Le Sénat Australien et les dauphins captifs

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Il reste encore un delphinarium SeaWorld en Australie

Australia 1985

1. LISTE DES RECOMMANDATIONS 

Le Comité recommande que plus aucune installation destinée à maintenir des cétacés en captivité ne soit autorisée à s’établir sur le territoire de l’Australie et qu’aucun nouveau permis ne soit accordé pour la capture de cétacés sauvages en Australie. Le Comité recommande que toute importation de cétacés capturés en provenance d’outre mer soit également interdite. Le Comité recommande que les delphinariums actuellement en activité soient autorisés à conserver leurs cétacés mais que la détention de ces cétacés soit finalement appelée à disparaître, à moins que de nouvelles recherches ne puissent prouver la nécessité de maintenir cette pratique. Le Comité recommande que les delphinariums actuellement en activité soient invités à se soumettre à des plus rigoureuses évaluations quant à leurs fonctions pédagogiques et scientifiques en fournissant des informations détaillées sur leurs activités, similaires à celles qui sont requises de la part des candidats à des permis scientifiques et pédagogiques selon les règles en vigueur dans le Commonwealth et d’être capable de démontrer que la recherche et l’éducation constituent réellement un élément significatif des activités des delphinariums. En accord avec la politique généralement acceptée de présenter les animaux d’une manière qui améliore la prise de conscience du public et sa compréhension des cétacés, le Comité recommande de ne présenter dans les delphinariums que des spectacles mettant en valeur les comportements naturels et de faire en sorte que ces établissements soient conçus de manière aussi proche que possible de l’environnement naturel des cétacés. Le Comité recommande que les normes nationales pour le maintien en captivité et les soins à donner aux cétacés captifs soient déterminés par l’ANPWS (Australian National Parks & Wildlife Service) après consultation des autorités gouvernementales, des représentants de l’industrie des cétacés captifs et d’autres personnes disposant d’une connaissance des besoins des cétacés en matière de bien-être, afin d’être appliqué par les autorités responsables de chaque état. Le Comité recommande que les normes nationales incluent aussi bien les standards permettant d’évaluer la viabilité financière de l’entreprise, les éléments scientifiques et éducatifs de ces exhibitions que la qualité naturelle de l’environnement et des soins fournis aux cétacés captifs. Ces normes devraient remplacer les règles en vigueur pour les demandes de permis. Le Comité soutient la proposition d’un système de licence pour les propriétaires et les gérants de delphinariums, et recommande qu’un tel système soit mis en œuvre en plus des règles d’autorisation actuelles. Le Comité recommande que les autorités responsables des cétacés captifs au sein de chaque état obligent les delphinariums à se soumettre à ces nouveaux standards d’accueil. Si l’un de ces établissements se trouve dans l’incapacité de s’y soumettre, un temps donné lui soit accordé pour qu’il s’y conforme. Au-delà de cette période, et si cette adaptation n’est pas réalisée, le delphinarium devra être fermé. Le Comité recommande qu’un organisme consultatif national soit établi, comportant des représentants des autorités fédérales et du Gouvernement, des organisations non gouvernementales et des représentants des delphinariums, qui conseilleront les pouvoirs fédéraux et gouvernementaux sur toutes les matières relatives aux cétacés libres et captifs et encourageront les recherches en ce domaine. Le Comité, reconnaissant le rôle joué par les delphinariums dans le sauvetage et la réadaptation subséquente des animaux malades ou échoués, recommande que ces structures puissent continuer ce type d’activités à l’avenir, pourvu que les cétacés soient réellement rendus à leur environnement naturel normal dans la mesure du possible, et que les cétacés ne soient pas sauvés uniquement dans l’intention de les conserver en captivité ou pour contourner les réglementations interdisant toute nouvelle capture.


2. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS. 

Un examen attentif de la situation a mené le Comité à la conclusion que les cétacés en captivité souffrent du stress, qu’ils présentent des comportements aberrants, qu’ils y meurent en nombre élevé, que leur temps de vie est diminué, et qu’ils ne parviennent pas à s’y reproduire de façon satisfaisante. Le Comité note qu’en Australie, le décompte global des décès dans les delphinariums est inférieur aux chiffres enregistrés dans les établissements d’outre-mer mais qu’en examinant l’ensemble des éléments d’information en sa possession, le Comité estime néanmoins que les cétacé paient d’un prix trop élevé les avantages douteux de la captivité. En outre, le Comité précise que, à une exception près, les delphinariums australiens n’ont pas apporté de contribution substantielle à la préservation des cétacés, en ce sens que les dangers qui menacent réellement les animaux en liberté n’ont été pris que peu en compte dans les études menées par les delphinariums. Il apparaît ainsi que quatre delphinariums sur sept en Australie ne conduisent même aucune recherche sérieuse. La plupart du temps, tout l’effort de ces structures a porté sur la mise en place de relations de dépendance du cétacé captif à l’égard de son entraîneur. Les spectacles proposés ne tentent même pas de faire connaître au public les mœurs des cétacés libres au sein de leur environnement naturel. Au contraire, les cétacés captifs sont dressés se livrer à des comportements artificiels. Le Comité estime que l’évidence tend à prouver que les cétacés sont probablement des animaux dotés d’une très haute intelligence, doté d’un comportement social complexe. Même si la communauté scientifique n’est pas encore parvenue à un consensus sur la nature véritable des ces animaux, le Comité pense néanmoins qu’il est important de donner à ceux-ci le bénéfice de telles considérations à l’avenir, particulièrement là où la captivité s’est résumé à des spectacles élaborés dans le seul but de divertir. Le Comité conclut donc que les bénéfices pour les humains à maintenir des delphinariums ne sont plus suffisants pour justifier les effets nuisibles de la capture pour les cétacés. Par conséquent, le Comité recommande (comme indiqué plus haut) qu’aucun nouvel établissement destiné maintenir des cétacés captifs ne soit autorisé en Australie et qu’aucun nouveau permis ne soit délivré qui autoriserait la capture de cétacés dans les eaux australiennes dépendant du Commonwealth ou de chaque état. Il recommande enfin que plus aucune importation de cétacés en provenance d’outre mer ne soit autorisée à l’avenir.


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