SeaWorld annonce la fin des orques captives. Et le Marineland ?

orca-breeding

Insémination d’une femelle orque. Moana est la seule orque d’Antibes à être née de cette pratique, malgré d’innombrables tentatives.

SeaWorld annonce la fin des orques captives. Et le Marineland ?

Lire aussi : 
SeaWorld’s orca decision is the first step on a long road 

Marineland, une réouverture à contre-courant : la captivité des orques doit cesser

Par 
Avocat au Barreau de Paris

wikie-moana-bebe-eprouvette.jpg

Moana est né par insémination artificielle du sperme d’Ulises. Sa naissance n’est donc en rien le fruit du désir ou de la volonté pas plus qu’elle n’est le signe de l’état de bien-être de ses parents.

17 mars 2016

SeaWorld vient d’annoncer qu’il mettait fin à la reproduction et aux spectacles d’orques dans ses trois parcs aux USA.
« Voilà qui risque de faire des vagues dans les delphinariums du monde entier », écrit Sciences et Avenir, « Cette décision sonne comme une victoire importante pour les associations de défense des animaux, qui dénoncent depuis des années la cruauté qu’il y a à détenir dans de petits bassins ces grands cétacés, prédateurs redoutablement intelligents, pour en faire des vedettes de spectacle ».

Cette déclaration est en effet lourde de conséquences, car elle implique, à terme, qu’il n’y aura plus jamais d’orques en captivité aux Etats-Unis. En pratique, le parc ne procédera plus à des reproductions artificielles et ne déplacera pas non plus ses orques à l’étranger. Par ailleurs, en ce qui concerne les 28 orques déjà captives, les spectacles présentant ces mammifères marins seront définitivement arrêtés dès 2017 à San Diego et en 2019 pour les autres parcs. Le projet Blue World de bassin « géant » est également maintenu.
Quelles conséquences pour Morgan enfermée à Loro Parque mais propriété de SeaWorld comme toutes les orques de Téneriffe ?
Nous ne le savons pas encore.

Coïncidence merveilleuse, au moment même où le Marineland d’Antibes ouvrait sa nouvelle saison en vantant ses « représentations pédagogiques » – ne dites plus « shows », c’est vulgaire – SeaWorld annonçait la fin de son élevage d’orques en batterie et reconnaissait implicitement la cruauté de cette pratique.
Pire encore, en renonçant à renouveler les stocks de ses détenus, SeaWorld indique qu’une époque se termine pour de bon : celle de la détention des cétacés, comme s’est achevé un jour la mode des zoos humains. Après les orques, viendront les dauphins, bien sûr et puis les bélugas, les globicéphales, les fausses orques encore enfermées dans des bassins et qui subissent exactement les mêmes souffrances que leurs cousins épaulards. Et pourquoi pas les otaries ? Les ours polaires ? C’est finalement tous les spectacles d’animaux qui sont disqualifiés par ce brutal revirement de SeaWorld.

« La société change et nous aussi. SeaWorld écoute et s’adapte », a indiqué le groupe dans un communiqué.
Sous la pression économique et la menace du décès imminent de Tilikum, mais c’est exact. SeaWorld a osé s’associer avec l’un de ses pires ennemis, la Humane Society of the United States, dont la cétologiste de choc est le redoutable Dr Naomi Rose. Malgré tous les crimes que SeaWorld a commis,  il faut en créditer le nouveau CEO, Joël Manby, qui vient de faire franchir à son entreprise une première étape importante.
Le second pas en avant sera la mise en place inévitable de sanctuaires marins pour les 23 orques encore détenues dans les bassins de SeaWorld.
Le grand public n’acceptera plus que ces orques meurent une à une, comme Tilikum, de désespoir ou de bactéries ultrarésistantes au terme d’agonies interminables.

seaworld-death-rate-chart-of-killer-whales2

En 2014, SeaWorld avait tué 46 orques connues depuis son ouverture (compte non tenu des décès non déclarés ou durant les captures). Elles étaient 47 en 2016, et bientôt 48 si Tilikum décède.


Lors d’une récente interview du nouveau directeur de Marineland, Arnaud Palu ne semblait pas avoir pleinement intégré ce signal.

« Contrairement à la décision de Sea World de mettre fin à l’élevage d’orques en captivité ainsi qu’aux représentations animalières, Marineland poursuit ses activités.  La décision de Sea World induit la séparation familiale des orques ou la contraception chimique forcée, soutient Arnaud Palu. Nous ne souhaitons pas entrer dans cette logique-là.»
Curieux. Parce que la contraception chimique forcée, Marineland connaît pourtant bien ! Et on ne voit pas en quoi la décision de SeaWorld entraîne des séparations familiales, au contraire.

