OTARIES et dauphins
 mêmes souffrances, Mêmes piscines




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Qui sont les otaries ? 

Les otaries californiennes, tout particulièrement, exécutent fréquemment des shows non seulement dans les cirques mais également au zoo ou dans les Safari Parcs. Nous allons étudier plus en détails la vie que mènent ces otaries captives. Otaries, phoques et morses appartiennent à la famille des pinnipèdes – mot dérivé du latin "pinna" (aile) and "pedis" (pied).

L'otarie de Californie est bien connue de tout le monde, car c'est elle qui tonne le public des cirques par ses incroyables performances de jongleuse. Il existe plusieurs espèces d'otaries, mais celle de Californie, qui vit le long des côtes pacifiques des États-Unis et du Mexique, est la mieux connue et la plus populaire. Dans les endroits où elle n'est pas perturbée ou chassée, l'otarie est familière et peu craintive. 

On peut l'approcher d'assez près avant qu'elle ne décide à gagner la mer. 
Le pelage de ce mammifère, qui est brun-roux lorsqu'il est sec, devient noir en se mouillant. Contrairement aux phoques, chez lesquels les deux pattes postérieures sont soudées entre elles pour former une sorte de nageoire, avec ses "nageoires" ramenées en avant l'otarie possède deux véritables pattes postérieures. 

Dans l'eau elle est passée maîtresse et ses évolutions acrobatiques sont inégalées. Sa nourriture consiste exclusivement en poisson frais. Lorsqu'elle se met à pêcher elle plonge jusqu'à 7 minutes. Si en général elle ne plonge guère à plus de 70 m de profondeur, certaines otaries peuvent à l'occasion atteindre jusqu'à 180 m. Bien sûr, l'otarie est moins gracieuse lorsqu'elle avance sur le sable, mais il est bon de savoir que, grâce à ses nageoires antérieures longues et fortes, elle est néanmoins capable de courir plus vite qu'un homme sur une plage de sable fin. Elle escalade les rochers sans trop de peine et plonge parfois d'une grande hauteur. 

C'est un animal singulier, qui possède le don naturellement inné de l'équilibre. Les otaries californiennes sont bien connues pour leur intelligence, leur goût du jeu et leurs aboiements sonores. Leurs nageoires très spécifiques les redent extrêmement agiles et propres à être utilisées pour des spectacles au zoo, cirque et safari park. Dans ce contexte artificiel, ces animaux vous seront présentés comme des clowns, parfois montés sur des bateaux-pirates, mais vous ne risquez pas d'en apprendre beaucoup sur les modes de vie en liberté.

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Otaries en liberté 

Les otaries de Californie proviennent, comme leur nom l'indique, de la côte de Californie mais leur présence est attestée en bien d'autres endroits : on en trouve depuis la côte de Vancouver, en Colombie britannique, jusqu'au Mexique. Un mâle adulte peut atteindre jusqu'à 1000 livres en poids et 7 pieds en longueur. Les femelles adultes sont, elles, généralement d'un poids de 350 livres et de six pieds de long. 

Chose étonnante, il semble que ces animaux descendent directement d'un ancêtre commun semblable à un ours qui a regagné la mer, il y a de cela plusieurs millions d'années.
Contrairement aux baleines et aux dauphins, les pinnipèdes partagent leur existence entre la terre ferme – ou la banquise - et la mer. Ils quittent l'élément aquatique pour se reproduire, se reposer, donner naissance à leurs petits et « moult ». Les bébés naissent entre juin et juillet et sont pris en charge par leurs parents durant une période de 5 à 6 mois, quelquefois plus. 

Ce sont des pêcheurs opportunistes qui se nourrissent de calmars, de pieuvres, de harengs, de poissons des rochers et de maquereaux. Selon les experts, leurs populations augmentent de manière importante et ils ne sont plus considérés comme une espèce en danger.
La population de Californie compte environ 160,000 individus. Si l'on y ajoute les otaries vivant au Mexique ou dans les Galápagos, la population mondiale est d'environ 200.000 individus. 
Les otaries sont bien adaptées à leur environnement marin : ils trouvent aisément de quoi se nourrir, échappent souvent à leurs prédateurs et perçoivent parfaitement ce qui se passe sous l'eau. De plus, leur organisation sociale et leurs modes de communication semblent des plus complexes mais ne sont pas encore complètement connues ni même étudiées.

Aux USA, les otaries sont protégées par le "Marine Mammal Protection Act" de 1972, qui interdit à quiconque de les nourrir, des les manipuler et de les harasser. Pour celles qui sont déjà captives, la protection est bien différente


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Zoos & safari parcs

Lorsque les zoos et autres Safari parcs de Grande Bretagne durent cesser de garder des dauphins captifs, beaucoup d'entre eux remplirent aussitôt leurs piscines vides avec des otaries.

