement. Et c’est tout ce qu’on attendait de lui « .


Lettre ouverte de Jane Goodall à la communauté des créateurs de Hollywood

Chers Amis,

J’aimerais attirer votre attention sur un aspect de votre travail auquel vous n’avez sans doute jamais songé auparavant, à savoir : le coût réel que représente l’utilisation de chimpanzés et d’autres grands singes dans le secteur du divertissement et de la publicité.
En tant qu’un artiste, auteur, directeur, producteur, metteur en scène employé dans l’industrie du spectacle, il se peut que votre travail vous amène à utiliser des singes anthropoïdes aujourd’hui ou dans un proche avenir.

Comme vous le savez peut-être, j’ai passé plus de 40 ans à observer les chimpanzés sauvages dans leur milieu naturel. Durant tout ce temps, mon estime n’a cessé de croître vis à vis de ces remarquables créatures, capables de penser et de ressentir des émotions d’une manière très similaire à la nôtre.

Du fait de tout ce que j’ai appris sur eux, je me sens de plus en plus concerné par l’usage que les humains font d’eux pour satisfaire leur propre plaisir.
Par le biais du rapport que je vous joins en annexe, je voudrais partager avec vous l’information relative au dressage des chimpanzés, à la façon dont on les traite quand ils deviennent plus âgés, une fois que leur vie est brisée irrémédiablement mais pas toujours de manière immédiatement évidente.

Dès lors que vous aurez pris la peine de prendre connaissance de ces informations difficiles, j’espère que vous ne manquerez pas de me rejoindre dans ce combat, comme l’ont fait un nombre de plus en plus important de vos collègues qui, à leur tour, refusent désormais de faire usage de grands singes dans leurs productions télévisuelles ou cinématographiques.  Le temps est venu d’en finir avec l’utilisation d’individus si vulnérables à notre exploitation (intentionnelle ou non) précisément parce qu’ils nous ressemblent tant.  Merci d’avance de bien vouloir lire ce rapport et de prendre en compte la demande qui vous est faites.

Jane Goodall, Ph.D., DBE
Messager des Nations Unies pour la paix
Fondateur de l’Institut Jane Goodall

 

Un bref extrait :

Dressés pour avoir peur !

Pour préparer les jeunes chimpanzés captifs à la vie sur les plateaux de télévision ou de cinéma, les dresseurs peuvent les battre à coups de poing, les frapper avec des objets lourds, bref, ils font tout ce qu’ils estiment nécessaire pour établir une dominance physique.

Par nature, les jeunes chimpanzés sont hyper-actifs, chahuteurs et facilement distraits – des qualités diamétralement opposées à celles que les dresseurs recherchent lorsqu’ils veulent fournir des « comportements à la demande » pour la caméra.
En conséquence, beaucoup de dresseurs se fondent sur la domination et la crainte physique pour garantir une attention soutenue et une parfaite obéissance de la part de leur « artiste en formation ».

Divers rapports de témoins oculaires attestent que les dresseurs frappent les bébés chimpanzés à coups de poing, de marteau ou avec des barres métalliques et des manches de brosse.
Des dispositifs électriques peuvent également être utilisés pour mettre les grands singes en état de choc et les contraindre à la soumission. Ces maltraitances soigneusement calculées transforment rapidement les jeunes chimpanzés en individus craintifs qui deviendront très attentifs et soucieux de coopérer par crainte de
souffrances nouvelles.

Débutant dans le métier d’artiste dès l’âge de deux ans, ces chimpanzés captifs sont formés pour se comporter davantage à la manière des humains que de celle des grands singes qui vivent en liberté.
L’une de leur première et de leur plus douloureuse leçon, on leur apprend à ne jamais mordre, ce qui est pourtant un comportement habituel observé en nature chez les jeunes singes espiègles jouant ensemble .

Les entraîneurs répondent parfois aux morsures en mordant eux mêmes le dos de chimpanzé ou en plaçant leurs doigts autour de la bouche du chimpanzé de sorte que celui-ci morde sa propre joue. Ce dressage fondé sur la peur et la dominance se poursuit avec les phases suivantes où le jeune singe apprend les ordres tels que « Non ! » « Viens ici! » « Arrête immédiatement ! » ou « Donne moi la main !  »

« Une autre technique de dressage, parfois appelée la technique du deux sur quatre est utilisée par les dresseurs avec diverses variantes  » explique le Dr Roger Fouts.
« Ils frappent tout à coup les chimpanzés sans raison, à n’importe quel moment. Puisque les chimpanzés ne savent jamais quand ils seront frappés la prochaine fois, ils sont obligés de garder constamment leur attention fixée sur le dresseur. Ainsi, le dresseur évite le problème du manque d’attention des chimpanzés et quand ils lui donnent un
ordre, celui -ci est exécuté aussitôt ».

