Deux nouvelles otaries à Nausicaa

21 septembre 2011

«Max et Mauritz sont venus d’Allemagne.
Agés de près de deux ans, ils viennent de rejoindre les 5 autres lions de mer : ils évoluent avec aisance dans la Réserve californienne de Nausicaa pour la plus grande joie des visiteurs, auprès d’Algon, de Speedy, de Molito, de Fridolin et de Xino (expédiées quant à eux depuis la Belgique, la Hollande et l’’Allemagne)Le « Zalophus californianus» est une espèce protégée par la Convention de Washington » annonce gaiement le site de l’aquarium français.

Une info que relaie avec non moins d’’enthousiasme mercantile un immense poster inséré dans le journal belge «La Libre Belgique » de ce 21 septembre 2011, sous le titre «20 ans, ça se fête », assortie d’une prodigieuse image anthropomorphique d’une otarie en train de faire le DJ en bord de mer, casque sur ses « non-oreilles» et double platine sous ses palmes.

Quelques questions :
– Quel est la valeur pédagogique des shows de Nausicaa ? Reflètent-ils la vraie vie des lions de mer ?
Ils reconnaissent les lettres, sans doute, et prouvent ainsi leur haute intelligence. Mais qu’en est-il de leur vie sociale, de leurs cultures presque aussi complexes que celles des cétacés ?
– Quelle est la nécessité de garder des otaries californiennes en France ou ailleurs en Europe, alors qu’elles ne seront JAMAIS remises en mer et sûrement pas dans l’Atlantique ?
– Car si la Convention de Washington est certes évoquée, le statut réel des otaries sur l’IUCN ne l’’est pas. « Least concern », annonce la fameuse Liste Rouge. C’est-à-dire en danger d’extinction «modéré» ou tout simplement, ignoré, car cette liste rouge pêche hélas par d’importantes failles dans sa documentation.

Pourquoi ne pas laisser dès lors les otaries de Californie aux Californiens, en encourageant les initiatives de protection de l’environnement et en faisant se reproduire des individus capables de retrouver leur milieu naturel et de repeupler leur biotope ?

Pourquoi n’y a-t-il pas à Nausicaa des espèces de pinnipèdes françaises (les phoques moines par exemple…) nettement moins « rigolos et lucratifs » mais en réel danger au niveau local et donc à protéger et à relâcher (en évitant tout contact avec le public, bien sûr, ce qui est moins rentable) ?

Bref, Nausicaa fait comme tous les zoos du monde. C’est une entreprise qui prospère sur le dos d’animaux  non-humains privés de liberté et savamment acculturés pour ne jamais pouvoir la retrouver.

Encore heureux qu’il n’y ait pas de dauphins là-bas, ni d’ours blancs et que, reconnaissons-le, ce parc marin va certainement plus loin que bien d’autres dans le sens d’une information scientifique sérieuse de son public.

Pourtant, ce qui compte vraiment, c’est ceci :

«Nausicaa surfe sur une vague porteuse. Les chiffres ont parlé.
En juillet 2011, 110.000 visiteurs se sont pressés devant la multitude d’espèces aquatiques présentes à Nausicaa.
De bons chiffres à en croire Philippe Vallette, directeur général du centre national de la mer : «Il y a deux ans, le mois de juillet avait été aussi pourri au niveau du temps et nous avions enregistré 95 000 visiteurs ». Cette année, avec 110 000 visites, la barre a été placée haut.

373 000 visites en 7 mois 
Le mauvais temps y serait-il encore pour quelque chose ? Philippe Vallette estime que ce regain d’activité serait plutôt dû à une conjonction de plusieurs phénomènes. « Le temps ne fait pas tout, assure-t-il. Non, ce qui a véritablement boosté le nombre d’entrées, c’est une conjonction entre le mauvais temps, l’ensemble de la communication menée pour les 20 ans de Nausicaa et la nouvelle exposition « Histoires d’îles ». Elle est spectaculaire ».

Inaugurée en avril dernier, « Histoires d’îles » a fait déplacer les foules et ce n’est pas fini.
Quant à la campagne de promotion autour des 20 ans du centre national de la mer, elle est diffusée en France, en
Belgique et en Angleterre.

«Le petit tram qui longe la côte belge est habillé entièrement à nos couleurs », cite en exemple le directeur général.
Toujours selon les estimations, entre le 1er janvier 2011 et le 31 juillet 2011, Nausicaa a reçu 373.000 visiteurs. « C’est plus que l’an dernier. Je pense que l’on fera un bon score cette année ». En moyenne, Nausicaa attire 600.000 visiteurs par an.

Espèces exceptionnelles
Des espoirs qui restent à confirmer mais pour le moment, il semble que Nausicaa soit sur la bonne voie.
La nouvelle exposition, avec ses espèces exceptionnelles (destinées à pourrir en bassin jusqu’’à ce que mort s’ensuive) attirent de nombreux vacanciers de la région essentiellement, même si Belges et Hollandais sont toujours présents.

En juillet 2011, les Français du Nord représentent une hausse de 10 % par rapport à 2010. « La fréquentation des étrangers reste stable et les Français ont augmenté sensiblement. Le Nord a fait un très bon score », commente Philippe Vallette.  À noter que cette année, les ventes web de tickets ont augmenté de 50 % ».

Dingue-ling ! Voici le joli son du tiroir-caisse qui résonne à nouveau…

 

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Dressage d’otaries à Nausicaa

 


« Depuis juillet 2013, les visiteurs de Nausicaa peuvent découvrir un nouvel espace sur la biodiversité et les aires marines protégées. Nouvelle muséographie et nouveau décor afin de profiter de nouveaux aménagements pour un plus grand confort de visite et de découverte des six lions de mer de Nausicaa : 600 places assises sont désormais disponibles dans des gradins couverts installés en surplomb du bassin d’un million de litres d’eau de mer.
Le public peut ainsi découvrir ou redécouvrir cette réserve californienne et mieux comprendre l’importance de ces zones protégées, qui jouent un rôle essentiel dans l’équilibre marin et dans la préservation de la biodiversité ».

Le problème, c’est qu’il n’y a PAS d’otaries californiennes à protéger en France.
Alors, que font-elles là ?

 

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