Toujours plus de la même chose : SeaWorld s’enfonce dans le déni

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Toujours plus de la même chose : SeaWorld s’enfonce dans le déni

« Face à une difficulté, les humains – et les animaux aussi paraît-il ! – ont une tendance fatale à s’accrocher à une solution qu’ils connaissent : à faire plus de la même chose.
Au départ, ces solutions sont les meilleures, ou peut-être les seules possibles, compte-tenu de ce que la personne a déjà appris à faire.
Mais si un jour les circonstances changent, alors ces solutions – qui fonctionnaient auparavant – deviennent inopérantes. Et alors à cet instant, si on continue d’appliquer la solution initiale : la solution devient le problème ! »

Paul Watzlawick


 

JoelManby

Joel Manby

« Nous n’avions pas encore beaucoup entendu Joël Manby, depuis qu’il a pris les fonctions de président et de directeur général de SeaWorld Parks & Entertainment en avril dernier.  Mais le revoici dans l’arène.
« Nous avons été longtemps tranquilles, mais nous ne le serons plus jamais », a déclaré le vétéran de l’industrie des parcs d’attractions à une foule d’auditeurs rassemblés pour le petit déjeuner de GM & Owners à l’IAAPA Attractions Expo 2015, le 18 novembre.
Manby en était le conférencier d’honneur. Au fil de sa présentation de 45 minutes, il a exposé son plan pour aider SeaWorld à récupérer des défis qu’elle a du affronter au cours de ces deux dernières années.

Les articles consacrés au documentaire « Blackfish », parus dès 2013,  ont décrit les soins que SeaWorld accorde à ses orques sous un angle négatif.
« Les problèmes de SeaWorld sont certainement liés à cela », concède Joël Manby. « Notre entreprise a commencé à avoir une mauvaise réputation à cause de ce film, mais mon équipe et moi sommes en train de modifier cette façon de voir les choses, inoculée à tort dans la conscience collective. Et nous allons changer d’une manière fondamentale qui ira bien au-delà des simples réponses aux allégations formulées dans « Blackfish ».

 

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« Désormais, les gens vont nous connaître comme des créateurs d’expériences qui importent, des expériences qui sont amusantes et en même temps pleines de sens », a déclaré Manby. « Un grand pas dans cette direction est de mieux intégrer la travail de notre entreprise dans le sauvetage des animaux au reste de nos activités, et ce à tous niveaux : de la conception à la commercialisation d’une attraction jusqu’à l’engagement des employés. «Experiences that Matter», « Des expériences qui comptent » est le nouveau slogan de l’entreprise ».

« Tout au long de son histoire, SeaWorld a sauvé plus de 27.000 animaux », ajoute Manby, qui a décidé une opération «Inside Out» ouvrant les coulisses des installations aux visiteurs, pour qu’ils puissent constater la qualité des soins et la passion des dresseurs.

 

Par un changement nominatif subtil mais important, les 22.000 employés de la compagnie SeaWorld seront désormais connus comme « ambassadeurs des animaux ». Chacun d’eux affichera fièrement une cocarde  indiquant dans quel programme de conservation il s’investit ou la cause qu’il soutient.
« Nous devons avoir une vision plus large de qui nous sommes », a déclaré Manby. «Quand nos 22 millions de clients quittent nos parcs, nous voulons qu’ils passent à l’action pour l’environnement !
Dans le contexte médiatique d’aujourd’hui, « la quantité devient la vérité », et SeaWorld n’a pas encore mis le son assez fort pour être entendu. Cela va changer.

La qualité de nos soins aux orques et de classe mondiale et nous n’avons plus capturé un seul cétacé depuis 35 ans ! », a-t-il martelé, « C’est ce message-là qui doit s’imposer ! »

La société a récemment diffusé quelques nouveaux spots télévisés qui contraient directement les attaques de « Blackfish » ou d’autres critiques.
Manby considère que ces annonces ont déjà modifié dans le bon sens la perception de SeaWorld par le public.
« Quand nous émettons ces messages-là, les gens y réagissent positivement » a conclu Manby « Alors attendez-vous à beaucoup plus encore à l’avenir ».

 

Cette dramatique déclaration de SeaWorld nous confirme, s’il était besoin,  que l’entreprise s’enfonce dans un déni de réalité presque hallucinatoire.
Rien de ce que nous disons, rien de ce que veut le public n’est entendu et toute idée de sanctuaire marin est repoussée avec rage. Pourtant, SeaWorld pourra essayer toutes les formules qu’il veut, mais tant que ses orques ne nageront pas dans une baie fermée, nous ne le laisserons jamais en paix.

Il en va de même pour le Marineland d’Antibes.
Nous nous attendons d’ailleurs à entendre d’ici peu une traduction française du discours de Manby, pour la réouverture de ce mouroir à orques.

 

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Les inondations tragiques au Marineland d’Antibes