Pourtant, cette politique d’élevage – que revendique aussi Loro Parque, indigné ! – risque de poser problème à Antibes.
Le groupe des 4 orques actuel comprend en effet une mère, Wikie, ses deux garçons, Moana et Keijo, et son frère nain Inouk
A moins de cautionner les pires actes d’inceste, le Marineland devra procéder soit à une importation d’orque fraîche, soit à des inséminations artificielles, soit à une contraception continue.
Ce qui n’empêchera pas les quatre survivants des inondations d’octobre de mener une vie sexuelle bien pauvre et bien sinistre, quelque soit l’aide masturbatoire que pourront leur apporter les dresseurs. On se souviendra longtemps des images désespérantes de Valentin se frottant mollement contre le corps du petit Keijo….
Quant à Wikie, elle sera priée de pondre un enfant tous les deux ans jusqu’à l’épuisement  livré à l’inceste ou à la sonde vaginale jusqu’à sa mort …à moins bien sûr que « les goûts du public n’évoluent » aussi à propos de la reproduction des cétacés en batterie. Qui sait ?

 

Parques Reunidos prendrait cependant fort mal qu’on interrompe un tel business.
Car il est déjà bien implanté en Asie et au Moyen-Orient et ses clients espagnols, dubaïtes, chinois ou sud-américains sont bien loin de renoncer aux spectacles d’orques et de dauphins. SeaWorld est une entreprise typiquement américaine, détenue par des capitaux américains, mais ce n’estpas le cas de Marieland. Son patron, Parques Reunidos, est une compagnie transnationale. La décision sera moins facile.

Arnaud Palu semble un homme posé, ouvert, intelligent. Par rapport à Giampaolo, son malheureux prédécesseur qui vend aujourd’hui des barbes à papa dans un baby-parc italien, il a même l’air presque sympathique, beau parleur en tous cas. 
Prêt à recevoir les ONG dont toutes, dit-il, ont des revendications différentes. Ce qui est faux, car toutes veulent simplement la fin de la captivité des cétacés, sans compromis. Le dialogue avec lui serait donc assez simple, mais il reste encore à trouver une ou plusieurs associations prêtes à ouvrir les débats avec « l’ennemi », comme l’a fait la HSI avec SeaWorld, mais surtout compétentes pour traiter concrètement de la création d’un sanctuaire marin destiné aux orques et aux dauphins du Marineland d’Antibes.
Aucune autre base d’échanges ou de dialogues n’est envisageable.

 

andré palu

Arnaud Palu devant ses esclaves


Cela dit, au-delà de ces niaiseries de « célébration », de « dialogue » et de « pédagogie » dont personne n’est dupe, seule la logique de marché prévaut.

Le nouveau directeur a été choisi pour ces qualités de manager, pas pour son amour des animaux. C’est avant tout un homme d’affaires expérimenté dont la mission est de sauver les meubles du parc antibois et qui n’hésitera pas à faire transférer ses orques à Dubaï ou en Chine si le climat devient trop critique en France.

Quant aux édiles françaises et à leur média, l’effet Blackfish leur est inconnu et la souffrance des orques n’entre pas dans leur champ de conscience.
Paris Match, France 3 rivalisent en publicités rédactionnelles plus élogieuses les unes que les autres. Nice Matin consacre une article de deux pleine pages plus une photo en couverture à la réouverture du parc. Sur place, une assemblée docile rehaussée de la présence de M. Estrosi, président de la PACA et de M. Léonetti maire d’Antibes applaudit aux nouveaux mensonges greenwashés du parc lors de sa réouverture.  
Ces braves gens n’ont aucune idée de ce qui va encore leur tomber  sur la tête.
Car la résistance est plus forte que jamais en France et nous ne lâcherons rien ! Il faut libérer les cétacés d’Antibes ! Il faut les transporter dans un sanctuaire marin !
Rejoignez-nous  le 27 mars prochain devant le Marineland d’Antibes !

 

Marineland-d-Antibes-des-traces-d-hydrocarbures-dans-le-bassin-des-orques

Le Marineland quelques semaines après la catastrophe. L’eau est toujours crasseuse, Valentin est mort, on ne voit que 3 orques sur l’image.


 

Lire aussi sur One Voice

Quel futur pour les orques d’Antibes ?

marineland-orques-inondations21

Juste après les inondations

Un article d’Yvon Godefroid



 


Nouveau directeur au Marineland d’Antibes : la Dubaï Connection

Victoire : SeaWorld met fin aux spectacles d’orques

marineland-orques-masturbation2

-« Contrairement à la décision de Sea World de mettre fin à l’élevage d’orques en captivité ainsi qu’aux représentations animalières, Marineland poursuit ses activités. La décision de Sea World induit la séparation familiale des orques ou la contraception chimique forcée. Nous ne souhaitons pas entrer dans cette logique-là.»