Samy, le premier dauphin de Planète Sauvage

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Samy et son amie Nathalie Wauquier

Archives 1999

Samy, le premier dauphin captif  de Planète Sauvage

Echoué le 17 août sur une plage près de Ritou, dans le Cotentin, Samy, un dauphin bleu et blanc, âgé d’’environ 5 ans, long de 1,6 mètres et pesant 42 kilos, aurait dû être le premier pensionnaire du tout nouveau centre de réhabilitation des mammifères marins (Cermam) installé à Port-Saint-Père (Loire-Atlantique).

Après plusieurs tentatives pour le ramener en haute mer, il avait été transporté par hélicoptère jusqu’au bassin du parc Planète Sauvage. Jusqu’’à sa mort le 6 septembre 1999, une trentaine de volontaires se sont relayés vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour maintenir l’’animal à la surface et éviter qu’’il ne coule à pic et se noie.

Un ulcère gastrique, entre autre, avait été rapidement diagnostiqué.
Suite aux soins, ce dauphin de l’espèce Bleu et Blanc a retrouvé un début de vigueur durant lequel il acceptait le poisson venant de la main de l’homme, ce qui en soi est déjà exceptionnel, car cette espèce ne survie généralement pas plus de 3 jours en captivité.
Durant ses derniers jours de vie, Samy est tombé dans une phase apparente d’état de choc qui s’est conclue par un spasme suivi d’arrêt cardiaque.

Si l’’animal avait survécu, les biologistes espéraient pouvoir le relâcher à proximité d’’une troupe de dauphins. L’’opération s’’annonçait délicate et par essence, controversée.

A tel point que la biologiste Anne Collet n’’hésitait pas à parler d’acharnement thérapeutique mené sur un animal malade abandonné par son groupe d’origine. La directrice du Centre de recherche sur les mammifères marins de La Rochelle, au début, favorable au projet du Cermam, estimait que les risques de trouver le cadavre de Samy sur la côte dans les semaines suivant sa libération étaient importants.

En revanche, pour Tarik Checkchak, biologiste au Monde de GAIA (l’association à l’origine du centre de réhabilitation) l’état du dauphin retrouvé sur les plages du Cotentin ne justifiait pas l’euthanasie, et un tel acte ne peut être décidé que par un vétérinaire compétent. En outre sur les 10 à 20 dauphins qui s’échouent sur les plages françaises chaque année, seul 6 à 7 sont en état d’être éventuellement sauvés.

Les faits ont hélas donné raison à Mme Anne Collet, malgré de précédentes réussites ailleurs dans le monde.
La polémique pose, en tout cas, une question importante : comment réagir face aux échouages de ces animaux, hautement appréciés par le public ? Jusqu’’ici, les dauphins recueillis vivants –  une vingtaine par an sur 900 échouages – – étaient dirigés vers des parcs aquatiques ou des zoos.

Là, ils s’’habituaient à la présence humaine, même s’’ils n’’étaient pas toujours dressés. Une pratique qui fait la joie des visiteurs. La plupart des parcs aquatiques d’’Europe ont cependant fermés. Il n’’en reste que deux en France. Ceux qui fonctionnent sont menacés par une surpopulation due aux naissances en captivité. Que faire de ces animaux ?
Le Cermam se propose de les réacclimater à la vie sauvage pour ensuite les relâcher en pleine mer. Il veut aussi accueillir, soigner et libérer les dauphins blessés. Un projet séduisant, mais qui devra faire ses preuves.

L’’Express, 9/9/99.

Planète Sauvage avant les dauphins. Des bassins sous-utilisés par quelques otaries.

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Courrier reçu d’une correspondante française en 2006

« Monsieur Godefroid,

Je vous écris car j’aimerais savoir de quels indices vous disposez pour affirmer que le zoo de Port St-Père, « Planète Sauvage », va vraiment ouvrir un delphinarium.
J’ai lu sur votre site que vous étiez sceptique quant au « centre de réhabilitation des mammifères marins », mais je me permets de vous dire qu’à l’origine, cette structure existait bel et bien dans ce parc. En effet, j’ai visité ce zoo en 1998, et à cette époque, ce centre existait et était en train de soigner un dauphin bleu et blanc échoué, Samy.
J’ai même eu l’occasion de l’approcher, et j’ai été l’unique visiteuse à avoir reçu cet honneur. En tant que passionnée de ces animaux, j’avais réussi à convaincre les bénévoles de me laisser l’approcher.

Malheureusement, Samy n’a pas survécu, et le centre avait été fermé depuis. Les piscines qui étaient allouées aux soins aux mammifères marins avaient donc été ré-aménagées en bassins pour manchots du Cap.

Bref, tout cela pour vous dire que ce centre de secours et de soins existait à l’origine, et qu’il est peut-être possible qu’il soit ré-ouvert.
J’aimerais donc savoir quels éléments vous amènent à penser qu’un delphinarium sera créé ici à la place d’une restauration du centre.

Bien à vous,

N.W.

Quels éléments ?
J’étais bien informé à l’époque. Planète Sauvage enferme sept dauphins en 2014 et le projet Cermam, porté par Tarik Checkchak, a disparu aux oubliettes, après qu’on eut parlé un moment de le déplacer sur l’ïle des Embiez.


 

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Cermam (1999)

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