Quel avenir pour les bébés morses du Vancouver Aquarium ?

 

Les morses Lakina et Balzak sont nés à l’Aquarium de Québec en mai 2016

Quel avenir pour les bébés morses du Vancouver Aquarium ?


TRANSFERT

Les deux bébés morses de l’Aquarium de Québec ont été transférés ce 19 décembre 2017 de l’établissement de Québec vers l’Aquarium de Vancouver en Colombie-Britannique.
L’opération effectuée en avion s’est déroulée sur plusieurs heures. Le transfert s’est amorcé mardi à 5 h du matin.
Selon la directrice de l’Aquarium de Québec, l’opération s’est bien déroulée.
« Nos morses nous ont quittés dimanche matin vers 5 h 30. Toute l’équipe de conservation de l’aquarium ainsi que l’équipe technique se sont attardées pour que Lakina et Balzac soient transférés par camion jusqu’à l’aéroport de Québec », explique Élisabeth Tessier.
Les animaux ont été placés dans des cages individuelles pour faciliter le transport. Les morses sont arrivés à Vancouver aux petites heures du matin lundi, vers 1 h.

La directrice a tenu à se faire rassurante quant à leur avenir. Elle explique que deux guides animaliers de l’Aquarium de Québec, vont rester quelques jours à Vancouver pour s’assurer du bien-être des morses.
«Ils sont dans un magnifique bassin qui respecte les normes, et ce matin, nous avons eu la confirmation qu’ils ont très bien mangé. Ils sont curieux et ont déjà plongé à l’eau », ajoute-t-elle.

Les morses Lakina et Balzak sont nés à l’Aquarium de Québec en mai 2016. Il s’agit des premières naissances en captivité au Canada. Leur départ permettra aux trois autres morses de l’aquarium de regagner leur bassin commun. Depuis la naissance des deux bébés morses, le morse adulte Boris était maintenu à l’écart dans un espace séparé.

OPPOSITION

L’association Lifeforce Foundation n’est pas du même avis.
Elle appelle au boycottage des deux aquariums. Son directeur, Peter Hamilton, estime que les animaux sont traités comme des prisonniers utilisés à des fins promotionnelles. Il ajoute que les petits devraient rester avec leur mère encore pour l’allaitement. Lifeforce, établi à Vancouver, affirme aussi que séparer les deux bêtes de leur mère est un acte cruel.
«À l’état sauvage, les morses s’occupent de leurs petits jusqu’à deux ans et parfois plus. Nous pensons que pour pouvoir offrir un traitement adéquat, il faut garantir une période normale à la mère et aux petits ensemble» affirme Peter Hamilton, fondateur de Lifeforce. «Si vous brisez le lien entre la mère et le bébé, cela peut certainement causer beaucoup de traumatismes et mener à des problèmes sociaux, de comportements et de développement».

 

Morse libre dans son milieu naturel


CAPTURES

La Russie a longtemps été une source importante de jeunes morses rendus volontairement «orphelins» – et le zoo de Moscou tout particulièrement – qui a livré de nombreux morses en Espagne et en Amérique du Nord.
En supposant que cette pratique soit enfin interdite, la seule source de nouveaux animaux captifs sera désormais les «sauvetages» occasionnels de morses sauvages blessées en Amérique du Nord et en Russie.
Cela dit, certains des morses en captivité ont réellement été sauvés dans leur habitat naturel.
Les uns ont été blessés par d’autres morses du troupeau ou par des prédateurs. D’autres ont été séparés de leur mère dans leur enfance mais ils ont survécu. On les trouve alors dans des cours d’eau, ce qui n’est pas normal pour des morses. En les emmenant en captivité, une seconde chance serait donc donnée à ces jeunes pinnipèdes.

