Le dauphin Théa décède à 19 ans dans la piscine de Planète Sauvage

27 septembre 2011

Théa décède à 19 ans dans la piscine de Planète Sauvage

Est-ce ainsi que l’on mène des recherches sur le langage des dauphins ?

 

« Triste nouvelle : l’équipe de Planète Sauvage a le regret d’’annoncer le décès de Théa, l’’un des 5 dauphins de la Cité Marine.
Théa avait 19 ans. Née dans un delphinarium de Hollande (Hardewijk), elle avait rejoint la Cité Marine en novembre 2008.
Depuis quelques semaines, elle était sous surveillance médicale, car elle avait des difficultés à s’alimenter.
(Elle avait consommé la peinture du mur de son bassin)
Des vétérinaires spécialistes, assistés de celui du Parc, ont réalisés de nombreux examens mais malgré les soins attentifs de ses soigneurs, Théa est brutalement décédée lundi vers 12h.
Les 4 autres dauphins vont bien. Toute l’’équipe du Parc est très attristée par sa disparition »
.
Et par le manque à gagner que son décès suppose..

(Texte paru sur la page Facebook de Planète Sauvage, mais non sur le site officiel lui-même dont Théa a simplement été gommée, comme si jamais elle n’avait existé… )

Thea est née au Dolphinarium de Harderwick (Pays-Bas) le 2 août 1992, des oeuvres de Honey et Smartie.
Smartie, l’’étalon, né en 1963, a été capturé en mer en 1969. Il a connu l’’horreur du tristement célèbre Windsor Park, en Grande Bretagne et fut déporté en Hollande le 2 mai 1993, lorsque tous les delphinariums anglais se virent contraints de fermer leurs portes les uns après les autres. Ce fut également le cas de Honey, la mère de Théa.
Née aux alentours de 1967, elle fut capturée en 1972 et survécut aux côtés de Smartie au Windsor Park avant de le rejoindre le 18 janvier 1994 au Zeedierenpark de Harderwijck.

La petite Théa a donc vécu longtemps dans ce delphinarium hollandais.
L’espace réservée aux dauphins de Harderwijck y est double : les grands shows ont lieu dans une structure fermée, le DolfijndoMijn, où les visiteurs peuvent également « interagir » avec les captifs. En revanche, les mères gestantes, les bébés, et quelques vieux mâles vivent dans un lagon à ciel ouvert aux dimensions relativement vastes, le Dolfijnendelta.  Ce lagon alimenté à l’eau de mer – Harderwijck est très proche d’une mer intérieure donnant sur l’océan – est agrémenté de rochers, d’algues et, dit-on, de poissons vivants. C’est là ce qu’on peut appeler « une ferme à dauphins en batterie », puisque, propriété du groupe Grévin, le delphinarium hollandais fournit au Parc Astérix ou à Planète Sauvage tous les dauphins dont ils ont besoin.

Le Boudewin Sea park de Bruges bénéficie également des services de Harderwijck : Beachie, l’actuel étalon capturé en mer libre, en provient, et Tex y était régulièrement envoyé lors des naissances à Bruges, pour ne pas perturber les mères allaitantes et sans doute pour engrosser d’autres delphines là-bas. Il a supporté ce régime jusque l’on ait décidé de le déporter au Marineland d’Antibes, où se suicida peu de temps après son arrivée en heurtant de la tête la paroi vitrée de son bassin jusqu’à en mourir.

De quoi Théa est-elle morte ? Nous ne le saurons jamais , bien sûr, puisque les lois européennes n’obligent en rien les prisons aquatiques à rendre publics leurs rapports de nécropsie. Certaines rumeurs parlent de peinture toxique que la malheureuse aurait arraché par ennui aux murs de son bassin puis mangé.

Déportés du Parc Astérix, les trois mâles, Cecil, Peos et Mininos, sont arrivés à la Cité Marine en 2008 , tandis qu’Amtan provient pour sa part vient du Dolfinarium de Harderwijk, tout comme la pauvre Théa aujourd’hui défunte et Parel. En d’autres termes, deux groupes distincts, élevés dans des conditions et un cadre différents, attachés à un pod artificiel mais stable et différent…
Voilà de quoi perturber une delphine timide ou fragile, qui ne s’intègre pas ou se sent constamment harassée par des mâles qui lui sont totalement étrangers.
En milieu libre, la plupart des dauphins se connaissent depuis l’enfance de tribu à tribu.
Les femelles peuvent choisir leurs compagnons et quand celui-ci, généralement accompagnés de ses copains, ne lui plaît pas, elle appelle ses soeurs, ses amies ou ses cousines à la rescousse.

La société dauphins est d’une extrême complexité, mais une fois de plus, les hommes d’entreprise mettent leur gros pieds dans la soupe et décident d’autorité ce qui est bon pour eux. Notons à ce propos que le décès de Théa amène Planète Sauvage en zone rouge. Les captifs ne devraient jamais être moins de cinq en bassin, pour imiter maladroitement les unités familiales existant en mer, lesquelles, notons-le, s’intègrent dans un bien plus vaste  tribu, comptant en moyenne 150 individus. Cette tribu socialisant à son tour avec d’autres tribus voisines, etc… (Lire : dauphins, vie quotidienne).

Ah oui, rions un peu :

« Planète Sauvage mène un projet riche autour de ses dauphins, afin de protéger, éduquer et étudier. La présentation des dauphins permettra de mieux appréhender les dangers pesant sur les mammifères marins et les gestes simples pour mieux les protéger. L’’équipe animalière, dotée d’’un Responsable Scientifique et Pédagogique, d’’un Vétérinaire, d’’une Capacitaire mammifères marins et de 6 soigneurs, mène les missions qu’elle s’est toujours fixée. Sa mission principale est de veiller au bien-être des animaux qui repose notamment sur le développement d’une relation harmonieuse avec l’’équipe de soigneurs.  L’’équipe animalière travaille en étroite collaboration avec des experts reconnus dans le milieu scientifique : l’Ecole Vétérinaire de Nantes et l’équipe d’éthologues du CNRS et du Département Ethologie de l’Université de Rennes, afin de comprendre la communication sifflée chez le dauphin.
D’autre part, elle organise et coordonne des actions de conservation dans la Baie de Bourgneuf. Les résultats
de ces actions vous permettront de contribuer à la protection des mammifères marins ».

On sait TOUT sur la signature sifflée des dauphins !
Apprenez l’anglais, lisez les études déjà réalisées et libérez les dauphins ! Quant aux organismes scientifiques cités plus haut, ils devraient avoir honte de participer à une aussi répugnante mascarade. On s’étonnera également que leurs fameux travaux sur le « langage » n’aient toujours pas été publiés depuis 2008 et que les informations
« éthologiques » fournies par le parc sont à ce point minimales ! Pas un mot sur les cultures dauphins !

 

Tous les dauphins de Planète Sauvage finiront ainsi : au frigo avant autopsie.


 

Planète Sauvage à Port Saint Père