Delphinarium de Bruges, un bassin gigantesque !

2008

Bruges, le plus

grand delphinarium
du Monde ?

 

Un article du journal très populaire en Belgique, la Dernière Heure, prêterait à sourire s’il  ne s’agissait pas, manifestement, d’un publireportage.  L’auteur de cet inénarrable article n’a pas du visiter beaucoup de delphinariums ni s’informer longuement sur la réglementation belge et européenne, ou sur les derniers « couacs » affectant la Commission pour le bien être des dauphins à Bruges, laquelle est d’ailleurs mort-née, comme pas mal de jeunes dauphins captifs.

Résumons : on apprend donc, sous la plume de l’enthousiaste Philippe Boudart que le bassin du delphinarium de Bruges est gigantesque. C’est un gag ?

Le Marienand d’Antibes, l’Oceanografic de Valence  ou SeaWorld San Diego le dépassent bien évidemment  largement en termes d’espace et de profondeur et ne parlons pas de celui de Dubaï.
Ce qui n’empêche pas orques, dauphins et bélugas d’y crever tout de même de désespoir.

Le « journaliste » nous apprend aussi que la loi a changé et que désormais plus aucun delphinarium ne pourra être ouvert en Belgique.

Faux : Non seulement la fameuse « proposition de résolution de loi » déclamé par Thierry Giet, député fédéral et chef de groupe PS à la Chambre, à l’’issue du vote intervenu en séance plénière (jeudi 23 juin vers 23h00),  n’a jamais été mise en application, mais en plus, elle a disparu de tout site belge officiel, y compris de celui de Gaia !

La détention des animaux dans les zoos et les delphinarium restent donc toujours soumises à la loi de 1998, réservant des conditions de vie scandaleusement minimalistes aux animaux captifs et faisant mine d’ignorer que les delphinariums ne sont en rien des zoos, mais bien des cirques aquatiques, des parcs d’attractions et des centres d’élevage destinés à l’exportation.
En outre, selon les normes  européennes relatives à la libre circulation des biens et des services, et les delphinariums étant des entreprises commerciales comme les autres, la « pseudo-loi Giet » était de toutes façons sans valeur.

N’importe quel opérateur, style Aspro Ocio ou Compagnie des Alpes, pourrait venir installer un bassin plein coeur des Ardennes, à supposer qu’il respecte la loi belge de 1998.   

Oceanografic de Valence

 

 

 

 * On apprend par ailleurs que des efforts pédagogiques ont été faits, tant pour les petits aveugles que pour les membres de Handicap International et de Dream4kids. Parfait ! On est heureux pour eux !

Tous ces pauvres gosses apprendront donc qu’un dauphin est fait pour sauter dans un cerceau et obéir au coup de sifflet. Et qu’il sourit tout le temps. Et que ces yeux pétillent.  Excellente leçon pédagogique, qui leur prouvera que, comme le dit la Bible ou le Coran, l’Homme est maître de toutes les créatures de la Terre, et qu’il leur fait faire ce qu’il veut quand il veut !

Il suffit pourtant d’assister à TOUS les sinistres shows sur une seule journée (3 en moyenne, si vous avez la patience de subir ces spectacles répétitifs), de voir le seau plein de fragments de poissons mors bourré de vitamines et d’antidépresseurs posé au pied des dresseurs afin de récompenser chaque  » scène », pour comprendre que ce « bonheur » apparent des dauphins n’est fait que de faim programmée et d’ennui insondable.
Même les dresseurs doivent s’ennuyer à mort, à refaire sans cesse les mêmes gestes, à entendre le même discours vociféré par les baffles crachotants. Mais cela, personne ne le dira aux bambins, visiteurs d’un jour.

Poissons bourrés de médicament avant le shows à Antibes

 

Priorité aux Humains, comme toujours !
Qui se soucie d’ailleurs de savoir ce que ressentent les ENFANTS cétacés,  tels  Duke, Milo, Halyn, ou tant d’autres qui meurent avant dix ans lorsqu’on les arrache à leur mère et à leur fratrie, à des fins d’obscures transactions entre parcs d’attractions ?

Après tout, selon la vision néo-libérale de la Dernière Heure, ce ne sont que là que des « animaux ». Qui s’abaisserait à essayer de comprendre qu’un dauphin libre, autant qu’une baleine vivante, un béluga ou une orque en pleine forme, au sommet de la chaîne alimentaire marine, permettent à l’Océan de survivre et d’assurer  notre propre survie ?

Un film – quatre fois en flamand, deux fois en français, Dank u, beste vrienden van de NV-A – est sensé les informer…  sur la vie des baleines à bosse !
Mieux vaut en effet ne pas comparer la vraie vie des dauphins libres avec celle des pauvres avortons nés captifs et des derniers « fondateurs » capturés en mer telles Roxanne ou Puck, dont la vie a été brisée, la culture foulée aux pieds, les besoins les plus élémentaires niés, les relations sociales et affectives pulvérisées par d’incessants transferts.

Ce qui  apparaît surtout dans l’article publi-rédactionnel enthousiaste et vibrant de M. Boudart, c’est qu’une fois de plus, tout a été fait pour séduire le public, en associant d’ailleurs les shows de dauphins à un tas d’autres attractions amusantes, roller-coaster ou manèges, destinées aux enfants !

Mais qui a tenu compte des dauphins eux-mêmes, ces êtres dotés de conscience, d’intelligence, de vie sociale et affective ?
Pourquoi la Dernière Heure n’a-t-elle pas consacré une seule ligne à la mort du petit Milo, à peine âgé de neuf ans, privé de sa mère et de son petit frère ? Pourquoi n’a-t-elle pas raconté le supplice de Linda, capturée en mer, arrachée à sa mère, à ses meilleures amies d’enfance ainsi qu’à ses compagnons de cellule, après vingt ans passés auprès d’eux, pour se retrouver déportée en Italie dans un paquebot de métal avec dernier son fils Mateo, abandonnant son premier né  Milo ?

Pourquoi le mystérieux suicide de Tex, le père de tous ces « nés captifs » présents à Bruges n’est-il évoqué nulle part sur le site du quotidien, pas plus que les circonstances de sa capture au Texas ?

Parce que les delphinariums, c’est du fric, du pognon, du bénéfice immédiat qui ne tient aucun compte des générations à venir.
Et que dans ce Monde Néo-capitaliste en voie de décomposition environnementale suicidaire avancée au sein duquel nous sommes contraints de vivre, le Fric est une valeur plus sacrée que toute autre, autrement plus puissante que toute conviction idéologique, religieuse ou éthique, Droits de l’Homme y compris.

Geld über alles !
Langes Leben an den Gefängnissen für Wasserrinnen !

Linda, Béa, Matéo. Trois dauphins prisonniers à Gênes, Italie, loin de toutes leurs attaches.

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