Taiji Whale Museum : la JAZA, c’est fini !

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L’enfer de Taiji

   Taiji Whale Museum : la JAZA, c’est fini !

 

Le Taiji Whale Museum  a décidé de quitter la JAZA, l’Association japonaise des zoos et aquariums.
La décision prise par le Musée de la Baleine de la ville de Taiji, dans la préfecture de Wakayama, survient après que l’association professionnelle japonaise des zoos et aquariums ait décidé en juillet dernier d’expulser de ses rangs les aquariums qui se fournissent en dauphins vivants grâce à la méthode connue comme «chasse au rabattage».

En avril 2015, l’Association mondiale des zoos et aquariums, ou WAZA, avait suspendu sa branche japonaise, la JAZA, en arguant qu’elle violait son code de déontologie en utilisant de telles méthodes de chasse. L’adhésion des zoos et aquariums japonais a été rétablie dès lors que la JAZA a demandé à ses membres de ne plus se fournir auprès des pêcheurs de Taiji.
Une telle interdiction ne pouvait évidemment que déplaire au Taiji Whale Museum, qui est le principal intermédiaire entre les pêcheurs et les acheteurs de dauphins venus du monde entier. Le Musée a donc informé la JAZA qu’il comptait continuer à se fournir en dauphins capturés dans la baie cette année. Cet établissement détient en permanence quelques 50 dauphins dans des bassins minuscules.

La JAZA a accepté la décision du Musée, mais déclare que cet aquarium est le premier à avoir quitté  l’association. 
M. Tetsuo Kirihata, le responsable du Taiji Whale Museum a déclaré pour sa part que ce départ avait été mûrement réfléchi et avait suscité de nombreuses  discussions.
Néanmoins il estime que la chasse au rabattage est légal, puisque c’est le gouverneur de Wakayama  qui détermine les quotas et accorde les permis aux chasseurs. En conséquence, le Musée de la Baleine continuera à se fournir en dauphins vivants frais chaque année..  et à en revendre la plupart à des prix défiant toute concurrence !

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Ce n’est que le début d’une longue série.

Le Taiji Whale Museum est le premier de la liste à se retirer de la JAZA, mais ce n’est pas le dernier.
Depuis la décision de la maison mère, la WAZA, d’interdire à toutes ses filiales de faire ses achats dans la baie sanglante, les zoos japonais étaient bien embêtés. Il fallait choisir. Quitter la JAZA, cela signifiait renoncer à la livraison d’animaux exotiques tels qu’ours polaires, bélugas, tigres blancs, orangs-outans ou pandas.

Pour les delphinariums locaux, en revanche, le problème ne se pose pas.
Les chasses au rabattage de Taiji leur fournissent tout ce dont ils ont besoin  à un prix raisonnable. Le matériel ne dure pas longtemps, certes, mais il est indéfiniment renouvelable. Aussi ne s’embarrasse-t-on pas du souci de faire de la reproduction en bassin. C’est cher, c’est long et cela exige des installations que les delphinariums ne possèdent pas.  Mieux vaut acheter son dauphin clown sur l’étal du pêcheur.

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Dolphin Base


Le Taiji Whale Museum est le maître d’œuvre de ce commerce très lucratif, en collaboration étroite avec l’Union des Pêcheurs de Taiji, la mairie et les Yakusa
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C’est d’ailleurs lui qui en 1969, relança les chasses au rabattage tombées en désuétude pour obtenir des globicéphales.

La vente au détail de dauphins vivants se déroule en 3 temps
Dés avant le massacre, un premier tri est fait. On choisit les individus les plus vigoureux, les plus sains, et souvent les plus jeunes, car ils sont très dociles.
Ceux-ci sont amenés alors à la Dolphin Base, cet ensemble d’enclos flottant soumis à toutes les tempêtes. Les dauphins y sont drogués, affamés, puis dressés à la dure. Ceux qui résistent au traitement sont prêts pour la vente. Les uns partiront rapidement en camion ou en avion et les autres seront stockés au Dolphin Resort pour une vente différée ou pour usage interne.
Enfin, des shows auront lieu au  Taiji Whale Museum,  ainsi que des exhibitions permanentes en vitrine.

Ce musée propose aux visiteurs une collection bien ennuyeuse de squelettes et de vieilles estampes attestant que la chasse baleinière est ancienne.
On y vend aussi de la viande de dauphin en conserve. Mais le seul véritable intérêt du musée, c’est sa collection de dauphins vivants, par lesquelles Haruka, mort aujourd’hui, et Angel la delphine albinos. Aucun delphinarium européen n’oserait traiter ses dauphins de cette manière, entassés les uns sur les autres ou fous de solitude.
Mais le public japonais n’y voit aucun mal. Pour lui, les cétacés sont encore des poissons comiques et leur place est dans un bocal.
Ou dans l’assiette…

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