Taiji, un cauchemar sans fin ?

Le vrai cauchemar commence pour le dauphin de Taiji quand il arrive à destination. Ici, en Russie

Taiji, un cauchemar sans fin ?

太地町

Le 1e septembre 2017, une nouvelle manifestation se tiendra devant l’ambassade du Japon à Bruxelles.
Nous protesterons sous les fenêtres des représentants du Gouvernement Japonais une fois encore, pour exiger que cessent les captures et les massacres de dauphins dans la baie de Taiji, district d’Higashimuro, préfecture de Wakayama, Japon.

Comme chaque année, de septembre à mars, les pêcheurs de Taiji reposeront leurs filets et partiront capturer des dauphins.
Ce mode de chasse existe au Japon depuis le 17e siècle.
Mais ce n’est que depuis les années 70 qu’à la demande des delphinariums, leurs puissants bateaux à moteur rabattent des familles entières de cétacés terrifiés vers les eaux peu profondes de la baie de Taiji et les y enferment derrière un filet pour les sélectionner.

Ce type de chasse est nouvelle. Car même si de nombreuses victimes restent encore destinées à la boucherie, la viande reste au frigo ou se transforme en engrais. De moins en moins de Japonais raisonnables acceptent de manger cette viande, ne serait-ce que parce qu’elle est toxique.

Ces tueries sont extrêmement cruelles : le dauphin agonise pendant de longues minutes, tandis qu’il se noie dans son propre sang.
Elles sont aussi parfaitement inutiles : une telle boucherie n’est qu’un prétexte, un paravent pseudo traditionnel pour cacher la VRAIE raison de ces rabattages saisonniers : les captures pour les delphinariums. Selon leur espèce, leur âge, leur sexe ou leur état de santé, certains dauphins sont sélectionnés par des dresseurs professionnels et isolés du reste de leur clan. Une partie de la famille sera repoussée en mer, l’autre abattue, toujours en fonction de certains critères d’utilité.

Les dauphins choisis pour la vente aux delphinariums sont transportés à la Dolphin Base, une annexe flottante du Taiji Whale Museum. Ils y subissent une première désensibilisation brutale – qui justifie l’injection massive de Valium à leur arrivée – et un dressage intensif. Beaucoup se laissent mourir à ce stade, d’épuisement et de désespoir. Seuls les plus vigoureux survivent.

Mais c’est ensuite que le véritable enfer commence, lorsque ces malheureux sont expédiés en Russie, en Chine, au Moyen-Orient ou même en Europe, puisqu’il y a encore au moins un dauphin de Taiji en Roumanie.
Une fois logés dans leur « nouvelle demeure », la plupart meurent au bout de quelques années dans les meilleurs des cas, ou peu de temps après leur arrivée, comme c’est le cas en Russie aujourd’hui.

En Russie, les critères les plus élémentaires de bien-être animal sont rarement pris en compte par les delphinariums…

Cette année, d’ailleurs, le choix des acheteurs s’élargira lorsqu’on établira les premières listes de commandes :
« Pour la saison 2017/2018, le dauphin à bec étroit et le dauphin d’Electre, deux espèces pélagiques et d’eaux profondes, seront ajoutés au quota de capture établi par l’Agence Japonaise chargée de la Pêche.

« Scandaleuse et inutile, la guerre menée par Taiji contre les dauphins vient de prendre un nouvel élan. » Ric O’Barry, Fondateur et Directeur du Dolphin Project.

L’agence envisagerait l’ajout de 46 dauphins à bec étroit, qui seraient promis à l’industrie des spectacles, et de 704 dauphins d’Electre, destinés aux loisirs et à la consommation alimentaire, mais ces chiffres n’ont pas encore été confirmés. Durant la saison 2016/2017, 804 dauphins au total, issus de 6 espèces différentes, ont été capturés, soit pour l’industrie des loisirs soit pour leur viande après abattage. Des dauphins ont été chassés, harcelés, maltraités et blessés, tout cela entretenu par la très lucrative industrie de la captivité, qui fournit des cétacés à des delphinariums et parcs marins du monde entier.

Avec un dauphin bien dressé qui peut rapporter jusqu’à 155 000 dollars, on peut supposer que d’autres espèces ont été ajoutées dans le but d’honorer les commandes, d’autant que le nombre de Grands Dauphins a chuté »
Réseau-Cétacés

Un dauphin sténo échoué est sauvé par Sea World. Celui-ci ne sera heureusement pas gardé captif le restant de sa vie.

 

Dauphins d’Electre

Si le dauphin d’Electre survit très mal en captivité, où il se montre prodigieusement agressif, ce n’est pas le cas du dauphin Sténo, que l’on peut voir déjà dans quelques delphinariums.
Son long rostre et son absence de sourire l’ont protégé de l’appétit insatiable des delphinariums.
Jusqu’à présent….


Le Jour du Dauphin Japonais

Comme chaque année, aussi, le Dolphin Project nous engage à manifester contre ces atrocités. Nous le faisons depuis 2003. Et pourtant, rien n’a changé.
Rien ? Pas vraiment.
Le nombre de dauphins tués a beaucoup diminué depuis que les massacres ont été documentés. A Futo, à Iki, ils ont carrément pris fin, tant les images étaient insupportables.

A Futo, les massacres atteignaient un degré d’horreur inouïe, jamais surpassé depuis. Ces images ont été montrées à la Commission Baleinière Internationale et le Japon, prié de tuer plus proprement et plus vite.

 

Quant aux captures, même si Russes et Chinois ne s’en soucie guère, l’AZA interdit désormais aux delphinariums japonais et internationaux de se fournir en dauphins capturés à Taiji.

Les horreurs qui se déroulent dans la petite baie de Taiji éclaboussent tout le Japon et nuisent gravement à son image internationale. Les grands médias nippons en sont conscients, des scientifiques mettent en garde contre la consommation de chair de cétacé, lourdement chargée en toxiques divers et des institutions telles que la Society for Marine Mammology s’inquiète de la disparition prochaine de certaines espèces de dauphins, au rythme où vont captures et massacres.

Bref, il y a longtemps que ce scandale aurait près fin si, pour des raisons encore obscures, le gouvernement de droite traditionaliste ne surprotégeait pas ce commerce d’esclave obscène, comme il protège le massacre illégal des baleines.

Les Japonais détestent se faire remarquer en mal et chaque année, cette manifestation est un cauchemar pour les ambassades. Elles savent, bien sûr, que dans un monde dominé par l’image du gentil Flipper, tuer des dauphins, c’est mal vu. Tuer des baleines, c’est mal vu aussi.

Le Japon sait que le monde évolue mais il continue à vouloir enfoncer sa tête dans une mer sanglante, à prendre une posture de samouraï offusqué tout à fait ridicule et à massacrer nos frères en intelligence : les cétacés.  Un jour, le gouvernement changera de toutes façons, et ces horreurs prendront fin.

D’ici là, merci de nous rejoindre nombreux devant l’ambassade du Japon, le premier septembre prochain. N’oubliez pas d’amener vos panneaux les plus inventifs !

Le Jour du Dauphin Japonais
Bruxelles
01/09/2017 13:00


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