Pourtant, les mêmes arguments qui visent à critiquer la captivité des dauphins sont également valables dans le cas des otaries : ce sont là des êtres sensibles et intelligents, susceptibles d'apprendre des comportements artificiels complexes mais maintenus pour ce faire dans un environnement nu et stérile : les mêmes bassins d'eau chlorée qui supportent difficilement la comparaison avec le véritable milieu marin… 

La qualité de vie de ces otaries captives est sévèrement compromise : leurs structures sociales et leurs modes de chasse ne peuvent évidemment être reproduits dans ces conditions de confinement.

En outre, tout comme pour les dauphins, le seul mobile qui justifie la présence de ces animaux en bassin est le souci d'amuser le public et non pas de l'instruire.  Certains établissements (en Belgique, Zoo d'Anvers et Dolfinarium de Bruges, en Grande Bretagne, West Midlands Safari Park et Knowsley Safari Parks) n'hésitent donc pas à offrir à leurs visiteurs de véritables show de cirque, incluant les mêmes «tours» que pour les dauphins : jets de balle en caoutchouc, sauts pour atteindre un ballon suspendu et vocalisations sonores pour obtenir son bout de poisson. 



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Delphinarium de Bruges, juillet 2000, photo JP Von Der Berghe



Cirques

Selon les recommandations vétérinaires de l'Association des Gérants de Cirque ( Association of Circus Proprietors), les otaries ne devraient pas voyager d'un lieu à un autre. Elles doivent au contraire être maintenues en un lieu fixe et disposer d'eau en quantité suffisante que pour pouvoir nager. 
Cette eau doit être changée tous les jours ou à tout le moins, filtrée et l'otarie doit disposer d'une profondeur minimale d'un mètre.

Ces règles ne semblaient pas être connues par Hans Pederson quand il amena son cirque en Angleterre en 1994. 
L'un de ses camions fut contrôlé par la police et interdit de circuler en raison de son mauvais état. 
C'est alors que les forces de l'ordre découvrirent cinq otaries entassées dans un container, au fond de la remorque. Les pompiers furent appelés à l'aide, afin de remplir au moins une partie de cette caisse métallique avec de l'eau fraîche. 

Hans Pederson expliqua qu'il était en route vers le Chipperfield's Circus, qui se trouvait à Thirsk, et qu'il aurait perdu le contrat s'il ne s'était pas présenté dans les 48 heures. La presse contacta aussitôt le cirque en question, qui déclara : 
'Nous n'avons jamais possédé d'otaries dans nos spectacles Nous supposons que Mr Hans Pederson voulait juste nous rencontrer et nous proposer ses services". 
Pourtant, le mois précédent, les otaries de Pederson avaient bien été présentées par le cirque Chipperfield's Circus, que leur propriétaire rejoignit peu après cet incident routier. En 1996, nouvelle tournée du Chipperfield's Circus : les cinq otaries d'origine ne sont plus que quatre. 

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Un show gratuit et naturel 

Au Pier 39, à San Francisco, des centaines d'otaries libres exécutent régulièrement des shows gratuits et naturels à leur propre initiative. La plupart sont des mâles qui, depuis des millénaires, fréquentent cette région de la Californie, particulièrement pendant les mois d'hiver, quand les harengs abondent par là-bas. 

Les otaries du Pier 39 sont une attraction importante et à chaque fois qu'elles apparaissent, une foule énorme se presse le long de la mer. Bien sûr, les otaries ne portent pas de balles en caoutchouc sur le bout de leur museau  mais elles se livrent à des jeux et des acrobaties  incroyables qui font rire les spectateurs bien plus que les shows des delphinariums et les gardent ceux-ci sur place des heures durant !  Quant le spectacle s'achève, les humains se retirent, le cœur content d'avoir assisté à une prestation magnifique et les  otaries, elles, n'ont fait que ce qu'elles aimaient !  
A New Quay (UK), des dauphins libres viennent de la même manière se montrer dans le port en fin d'après-midi. Tout le village est massé sur les berges pour les applaudir ! 

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JUIN 2002

Des otaries en Wallonie 

La Wallonie est loin de la mer et sa faune se compose normalement de sangliers, biches, cerfs, renards et autres espèces typiquement adaptées à nos climats et à nos biotopes. Cette région d'Europe a pourtant décidé de ne PAS promouvoir cette faune locale et encore moins de la protéger, surtout depuis l'arrivée aux commandes du catastrophique ministre de l'environnement, Mr José Happart.

On préfère donc aujourd'hui importer massivement otaries, ours polaires, chimpanzés, petits singes et autres rapaces ou pinnipèdes dressés qui n'ont rien  faire sous nos latitudes, mais qui sont tellement plus spectaculaires et donc plus rentables. Les "roadside zoos" fleurissent ici aussi !    

