Taiji, 20 septembre 2015 : l’Industrie tombe le masque !

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Pure terreur. Ce dauphin s’est arraché le rostre contre un rocher

20 septembre 2015

L’Industrie tombe le masque !

50 dauphins ont été capturés au sein d’une petite communauté d’environ 80 personnes. Aucune mise à mort n’a eu lieu, sinon accidentelle. Au terme de deux jours de souffrance et d’angoisse dans la baie, les individus non-sélectionnés ont été repoussés en mer, traumatisés, hagards, privés de l’affection et du soutien de 2/3 de leur famille.

Ceux qui furent choisis ont tenté de résister mais la violence des hommes fut telle qu’ils ont été rapidement matés et emmenés deux par deux vers les sinistres enclos flottants de la Dolphin Base.  Ceux-là basculent maintenant dans le plus atroce cauchemar qu’une conscience dauphin puisse concevoir. L’enfermement, d’abord, puis le dressage incompréhensible mais d’une importance vitale pour qui ne suicide pas ou ne meurt pas de ses blessures.

Ce dimanche, l’Industrie de la Captivité a donc joué franc jeu dans la baie de Taiji. Les pêcheurs sont revenus accompagnés de dresseurs, spécialistes en captures musclées, mais aussi de quelques acheteurs. Tous associés dans le seul secteur d’activité encore rentable de ce coin perdu du Japon : le business du dauphin de cirque.
Certes, on a bien massacré d’abord quelques dauphins de Risso pour conforter la légende d’une «chasse traditionnelle», style Féroé ou Inuit. Traditionnel donc inattaquable,  à moins que de fouler l’identité même de l’Empire du soleil levant, si cher à M. Sinzo Abe. Mais elles n’ont jamais été traditionnelles. Depuis 1969, ces chasses n’ont fondamentalement jamais servi qu’au marché international de la captivité.

Aujourd’hui, c’était clair. On ne s’en cachait plus. Une fois terminée leur moisson de dauphins vivants, les pêcheurs ont relâchés les autres. La chair de Tursiops est pourtant goûteuse, selon les gourmets de la région, mais ce n’est plus de la viande que recherchent les tueurs, et cela depuis longtemps.

La cruauté de ces captures s’impose au premier regard. Pourtant, des dresseurs membres de l’IMATA, la grande fraternité mondiale de dompteurs de mammifères marins, se trouvaient ce matin sur les esquifs chargés de prélever dans la foule des dauphins les meilleurs candidats à la vie captive.

Ils le firent de bon coeur, avec une rare violence, et le silence de leurs collègues français, belges ou américains est proprement assourdissant.
Nos delphinariums jouent les effarouchés devant ces chasses obscènes.
– « Nous condamnons ces actes ! Nous n’avons rien à voir avec ça ! Nous ne capturons d’ailleurs plus aucun dauphin depuis les années 90 ».
Et de se draper dans leurs désastreux «programmes de reproduction et de conservation de l’espèce» qui ne parviendront jamais à produire une population stable et mentalement saine.

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Dauphins au Marineland d’Antibes. Quant deux d’entre eux meurent, la direction ne juge même pas utile de le signaler.

 

Mais c’est pourtant bien la MEME industrie qui fait sauter les mêmes victimes dans les mêmes cerceaux. Nés captifs ou bien capturés, l’enfer des dauphins reste le même.
A Dubaï comme à Bruges, à Moscou comme à Antibes, les cétacés souffrent de la même manière. En tolérant la présence de delphinariums sur nos territoires, en acceptant que des êtres doués de raison, de langages et de cultures puissent être forcés à exécuter des spectacles humiliants dans un environnement appauvri, les pays d’Eurpe et les Etats-Unis entretiennent la flamme du marché aux esclaves. Les bénéfices de nos Marineland et autres Loro Parque font rêver les homes d’affaires des pays de l‘Est, du Moyen Orient et d’Asie. Ils les invitent à  investir massivement dans ce créneau récréatif si porteur.
Arrêter Taiji, c’est d’abord arrêter les delphinariums chez nous.
Protester seulement contre les méthodes de capture et non contre la captivité elle-même n’a pas de sens.
Si nous voulons faire la leçon aux Japonais ou aux Chinois, commençons par balayer devant notre porte.
Finissons-en avec les delphinariums ! Finissons-en avec Taiji !

 

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Hier soir. Les 40 dauphins en attente dans la baie. 18 membres de la communauté ont déjà été prélevés.

 

Ce matin, la sélection commence. Mais les dauphins ont passé le cap du choc de la première capture. Ils se débattent avec vigueur. Alors les dresseurs les chevauchent…

 

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Puis les retournent sur le dos pour les empêcher de respirer. La technique vise à épuiser le dauphin, suffoqué, et le capturer plus vite.

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Ensuite, accrochés chacun de chaque côté du bateau, les deux dauphins sont emmenés à la Dolphin Base, dans les enclos flottants du port.

Ric O’Barry Dolphin Project

Captured: First Bottlenose Dolphins Caught in Taiji

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Le massacre des dauphins de Taiji a commencé

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Un bébé et sa maman tournent en rond, terrifiés. Ici on ne s’extasie pas sur les mignons delphineaux. On les rejette en mer.