(Cette technique était également utilisée par les Nazis dans les camps de la mort en 1940-45.Ndt.)

Cette vie d’artiste s’achève brusquement : vers huit ans, l’âge où dans la nature, un chimpanzé s’apprête à vivre une vraie vie d’adolescent autonome, c’est déjà l’heure de la retraite !
Quelle retraite ? Personne ne veut payer pour un « vieux chimpanzé » ou pire encore pour un vieil « ourang-outan » devenu ingérable, violent et dangereux et même incapable de vivre avec ses semblables.
L’entretien d’un grand singe coûte au bas mot 10.000 dollars par an !

En conséquence, l’animal sera vendu à un laboratoire pharmaceutique pour « participer » à des recherches sur les vaccins ou bien encore, il s’en ira croupir tout seul, durant des décennies parfois, au fin fond  d’une cage minuscule d’un « road-zoo » minable aux États-Unis.
Enfermées avec un seul mâle que l’on retire au moment de la naissance, les femelles sont utilisées pour leur part à produire des bébés à peu de frais, relançant ainsi un nouveau cycle de cette exploitation scandaleuse.

Rappelons que la plupart des grands primates hominiens montrés dans des films tels que « Projet X »  ou la « Planète des Singes » de Tim Burton, ont terminé leur vie de cette manière sordide, dans quelques mètres carrés de grillages pour les plus vernis d’entre eux !

En Francophonie, ce que l’on en dit ?

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« Enfin il y a la réussite artistique, complètement indépendante de la réussite commerciale. Tout le monde a adoré les géniales publicités « Omo »  mettant en scène deux chimpanzés. Leur succès est lié à la création d’une langue-singe que nous comprenons malgré tout. On admire, on s’en souvient, il y a une dimension créative évidente »

Jean-Michel Adam, professeur de linguistique française à l’Université de Lausanne


Cheetah

« A 71 ans, la célèbre guenon serait le plus vieux chimpanzé au monde.
Comme d’autres anciennes stars de cinéma, Cheetah a choisi pour domicile Palm Springs, où le senior quadrupède passe ses jours à satisfaire les passions que les plateaux de tournage lui refusaient. Ce n’est pas ça, la retraite ?

Pour ceux qui s’en souviennent, Cheetah est la fidèle compagne de liane de Johnny Weissmuller, alias Tarzan, dans le film homonyme produit dans les années 30. A la vérité, elle n’existait pas dans l’histoire originale, apparaissant au cinéma en 1932 dans le film « Tarzan The Apeman ».
Sans avoir rencontré de difficultés quant à entrer dans la peau du personnage, Cheetah a réussi à se montrer tour à tour gaie ou morne, pensive ou joviale, mais toujours irrésistible. On peut imaginer la satisfaction du chimpanzé après avoir pris contact avec le scénario et avec ce rôle qui lui allait comme un gant.
Adorée par le public, Cheetah se montrait assez retenue dans la vie réelle, évitant de donner des interviews. Actuellement, devant la tentative de quelques scientifiques qui s’efforçaient de montrer que les chimpanzés font partie du genre humain, le singe a hésité à adopter une position officielle. Mais qu’est-elle devenue entre-temps ?

Propriété de Tony Gentry, un dresseur d’animaux de Hollywood, la guenon fut ensuite adoptée par Dan Westfall, qui avait convaincu le premier de la lui confier. L’ancien partenaire de Tarzan passe désormais son temps à jouer à des jeux pour enfants, à feuilleter des magazines, à regarder la chaîne animalière et les dessins animés.

De même, elle aime revoir ses films afin de revivre les moments les plus intenses de sa carrière, mais aussi pour regarder d’un œil critique son jeu. Et pourtant, rien de vaniteux chez cet acteur tombé dans l’oubli et qui contemple en silence le monde de plus en plus bruyant du cinéma actuel. D’où l’on déduit que tous les acteurs ne proviennent pas du même singe ».
Senior planet
Cheetah serait morte à 80 ans. Mais était-ce vraiment Cheetah ? 


Flipper

Ric O’Barry : J’’ai capturé les cinq dauphins qui jouaient le rôle de Flipper. Je les ai tous entraîné, depuis le premier épisode jusqu’’au tout dernier. Je vivais avec eux au Seaquarium. Tous les vendredi soirs, à 19H30, je prenais la télé, avec une rallonge, pour l’’amener jusqu’’au bout du dock, pour que Flipper puisse regarder Flipper à la télévision. C’’est là que j’ai compris que les dauphins étaient conscients d’’eux-mêmes. Je pouvais dire lorsqu’’ils se reconnaissaient.
Par exemple, Cathy reconnaissait les plans dans lesquels elle jouait. Suzy reconnaissait les siens, etc. »….


En hommage à Topsy, première victime du cinématographe

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