Ainsi, au Parc d'attractions du Mont Mosan, près de Huy, les otaries Elsa, Birdie, et Neptune exécutent leurs shows "facétieux et farceurs au rythme de la musique" - dixit la bonne presse gouvernementale - ceci trois fois par jour, tous les jours de la semaine, et de la semaine suivante, et suivante, et suivante... jusqu'à ce que mort s'ensuive.  

Qu'apprennent les enfants lors de ces spectacles ? 
Que les otaries ne sont pas des phoques, qu'elles savent danser le twist, tirer des petits bateaux avec des enfants dedans et qu'elles aiment TANT qu'on leur donne des bisous ? 
Que les perroquets roulent à vélo, font du patin ou tirent au petit canon ? 


Est-ce vraiment là d'animaux dont on parle ou bien plutôt de pauvres marionnettes dressées pour faire croire aux bambins que le monde n'est qu'un vaste Disney World et toutes les "bêtes" des nounours familiers qui ne demandent qu'à jouer avec eux ? 

Signalons qu'à l'instar du  Mont Mosan, le Monde Sauvage d'Aywaille et le Parc Paradisio (près de Ath) possèdent également des otaries captives. 

Les conditions de vie
sont certainement meilleures pour les otaries à fourrure du Parc Paradisio  qu'elles ne l'étaient au Zoo d'Anvers. Plaques chauffantes pour se chauffer le derrière au bord du bassin en hiver, volume important d'eau de mer naturelle légèrement chlorée, l'Algoa Bay n'est pourtant pas encore l'idéal et ne ressemble que peu à une "falaise géante" mais c'est un "plus" par rapport au passé.  Notons surtout qu'aucun spectacle dégradant n'est imposé aux otaries - ni twist en musique ni ballon sur le nez ! - hormis les "dressages" nécessaires pour obtenir la coopération des animaux lors des examens médicaux. Tout ce petit monde a l'air en bonne santé : la nage est vive et joyeuse, les gros yeux noirs brillants, l'attitude dynamique. Il s'agit ici d'animaux qui, en dépit d'une présence humaine à tous les niveaux de leur existence, disposent d'un semblant de vie sociale, réduite mais apparemment suffisante. 
Ces otaries ne seront de toutes façons jamais capables de reprendre la mer. Leur destin est désormais de se répandre de zoo en zoo, pendant des générations et de constituer, finalement, une sorte de nouvelle espèce de pinnipède adaptée à la vie captive et à la présence permanente de l'homme. C'est peut-être dommage, mais c'est la réalité de nombre d'espèces "sauvages" aujourd'hui. 
Cela dit,
Ziggy, Boomer, Wendy, Frida, Peggy, Babelutte et Desmond pourraient certainement bénéficier d'un espace plus vaste encore. On rêve par exemple d'un vrai lagon pour eux, avec rocher, plage et poissons vivants, comme celui de Harderwjick.

 


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Des otaries qui peignent des toiles

Le vrai monde des otaries...

Le Zoo d'Oklahoma City a inauguré son tout nouveau show : deux otaries de Californie qui ont été dressées à peindre des toiles...

Selon la presse locale, le zoo vend ces "œuvres" pour la modique somme de 50 dollars USA. Une partie de ce montant est , paraît-il, reversé vers un fond de protection des mammifères marins en Oklahoma et à San Pedro, Californie. 

Le dresseur en chef Laura Bottaro et son assistante Julie Bledsoe ont commencé à apprendre ce nouveau tour aux otaries il y a de cela deux mois environ. 

"La peinture sur toile et d'autres activités sont régulièrement proposées aux otaries afin de développer leur bonne forme physique et psychologique" affirment-elles. 
Il s'agit là d'expériences enrichissantes qui procurent aux mammifères marins en les mettant au défi d'adopter un tout nouveau comportement, qui leur permet par ailleurs d'intensifier les contacts avec leurs entraîneurs.
L'apprentissage progressif développe la confiance mutuelle entre l'animal et son dresseur ce qui augmente la sécurité des rapports mais aussi, permet aux soigneurs de se livrer à des examens médicaux sur l'animal avec la coopération de celui-ci". 

Peut-être. 
Mais la question reste évidemment posée de savoir en quoi le spectacle d'otaries en train de peindre des tableaux peut informer valablement les enfants des écoles et les visiteurs ordinaires de ce zoo à propos de la vie sociale, culturelle, intellectuelle des otaries libres qui vivent en mer avec leur famille, y chassent et communiquent entre elles selon des codes dont ne nous ne savons presque rien. 


Otaries peintres au Zoo d'Oklahoma 
http://www.okczoo.com/news/sealionpaint.htm 

Voir aussi : 
La triste histoire du dauphin peintre, Sunset Sam

 


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Pour en savoir plus

The Captive Animal Protection Society  
http://www.caps-uk.dircon.co.uk/index.htm


Les Otaries de la Jetée 39

http://www.marinemammalcenter.org/learning/education/pier39/pier39.asp


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