De nombreuses associations dénoncent cependant le fait que des morses soient maintenus en captivité. Ils ont le sentiment que cette espèce n’est pas menacée à l’heure actuelle au point de s’éteindre et qu’elle doit vivre librement dans son environnement naturel. Ils estiment que le financement très coûteux de ces morses en captivité devrait plutôt servir à l’éducation du public et à réduire les menaces qui pèsent sur l’habitat naturel dans lequel ils vivent.

Les deux morses Balzak et Lakina au Québec juste avant le départ

CAPTIVITE

De l’aveu même des zoos, les morses ne sont pas des animaux faciles à garder.
Compte tenu des problèmes liés à l’ingestion de corps étrangers, à l’endommagement des défenses sur les surfaces dures des expositions et au faible taux de reproduction jusqu’à présent, cet animal ne semble pas bien établi dans les zoos et les aquariums par l’élevage en captivité. En captivité, la reproduction est parmi les plus difficiles, à la différence d’autres pinnipèdes telles que les otaries, car il y a un problème de synchronisation entre le rut des mâles, qui se décale selon la latitude à laquelle ils sont situés, et l’ovulation des femelles.

Les morses en captivité subissent invariablement des dommages à leurs défenses en raison de l’environnement carcéral dans lequel ils se retrouvent. Normalement, ils se servent de leurs défenses pour creuser les fonds marins et se nourrir. Ici, c’est le fond de leur bassin qu’ils creusent. Comme ils utilisent aussi leurs défenses pour se hisser hors de l’eau, l’usure peut être rapide à tout âge.
La cavité pulpaire s’infecte alors même qu’il n’y a pas d’exposition directe, car les bactéries contournent la dentine secondaire poreuse et lâche attachée à la cavité pulpaire. Pour ces raisons, la thérapie endodontique n’est pas possible sur ces dents.
Pour empêcher une telle usure des défenses, les parcs marins doivent impérativement améliorer l’environnement dans lequel ces animaux sont enfermés.

Opération de la défense


Une autre préoccupation est que les morses en captivité ne vivent pas aussi longtemps qu’en milieu naturel.
La différence peut être d’une décennie ou plus et cela préoccupe beaucoup les défenseurs des animaux.
Comme pour les ours polaires, il est également très coûteux de prendre soin des morses en captivité. La création d’un habitat adapté dans lequel ils se sentiront à l’aise coûte des millions de dollars. S’ils ont besoin de soins médicaux, c’est une dépense supplémentaire à considérer également. Les veaux doivent être nourris au biberon, ce qui peut être long et coûteux. En moyenne, les adultes peuvent consommer jusqu’à 60 livres de nourriture chaque jour. La plupart de ces aquariums dépendent du prix d’entrée qu’ils facturent au public pour voir les morses ainsi que de subventions et de dons privés pour être en mesure d’offrir de tels sites.Lorsque ce n’est pas le cas, les morses souffrent énormément.

En Chine, plus de 10 aquariums présentent aujourd’hui au moins 30 morses. Ces morses sont parqués dans des enclos intérieurs minuscules, privés de toute stimulation. Outre les morses, la Chine a également importé ces dernières années,de nombreuses otaries de Steller, des lamantins d’Afrique de l’Ouest, des loutres de mer, des bélugas, des dauphins et même des orques pour ses parcs d’attraction géants. Loin de condamner cette dérive ultra-commerciale, les delphinariums occidentaux la soutiennent activement.

CHASSE

Historiquement, les Vikings furent les premiers européens à chasser le morse pour son ivoire.
Ils trouvaient les animaux en nombre au Groenland et autour de la Mer Blanche, et utilisaient leur « or blanc » pour fabriquer divers objets de luxe tels que des peignes, des crucifix ou des pièces de jeu d’échecs.

