Un petit kéa tout seul au Zoo d’Anvers

Le petit kéa va et revient sans fin d’un bout de sa cage à l’autre

Un petit kéa tout seul au Zoo d’Anvers

 

Le petit kéa trottine, tête levée vers le ciel.
C’est une attitude curieuse qu’il garde pourtant presque en permanence quand il parcourt les quelques mètres de son enclos sablonneux décoré de quelques troncs. Que cherche-t-il là-haut ? Pourquoi court-il ainsi, le regard tourné vers le plafond de sa cage ? Tout son comportement indique les premiers symptômes de troubles névrotiques, l’effrayante stéréotypie des zoos.
On l’appelle, il nous regarde à peine. Il continue sa course folle.

Il y a deux mois à peine, cet oiseau partageait encore son espace avec un joyeux compagnon.
Les visiteurs s’amusaient de leurs facéties, on leur donnait des petits bouts de branches ou des cailloux, avec lesquels ils jouaient.
C’est que le Nestor Kéa est vraiment un perroquet d’un genre tout fait particulier.

 

« Le Nestor Kéa est l’une des 10 espèces de perroquets endémiques de Nouvelle-Zélande et le seul perroquet de montagne du monde. On le retrouve depuis les vallées et les forêts côtières de la côte ouest de l’île du Sud jusqu’aux forêts d’altitude et les prairies des Alpes du Sud, sur des terrains habituellement difficiles et exposés à un climat rigoureux comme au Arthur’s Pass et au parc national Aoraki- Mount Cook.
La tendance qu’a le kéa à explorer et à manipuler les objets qu’il trouve lui donne une mauvaise réputation auprès des habitants qui le côtoient régulièrement mais en fait une attraction auprès des touristes. Ce comportement l’a fait surnommer « le clown des montagnes ». Il examinera minutieusement les sacs à dos, des chaussures ou même les voitures, allant parfois jusqu’à endommager les véhicules, et peut parfois s’envoler avec de petits objets.

On rencontre couramment les kéas sauvages dans les stations de ski de l’Île du Sud.
Les kéas sont attirés par la perspective de pouvoir récupérer des restes de nourriture. Leur curiosité les amène à attraper à coups de bec et à emporter les objets vestimentaires non protégés ou à essayer de détacher les parties en caoutchouc des voitures, ce qui divertit ou agace les humains qui les observent. Ils sont souvent décrits comme « effrontés ». On dit qu’un kéa aurait même fui au loin avec le passeport d’un Écossais qui visitait le parc national de Fiordland. Le comportement de confiance naturelle des oiseaux envers l’homme a également été indiqué comme un facteur contribuant à un certain nombre d’incidents sur des sites touristiques populaires où des kéas ont été délibérément tués ».

 


Chez les kéas, on sait jouer, ce qui n’est guère habituel pour des oiseaux.

Mieux, des chercheurs viennent de montrer que cette humeur est communicative, par la seule diffusion d’un certain cri. Un comportement inhabituel et plutôt étonnant.
Curieuse expérience réalisée par une équipe de chercheurs néo-zélandais : faire entendre à des kéas sauvages, des perroquets endémiques de la Nouvelle-Zélande, des enregistrements d’un cri très particulier de cette espèce. Ces oiseaux (Nestor notabilis, dont les populations sont en déclin) sont connus pour leurs comportements qui s’apparentent au jeu des mammifères, envols brutaux, virevoltes aériennes, saisies d’objets inutiles, chants particuliers…
Lorsque de tels cris sont émis près de kéas, les perroquets passent immédiatement en «mode jeu», comme on peut le voir sur la vidéo. Pourtant, les scientifiques remarquent, comme ils l’expliquent dans l’article publié dans la revue Current Biology, qu’ils ne rejoignent pas un groupe déjà en train de jouer mais vont plutôt entraîner d’autres oiseaux, jusque-là calmes, dans leur excitation, ou bien jouer tout seuls.
Qualifier de « jeu » et de « rires » ce comportement et les cris qui lui sont associés relève d’une interprétation, concèdent les chercheurs dans le communiqué de l’université de médecine vétérinaire de Vienne (Autriche). Mais ils n’hésitent pas à parler de « rire contagieux » pour décrire ce comportement qui, apparu chez un individu, se déclenche chez les autres.

 

 

A Anvers, rien de tout cela.
Le petit kéa est tout seul et ne joue plus du tout. Oublié dans son coin, parmi les tristes cages des rapaces, personne sait même qui il est. Personne ne connaît son histoire. Et plus personne ne rit avec lui.

Manifestement, l’un des membres du couple est mort. Et le kéa survivant se trouve en très grande détresse.
Nous en appelons donc la direction du zoo pour que toutes les mesures soient prises afin de régler ce problème.
Nous lui demandons aussi que ces oiseaux exceptionnels puissent bénéficier d’un enrichissement environnemental à la hauteur de leurs captivités cognitives, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Et ne jamais, jamais, jamais, laisser un kéa seul dans une grande cage.

Loin de se rapprocher des visiteurs, le pauvre kéa semble perdu dans son désespoir.

Il regarde à travers les barreaux. Il cherche. Sa cage semble vide de tout jouet.

Le kéa solitaire nous tourne le dos. Ils étaient deux il y a deux mois.

Si le plumage du kéa semble terne…

Il lui suffit d’ouvrir les ailes pour montrer ses couleurs ! Ici, kéa dans la neige en Nouvelle-Zélande

 


Obéron le petit ours à lunettes du Zoo d’Anvers

Un petit kinkajou, un jour, est devenu fou