Une brève histoire des zoos

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Une brève histoire des Zoos

Tout au long de l’histoire, les gens ont fait usage des animaux comme d’une source d’amusement.
Les anciens rois regroupaient d’importantes collections d’animaux captifs pour indiquer leur grande richesse et ces captifs étaient également utilisés lors de spectacles, de procession ou de sacrifices rituels.
Les premiers zoos datent de l’Égypte ancienne, époque durant laquelle il était courant d’offrir des animaux rares aux dignitaires étrangers. Cette pratique, notons-le, perdure encore aujourd’hui.
(Le président Mobutu a ainsi offert un chimpanzé au Roi Baudouin de Belgique et la Chine ne livre ses pandas qu’à des pays amis).

Alexandre Le grand possédait sa propre ménagerie tandis qu’aux environs de la même époque, des philosophes grecs, tels Platon ou Aristote, passaient leur temps à discuter de la prééminence de la race humaine sur les autres espèces. Cicéron écrivait à ce propos : «Nous, les Humains, sommes les maîtres absolus de tout ce que
la terre peut produire !». Sous la loi romaine, les animaux étaient déjà privés de tout droit et simplement considérés sous l’angle du seul intérêt humain.

Les Romains, d’ailleurs, créèrent un nouveau genre de distractions : les cirques ! Des centaines de milliers d’animaux sauvages, lions, tigres, éléphants, ours, étaient forcés de se battre ensemble ou contre des humains et faisaient l’objet de chasses simulées. On interrompit pourtant assez vite le massacre des éléphants sous les protestations de la foule : l’expression de leur désarroi, leurs
larmes lors de ces horribles mises à mort, se révélaient décidément trop cruelles à regarder, même pour le peuple romain !
Ces jeux bizarres se poursuivirent néanmoins pendant plus de cinq cent ans…

 

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Le spectacle de lions dévorant des chrétiens amusait aussi beaucoup les Romains


 

Les premiers zoos modernes
La première grande ménagerie fut établie en Angleterre, dans la ville de Woodstock, à l’intention du roi Henry 1er. Plus tard, sur base de cette même collection, le roi Henry III créa la ménagerie de Londres au 13ième siècle. Le premier éléphant fut quant à lui exposé au public  sous la Tour de Londres, mais seulement à la fin du 18ième siècle, quand le public fut admis à visite de façon régulière la ménagerie Royale.

Les premiers zoos modernes furent crées à Paris, Vienne, Madrid à partir du 18ième siècle.
En 1822, la Société Zoologique de Londres fut fondée par Sir Stanford Raffles, et par Sir Humphrey Davey qui se rendaient compte que l’Angleterre se trouvait encore à la traîne des autres nations civilisées dans le domaine des sciences naturelles.
Le Zoo de Londres fut établi à Regent Park. Au début, il n’était accessible qu’aux honorables membres de la Société et à leurs hôtes mais dès 1828, le grand public y fut progressivement admis.
Dès lors, la collection d’animaux ne cessa de s’accroître et nombreuses furent les espèces qui arrivèrent à Londres et que personne en Europe n’avait jamais vu vivantes.

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Les ours blancs, déjà, dont les zoos ne prétendaient pas alors vouloir sauver l’espèce.

 


Le bien-être
Jusqu’au 20ème siècle, on ne s’est jamais beaucoup soucié des conditions d’accueil et du bien-être des animaux. Le but était qu’ils vivent, bien sûr, car ils coûtaient fort cher à importer. Mais personne n’aurait eu l’idée de s’occuper de leur état d’humeur ou de leurs besoins psychosociaux. Selon la théorie de l’animal-machine, il était clair que les animaux ne ressentaient pas d’émotions et n’avaient pas de pensées.

Un collectionneur allemand, Carl Hagenbeck, fut le premier à construire des espaces extérieurs à l’intention des animaux captifs. Il pensait que les enclos devaient davantage ressembler au milieu naturel mais ces aménagements ne changèrent pas grand chose aux conditions de vie particulièrement difficile des animaux.
Ces «décors» étaient avant tout destinés à rehausser la qualité du spectacle perçu par les visiteurs du Zoo. C’est encore le cas aujourd’hui, si l’on en juge par le souci du décor du Parc Pairi Daiza, le faux Pôle Nord dessiné sur les murs de la fosse aux ours blancs à Aywaille ou bien encore au diorama marin placé derrière le bassin du Delphinarium de Duisburg.

 

 

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Les ours blancs au Zoo d’Aywaille


 

Les Zoos  humains
Jusqu’au milieu de ce siècle, il n’était pas rare de voir exposés des êtres humains dans les jardins zoologiques. Partant de l’idée que seul l’homme blanc méritait le nom d’humain, quelques grands zoos  occidentaux présentèrent dans leurs collections des Somaliens, des Cafres, des Indiens et bien d’autres « espèces curieuses ».
Aujourd’hui, cette idée nous choque. Mais qu’en est-il de ces êtres intelligents que nous enfermons, singes, éléphants, félins ou cétacés ? Tous sont dotés de qualités réputées exclusivement « humaines »,  telles que l’identité personnelle, l’amour de sa famille, la raison ou le langage mais aucun d’eux ne possèdent de bras et de jambes et cette absence de ressemblance avec l’Homo sapiens suffit également à leur faire perdre tous leurs droits…