Le morse fut fortement exploité par les chasseurs de phoques et de baleines américains et européens pour sa graisse et son ivoire. Aux XVIe et XVIIe siècles, plusieurs milliers de morses étaient tués chaque année. L’animal vivait jusqu’au Cap Cod et dans le golfe du Saint-Laurent, où il n’est plus aujourd’hui que sporadique.
Au cours du XVIe et XVIIe siècles, les populations du Labrador sont exterminées, poussant l’homme à aller les chasser de plus en plus loin. Entre 1861 et 1863, moins d’un millier de morses sont tués, pour l’exportation de 4 800 kg d’ivoire par an.
En 1867 lorsque les Américains achètent l’Alaska aux Russes, l’exploitation de l’animal s’accélère : de 1869 à 1879 ce sont 12 000 morses qui alimentent chaque année le marché mondial.
À la fin du XIXe siècle, les autorités américaines freinent la chasse, mais les populations connaissent un maigre répit : en effet vers 1930, c’est l’U.R.S.S. qui entame à son tour la chasse de l’animal. De 1925 à 1931, on a estimé que sur les seules côtes de l’île de Baffin au Canada, environ 175 000 morses furent tués, et bien que ce chiffre soit contesté, il n’en reste pas moins que les populations atlantiques furent menées au bord de l’extinction.

La sous-espèce du Pacifique ne fut victime de la chasse que plus tard, et ses effectifs n’ont pas frôlé de seuil critique, les États-Unis et la Russie ayant pris des mesures protectrices afin de reconstituer les populations dès les années 1960. La chasse commerciale des morses est désormais interdite dans toute l’aire de répartition de l’animal.

Une chasse toujours en cours.

La chasse du morse est réglementée par des plans de gestion des ressources en Russie, aux États-Unis, au Canada et au Danemark (comprenant le Groenland) et par les représentants des communautés de chasseurs respectives. Chaque année 4000 à 7000 morses du Pacifique sont tués en Alaska et en Russie dans un cadre alimentaire, dont 42 % d’animaux blessés ou égarés.

Seules plusieurs centaines de morses sont abattues chaque année autour du Groenland et dans l’est du Canada, les populations atlantiques étant numériquement plus faibles et donc plus fragiles. L’impact de cette chasse est difficile à mesurer étant donné l’imprécision des données démographiques et des paramètres tels que la fécondité et la mortalité. Aux États-Unis, le morse est protégé par le Marine Mammal Protection Act (MMPA).
Les Tchouktches, les Yupiks et les Inuits continuent de tuer de petits nombres de morses vers la fin de chaque été. Cette chasse fait partie de leurs traditions, et toutes les parties du morse sont utilisées. Parallèlement le braconnage pour le précieux ivoire persiste toujours.

Toutes les populations sont menacées car leurs exigences écologiques sont très spécifiques : leurs zones de pêche ne doivent pas être plus profondes que 80 mètres sur le plateau continental, et la température de l’air doit se situer entre – 15 et 5°C.
Le recul de la banquise a entraîné des concentrations inhabituelles sur des plages de galets, induisant une promiscuité, se traduisant par des épizooties meurtrières.

L’AVENIR DES BEBES MORSES

Avec ses décès prématurés et ses naissances exceptionnelles, la reproduction des morses au zoo ne pourra jamais sauver l’espèce en milieu sauvage. Deux naissances ont eu lieu au Seaworld San Diego, le seul bébé né à l’Aquarium de New York est mort à 2 ans, un bébé mort né à Six Flags, une seule naissance à Kamogawa, un survivant et deux morts nés à Hardewijk
Pas de quoi repeupler les pôles.

Il est donc bien évident que la détention de ces majestueux pinnipèdes tournés en ridicule lors des shows ne sert en rien à la conservation. Ils ne sont que les nouveaux jouets d’une industrie criminelle qui vit de l’esclavage animal.
Le destin des deux bébé morses Lakina et Balzak est donc tout tracé : ils alimenteront les caisses de l’Aquarium de Vancouver jusqu’à ce que mort s’ensuive…

 

L’arrivée des deux bébé morses à l’Aquarium de Vancouver

 

 


Liste des zoos détenant des morses

 


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